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EAN : 9782228922715
Éditeur : Payot et Rivages (23/01/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Arthur Lochmann a délaissé ses études de droit et de philosophie pour devenir charpentier. En apprenant le métier, il a découvert des gestes, des techniques et une pensée de la matière qui ont transformé son rapport au monde.

Ce récit d'apprentissage plein d'humilité entremêle souvenirs de chantiers et réflexions sur le corps, le savoir et le travail aujourd'hui. Avec une langue limpide et élégante, l'auteur montre comment la pratique de cet artisanat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
  09 mars 2019
Je remercie Babelio et les éditions Payot-Rivages pour l'essai d'Arthur Lochmann « La vie solide : La charpente comme éthique du faire. »
L'ouvrage d'Arthur Lochmann est une ode au travail manuel, à la transmission du faire tout autant que du savoir-faire. Délaissant des études de droit et de philosophie, il entreprend un CAP de charpentier et c'est cet apprentissage qu'il nous raconte. Apprentissage d'un travail en groupe, où le « bien faire » est le leitmotiv parce que ça ne pardonne pas : la charpente doit résister pendant des générations, bien au-delà de la carrière professionnelle de l'artisan. Des gestes, une éthique, une posture corporelle, un travail en communauté qui auront des répercussions pour l'auteur sur la manière presque inconsciente de penser le monde, ce qui l'entoure et même ce qu'il est et comment il se représente. Comme un parallèle avec ces gestes qu'on apprend, qu'on acquière et que la main et le corps finissent par faire « instinctivement ».
En ouvrant cet essai, je m'attendais à y lire une approche plus philosophique du travail manuel comparativement au travail dit intellectuel. Et j'avoue avoir été un peu décontenancée par les premiers chapitres, détaillant techniques de la charpenterie, énumérant les outils spécifiques, décrivant la gestuelle, les essences de bois à utiliser selon les chantiers, les charpentes à bâtir ou restaurer. Sûrement autant décontenancée qu'un jeune en apprentissage apprenant tous les termes, les procédés et habitudes de ce milieu artisanal.
Mais comme sur un même tempo, à mesure qu'il prenait de l'assurance, acquise par les gestes appris, répétitifs, par le contact avec le bois et les outils, à mesure qu'il assimilait les outils, de leur nom à leur utilisation, aidé par les échanges avec ses collègues et chefs et par les nouveaux chantiers, je suis entrée dans son récit, dans cette initiation, avec une curiosité de plus en plus exacerbée et plaisante.
Je suppose que cet intérêt et plaisir plus vifs s'expliquent par le fait qu'il ne s'est pas contenté de d'écrire le quotidien d'un charpentier. Tout au long de son récit, comme celui d'un compagnon qui apprend, s'instruit, découvre des savoir-faire, Lochmann appuie ses réflexions par des références sociologiques, philosophiques, historiques et même linguistiques sur le travail manuel, le travail en équipe avec la transmission (de génération en génération) et la confiance qui sont intrinsèques à ce métier, mais aussi sur la conscience du corps, de la posture, de la main qui crée, tient, cloue, lime, scie, touche, caresse, bâtit.
J'ai trouvé qu'il y avait une humanité dans ce récit, dans ce monde artisan qu'est la charpenterie. C'est un vrai microcosme avec ces codes, son langage et ses expressions (apprenant entre autre, que « dans le jargon des compagnons, l'apprenti, qui court partout pour aller chercher ce qu'on lui demande, s'appelle ‘'le lapin'' ») et bien entendu la transmission des savoirs et son éthique du faire.
Malgré parfois des passages un peu trop techniques pour la béotienne que je suis, j'ai pris du plaisir à lire cet ouvrage (vous aurez bien entendu noté la plus que subtile insertion du terme « ouvrage » qui signifie à la fois « texte écrit » mais aussi, selon le Larousse, « un produit du travail de l'artisan ou de l'artiste »).
Son écriture est claire, agréable, parfois drôle lorsqu'il raconte certaines anecdotes de chantier. J'ai apprécié son caractère franc et humble aussi parce qu'il ne cache pas les difficultés d'apprentissage, les plantages -les mauvaises coupes et les faces de contact se plaquant mal les unes aux autres (bref lorsque cela ne « biche » pas)-.
Cela rappelle l'importance de la formation et de la patience. L'importance du temps, de la prise de conscience de ce temps mais aussi de l'espace, en sentant nos pieds bien ancrés sur terre, comme sur un échafaudage. II faut observer les autres, accepter de se tromper, recommencer encore, s'améliorer.
Plaisir de lecture lié aussi à ce sentiment d'avoir appris un peu plus sur une profession, sur l'humain, découvert l'habitus de ce corps de métier. Tout au long de ce récit-essai, Lochmann montre ainsi les valeurs et l'éthique de ce métier et de ces hommes artisans (parfois très proches des artistes).
Cela m'a confortée dans cette conviction de l'importance de la création par ses propres mimines. Faire, créer, bref le processus de création donne du sens (rassérénant pour le coup) et apporte aussi une petite satisfaction dans une ère du tout à la va-vite, de plus en plus vite, une ère du prémâché au supermarché (quel plaisir de préparer un bon repas et oublier les plats cuisinés industriels ; faire pousser ses carottes plutôt que de les acheter au supermarché ; tricoter même de ridicules moufles ou encore donner à ses meubles une seconde vie).
Lochmann montre son plaisir à travailler le bois, d'être souvent en extérieur à pouvoir respirer, contempler la nature, entouré d'hommes qui ont la même foi et le même amour de leur métier et c'est bien là un agréable « bouquet final* ».
(*tradition où l'on installe une branche fleurie au sommet de la « belle » charpente terminée).
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fanfanouche24
  16 mai 2020
Un livre noté dans mes curiosités : "cf. Jean Montenot- "Lire Spécial Polar, n° 474/ avril 2019---
" Bref, il faut soigner son rapport au travail pour "reprendre la main sur sa vie"
Après des études littéraires, Arthur Lochmann décide de délaisser celles-ci pour passer un CAP de charpentier. Il découvre alors "un métier immensément exigeant, une vie solide à laquelle on s'attache"
Il en a tiré un récit un récit qui atteste un retour en grâce de l'artisanat en tant que que formation, procurant solidité et stabilité à l'individu contemporain confronté à la perspective de voir son identité atomisée, liquéfiée, n'être plus que transitoire (...)
Ce n'est pas là un nouvel impératif catégorique mais un sage conseil: pour éviter la dispersion et la liquéfaction de soi, l'apprentissage d'un métier artisanal peut s'avérer salutaire : "Le soin mis à l'ouvrage qui est [...] une manière simple et efficace de donner un sens plein à la vie "
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DocIdoine
  23 mars 2019
Arthur explique dans un produit marketing à usage unique et oublié demain comment de brillant "philosophe" (sic) et "avocat en devenir" (re-sic) il a consenti à se tourner vers le métier de charpentier (qu'il abandonnera probablement une fois son caprice passé pour rentrer dans le rang de sa classe sociale). Sa généreuse contribution à la charpente se sent dès le titre rédigé dans le jargon imbitable des pseudo-intellos bureaucrates et idéologues de l'Educ' Naz': La Charpente comme... éthique... "du faire". Oui, c'est ridicule. En même temps, c'est pas du français, hein. Donc on s'en cogne.
Marrant comme mon intérêt va plutôt aux gens qui ont fait le parcours inverse exactement, comme Gaston Bachelard, fils de cordonnier, facteur à 16 ans, puis instituteur (après une guerre courageuse), puis licencié de mathématiques, puis professeur de sciences physiques, puis agrégé de philosophie, puis docteur ès lettres à la Sorbonne, puis le génie qu'on sait, Gaston Bachelard, tel qu'en lui-même l'Eternité le fixe. Ou, plus près de nous dans le temps, comme Emmanuel Legeard, sans famille, issu du quartier le plus dur de France, gagnant sa vie comme pigiste, puis reporter, et parallèlement faisant décrocher des médailles d'or à des champions olympiques pour financer son ascension vers le doctorat ès lettres à la Sorbonne, et pour devenir qui on sait. Ca, c'est du mérite, et même plus: de la VALEUR. Mais dans ce pays où le grand, l'immense Michel Siffre est condamné au RSA (inimaginable!) et où Philippe Pujol, prix Albert-Londres 2014, est au chômage de longue durée... on préfère se tourner vers les choses et les gens médiocres, c'est plus rassurant. Ca dilue la responsabilité collective. N'est-on pas dans le meilleur des mondes?
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Leraut
  10 mars 2019
Agréable, aérienne l'écriture de « La vie solide » d'Arthur Lochmann est à l'instar du toucher d'un bois travaillé par la force des vents et du soleil à son Zénith. L'auteur a de la chance, une grande chance. Brillant étudiant en philosophie et droit, il fait un pas de côté et change de voie. Et quelle fabuleuse voie ! Celle d'un métier artisanal en l'occurrence charpentier. Etreindre la puissance du bois et se polir au rythme des saisons donnantes. Cette expérience capitale pénètre en lui et le métamorphose à jamais. le charme et la vigueur de cet essai sont dans cette objectivité des savoirs qui vont oeuvrer. Par des maîtres d'apprentissages qui tels des passeurs vont lui octroyer le savoir. La main, ici est symbole. « Les uns pensent dit-on. Les autres agissent ! Mais la vraie condition de l'homme, c'est de penser avec ses mains ! » Arthur Lochmann apprend, persévérant mais se heurte parfois à la douleur qui, elle aussi est énergie. Son intelligence en éveil est une courbe qui s'ennoblit. Levier, elle fait, des gestes de l'auteur, son élévation. « Apprendre à scier n'est pas une mince affaire. » Tout repose dit l'auteur sur un dialogue constant avec la main. le lecteur est attentif à la mesure donnée. Il se délecte et s'imagine sur le toit du monde grandissant au jour de sa transmutation. « Loin d'être lassante, la répétition est source de gratification émotionnelle ». La routine n'existe pas. L'auteur est à l'instar d'un apprenti qui mue, tout se passe en invisibilité. Par cette force digne, par la persévérance, la sueur et parfois le sang. La fatigue est un outil bénéfique, elle en devient exutoire. le plus beau chantier universel dresse son macrocosme. L'auteur devient cet « Homme de Vitruve ». L'éthique d'une construction solide coule avant tout dans les veines du bâtisseur. Les Compagnons du Devoir sont des passeurs. La sociologie de cet essai est une boussole. Les convictions sont des outils à prendre en main sans crainte aucune. Cet essai suggère la voie qui se trouve en chacun de nous. Il offre sans ubiquité ni manichéenne posture les symboles invisibles qui se trouvent dans les mains râpeuses des travailleurs manuels. Cette éthique qui se voue en matière est une charpente admirable. Cet essai construit en cathédrale, jour après jour, aux vertus abouties est un kaléidoscope. Une marche en étoile à cinq branches au travers de la France, jusqu'au faîte d'un toit en clef de voûte. « Avant mon apprentissage, les bâtisseurs ne m'avaient jamais vraiment intéressé …J'ai commencé à voir les édifices comme la somme d'une multitude de gestes. » le lecteur a envie d'être cet apprenti qui va s'émanciper par des épreuves opératives qui vont se transformer en spéculatives subrepticement. La dernière page achevée laisse deviner dans un filigrane majeur les traits d'un chef-d'oeuvre. Chacun (e) puisera dans ce puits de lumière soit la scie soit le crayon. Publié par Les éditions Payot (La charpente comme éthique du faire) est à lire en plein chantier intérieur. Reçu dans le cadre de Masse-Critique Babelio, « La vie solide »est une chance de lecture. Merci !!!!!
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HarperValley
  12 mars 2019
Arthur Lochmann a abandonné ses études de philosophie et de droit pour devenir charpentier. Cet ouvrage est le récit de son apprentissage. Fils de maçon, c'est parce qu'il avait besoin d'un gagne-pain qu'il a commencé un CAP. Au final, ce métier lui a appris bien plus, et lui a permis de trouver des repères.
L'auteur aborde ici tous les aspects du métier de charpentier, qu'ils soient techniques, historiques mais aussi sociologiques et même philosophiques. La charpenterie nécessite un engagement total du corps et de l'esprit, les outils deviennent des prolongements de la main, le geste et l'intellect sont intimement lié. le rapport au temps est différent, les gestes s'inscrivent dans la durée, dans ceux des charpentiers prédécesseurs et pour plusieurs siècles à venir. La transmission du savoir est essentielle où "les savoir-faire constituent un trésor immatériel qui appartient à toute la société. Chaque ouvrier en est le dépositaire temporaire. A ce titre, sa responsabilité est de la faire vivre en le transmettant."
Il y a un autre aspect de remarquable dans ces métiers c'est la satisfaction du travail bien fait liée "au fait que l'on se sache hautement responsable de son travail. Et cet engagement est d'autant plus fort que les savoir-faire mis en oeuvre sont nombreux, précis et difficiles à acquérir: on se sent d'autant plus auteur d'un ouvrage que l'on a la main sur sa qualité."
C'est un ouvrage étonnant, riche, écrit avec passion. L'auteur livre là une belle réflexion sur les métiers d'artisanat dont il fait l'éloge, comme une réponse possible aux défis de l'époque moderne.
Merci à Babelio et aux éditions Payot-Rivages pour cet envoi!
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critiques presse (3)
LaViedesIdees   08 octobre 2019
L’expérience personnelle de l’auteur est riche d’enseignements et sa critique du travail contemporain est fondée et bien documentée. On peut toutefois regretter que, dans la seconde partie de l’ouvrage, il s’égare dans des considérations hors-sol, en suivant des auteurs dont il ne questionne pas les limites.
Lire la critique sur le site : LaViedesIdees
Liberation   14 mars 2019
Il étudiait la philosophie, il est devenu charpentier : Arthur Lochman fait dans la Vie solide le récit de son apprentissage d’un métier tout en force physique, mais aussi en écoute subtile des propriétés du bois et des gestes qu’il autorise.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   06 février 2019
Ayant choisi de devenir charpentier plutôt que philosophe, Arthur Lochmann élabore un nouveau rapport au corps et au monde, un style de vie, voire une « éthique du faire ».
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
HarperValleyHarperValley   06 mars 2019
Dans un ouvrage majeur de l'anthropologie, Le Geste et la Parole, André Leroi-Gourhan a montré que le développement de la main et celui de l'intelligence ont été concomitants dans l'évolution de l'espèce humaine. Pour résumer: un aspect caractéristique de l'être humain, c'est sa bipédie permanente et parfaite. Le fait de ne plus marcher sur les mains les a libérées de leur fonction de locomotion et, ce faisant, a ouvert la possibilité du geste. Du même coup, la bouche s'est trouvée libérée de la fonction de préhension qu'elle assumait lorsque les mains servaient au déplacement. Elle a ainsi pu détourner ses mouvements naturels d'ouverture et de mastication pour les mettre au service de l'articulation, c'est-à-dire de la parole et du langage. Ce n'est donc pas l'intelligence de l'être humain qui l'a fait se relever, mais parce qu'il s'est relevé qu'il a pu développer son intelligence - manuelle et linguistique.
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ConstanceKConstanceK   27 février 2019
C'est une expérience proprement édifiante que de grimper dans la charpente d'un clocher. A l'abri des ardoises, dans les étroits passages que l'on se fraye à force de contorsions, on se trouve comme dans une poche de résistance à l'écoulement du temps. Là, les pièces de chêne sont en place depuis plusieurs siècles. Ces assemblages ont connu toutes les intempéries, toutes les guerres, les vibrations si régulières des cloches, le passage des saisons. Eprouver à ce point la permanence des choses est un sentiment qui se fait rare. (p 128)
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   14 avril 2019
Au fil des ans et des chantiers, j'ai acquis cette conviction : l'apprentissage et la pratique d'un artisanat sont un ensemble d'expériences, de méthodes et de valeurs adaptées aux défis individuels et collectifs de la modernité. Ce livre est une enquête résolument subjective sur ce qu'une telle culture peut apporter dans une vie aujourd'hui. Voici donc un récit d'apprentissage.

Prologue, p. 16
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ConstanceKConstanceK   27 février 2019
On retrouve ces moments de grâce dans de nombreuses tâches des chantiers. C'est l'immense plaisir de l'anticipation collective des étapes de travail à venir. Quand tous connaissent les routines à mettre en œuvre et que chacun parvient à y trouver sa place, il s'instaure dans certaines équipes une fluidité symbiotique que je n'ai jamais retrouvée nulle part ailleurs, et qui est l'une des raisons de mes constants retours sur les toits. (p 113)
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HarperValleyHarperValley   06 mars 2019
Si je travaille régulièrement sur des chantiers de charpente depuis dix ans, je ne suis pas "devenu charpentier" au sens où l'on endosse une identité et pratique un métier pour le reste de son existence. Mais en développant un rapport productif à la matière, en apprenant à inscrire mes actions dans la durée, en adoptant l'éthique artisanale du bien faire, j'ai trouvé des clés pour m'orienter dans notre époque frénétique.
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