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EAN : 9782841723508
736 pages
L'Atalante (01/11/2006)
3.83/5   176 notes
Résumé :
En 2030, l'enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n'est plus le pétrole mais l'eau potable. Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d'Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c'est la survie assurée !
Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
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sur 176 notes
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gill
  10 mai 2022
Voilà un livre qui, peut-être, donne tort à Octave Mirbeau lorsqu'il affirme dans "les 21 jours d'un neurasthénique" que l'idée dort dans les livres, que la vérité et le bonheur n'en sortent jamais.
Que finalement le pouvoir de la Littérature est limité !
Le livre de Jean-Marc Ligny, "Aqua", est un pavé dans la mare.
730 pages de roman bien ficelé et passionnant ...
850 grammes de science-fiction parue en 2006 aux éditions nantaises "l'Atalante" ...
C'est la douche froide !
Qu'avons-nous fait pour mériter cela ?
Ce roman est un roman d'anticipation qui projette sa lectrice, son lecteur dans un monde qui n'est pas si éloigné du notre.
La Hollande, Saint-Malo, le Burkina-Faso, le Kansas ... L'enjeu est mondialisé.
Une image satellite volée par un jeune hacker a révélé l'existence d'une immense nappe phréatique dans les sous-sols du Burkina-Faso, le pays des "hommes intègres".
Les intérêts vont déchaîner le pire comme le meilleur.
Laurie et Rudy vont convoyer du matériel de forage ...
Ce roman, qui démarre à la fois doucement et sur les chapeaux de roues, est écrit de manière magistrale et articulé de façon efficace.
On n'y perd jamais le fil du récit, malgré une certaine multiplicité des lieux et des personnages.
Ces derniers vont être appelés à interagir entre eux et sur un monde que déjà l'on semble entrapercevoir aujourd'hui.
Car, dans l'anticipation, l'analyse accompagne ici l'action.
C'est réfléchi, et c'est bien vu.
Mais c'est glaçant.
Peut-être plus encore d'ailleurs qu'"Exodes" et que "dix légendes des âges sombres" car le récit d'"Aqua" est à mon sens celui qui fait la charnière entre notre monde et celui plus apocalyptique encore des deux autres ouvrages.
Le cri d'alarme est patent.
Il assèche le Burkina-Faso.
Il inonde la Hollande.
Et fait suinter les vieux murs de Saint-Malo.
Mais, dans son récit, par dessus tout cela, Jean-Marc Ligny à aucun moment ne perd pas de vue la part d'humanité de ses personnages.
Ils sont décrits tels qu'on les connaît déjà, à peine caricaturés dans leurs réalités de générosité et d'égoïsme, de désespoir et de courage.
"Aqua" est un grand roman, un de ceux qui marquent le genre, un de ceux qui font espérer que la Littérature ne soit pas aussi vaine que semblait le penser Octave Mirbeau ...
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Ancolie
  02 avril 2013
« -… Et maintenant, mes chers amis, voici venu le moment que nous attendons tous depuis si longtemps, cet instant de grâce où, de ce sol devenu stérile, va jaillir la source de vie, l'eau précieuse ! »
Nous sommes en 2030, l'eau est devenue un trésor aussi recherché que l'or. Les dérèglements climatiques modifient la surface du monde. le nord est en proie aux tornades et le sud souffre d'une sécheresse sans précédent. Au Burkina Faso, particulièrement, la population meurt littéralement de soif et le gouvernement dirigé par une femme intègre ne sait plus comment sauver son pays. La situation est désespérée jusqu'au jour où un hacker découvre une photo satellite d'une nappe phréatique inconnue et la diffuse sur le site d'une ong humanitaire. C'est alors le branle-bas de combat entre les autorités burkinabé qui ont besoin de matériel pour extraire l'eau et le pdg d'une société américaine qui estime que la nappe lui appartient. Nous allons suivre en alternance plusieurs personnages qui sont emportés dans cette aventure. Laurie, une jeune française qui travaille pour une ong ; Rudy, un hollandais qui perd toute sa famille dans un attentat terroriste ; Abou, le fis de la présidente burkinabé qui est initié à la magie, les membres d'une secte religieuse fanatique et encore bien d'autres.
Après avoir dévoré Exodes, un roman plus récent de l'auteur, j'ai eu envie de replonger dans son univers et, soulagement, j'ai été plus que conquise par Aqua TM. C'est à nouveau un gros pavé, le schéma narratif est le même : un récit rythmé, alternant les coups d'oeil sur la vie des différents protagonistes et l'écriture est tout aussi soignée et maîtrisée.
Les thèmes font penser à Pierre Bordage, la comparaison est inévitable. A mon sens, Jean-Marc Ligny se situe même un cran au-dessus. J'ai rarement lu des ouvrages de ce genre aussi bien ficelés. Dans Aqua TM, on croit à l'avenir qu'il compose. Les images que nous en avons sont précises, colorées et vraisemblables. C'est un concentré d'humanité, qui passe en revue autant les enjeux personnels que politiques, qui prend en compte les questionnements qui sont les nôtres sur l'avenir de la planète et qui y répond avec un mélange de pessimisme et d'espoir. Bref, c'est un excellent roman d'anticipation !
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boudicca
  31 janvier 2022
Si la thématique du réchauffement climatique occupe de plus en plus de place ces dernières années dans le domaine de la SF (et sur le devant de la scène politique en général), cela fait longtemps que la problématique travaille Jean-Marc Ligny, prolifique auteur à qui on doit de nombreux romans sur le sujet. Après avoir beaucoup apprécié « Semences » et « Alliances », les deux derniers ouvrages de l'auteur dédiés au sujet, j'ai décidé de me lancer dans la lecture de l'une de ses précédentes oeuvres, « Aqua TM », qui inaugurait en 2007 un nouveau cycle consacré justement à la question écologique et aux conséquences du réchauffement dans des futurs plus ou moins éloignés. Récompensé lors de sa sortie par les prix parmi les plus prestigieux de la sphère imaginaire (Prix Julia Verlanger, Prix Rosny aîné, Prix Bob Morane, Prix Imaginales…), le roman est celui qui se situe dans l'avenir le plus proche puisque nous sommes ici en 2030. En dépit de cette proximité temporelle, on a du mal à reconnaître notre monde dans celui dépeint par Jean-Marc Ligny qui, à l'aide d'une solide documentation scientifique (détaillée dans une bibliographie instructive en fin d'ouvrage), imagine un futur à très court terme glaçant tant en raison de sa plausibilité que de sa noirceur. Gros pavé de neuf-cent pages, le roman s'attache aux pas d'une poignée de personnages qui, chacun, permettent de mettre en lumière un aspect de ce futur pré-apocalyptique. La première, Laurie, est une jeune française vivant à Saint-Malo, ville désormais menacée, en dépit de ses puissants remparts, par la montée des eaux, et qui peine à trouver un sens à sa vie, malgré son travail au sein d'une ONG implantée partout dans le monde pour venir en aide aux personnes touchées par les effets du réchauffement climatique. le second, Rudy, est justement l'un de ces sinistrés, ravagé par la perte de sa femme et de sa fille suite à un attentat qui aboutit à la destruction d'une bonne partie des Pays-Bas, et désormais en proie à un groupuscule néo-nazi désireux de lui faire la peau. Bien moins sympathique, le troisième protagoniste est le PDG d'une multinationale américaine, vivant à l'abri dans une bulle préservée de tous les effets indésirables du réchauffement de la Terre et bien décidé à s'accaparer, pour son profit, une ressource d'eau récemment découverte au Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres du monde. Quatrième et cinquième personnage clé : la présidente de ce petit état africain et son fils, tous deux déterminés à exploiter cette source pour en faire bénéficier la population du pays qui meurt littéralement de soif depuis des années.
L'intrigue est dense, et la mise en place prend du temps, si bien qu'il se passe quelques centaines de pages avant que les différents fils des mini-intrigues propres à chaque personnage se rejoignent et forment une trame cohérente. Bien que longue, l'exposition des spécificités des parcours des différents protagoniste, mais aussi du contexte planétaire mis en scène ici se révèle absolument nécessaire et permet au lecteur de mieux se familiariser avec ce décor dont on traque avec sidération toutes les anomalies tout en cernant progressivement tous les enjeux liés à l'exploitation de cette nappe phréatique burkinabé. Difficile de ne pas éprouver une sorte de fascination morbide pour le futur tel qu'imaginé ici par Jean-Marc Ligny, futur d'autant plus inquiétant qu'il paraît, aujourd'hui encore, tout à fait crédible (quoi que peut-être pas à aussi court terme, maigre consolation...). Désormais plus personne sur Terre ne peut prétendre remettre en question le réchauffement climatique et ses effets : l'heure est plutôt à la préservation d'espaces préservés pour ceux qui le peuvent encore, et au bidouillage ou à l'exode pour le reste de la population. L'Europe occupe finalement une place assez marginale dans le roman, les seules visions que l'auteur nous en propose consistant en cette ville de Saint-Malo peu à peu engloutie par les flots, en ces Pays-Bas détruits par un tsunami et en cette Allemagne en proie à la peur en raison de l'affluence de réfugiés climatiques, ce qui incite la population à se questionner sur la pertinence de la création d'enclaves privées réservées à une élite, tout en renforçant les contingents de groupuscules d'extrême-droite de plus en plus actifs sur le terrain. du côté des États-Unis, rien ne va plus non plus ! Fragilisé par une guerre calamiteuse menée contre le Mexique suite à la volonté de celui-ci de sortir des accords de libre-échange, le pays est en proie à la sécession de plusieurs de ses états du Sud tandis que la récession fait des ravages, incitant l'ex-géant mondial à adopter une politique isolationniste. Tout cela n'est déjà pas bien réjouissant, mais n'est rien comparé au sort réservé ici à l'Afrique en général, et au Burkina en particulier. En première ligne face aux effets du réchauffement, le continent africain se meurt, certaines zones devenant totalement impropres à la vie humaine tandis que des pays comme le Burkina subissent de plein fouet les effets d'une sécheresse sans fin, à laquelle il faut ajouter la famine et les épidémies.
Certaines scènes sont à la limite du soutenables mais mettent en lumière la gravité d'une situation dont nous avons d'ores et déjà les prémices sous les yeux. Il n'empêche que l'ambiance est lourde, oppressante, et qu'on peine dans un premier temps à sortir de l'espèce de torpeur dans laquelle cette vision futuriste pessimiste, mais hélas lucide, du monde nous plonge. Heureusement, le roman ne se limite pas à cela et est également porteur d'espoir à travers le combat de ce petit pays pour préserver la dernière ressource en eau qu'il lui reste de l'appétit de ce PDG américain. Une bonne partie de l'ouvrage est construite comme un véritable thriller, au point qu'il devient difficile de le lâcher. On s'identifie évidemment aisément à ces Burkinabés dont on découvre les conditions de vie extrêmement difficiles en même temps qu'un certain nombre de traditions qui apportent une fraîcheur bienvenue et permettent d'introduire quelques éléments de fantastique qui vont être amenés à prendre de plus en plus d'importance au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. L'arc narratif consacré à Laurie et Rudy adopte quant à lui la forme d'un long road-trip semé d'embûches qui nous permet d'arpenter ce continent africain ravagé dans lequel, pourtant, la vie n'a pas dit son dernier mot. La construction générale du roman participe aussi à entretenir l'intérêt du lecteur, chaque chapitre étant composé de nombreux allers et venus entre les différents protagonistes et leur zone d'intervention, ce qui permet à chaque pan de l'intrigue d'évoluer en parallèle et de façon équilibrée tout au long du roman. le passage d'un point de vue à l'autre est également rythmé par des extraits divers, articles, rapports officiels ou officieux, publicités… le tout servant à poser un peu plus le décor et à mettre en lumière certains aspects de l'univers peu ou pas évoqués dans la narration elle-même. On découvre par ce biais les transformations radicales de certaines parties du monde sous l'effet du réchauffement climatique (arrivée du paludisme en France, créations d'enclaves réservées à l'élite, migrations…) mais aussi l'émergence d'un certain nombre de palliatifs à l'angoisse provoquée par la menace inhérente au réchauffement climatique (immersions dans des réalités virtuelles de plus en plus performantes, explosion des ventes de produits psychotropes sophistiqués, émergence de la Divine Légion, un groupuscule suprémaciste blanc, mélange du KKK, des témoins de Jéhovah et de néo-nazis)…
Pour coller à cet univers sombre et complexe, il fallait évidement des personnages à la hauteur, et, là-encore, l'auteur ne déçoit pas. Laurie et Rudy forment un binôme attachant et complémentaire qu'on suit avec plaisir tout au long de leur périple dans le désert. Chacun porte en lui les fantômes de ceux ou celles qu'ils/elles ont perdu, et il est intéressant de voir leur deux visions très différentes d'appréhender les choses se confronter et évoluer. La présidente du Burkina Faso, et toutes celles et ceux qui gravitent dans son entourage, sont également très réussis et suscitent immédiatement la sympathie, l'auteur imaginant un pays certes ravagé par le manque d'eau mais tentant tant bien que mal de mériter son nom de « pays des hommes intègres ». Les Américains suscitent évidemment moins d'empathie, à commencer par Fuller, le PDG prêt à tout pour exploiter cette nappe phréatique providentielle et qui cumule, de façon un peu caricaturale, tous les défauts inhérents dans notre esprit à l'occupation d'une position dominante (cynisme, voracité, luxure, absence de scrupules…). Les personnages de son entourage sont modelés selon le même moule, et on peut regretter ce léger manque de nuance, quand bien même il faut admettre que cela fonctionne plutôt bien d'un point de vue narratif. Parmi les autres bémols que j'aurais à formuler figure l'omniprésence de scènes de sexe, d'abord dérangeantes dans la première partie car donnant dans la surenchère et dépeignant majoritairement des rapports non consentis, ensuite lassantes par leur redondance (quand bien même la violence en a été gommée), l'histoire d'amour dépeinte ne nécessitant certainement pas d'occuper une place aussi importante dans la dernière partie du récit. C'est cette dernière partie qui se révèle d'ailleurs la plus faible du livre, bien qu'elle se montre malgré tout satisfaisante dans le sens où toutes les pièces du puzzle s'emboîtent enfin et où l'auteur ne laisse en suspend le sort d'aucun personnage, même parmi les très secondaires. Les choix de certains protagonistes ou ce que leur réserve l'avenir laissent toutefois parfois dubitatif, ce qui ne remet cela dit pas en cause l'implication et le plaisir que le lecteur a pu ressentir tout au long de sa lecture.
Avec « Aqua TM », Jean-Marc Ligny signe un roman d'anticipation remarquable aussi bien par sa densité, la qualité de son décor et surtout celle de son intrigue qui nous tient en haleine du début à la fin. Cette plongée dans ce futur proche d'autant plus désespérant qu'il nous pend au nez n'est certes pas des plus apaisante, mais on se prend vite au jeu de cette lutte pleine de rebondissement entre un Goliath américain détestable et un David africain pour lequel on prend immédiatement fait et cause. Si vous cherchez un bon thriller d'anticipation mâtiné de fantastique et porté par des protagonistes bien campés, vous devriez adorer le voyage.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Le_chien_critique
  07 mars 2016
Cela faisait pas mal d'années que j'avais entendu parler de Aqua™ sans jamais avoir franchi le pas de sa lecture. Les critiques sur son dernier livre Semences m'ont données envie de m'y plonger.
C'est aussi le premier roman de Jean Marc Ligny que je lis.
Le roman est bien écrit, de style simple. Les personnages sont dans l'ensemble bien ébauchés, même ceux qui ne vivent pas longtemps.
La mise en place du roman est très bien menée, nous plongeant rapidement dans cet an de 2030 où les catastrophes climatiques font la loi.
L'Afrique, personnage principal, y est dessinée de manière bienveillante, humaine, évitant les clichés. Certains passages nous questionnent sur nos rapport à l'autre, notre condescendance d'européen vis-à-vis du berceau de l'humanité, nos stéréotypes et représentations, notre humanitaire, notre colonialisme économique.
Je trouve que c'est la grande qualité de ce roman de nous donner une image humaine de l'Afrique.
Cependant, rien de bien nouveau dans ce roman, le constat du dérèglement climatique, de la sécheresse, des rapports Nord/Sud, du cynisme, du profit, des inégalités de richesse de couleur de religion, les enclaves pour riches… Tout a déjà été écrit dans d'autres romans SF, parfois mieux car se contentant d'analyser une ou deux thématiques.
Le personnage de Rudy, passant d'horticulteur à combattant aguerri en dix jours est improbable. La traversée en camion et ses dangers toujours évités. le portrait de la Divine Légion, trop caricaturale.
Ce qui m'a le plus dérangé est le côté fantastique, via la sorcellerie africaine et les pouvoirs psychiques d'un autiste. Cela n'amène rien à l'intrigue principale, voir la desserre, nous excluant du réalisme du récit.
Les cent dernières pages sont un salmigondis de religion, sorcellerie, et de clichés éculés.
Le récit aurait gagné à être déroulé sur plusieurs années.
Ces critiques m'amènent à penser que c'est un roman « Young Adult ». Les lecteurs connaissant très peu les romans d'anticipation y trouveront sûrement leur compte. Pour les autres, ils pourront y trouver un moment de détente sympathique, mais pas un roman indispensable.
Une première version de ce livre existe : Aqua 1993 [url=]http://www.babelio.com/livres/Ligny-Aqua-1993/827323/critiques/1008024[/url]
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Glesker
  14 novembre 2012
2030. Les désor­dres cli­ma­ti­ques ont entraîné l'assè­che­ment de cer­tai­nes régions du globe où les popu­la­tions meu­rent de soif, au sens pro­pre du terme. Aussi, lors­que des ima­ges pira­tées en pro­ve­nance d'un satel­lite de pros­pec­tion révè­lent à Fati­mata Konaté qu'une nappe d'eau gigan­tes­que se cache à quel­ques cen­tai­nes de mètres dans le sous-sol de son pays ravagé par la séche­resse, la pré­si­dente du Bur­kina-Faso reprend espoir en la sur­vie de son peu­ple.
En Europe, à Stras­bourg, Cathe­rine la malouine et Rudy le hol­lan­dais s'apprê­tent à tra­ver­ser en camion la France, le Magh­reb et le Sahara pour con­voyer le maté­riel de forage qu'une grande ONG a pro­mise aux bur­ki­na­bés.
De son côté, Ful­ler, un mul­ti­mil­liar­daire amé­ri­cain pro­prié­taire du satel­lite piraté, reven­di­que au nom de sa mul­ti­na­tio­nale la pro­priété exclu­sive de cette nappe. Res­source qu'il entend bien exploi­ter jusqu'à la der­nière goutte pour appro­vi­sion­ner en eau le mar­ché amé­ri­cain, quitte à faire appel aux ser­vi­ces de la CIA pour faire plier cette pré­si­dente afri­caine opi­niâ­tre qui ose se dres­ser con­tre ses inté­rêts.
Voici donc planté le décor idéal pour une véri­ta­ble gué­rilla poli­ti­que et éco­no­mi­que oppo­sant un petit état du Sud et l'incar­na­tion du capi­ta­lisme ultra libé­ral occi­den­tal. Con­flit dont l'enjeu n'est rien de moins que de l'eau et, par exten­sion, la sur­vie de tout un peu­ple ignoré.
Il s'agit pour moi d'un roman d'anti­ci­pa­tion assez solide, dont les rebon­dis­se­ments et le sus­pense m'ont tenu en haleine tout au long des quel­ques cinq cent pages. L'auteur dépeint ce à quoi notre pla­nète et notre société pour­raient res­sem­bler d'ici un quart de siè­cle (autant dire demain) ; il sug­gère une vision cer­tes crue et pes­si­miste, mais que j'imagine per­ti­nente. Pour cela il fait appel aux thè­mes “fami­liers” du genre : dérè­gle­ments cli­ma­ti­ques vio­lents, nou­velle orga­ni­sa­tion de la scène inter­na­tio­nale, USA étouf­fant sous le poids de leurs vieux démons, mon­tée des extré­mis­mes reli­gieux, crise éner­gé­ti­que… Il décrit éga­le­ment les con­sé­quen­ces d'un cli­vage social déme­suré, aussi bien à l'échelle glo­bale qu'à celui d'une ville, dans lequel les clas­ses aisées se replient sur elles-mêmes, dans leurs bul­les ou au sein de leurs réseaux, aveu­gles aux populations les plus déconsidérées dont l'exclu­sion atteint un paroxysme.
Cepen­dant, au milieu de ce caphar­naüm, l'auteur campe des héros ordi­nai­res qui tentent de combattre ce cynisme mondialisé et qui redon­nent espoir dans la capa­cité de l'Homme à se réveiller, par­fois, et à se ser­rer les cou­des mal­gré les obs­ta­cles, pour réa­li­ser de grands actes de soli­da­rité sans chi­chis et sans gloire. Des héros que j'ai trouvé atta­chants ; en par­ti­cu­lier Fati­mata Konaté, la pré­si­dente bur­ki­na­bée joviale et intel­li­gente.
Je regrette tou­te­fois cer­tains dénoue­ments ou rebon­dis­se­ments un peu faci­les… Mais ce bémol est vrai­ment mineur en regard de la qualité générale du récit.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2007
Lecture jeune, n°122 - Résumer un livre comme Aqua TM tient de la gageure, mais évoquer sa thématique principale reste possible. Un satellite appartenant à une multinationale implantée aux Etats-Unis détecte une immense nappe phréatique sous un lac desséché du Burkina-Faso, pays à la population décimée par la sécheresse. Alertée par un hacker, la présidente du pays se bat avec acharnement pour obtenir la propriété de cette eau, aidée par une ONG qui lui envoie un camion avec du matériel de forage. Le véhicule traverse une Europe ravagée par les catastrophes climatiques et la violence, et une Afrique qui se meurt, pendant que les capitalistes américains fourbissent leurs armes pour réduire à néant les prétentions de ces misérables Africains. On ne s’ennuie jamais à la lecture de cet épais roman de plus de 700 pages, avec ses trois axes narratifs répartis sur trois continents (Afrique, Europe, Amérique du Nord) et ses nombreux personnages finement caractérisés. Ce livre épais, mais divisé en courts chapitres nerveux, à l’intrigue bien construite et aux fréquents rebondissements, brasse des thèmes familiers aux lecteurs de science-fiction : le réchauffement climatique, le pillage des pays pauvres par les multinationales, l’explosion des inégalités, la montée des violences, l’influence croissante des sectes et du fanatisme religieux... Très bien documenté mais aucunement pédant, ce thriller politique se déroule en 2030. La Chine s’impose face aux Etats-Unis affaiblis par les guerres et face à une Europe luttant pour sa survie, dans un contexte écologique de raréfaction de l’eau sur la planète. Il se teinte de fantastique et de touches plus sentimentales avec une idylle en fin de livre. Cette somme à l’écriture fluide, poétique par moments, mérite largement le prix Bob Morane 2007 qu’elle vient de recevoir. Même si elle semble pessimiste sur l’avenir de l’homme, elle ne peut laisser indifférent celui qui accepte de s’y plonger ! Marie-Françoise Brihaye
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   10 mai 2022
En ce temps-là, le monde se transformera. [...]
Les hautes berges des fleuves s'affaisseront
comme des murailles de pisé
sous l'effet de la tornade.
Les eaux des rivières descendront à l'étiage,
les forêts deviendront des déserts,
les grandes cités ne seront plus qu'amas de ruines.
Là où ruisselaient les cours d'eau,
on ne verra plus que bancs de sable.
(in "Njeddo Dewal", conte initiatique peul retranscrit par Amadou Hampâté Bâ - Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1993)
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MaksMaks   19 avril 2016
Suite aux émeutes de la nuit du 16 au 17 novembre et à l’attaque du Parlement européen par des éléments subversifs, le couvre-feu est avancé à 20 h au lieu de 22 h, à effet immédiat et pour une durée indéterminée. Les personnes devant se déplacer la nuit (raisons professionnelles uniquement) peuvent obtenir un laissez-passer dans les postes de police.
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SpilettSpilett   30 juin 2015
Lao-Tseu a exprimé ces paroles:" Il n'est de plus grand péché que convoiter beaucoup, point de plus grand mal que d'être insatiable, pas de pire faute que l'appétit de posséder. Se contenter du suffisant est se suffire toujours."
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boudiccaboudicca   23 mars 2022
Les prisonniers des camps de concentration conservaient l’espoir qu’un jour le cauchemar finirait ; les soldats sur le champ de bataille conservent l’espoir que la guerre s’arrêtera, qu’ils seront démobilisés et rentreront chez eux ; les victimes de catastrophes ou d’épidémies mortelles conservent l’espoir de guérir ou de reconstruire ; les peuples qui subissent le joug d’une dictature conservent l’espoir de la renverser… Jusqu’à présent l’espoir subsistait, car l’avenir était potentiellement meilleur. Désormais, on sait sans aucun doute que l’avenir sera pire. Le réchauffement va s’amplifier, les catastrophes climatiques aussi, les déséquilibres écologiques également, et nul ne sait jusqu’où ça peut aller. 
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laurannslauranns   21 février 2016
En fait, le sous-titre de ce forum, "économie de l'écologie", révèle sa vraie nature: un grand marché où l'on vend, achète, échange tout ce qui a le vent en poupe en matière de nouvelles technologies, les start-up et joint-ventures qui les fabriquent ou les commercialisent, ainsi que les crédits et investissements permettant de les financer. La planète ne s'en porte pas mieux, mais nombre d'industriels obsolètes (pétrole, plastiques, chimie corrosive, nucléaire…) ont pu grâce au forum se reconvertir dans du "propre" (solaire, hydrogène, géothermie, biomatériaux…) et restaurer un chiffre d'affaires leur permettant de se maintenir au sein de l'élite. Quant au sort des "damnés de la terre", il n'intéresse ladite élite que dans la mesure où il y a un marché rentable à conquérir: reconstruction, captage d'une source d'énergie ou appropriation de ressources vitales.
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Videos de Jean-Marc Ligny (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Marc Ligny
UTOPIALES 2014 - Être humain, c’est sans doute, aujourd’hui, comprendre qu’on doit accorder son mode de vie, non seulement avec ses semblables, mais avec l’ensemble du monde vivant, les animaux, et les plantes, et peut-être même les étoiles… Mais, sommes-nous vraiment prêts pour l’Harmonie ? Avec : Loïc Le Borgne, Jacques Arnould, Sylvie Bérard, Jean-Marc Ligny, Norman Spinrad - Modération : Xavier Mauméjean
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