AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330119690
Éditeur : Actes Sud (07/11/2018)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Mijie, soutenue par sa belle-mère, tient d'une main de fer une minuscule boutique de cirage où défile tout le quartier. L'arrivée inattendue parmi les employées de la jeune Fengchun vient troubler sa routine et son aplomb. Une complicité empreinte de respect et d'affection se noue entre ces trois femmes ayant su rebondir et composer avec les règles d'une société qui ne leur accorde qu'une infime marge de liberté.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  05 mai 2019
Un trésor absolu...que ce court roman : l'Amitié entre deux femmes;
Amitié qui va leur donner à l'une comme à l'autre une belle lumière dans leur existence réciproque !...
Tout premier texte que lis de cette auteure chinoise, et je suis enchantée !
"Quand la parole des femmes se libère, c'est comme des pigeons dont on aurait ouvert la cage en grand et qui s'envoleraient en nuées très haut dans le ciel, puis qui feraient soudainement demi-tour avant de tournoyer autour d'un point fixe : elles reviennent toujours au même sujet, la vie." (p. 149)
Une découverte faite par le plus grand des hasards...en feuilletant le
dernier livret de la médiathèque, répertoriant leurs dernières acquisitions...
Ainsi, j'ai lu avec curiosité la présentation du dernier texte traduit de cette
auteure chinoise, Chi Li, que je découvrais jusqu'au nom, alors qu'en regardant de plus près, je constate que les éditions Actes Sud publie cette dame depuis plus de 20 ans [depuis 1998 ] !!!
Une histoire insolite mettant en scène une jeune femme élégante,
de bonne famille, qui, délaissée par son époux décide de se venger...
et de lui faire honte, afin de le faire réagir !!
Dans ce but, elle se fait engager comme "cireuse de chaussures" chez Mijie, une maîtresse femme, qui devenue veuve, a ouvert une échoppe de cirage, avec sa belle-mère... !
Un récit qui met en avant le courage des femmes... dans un monde
très masculin, avec les inégalités sociales, incontournables ...et les
incompréhensions universelles entre les deux sexes !
Mais rien ne se passe comme elle l'avait imaginé !... Heureusement, les
deux femmes s'attachent l'une à l'autre. C'est aussi l'occasion pour
Chi Li de parler de la ville de Wuhan, de ses transformations, mais aussi de la vie quotidienne des femmes en Chine; vie qui est loin d'être "un long fleuve tranquille"...lorsqu'elles sont veuves, seules ou simplement "mal mariées" !!!
Avec ce métier peu valorisant de "cireuse de chaussures", l'une de nos héroïnes, Fengchun se retrouve dans un poste d'observation des plus révélateurs quant aux classes sociales et aux comportements abrupts des clients ! Observations universelles sur la sottise humaine et les préjugés de classe et de corps de métier !!.
"Tous ces clients qui ne savaient pas ce qu'était le respect et qui se contentaient de lever bien haut leurs chaussures, le regard tourné vers le ciel, avant de vous balancer l'argent, ne méritaient pas qu'on les traite comme des êtres humains. Fengchun faisait son travail avec soin, sans jamais lever les paupières, et tandis qu'elle cirait les chaussures, il émanait d'elle une beauté froide. Dans tout métier on peut atteindre la perfection. Finalement en ce monde, il n'y a pas de choses viles, il n'y a que des gens vils. (p. 24)"
"Par bonheur, à force de travailler d'arrache-pied, Fengchun avait commencé à prendre goût à ce qu'elle faisait. Oui décidément il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens." (p. 39)

Un roman chaleureux...révélant une narration astucieuse: le premier personnage, l'air de rien est la Ville, Wuhan, dont les mutations nous sont décrites entre les anciens quartiers délaissés, où les trois générations de femmes que nous découvrons, vivent et travaillent dur...et l'urbanisation à outrance...
Unies dans un des vieux quartier de cette ville qui se modernise de façon galopante...nos trois figures féminines sont nourries, "partie prenante" avec cet autre personnage à part entière : la Ville de Wuhan, elle-même... ! Sans oublier un très bel hommage à l'Amitié féminine, permettant d'affronter l'existence avec un supplément de joie de vivre !!...

Une curiosité accrue envers cette écrivaine chinoise...après ce très bon moment de lecture, je vais débuter le deuxième exemplaire emprunté à ma médiathèque: " Un homme bien sous tous rapports" [Actes Sud, 2006]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          497
diablotin0
  26 septembre 2019
Voici un petit livre qui ne mérite pas d'être si peu connu.
C'est l'histoire d'amitié entre Mijie, qui tient une boutique de cirage de chaussures et Fengchem, jeune femme qui va devenir son employée pour échapper à son mari qui la délaisse. La relation entre ces deux femmes est loin d'être simple et tranquille, elle sera même par moment, tumultueuse. A travers cette amitié Chi Li, nous parle de la vie des femmes en Chine. Il y a un va et vient entre l'intimité qui se joue entre ces deux femmes et l'évolution de la société, qui est cernée de valeurs morales très présentes et quelques peu aliénantes. Alors oui, j'ai aimé m'immerger dans la vie de ces deux femmes et dans la grande ville de Wanchu.
Je trouve qu'il n'est pas facile de parler de ce livre qui peut paraître "simpliste" mais qui est pourtant, selon moi, une fresque intéressante et intimiste de la vie chinoise qui va bien au-delà de l'histoire d'amitié.
Un petit plus pour la couverture que je trouve très belle est à noter. C'est toujours agréable d'avoir entre les mains un bel objet.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          461
Nuageuse
  03 décembre 2018
Chi Li est une auteur très sensible qui écrit sur les rapports entre Chinois. Il s'agit dans ce court roman l'histoire de deux femmes : Fengchun va demander à Mijie si elle peut être prise dans sa boutique de cirage pour "coller la honte" à son mari qui l'a délaissée. Au fil des semaines éclatera une dispute qui ne laissera pas ces deux femmes indemnes. J'ai beaucoup aimé la présence bienveillante de la belle-mère de Mijie qui fera tampon entre elles.
Je rejoins GabySensei sur le fait que ce livre soit un bijou rempli d'humanité.
Commenter  J’apprécie          151
traversay
  16 novembre 2018
Actes Sud est fidèle à la romancière chinoise Chi Li depuis deux décennies. Une ville à soi est son dixième roman traduit, sachant que celui-ci a été publié en 2000 en Chine. L'ouvrage est dans la continuité de l'oeuvre de l'auteure qui, à travers des gens plutôt ordinaires, prend le pouls d'un pays en plein bouleversement, sur le plan économique mais aussi social et humain. Contrairement à d'autres écrivains chinois de sa génération, mondialement connus comme Mo Yan ou Yu Hua, Chi Li n'est pas du style à aller du côté du burlesque, du grotesque ou du picaresque. Son écriture, souvent qualifiée de néo-réaliste, est simple et ses intrigues plutôt resserrées. Une ville à soi est une histoire d'amitié, légèrement teintée d'ambigüité, entre deux femmes : Fengchun, une trentenaire mal mariée, et Mijie, une veuve sans âge. Cette dernière dirige avec succès une échoppe de cirage de chaussures où elle emploie sa jeune voisine perturbée par l'indifférence et la vacuité de son époux. Leurs relations vont passer par tous les états en une seule journée sous l'oeil d'une sage octogénaire, la belle-mère de Mijie. Roman minimaliste, aux dialogues parfois surprenants par leur naïveté (est-ce la traduction ?), Une ville à soi, comme son titre l'indique, est aussi un témoignage sur les relations en constante évolution entre habitants d'une cité (Wuhan en l'occurrence) avec des modes de vie bouleversés par les valeurs nouvelles du capitalisme. Et tout doucement, sans élever le ton, Chi Li suggère que, heureusement, s'il reste une chose à laquelle se raccrocher c'est bien l'amitié. Notamment entre deux âmes soeurs.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
GabySensei
  03 décembre 2018
Magnifique livre sur l'amitié entre deux femmes, à la fois universel et typiquement chinois. Ce livre est un petit bijou !!!
Il raconte l'histoire de Fengchun, magnifique jeune fille du quartier, qui viens demander du travail à Mijie, qui tient une boutique de cirage. Fengchun n'a pas besoin de travailler mais elle veut faire honte à son mari et sa belle famille en faisant un travail de service jugé dégradant par rapport à son niveau social. Elle espère obliger son mari à moins la délaisser. Mijie comprend très bien la situation en femme âgée avisée et accepte d'aider Fengchun à donner une leçon a son mari. Sauf que celui-ci reste indifférent et que même la honte sociale de la situation ne le pousse pas à changer de comportement. Une amitié va alors naître entre les deux femmes qui va avoir des conséquences inattendues...
Chi Li écrit toujours des livres très ramassés sur la vie quotidienne en Chine. Elle raconte toujours de manière subtile et délicate des histoires humaines complexes. On en ressort avec le sentiment de mieux comprendre la Chine mais aussi l'humanité tout entière ! Ce livre est sublime !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   02 mai 2019
Tous ces clients qui ne savaient pas ce qu'était le respect et qui se contentaient de lever bien haut leurs chaussures, le regard tourné vers le ciel, avant de vous balancer l'argent, ne méritaient pas qu'on les traite comme des êtres humains. Fengchun faisait son travail avec soin, sans jamais lever les paupières, et tandis qu'elle cirait les chaussures, il émanait d'elle une beauté froide. Dans tout métier on peut atteindre la perfection. Finalement en ce monde, il n'y a pas de choses viles, il n'y a que des gens vils. (p. 24)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
OsmantheOsmanthe   11 novembre 2018
C'était une femme plutôt jolie. Mais après huit années passées dans l'armée, une femme, si belle soit-elle, n'a plus rien à voir avec le commun des mortels. Elle parlait d'une voix puissante et chaleureuse, le visage souriant. Mais dès qu'elle était en colère, elle fronçait les sourcils, le regard dur, tel un guerrier prêt au combat.
Commenter  J’apprécie          130
diablotin0diablotin0   19 septembre 2019
Au début ils se taisaient, puis progressivement, leurs regards se sont discrètement croisés, ils se sont mis à se parer à doucement et à se lancer de temps en temps des sourires de connivence. Et finalement, ils se sont réfugiés dans un monde rien qu'à eux.
Commenter  J’apprécie          150
fanfanouche24fanfanouche24   03 mai 2019
Ces rues, ce sont celles de sa belle-mère, les siennes et celles de son fils. Elle les connaît si bien qu'elle ne saurait ressentir la moindre peur, elle se sent chez elle au contraire. Seule la mort lui fera quitter cet endroit. (p. 97)
Commenter  J’apprécie          160
fanfanouche24fanfanouche24   03 mai 2019
Par bonheur, à force de travailler d'arrache-pied, Fengchun avait commencé à prendre goût à ce qu'elle faisait. Oui décidément il n'y a pas de sot métier, il n'y a que de sottes gens. (p. 39)
Commenter  J’apprécie          190
autres livres classés : littérature chinoiseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Charade-constat

Première saison d'une épopée

Iliade
Bible
Saga
Genji

6 questions
34 lecteurs ont répondu
Thèmes : sociologie , météorologie , vacancesCréer un quiz sur ce livre