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Hervé Denès (Traducteur)
EAN : 9782742794942
171 pages
Actes Sud (01/01/2011)
3.58/5   63 notes
Résumé :
Dans la rue Juquing, dans le quartier des restaurants de plein air, Lai Shuangyang vend des cous de canard.
Femme forte, femme du peuple, par son courage mais aussi par sa capacité à se débrouiller, et à se transformer en harpie s’il le faut, cette héroïne de la Chine de toujours peut faire bouger l’ordre des choses.
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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le_Bison
  23 avril 2020
Dans la rue du Bon-Augure, sous la lune bleue et le bleu étoilé des cieux, il est de bon augure d'aller déguster les cous de canard de la célèbre Célébrité, la grande spécialité de Wuhan dans ce marché nocturne et bouillonnant d'un peuple ivre et bruyant qui vagabonde entre les étals et les marmites de pangolins bouillis. Célébrité dort le jour, travaille la nuit, ne va pas la réveiller avant 15 heures, sinon, de mauvais poils, elle te rabrouera vers ta charrette. C'est pourtant ce que fit son grand frère, venu profiter de la bienveillance de sa soeur, le sourire de son neveu devant la porte. C'est que si les hommes apparaissent souvent comme des piliers de comptoir, Célébrité est le pilier de cette famille. Elle a le caractère fort mais ne peut rien refuser à son neveu, comme s'il était devenu son propre fils… Après tout, c'est elle qui lui a donné le sein, et le sein dans la pensée chinoise est culturel. Ainsi autour de Célébrité, gravitent les membres de la paresse, de l'avidité ou de la luxure, ses frères et soeurs et belles-soeurs, chacun ayant à ses yeux ses propres tares…
Le show de la vie, c'est avant tout une histoire de vies et de la vie d'une femme. Une femme qui consacre sa vie à son petit étal alléchant, devenu institution dans la région. Les gens viennent la voir, pour sa cuisine, pour boire un verre en solitaire, pour lui abreuver de leurs petits tracas du quotidien, se faisant par moment de la soirée discrète confidente. Célébrité, une femme forte qui, à force de caractère, en impose dans cette Chine ouvrière. C'est le show de la nuit, chaude et humide, où les vapeurs d'alcool et de bouillons enivrent les passants à la recherche de réconfort et de vie.
Dans la rue du Bon-Augure, je sens ces parfums nocturnes, des grillades dans des bouis-bouis, odeur de charbon, d'essence et de viandes grillées, je déguste des bols de riz, de nouilles ou de tofu brûlants. le calme a perdu toute sa raison, et c'est dans un vacarme quotidien jusqu'aux premières lueurs du soleil que j'erre l'esprit affamé dans cette gouaille populaire. A Wuhan, il y a de la vie, des cris, des rires et des pleurs, des cous de femmes et des cous de canard ; c'était avant le confinement.
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gonewiththegreen
  03 février 2020
A Hankou, ville faisant partie de la conurbation de Wuhan , Célébrité vend la nuit des cous de canards dans une rue animée. Un matin , son frère ainé et son neveu viennent la déranger et demandent asile après une circoncision. Si "Célé " ferait tout pour son neveu , elle a plus de mal avec son frère.
Après un début de cohabitation relativement compliquée avec Chi Li, j'adhère désormais complétement à son style , ses histoires , ses personnages.
Chez Chi Li, les femmes sont des tornades , elles mènent les hommes à la baguette, elles les écrasent de leur intelligence et de leur vision à long terme.
Ici "Célé " , c'est la boss, celle qui régit tout tandis que les mecs sont des parias.
Lire Chi li, c'est mettre un pied dans la société chinoise contemporaine , c'est voir les femmes se transformer, se muer en chef d'entreprise , se maquiller , s'occidentaliser , vouloir quitter la campagne et obtenir un droit de résidence en ville.
Mais lire Chi Li, c'est aussi plonger dans les marchés chinois (oui bon , les marchés à Wuhan ont subi une sérieuse décote touristique récemment !), c'est faire le lien entre la société communiste souvent évoquée et la Chine post Den Xiaoping.
A travers des romans denses et courts, Chi Li nous montre différentes facettes de sa Chine à travers des femmes formidables et des mecs à coté de leurs pompes. sans jamais tomber dans la caricature ni le politiquement trop incorrect.
Ce livre a eu des conséquences peu banales puisque les cous de canard sont devenus une spécialité de la région de Wuhan.
A noter enfin que Chi Li a connu les joies de l'exil à la campagne si cher à Mao.
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Mimeko
  12 septembre 2020
A Hankou, une des trois villes qui constituent Wuhan, la rue du Bon-Augure grouille de vie entre échoppes de produits alimentaires, petits artisans, vendeurs à la sauvette. Une rue où la famille Lai est connue depuis plusieurs générations et c'est maintenant Célébrité Lai, qui y fait référence puisqu'elle y possède un petit commerce de préparation et de vente de cous de canards. A près de quarante ans, elle est le pilier de la fratrie hébergeant son frère aîné et son neveu, qu'elle a pratiquement éduqué - au grand dam de sa mère biologique - elle soutient également le frère cadet, qu'elle a fait gérant du commerce et qu'elle essaye de sortir de la drogue. Reste la plus jeune soeur, Jade, qui essaye de convaincre Célébrité de vendre le commerce, quitter la rue du Bon-Augure et vivre une vie plus facile.
Avec le Show de la vie, Chi Li offre autant le portrait d'une femme que l'immersion dans un lieu grouillant de vie, cette rue de Bon-Augure, un lieu symbolisant la Chine des petits artisans, attachés à l'histoire et aux traditions. Célébrité, cette jeune femme libre et indépendante défend le patrimoine familial, malgré la pression de sa famille, sa soeur en tête et tente de maintenir les liens familiaux.
Cette chronique familiale d'une Chine provinciale est intéressante dans sa description d'un monde qui change mais la narration de Li Chi, naviguait entre le langage populaire et une trivialité qui frisait un langage cru, voire vulgaire, et bien que le portrait de son héroïne soit très vivant j'ai été gênée par ces passages entre le pittoresque et le trivial.
Un roman qui a connu un très grand retentissement, au point que la préparation des cous de canards, recette inventée par l'auteure, est devenue une spécialité qui attire le monde à Wuhan.
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litolff
  01 février 2012
Chez les Lai, dans la ville de Wuhan, Célébrité est le pilier de la famille : elle tient à bout de bras son jeune frère "Tété" englué dans la drogue et la dépendance, son neveu adoré négligé par ses parents, et tient la dragée haute à sa jeune soeur, Jade, qui malgré ses grands airs n'est restée qu'une adolescente attardée... Célébrité n'a pas fait d'études, mais elle est volontaire, intelligente, énergique et pragmatique ; elle a deux buts dans la vie, récupérer la maison familiale et éduquer son neveu, et elle met tout en oeuvre pour atteindre ses objectifs avec bienveillance et détermination. C'est en vendant des cous de canard (!!!) sur le marché nocturne, rue du Bon-Augure, qu'elle gagne sa vie, autant dire que ce n'est pas drôle ni facile tous les jours, d'autant plus qu'elle a plus ou moins fait une croix sur sa vie sentimentale.
A travers le portrait de Célébrité, cette femme qui ne se berce pas d'illusions et tente d'améliorer son quotidien sans rêver à d'improbables chimères, Chi Li continue de nous dévoiler par petits pans la Chine contemporaine des gens modestes, la Chine des trentenaires qui en vingt ans, ont connu une évolution absolument stupéfiante dans un pays en pleine mutation, partagé entre traditions et conventions sociales toujours vivaces, communisme et ouverture au libéralisme.
Un petit livre dans un style vif et concis, plein d'humour et truffé d'expressions populaires truculentes et de proverbes ancestraux, qui, après "Triste vie" et "Soleil Levant" confirme le talent de Chi Li !
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brigittelascombe
  18 novembre 2011
"Tata! tata!"
Célébrité, dite Célé, qui, après avoir commencé dans le "soja puant frit", vend des cous de canards, la nuit chez "Tété" rue du Bon-Augure, accueille d'un oeil noir, à moitié endormi, Premier son frère ainé et Duo'er son neveu qui viennent de "se faire charcuter" leur prépuce.
Deux circoncisions pour le prix d'une (enfin là je brode un peu) et les voilà implorants, jambes raides et écartées (vu les points récemment enlevés) à quémander de l'aide car Petite Jin, leur épouse et mère respective passe son temps à boursicoter.
Avec ce début, franchement drôle, comment ne pas être happé par le show de la vie, car c'est bien une pièce de théatre qui se joue en continu dans cette rue populaire et animée de Wuhan.
"C'est un comble!"
Célébrité, "grande gueule", idole du quartier charmante et déterminée, entremetteuse persuasive, personnage principal haut en couleurs de ce roman, parsème à tout bout de champ ses discussions,argumentations,négociations, de "c'est un comble" mais parfois, se laisse amadouer.Comment refuser de recevoir Duo'er, "son petit sucre d'orge",brillantissime en tout, dont elle a été la mère de lait?
S'en suit une galerie de portraits truculents de Tété le drogué, à Jade et "ses émissions d'investigation", en passant par Zhuo Xiangrhou plausible amant au "regard insoutenable", le Moineau chanteur noctambule qui enchante certains et pas d'autres etc...
Un roman qui ne se prend pas la tête, détend au contraire et donne à voir les différentes facettes de l'être humain dont la façade masque souvent bien d'autres choses.
Il faut toujours se méfier d'un "cygne au milieu des canards", surtout lorsqu'il a pour dicton: "pour capturer le loup il faut sacrifier l'enfant".
"Chi Li est considérée comme l'auteur le plus représentatif du courant néoréaliste chinois" et je trouve qu'Actes Sud a vraiment du flair pour nous offrir une gamme variée et excellente concernant la littérature étrangère.
Le show de la vie est un régal!
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critiques presse (1)
Lhumanite   02 juillet 2011
Drôle et tendre, impressionniste et politique, le récit, plus qu’un long discours, restitue avec finesse la réalité sensible d’une Chine qu’il sait rendre infiniment proche.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 avril 2020
Dans la rue du Bon-Augure, comme dans le reste du monde, le temps continuait de s’égrener, jour après jour.
Le matin, le soleil se lève. Les gens se lèvent aussi et sortent dans la rue – toutes sortes de gens qui se hâtent vers le lieu où ils doivent se rendre. L’expression de leur visage reste indéchiffrable pour les autres. Au crépuscule, le soleil s’abîme entre les rangées d’immeubles. Toutes sortes de gens se hâtent à nouveau pour regagner leur chez-soi. Leurs visages, maintenant recouverts d’une couche de poussière et de fatigue, ont toujours la même expression indéchiffrable. Si l’on considère d’un œil froid la foule des êtres vivants, on est frappé par l’ennui et la banalité qui émanent de cette chose qu’on appelle la vie. Il n’y a rien de plus absurde que cette vie qui vous entraîne malgré vous. Dans la vie, on ne peut éviter qu’à un moment ou à un autre, sans savoir pourquoi, un goût amer ne vous emplisse la bouche, une inquiétude ne vous étreigne le cœur comme une impression de flottement. Voilà pourquoi, la nuit, dans la rue du Bon-Augure, les clients ne manquent jamais.
La rue du Bon-Augure, c’est le temps de la nuit, éclairée par des lampes qui brûlent sans interruption. Ni soleil levant, ni soleil couchant ; c’est un banquet qui ne s’arrête pas tant qu’on n’est pas ivre. On y vient pour être ensemble, et l’on ne pense pas à partir. On bavarde, on chante, on rit et on fait du bruit. Ce ne sont pas des acteurs sur une scène. Ce sont des gens réels, là, juste sous nos yeux.
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le_Bisonle_Bison   08 avril 2020
Des étrangers venus de toutes les provinces débarquent à Wuhan le week-end en avion. Le jour, ils restent enfermés dans leur chambre d’hôtel et, la nuit, ils vont manger rue du Bon-Augure, bien décidés à passer une bonne soirée. Mais la rue du Bon-Augure n'est plus seulement un marché de nuit où l'on vient grignoter. Pour vingt yuans, on peut manger à s'en faire éclater la panse. Le styles des plats n'égalent pas celui des grands restaurants. Ce ne sont que des petits plats comme à la maison, aussi banals que la fille d'à côté. Quand on vient dépenser son argent dans la rue du Bon-Augure, c'est pour autre chose, et cette autre chose, chacun la choisit à sa guise. Quoi que l'on vienne y chercher, quoi que l'on ait en tête, tout le charme réside dans cet "à sa guise". La rue du Bon-Augure est un fantasme, une sensation, c'est un port flottant sans entraves, c'est une grande liberté, une grande libération, un grand fatras, un grand chaos, une longue nuit où l'on peut rêver les yeux grands ouverts. C'est le show de la vie que tout le monde joue sans s'être concerté.
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le_Bisonle_Bison   09 avril 2020
Après le lancement de la politique de réforme et d'ouverture, des boîtes de nuit s'ouvrirent et les "triples compagnes" - compagnes de table, de boisson et de lit - firent leur apparition. On vit fleurir partout les "salons de coiffure" nocturnes tandis que des nuées d'oiselles tarifées se répandaient dans les rues. Chaque jour, les journaux rapportaient des cas de divorces, de concubinage, de grossesses hors mariage ou d'orgies.
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le_Bisonle_Bison   10 avril 2020
Et, motif de réjouissance supplémentaire, depuis quelques années, l'opinion publique ne cessait d'encourager les personnes âgées à conserver une vie sexuelle normale. De nombreuses chaînes d'information incitaient chaleureusement les gens du troisième âge sujets à la "panne de minuit" à les appeler sur leurs hot-lines, promettant aux vieillards d'obtenir une érection grâce à l'aide téléphonique de leurs hôtesses.
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SachenkaSachenka   26 juillet 2018
Avant de se targuer d'être quelqu'un de cultivé, il faudrait déjà savoir se comporter comme un être humain!
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