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ISBN : 2258135087
Éditeur : Les Presses De La Cite (17/08/2017)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Angleterre, 1852. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Mais la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : décidé à impressionner son unique fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils s'est converti au végétarisme et rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
21 août 2017
Ce roman, fiction, sans en être une, parce que très bien documenté devrait être mis entre toutes les mains, et particulièrement entre les mains de quelques responsables censés garantir la pérennité de notre planète bleue.
Maja Lunde écrit l'histoire des abeilles depuis 1851, date qui n'est pas mentionnée au hasard, puisque cette date se situe vingt ans après la mort de François Hubert, naturaliste suisse qui par ses travaux, apporta une somme non négligeable de connaissances au sujet de cet insecte sans lequel nous ne pourrions vivre. L'auteure du roman le mentionne au cours de l'histoire à travers un livre dont le titre n'existe pas mais qui relate ses découvertes et observations sur l'apiculture.
Trois périodes donc sont mentionnées dans le roman :
la première correspond donc à un accès à la connaissance sur les abeilles, la deuxième se situent en 2007, date mentionnée dans la réalité par les spécialistes, à laquelle les apiculteurs du monde entier ou presque, sont éprouvés par de bien curieux phénomènes de disparition des abeilles, la troisième, en 2 098, est d'ordre dystopique et post-apocalyptique avec un pays de référence : la Chine : plus aucune abeille sur terre, les hommes sont employés en masse à polliniser les fleurs, la nourriture est réduite et … je vous laisserai découvrir combien les abeilles sont indispensables à notre vie sur Terre et méritent plus que notre respect.
Ce livre m'a vraiment poussée à aller me documenter sur la question et c'est pour cette raison que j'ai qualifié ce roman de fiction sans en être une car l'histoire repose sur des faits réels et les événements qui y sont relatés sont non seulement possibles mais probables dans la troisième période (si on enlève l'emploi des masses en tant qu'ouvriers pollinateurs).
S'il revêt par moment des aspects bien noirs et tristes, la fin m'a semblé plutôt réconfortante en signalant combien la nature est capable de reprendre ses droits, grâce à un message d'espoir permettant de refermer le livre sur une note un peu plus gaie.
Un roman très vite lu et léger, en aucun cas difficile à ingérer mais efficace en ce qui concerne la connaissance à acquérir sur les abeilles. Si parfois j'ai ressenti quelques longueurs, c'est parce que, probablement dans un souci de rendre son ouvrage parfaitement assimilable, Maja Lunde y mêle des histoires familiales, et je me suis demandé dans le premier tiers, voire un peu plus, si le sujet qui nous préoccupait allait prendre sa place dans le roman.
Et je peux affirmer que Maja Lunde a opéré en magicienne, en introduisant par la coupure entre les différentes époques, un certain suspense, puis en confiant au lecteur, dans le dernier tiers, certaines révélations qui laisseront le lecteur admiratif quand à l'organisation du récit.

Je remercie Babélio et les éditions Presses de la cité pour ce partenariat.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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lucia-lilas
19 septembre 2017
C'est grâce à une masse critique privilégiée que je me suis trouvée plongée dans Une histoire des abeilles, présentée sur la quatrième de couv' comme « un roman écologiste ».
Bon, en matière d'écologie, je ne suis pas au top même si, promis juré, je trie mes déchets, consomme un peu moins de viande qu'avant, ne prends jamais l'avion (parce que j'ai la trouille mais n'empêche que, trouille ou pas, mon empreinte carbone est à ce jour peut-être nettement plus faible que celle de bon nombre d'écolos …), ne jette aucun déchet dans la nature et serais prête à bondir sur le malotru que je verrais agir de la sorte, n'ai pas de piscine dans mon jardin et n'achète pas des pommes qui viennent d'Afrique du Sud. (clap, clap, clap, clap…)
Bref, un roman écolo traduit du norvégien, why not ?
Trois époques : la Chine en 2098, l'Angleterre en 1851, les États-Unis (Ohio) en 2007, trois histoires qui se mêlent, comme on en lit pas mal en ce moment.
En Chine, nous découvrons une jeune femme, Tao, perchée dans un arbre : à l'instar de milliers d'autres compatriotes, elle pollinise à l'aide d'une balayette en plumes de poule chaque fleur des arbres fruitiers. En Chine, les abeilles n'étant plus là pour le faire depuis des années à cause d'une pollution importante et d'insecticides répandus trop généreusement, l'État a su s'organiser : Tao se coltine donc le sale boulot et bientôt, aucun petit Chinois n'ira plus à l'école car ils devront apprendre très vite les gestes que la nature accomplissait sans leur aide, auparavant. C'est l'État qui en a décidé ainsi. Autrement, c'est la famine…
(En réalité, la pollinisation manuelle a déjà cours en Chine, pas besoin de se projeter en 2098: à lire, sur Internet, l'article du Monde du 23 avril 2014 Dans le Sichuan, des « hommes-abeilles » pollinisent à la main les vergers.)
On apprend en passant (je vous rappelle qu'on est en 2098) que le pire est arrivé : la disparition des insectes pollinisateurs (j'espère que mon collègue de SVT lira mon article parce que j'ai du vocabulaire maintenant !), l'élévation du niveau de la mer liée au réchauffement climatique (décidément, je me spécialise, mon dernier article portant sur La Fonte des glaces de Joël Baqué), la destruction des sols par l'agriculture intensive, la multiplication des accidents nucléaires, l'empoisonnement des êtres vivants par les insecticides et les pesticides... Pas de quoi rire… Et comme on a fait comme s'il était peu probable que tout cela nous arrive, le résultat n'est pas beau à voir… (Mais bon, c'est un roman, une fiction..., n'empêche que ça fout un peu les jetons tout ça quand on y pense…)
En Angleterre, William, père de famille, est alité : manque de peps, spleen, moral dans les chaussettes jusqu'à ce qu'il redécouvre un livre posé sur son bureau qui va de nouveau réveiller une passion endormie : Nouvelles observations sur les abeilles de François Huber, 1806. William se lève et s'attelle avec toute l'énergie dont il est capable à la construction d'une ruche innovante.
Dans l'Ohio, George est désespéré : son fils ne veut pas reprendre la ferme, s'occuper des ruches, non, il veut poursuivre ses études (il n'y a vraiment que dans les romans que les pères râlent parce que leurs fils veulent poursuivre leurs études!). George vit pour ses ruches colorées qu'il choie et auxquelles il consacre toute son énergie. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il sera lui aussi victime du fameux Colony Collapse Disorder, « syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles »… (Ah, vous ne connaissez pas…) (Comme disent mes élèves, quand on débat sur l'intérêt de la lecture, lire permet de se cultiver, d'apprendre… Ils ne comprennent jamais pourquoi je fais un peu la moue face à ce genre de réponse...)
Évidemment, on se demande tout au long du livre quel lien unit ces trois récits, même si l'on s'en doute un peu…
Alors, venons-en aux faits : est-ce que j'ai aimé ce livre ? Je réponds par une litote d'abord qui dira ce qu'elle dira : c'est une lecture pas désagréable, la langue est fluide, plaisante (je salue la traductrice dont j'avais déjà remarqué l'excellent travail mais pour quelle traduction, je ne sais plus…). J'ai appris plein de choses (que je me suis empressée d'oublier) sur les abeilles… Les histoires de pollinisation n'ont (presque) plus aucun mystère pour moi ni le varroa destructor (je vous épate, hein), un horrible acarien parasite responsable de la varroose (oui, deux r et deux o, ça fait durer le plaisir) ; quant à la reine mère, aux faux-bourdons, aux ouvrières non fertiles, au couvain, aux ruches verticales de Langstroth (j'hésite à rédiger l'article Wikipédia sur le sujet qui manque encore cruellement à la célèbre encyclopédie…), à l'essaimage… Tout ça, je connais par coeur...
Bon, d'un point de vue formel, ce n'est pas un roman très novateur mais il demeure agréable à lire, ce n'est déjà pas si mal…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Lutin82
09 septembre 2017
Le pitch de départ est assez fourni et disparate pour provoquer d'entrée un regard interloqué. de quoi s'agit-il au final ? D'un roman contemporain ? de la science-fiction ? d'un roman historique ? d'une réflexion sur notre avenir ?
Une histoire des abeilles est avant tout d'un texte d'anticipation qui plonge ses racines dans les premiers pas de l'apiculture moderne, pour se projeter dans un futur assez lugubre.
Les 3 époques évoquées dans la quatrième de couverture s'alterneront au gré d'un chapitre chacun tout au long du récit. Nous les suivrons avec les trois personnages principaux succinctement décrits.
Si initialement, cette structure narrative laisse une impression un peu biscornue, très vite le lecteur comprend que ces trois points de vue sur l'apiculture, la nature et l'humanité ont à la fois des points communs mais aussi une imbrication de bon aloi.
Sur le plan purement narratif, je ne peux pas dire que Maja Lunde nous offre un roman révolutionnaire, pour autant cela n'en est pas moins efficace ou poignant. Chaque personnage connait des tensions familiales et sans qu'elles soient identiques, elles reflètent l'air de leur temps ainsi que les contraintes inhérentes à leur environnement.
Ainsi, faisons-nous connaissance avec un William, dépassé, démotivé, un être proche de la larve humaine. le regard que lui porte sa famille n'est pas suffisante pour éveiller une étincelle de rébellion, un zeste de fierté ou d'orgueil. Centré sur son auto-apitoiement, il fait pâle figure aux yeux du lecteur qui s'interroge sur les raisons de son bourdon. Peu à peu, il va reprendre du poil de la bête et tandis qu'il fait sa mue, l'apiculture se révolutionne et entame ses premiers pas dans un approche moderne.
Au-delà de la description d'une vie de l'époque dans la campagne anglaise, nous découvrons l'histoire naturelle pratiquée alors (quelques scènes sont assez drôles), mais également les prémices des techniques apicoles dont certaines sont encore d'actualié.
Cette évocation des premiers pas modernes dans l'exploitation/exploration des abeilles est tout à fait instructive et agréable. Elle a aussi le mérite de montrer que la motivation première (et qui est toujours actuelle dans l'apiculture) était centrée autour de la protection de ce fabuleux insecte, et non pas que dans l'optique de récolte de miel. En effet, jusqu'alors pour récolter ce précieux nectar, l'homme détruisait la colonie en écrasant les pains de cire, larves, oeufs, et tutti quanti inclus…
En soi, cette partie est intéressante, mais elle ne sert pas simplement de décorum. Certes, William n'est pas le père de l'apiculture moderne, d'autres l'ont précédé (de peu), mais l'impact sur le reste de l'aventure sera réel; cette partie sert également de référentiel, une façon de donner du volume et de la puissance aux autres tranches de vie. Tout était si simple alors….
Les soucis de Georges ne tiennent pas simplement à la sphère familiale, ils sont aussi d'ordre professionnel. le modèle agricole américain (et occidental) n'est pas présenté sous son meilleur jour : entre endettement, baisse des productions, effondrement du prix du miel, hausse des charges, la situation n'est pas florissante et la course à toujours plus est inévitable. Surtout quand notre apiculteur rêve de voir son fils reprendre les rennes de l'exploitation familiale (Ils sont apiculteurs depuis des générations, tous mordus de ce délicieux hyménoptère). le syndrome d'effondrement des colonies touche déjà le Sud des USA, et tous redoutent de voir le mal se propager en nord du continent. (Ce mal affecte réellement les abeilles depuis 20 ans; en 24 heures, la ruche est désertée sans aucune explication. Toutes les abeilles disparaissent d'un coup).
Il est difficile de ne pas s'émouvoir avec son histoire, même si ses aspiration le rende aveugle et que le lecteur souhaite lui donner une claque de bon fonctionnement histoire qu'il écoute un peu son fils. L'émotion est intense quand les abeilles disparaissent, surtout que nous sentons au fil de l'intrigue une épée de Damoclès suspendue, juste là prête à tomber et anéantir tout espoir.
Les relations familiales sont particulièrement bien rendues et plausibles. La partie apicole est cohérente, très bien documentée. La détresse de Georges à la perte de colonies d'abeilles transperce les tripes (ou tout au moins les miennes, j'ai déjà perdues des colonies, et c'est un crève coeur. On s'y attache à ces garces qui vous piquent, chaque colonie a sa « personnalité ».), la proximité temporelle et culturelle influence ces sensations.
Enfin, Maja Lunde nous immerge dans une Chine à l'aube du XXII° siècle. Les abeilles et tous les insectes pollinisateurs ont disparus de la surface du globe, depuis 1980 dans ce pays (c'est un fait avéré, mais la Chine reste la premier exportateur de miel, cherchez l'erreur…..). L'histoire personnelle de cette jeune femme dont le fils a disparu nous permet de découvrir une humanité aux abois; le colosse a des pied d'argile et s'effrite lentement mais inexorablement. La famine a fait des ravages, le cannibalisme n'est pas étranger dans certaines zones, il devient très dangereux de se déplacer dans des endroits inconnus, vous risquez de finir en potage….
Cette période fait froid dans le dos. Ici, point de zombie, point de violence, ni de jeux politico-télévisé renversés par une jeune fille. La réalité est bien plus nue, et plus percutante. La raison tient à la disparition d'un insecte qui fait 1g, qui ne pèse pas bien lourd… et qui est pourtant essentiel. le coupable : l'aveuglement humain alors que les sonnettes d'alarme résonnent depuis bien longtemps. Il y a encore des fleurs, et même des arbres fruitiers, parfois pollinisés à la main en Chine (aujourd'hui c'est déjà le cas), mais plus grand chose ne produit des fruits faute de vecteurs adéquats….
Le message véhiculé ne se dissimule pas sous des palabres sans fin ou des métaphores lumineuses. L'auteur est directe. Elle s'ancre sur un point de départ identifié, le début de l'apiculture moderne, elle fait un constat de nos jours montrant que l'équilibre est rompu pour nous achever sur le sort fort plausible qui attend les futures générations. Les trois récit se combinant, s'alternant, se renforcent l'un l'autre pour délivrer une message percutant.
Si le texte n'était que désespoir, difficultés et renoncement, le message sonnerait bien trop comme un pamphlet moralisateur. Certes, le parti pris ne se conteste pas sur ce roman, mais l'espoir reste bien présent tout au long des pages, tout comme les bonnes volontés, et l'engagement.
Lien : https://albdoblog.com/2017/0..
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anlixelle
02 septembre 2017
Tout d'abord, je remercie vivement les éditions Presses de la cité ainsi que Babelio pour l'envoi de ce livre, best-seller en Norvège et en Allemagne, que l'on doit à Maja Lunde, auteure, jusque-là, de scénarios et de textes pour la jeunesse.
Vous l'avez compris, ce livre, comme beaucoup d'autres en ce moment, surfe sur la vague écolo en pointant sa loupe sur celles qui nous donnent le miel et pollinisent nos fleurs.
En Chine, à la fin du 21éme siècle, tous les insectes ont disparu, mais dans le reste du monde également. Une jeune femme,Tao, a pour mission (travail) de polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle aspire à un avenir meilleur. Hélas, rien ne se passera comme prévu, et elle sera amenée à quitter son lieu de vie et son époux pour découvrir une partie de son pays plus obscur qu'elle ne le pensait.
En Angleterre, à la fin du 19éme siècle, un père dépassé et scientifique frustré tente, pour sortir de sa dépression majeure, de concevoir une ruche révolutionnaire.
Aux Etats-Unis, au début du 20ème siècle, George, apiculteur bourru, est très inquiet quant à l'avenir de sa ferme et de ses ruches en perte de vitesse.
Cette manière de croiser plusieurs récits pour donner de la densité à des histoires est assez tendance en ce moment, surtout quand on n'a pas à se creuser la tête pour que les dits personnages se rencontrent à un moment ou à un autre (voir également La Tresse de Laëtitia Colombani).
J'étais très optimiste au départ, car les premières pages (mais vraiment « premières pages ») m'ont beaucoup plu. Hélas, une fois sortie de la Chine démembrée, (et avec elle son intéressant aspect d'anticipation), la dépression de William, ainsi que la lenteur à décrire son quotidien m'ont très vite exaspérée. Les relations tumultueuses entre Georges et son étudiant de fils ne m'ont pas ragaillardie pour autant. Tout reste superficiel, de nombreuses pistes psychologiques auraient pu être prises, mais ce ne fut pas le cas. Certains passages sont même traités à la va-vite, comme le lever, après des mois de dépression profonde, du personnage dépressif, sur une simple idée qui lui vient à l'esprit, ou presque. Du jamais vu !
J'ai donc trouvé ces personnages assez sympathiques, mais hélas, le rythme du roman d'une lenteur épouvantable.
C'est bien écrit, mais cela n'a pas suffi à capter mon intérêt.
Pour moi, ces histoires qui s'entremêlent manquent de corps ; il ne se passe pas grand-chose. Même si l'intention est bonne, voire très bonne, le texte perd trop vite en force.
Au final, voici donc Une histoire des abeilles qui, au fil des siècles, grâce à ces trois « intrigues » allant de l'invention des premières ruches accessibles à l'homme jusqu'au début de leur disparition et des conséquences désastreuses pour l'homme et son environnement, n'aura pas été suffisamment dense pour me tenir en haleine.
Une lecture qui m'a laissée sur ma faim (pas de miel).

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austen
28 août 2017
Je commence par les remerciements hein, on ne sait jamais, il m'arrive d'oublier, donc un grand merci aux presses de la cité et à Babelio pour « Une histoire des abeilles ». J'ai adoré.
Il s'agit d'une histoire de genre biopunk comme par exemple « la fille automate » de Paolo Bacigalupi ou la « cartographie des nuages » de David Mitchell… Ben oui, je deviens une spécialiste du genre biopunk ; enfin il me semble qu'à partir de trois romans on peut commencer une spécialisation.
Bref, « une histoire des abeilles » est un roman choral, où trois personnes racontent leur relation avec le monde des abeilles.
William, Anglais du milieu du XIXe, naturaliste et biologiste vraiment dépassé par sa très nombreuse famille, retrouve un peu le goût à la vie au contact des abeilles. Cette période du milieu du XIXe siècle est celle où les hommes ont commencé à réellement « domestiquer » les abeilles à grande échelle.
George, apiculteur américain du début du XXIe siècle vit le drame de la disparition des abeilles dont nous entendons tous parler depuis quelques années. Il a une exploitation de taille moyenne et au début de son récit on comprend qu'il aimerait s'agrandir , mais pas à n'importe quel prix ; il aime les abeilles (sans sentimentalisme).
Tao, jeune chinoise de la fin du XXIe siècle, fait partie des « pollinisateurs » manuels qui ont été mis en place après la disparition complète des abeilles et autres insectes : l' »Effondrement ». Elle est mariée et mère du petit Wei-Wen. Lorsqu'un malheur survient, elle part et se plonge dans l'histoire de l' »Effondrement ».
Alors bon, la fin (les dix dernières pages environ) est un peu...facile dirais-je, trop rapide, mais pour le reste, j'ai aimé de bout en bout. Les trois personnages sont vraiment pertinents et leur relation aux abeilles l'est tout autant et est symptomatique de la période à laquelle ils vivent.
Dans le cas de George par exemple, qui vit à notre époque, on voit bien chez lui la tentation de surexploiter les abeilles, et il parle d'un de ses collègues qui lui, parcourt les Etats-Unis avec ses centaines de ruches pour polliniser les amandiers, les orangers… dans différents états du pays en espérant ne pas affecter les abeilles. Ça m'a rappelé des articles lus ces dernières années sur les abeilles et ceux qui les exploitent.
Du coup on voit bien où Maja Lunde veut en venir, et je suis assez d'accord avec elle : arrêtons de faire chier euh embêter les abeilles, arrêtons de leur voler leur miel, même gentiment comme certains affirment qu'ils le font, et prions (enfin, vous me comprenez) pour qu'il ne soit pas trop tard. Je dis ça, j'adore le miel, mais je serais prête à m'en passer si ça peut aider (j'ai des réserves)
Maja Lunde ne s'est pas attardée trop longuement sur la description d'un monde après les abeilles, mais ce qu'elle décrit suffit à nous faire comprendre que ça pourrait être assez désagréable : famine,
esclavage…
C'est donc un roman militant, écologiste et qui par bien des points m'a fait penser à La fille automate que j'ai découvert et adoré il y a deux ou trois ans. Après la lecture, je suis allée signer une pétition chez SomOfUs contre les pesticides néonicotinoïdes, direct! Bon j'avoue être assez influençable;-))
C'est également un roman qui parle joliment des relations parents/enfants, et de mon point de vue ce roman pourrait s'adresser à un public adolescent… Remarquez que je ne suis pas allée voir si tel était le cas ou pas!!!
En résumé, Maja Lunde est une écrivaine selon mon coeur, raconteuse d'histoires et porteuse d'un message de préférence universel. Il paraît que c'est son premier roman? J'espère qu'elle continuera comme ça, et je prends une option sur son prochain livre.
J'ai adoré comme je le disais en préambule, et je recommande « une histoire des abeilles » à tous ceux qui aiment les abeilles, à ceux qui s'inquiètent de leur disparition progressive, et à ceux qui aiment les beaux romans avec de bonnes histoires.
Ha oui au fait, la couverture est superbe, un genre de voie lactée d'abeilles sur fond noir. Vous ne pouvez pas la manquer.
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
calypsocalypso23 septembre 2017
2007. C’était l’année où l’on avait donné un nom à l’Effondrement : CCD – pour Colony Collapse Disorder, soit le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles.
Mais cela avait commencé bien avant, comme je le découvris avec un film sur l’apiculture au XXe siècle. Cette activité avait prospéré de manière spectaculaire après le Second Guerre mondiale, les Etats-Unis à eux seuls comptant alors pas moins de 5,9 millions de colonies. Mais en Amérique comme partout ailleurs, les abeilles se mirent à connaître une forte mortalité. En 1988, le nombre de ruches avaient diminué de moitié. Beaucoup de régions étaient touchées par ce phénomène, apparu dès les années 1980 dans le Sichuan. Il fallut cependant attendre que l’hécatombe atteigne les Etats-Unis – en 2006 et 2007, des milliers de ruches disparurent en l’espace de quelques semaines – pour que l’on nomme enfin le phénomène : l’Effondrement. En ce temps-là, une simple catastrophe en Chine ne méritait pas que tous les chercheurs de la planète se penchent sur la question. Comme les choses avaient changé, depuis.
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calypsocalypso23 septembre 2017
J’avais perdu mon père à l’âge de dix-neuf ans […]. Ma mère se remit étonnamment vite de sa disparition. Optimiste en apparence, elle répétait bravement qu’elle était encore jeune, qu’elle avait de beaux jours devant elle. Qui sait ? Peut-être rencontrerait-elle-même un autre homme. Mais tout ça n’était que paroles en l’air. Bien vite, ma mère se détacha du monde comme les pétales de fleur qui s’envolent à la fin du printemps. Il y avait du vent dans son regard devenu impossible à saisir.
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MllePeregrineMllePeregrine10 septembre 2017
- Il t'en a parlé? demandai-je, le nez dans le volant.
- De quoi?
- De ses projets pour plus tard.
Elle garda le silence une seconde, puis murmura:
- Tu sais bien qu'il adore écrire. Il a toujours aimé ça.
- J'adore Star Wars. Je ne suis pas devenu Jedi pour autant.
- Il semblerait quand même qu'il ait un certain talent.
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PtitgateauPtitgateau22 août 2017
L'abeille meurt quand ses ailes sont usées, déchiquetées par trop de battements, comme les voiles du hollandais volant. Alors qu'elle prend son envol, gorgée de nectar et de pollen, ses ailes, sans prévenir, refusent de la porter. Elle ne retourne jamais à la ruche, mais s'écrase au sol avec son butin. Si les abeilles étaient douées de sentiments humains, sans doute éprouveraient-elles à ce moment-là un bonheur sans mélange : la satisfaction d'entrer au royaume des cieux en ayant accompli leur devoir d'abeille, en ayant fourni pour ce faire des efforts gigantesques compte tenu de la petitesse de leur corps.
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JuinJuin25 août 2017
Je n'avais rien en commun avec ces hommes épuisés en tenue de travail, les traits épais, la peau tannée par le soleil, qui s'exprimaient avec des mots simples. Mais à présent, je voyais l'être humain en chacun d'entre eux, l'être humain brisé par une catastrophe plus grande que lui. Chaque témoignage me bouleversait.
(p 326)
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