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ISBN : 2258135087
Éditeur : Les Presses De La Cite (17/08/2017)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Angleterre, 1852. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Mais la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : décidé à impressionner son unique fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire.
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils s'est converti au végétarisme et rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
Ptitgateau
  21 août 2017
Ce roman, fiction, sans en être une, parce que très bien documenté devrait être mis entre toutes les mains, et particulièrement entre les mains de quelques responsables censés garantir la pérennité de notre planète bleue.
Maja Lunde écrit l'histoire des abeilles depuis 1851, date qui n'est pas mentionnée au hasard, puisque cette date se situe vingt ans après la mort de François Hubert, naturaliste suisse qui par ses travaux, apporta une somme non négligeable de connaissances au sujet de cet insecte sans lequel nous ne pourrions vivre. L'auteure du roman le mentionne au cours de l'histoire à travers un livre dont le titre n'existe pas mais qui relate ses découvertes et observations sur l'apiculture.
Trois périodes donc sont mentionnées dans le roman :
la première correspond donc à un accès à la connaissance sur les abeilles, la deuxième se situent en 2007, date mentionnée dans la réalité par les spécialistes, à laquelle les apiculteurs du monde entier ou presque, sont éprouvés par de bien curieux phénomènes de disparition des abeilles, la troisième, en 2 098, est d'ordre dystopique et post-apocalyptique avec un pays de référence : la Chine : plus aucune abeille sur terre, les hommes sont employés en masse à polliniser les fleurs, la nourriture est réduite et … je vous laisserai découvrir combien les abeilles sont indispensables à notre vie sur Terre et méritent plus que notre respect.
Ce livre m'a vraiment poussée à aller me documenter sur la question et c'est pour cette raison que j'ai qualifié ce roman de fiction sans en être une car l'histoire repose sur des faits réels et les événements qui y sont relatés sont non seulement possibles mais probables dans la troisième période (si on enlève l'emploi des masses en tant qu'ouvriers pollinateurs).
S'il revêt par moment des aspects bien noirs et tristes, la fin m'a semblé plutôt réconfortante en signalant combien la nature est capable de reprendre ses droits, grâce à un message d'espoir permettant de refermer le livre sur une note un peu plus gaie.
Un roman très vite lu et léger, en aucun cas difficile à ingérer mais efficace en ce qui concerne la connaissance à acquérir sur les abeilles. Si parfois j'ai ressenti quelques longueurs, c'est parce que, probablement dans un souci de rendre son ouvrage parfaitement assimilable, Maja Lunde y mêle des histoires familiales, et je me suis demandé dans le premier tiers, voire un peu plus, si le sujet qui nous préoccupait allait prendre sa place dans le roman.
Et je peux affirmer que Maja Lunde a opéré en magicienne, en introduisant par la coupure entre les différentes époques, un certain suspense, puis en confiant au lecteur, dans le dernier tiers, certaines révélations qui laisseront le lecteur admiratif quand à l'organisation du récit.

Je remercie Babélio et les éditions Presses de la cité pour ce partenariat.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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iris29
  01 novembre 2017
Un roman qui s'étale sur trois continents, trois familles et trois périodes afin de défendre la cause des abeilles, et de nous mettre en garde contre leur disparition.
Et c'est réussi, ça fout les jetons !
On part en Angleterre , en 1851, là où un scientifique dépressif met au point une ruche censée révolutionner l'univers des abeilles .
Puis direction , 2007 , aux Etats-Unis dans l'Ohio, avec un apiculteur qui fabrique lui-même ses ruches et qui se morfond parce que son fils ne veut pas reprendre le flambeau , ce jeune étudiant préférerait devenir écrivain...
Et puis , cap, sur la Chine en 2098 . Bienvenue en dystopie ! Mais est-ce vraiment du domaine de la science fiction? ...
Les abeilles ont disparu, et c'est des enfants et des jeunes femmes qui pollinisent la nature avec leurs petites mains et leurs petits doigts délicats ...
A travers ces trois histoires , l'auteur nous met en garde sur ce qui pourrait arriver ... La semaine dernière, , l'agence nationale de sécurité sanitaire (l'ANSES) vient d'autoriser deux insecticides préjudiciables aux abeilles . Oui, malgré tous les lanceurs d'alertes, ça continue...
Les décideurs, les politiques marchent sur la tête . Les abeilles disparaissent un peu plus chaque jour , et les puissants en ont rien à "cirer" !
Pourtant , sans abeilles : des fleurs stériles, plus de fruits , ni de légumes... donc plus d'animaux, donc plus d'hommes ...CQFD !
Je m'attendais à un roman moins original , plus scientifique, qui parlerait plus de la vie dans les ruches et rentrerait moins dans la vie des personnages . J'ai été très désarçonnée par le ton de ce roman .
L' auteur, (dont c'est le premier livre ), nous propose un vrai parti-pris, un vrai point de vue . Si j'approuve le coté implacable, presque nécessaire pour servir une cause , elle n'était pas "obligée" pour la partie 1851, de prendre un personnage aussi antipathique et dépressif. C'est ce qui se dégage de ces pages, un coté sombre . J'ai été gênée par les petites histoires , les névroses familiales , alors que j'ai magnifiquement adhéré à la cause et au fil conducteur . C'est un sentiment troublant parce que je n'arrive pas à trancher entre une totale adhésion ou une moyenne adhésion... Ce n'est pas un roman qui tombe dans la facilité .
Une œuvre ambitieuse et originale , à la fois historique, écologique, et dystopique qui relève de la nécessité.
Implacable et lucide.
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anlixelle
  02 septembre 2017
Tout d'abord, je remercie vivement les éditions Presses de la cité ainsi que Babelio pour l'envoi de ce livre, best-seller en Norvège et en Allemagne, que l'on doit à Maja Lunde, auteure, jusque-là, de scénarios et de textes pour la jeunesse.
Vous l'avez compris, ce livre, comme beaucoup d'autres en ce moment, surfe sur la vague écolo en pointant sa loupe sur celles qui nous donnent le miel et pollinisent nos fleurs.
En Chine, à la fin du 21éme siècle, tous les insectes ont disparu, mais dans le reste du monde également. Une jeune femme,Tao, a pour mission (travail) de polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle aspire à un avenir meilleur. Hélas, rien ne se passera comme prévu, et elle sera amenée à quitter son lieu de vie et son époux pour découvrir une partie de son pays plus obscur qu'elle ne le pensait.
En Angleterre, à la fin du 19éme siècle, un père dépassé et scientifique frustré tente, pour sortir de sa dépression majeure, de concevoir une ruche révolutionnaire.
Aux Etats-Unis, au début du 20ème siècle, George, apiculteur bourru, est très inquiet quant à l'avenir de sa ferme et de ses ruches en perte de vitesse.
Cette manière de croiser plusieurs récits pour donner de la densité à des histoires est assez tendance en ce moment, surtout quand on n'a pas à se creuser la tête pour que les dits personnages se rencontrent à un moment ou à un autre (voir également La Tresse de Laëtitia Colombani).
J'étais très optimiste au départ, car les premières pages (mais vraiment « premières pages ») m'ont beaucoup plu. Hélas, une fois sortie de la Chine démembrée, (et avec elle son intéressant aspect d'anticipation), la dépression de William, ainsi que la lenteur à décrire son quotidien m'ont très vite exaspérée. Les relations tumultueuses entre Georges et son étudiant de fils ne m'ont pas ragaillardie pour autant. Tout reste superficiel, de nombreuses pistes psychologiques auraient pu être prises, mais ce ne fut pas le cas. Certains passages sont même traités à la va-vite, comme le lever, après des mois de dépression profonde, du personnage dépressif, sur une simple idée qui lui vient à l'esprit, ou presque. Du jamais vu !
J'ai donc trouvé ces personnages assez sympathiques, mais hélas, le rythme du roman d'une lenteur épouvantable.
C'est bien écrit, mais cela n'a pas suffi à capter mon intérêt.
Pour moi, ces histoires qui s'entremêlent manquent de corps ; il ne se passe pas grand-chose. Même si l'intention est bonne, voire très bonne, le texte perd trop vite en force.
Au final, voici donc Une histoire des abeilles qui, au fil des siècles, grâce à ces trois « intrigues » allant de l'invention des premières ruches accessibles à l'homme jusqu'au début de leur disparition et des conséquences désastreuses pour l'homme et son environnement, n'aura pas été suffisamment dense pour me tenir en haleine.
Une lecture qui m'a laissée sur ma faim (pas de miel).

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Lutin82
  09 septembre 2017
Le pitch de départ est assez fourni et disparate pour provoquer d'entrée un regard interloqué. de quoi s'agit-il au final ? D'un roman contemporain ? de la science-fiction ? d'un roman historique ? d'une réflexion sur notre avenir ?
Une histoire des abeilles est avant tout d'un texte d'anticipation qui plonge ses racines dans les premiers pas de l'apiculture moderne, pour se projeter dans un futur assez lugubre.
Les 3 époques évoquées dans la quatrième de couverture s'alterneront au gré d'un chapitre chacun tout au long du récit. Nous les suivrons avec les trois personnages principaux succinctement décrits.
Si initialement, cette structure narrative laisse une impression un peu biscornue, très vite le lecteur comprend que ces trois points de vue sur l'apiculture, la nature et l'humanité ont à la fois des points communs mais aussi une imbrication de bon aloi.
Sur le plan purement narratif, je ne peux pas dire que Maja Lunde nous offre un roman révolutionnaire, pour autant cela n'en est pas moins efficace ou poignant. Chaque personnage connait des tensions familiales et sans qu'elles soient identiques, elles reflètent l'air de leur temps ainsi que les contraintes inhérentes à leur environnement.
Ainsi, faisons-nous connaissance avec un William, dépassé, démotivé, un être proche de la larve humaine. le regard que lui porte sa famille n'est pas suffisante pour éveiller une étincelle de rébellion, un zeste de fierté ou d'orgueil. Centré sur son auto-apitoiement, il fait pâle figure aux yeux du lecteur qui s'interroge sur les raisons de son bourdon. Peu à peu, il va reprendre du poil de la bête et tandis qu'il fait sa mue, l'apiculture se révolutionne et entame ses premiers pas dans un approche moderne.
Au-delà de la description d'une vie de l'époque dans la campagne anglaise, nous découvrons l'histoire naturelle pratiquée alors (quelques scènes sont assez drôles), mais également les prémices des techniques apicoles dont certaines sont encore d'actualié.
Cette évocation des premiers pas modernes dans l'exploitation/exploration des abeilles est tout à fait instructive et agréable. Elle a aussi le mérite de montrer que la motivation première (et qui est toujours actuelle dans l'apiculture) était centrée autour de la protection de ce fabuleux insecte, et non pas que dans l'optique de récolte de miel. En effet, jusqu'alors pour récolter ce précieux nectar, l'homme détruisait la colonie en écrasant les pains de cire, larves, oeufs, et tutti quanti inclus…
En soi, cette partie est intéressante, mais elle ne sert pas simplement de décorum. Certes, William n'est pas le père de l'apiculture moderne, d'autres l'ont précédé (de peu), mais l'impact sur le reste de l'aventure sera réel; cette partie sert également de référentiel, une façon de donner du volume et de la puissance aux autres tranches de vie. Tout était si simple alors….
Les soucis de Georges ne tiennent pas simplement à la sphère familiale, ils sont aussi d'ordre professionnel. le modèle agricole américain (et occidental) n'est pas présenté sous son meilleur jour : entre endettement, baisse des productions, effondrement du prix du miel, hausse des charges, la situation n'est pas florissante et la course à toujours plus est inévitable. Surtout quand notre apiculteur rêve de voir son fils reprendre les rennes de l'exploitation familiale (Ils sont apiculteurs depuis des générations, tous mordus de ce délicieux hyménoptère). le syndrome d'effondrement des colonies touche déjà le Sud des USA, et tous redoutent de voir le mal se propager en nord du continent. (Ce mal affecte réellement les abeilles depuis 20 ans; en 24 heures, la ruche est désertée sans aucune explication. Toutes les abeilles disparaissent d'un coup).
Il est difficile de ne pas s'émouvoir avec son histoire, même si ses aspiration le rende aveugle et que le lecteur souhaite lui donner une claque de bon fonctionnement histoire qu'il écoute un peu son fils. L'émotion est intense quand les abeilles disparaissent, surtout que nous sentons au fil de l'intrigue une épée de Damoclès suspendue, juste là prête à tomber et anéantir tout espoir.
Les relations familiales sont particulièrement bien rendues et plausibles. La partie apicole est cohérente, très bien documentée. La détresse de Georges à la perte de colonies d'abeilles transperce les tripes (ou tout au moins les miennes, j'ai déjà perdues des colonies, et c'est un crève coeur. On s'y attache à ces garces qui vous piquent, chaque colonie a sa « personnalité ».), la proximité temporelle et culturelle influence ces sensations.
Enfin, Maja Lunde nous immerge dans une Chine à l'aube du XXII° siècle. Les abeilles et tous les insectes pollinisateurs ont disparus de la surface du globe, depuis 1980 dans ce pays (c'est un fait avéré, mais la Chine reste la premier exportateur de miel, cherchez l'erreur…..). L'histoire personnelle de cette jeune femme dont le fils a disparu nous permet de découvrir une humanité aux abois; le colosse a des pied d'argile et s'effrite lentement mais inexorablement. La famine a fait des ravages, le cannibalisme n'est pas étranger dans certaines zones, il devient très dangereux de se déplacer dans des endroits inconnus, vous risquez de finir en potage….
Cette période fait froid dans le dos. Ici, point de zombie, point de violence, ni de jeux politico-télévisé renversés par une jeune fille. La réalité est bien plus nue, et plus percutante. La raison tient à la disparition d'un insecte qui fait 1g, qui ne pèse pas bien lourd… et qui est pourtant essentiel. le coupable : l'aveuglement humain alors que les sonnettes d'alarme résonnent depuis bien longtemps. Il y a encore des fleurs, et même des arbres fruitiers, parfois pollinisés à la main en Chine (aujourd'hui c'est déjà le cas), mais plus grand chose ne produit des fruits faute de vecteurs adéquats….
Le message véhiculé ne se dissimule pas sous des palabres sans fin ou des métaphores lumineuses. L'auteur est directe. Elle s'ancre sur un point de départ identifié, le début de l'apiculture moderne, elle fait un constat de nos jours montrant que l'équilibre est rompu pour nous achever sur le sort fort plausible qui attend les futures générations. Les trois récit se combinant, s'alternant, se renforcent l'un l'autre pour délivrer une message percutant.
Si le texte n'était que désespoir, difficultés et renoncement, le message sonnerait bien trop comme un pamphlet moralisateur. Certes, le parti pris ne se conteste pas sur ce roman, mais l'espoir reste bien présent tout au long des pages, tout comme les bonnes volontés, et l'engagement.
Lien : https://albdoblog.com/2017/0..
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lucia-lilas
  19 septembre 2017
C'est grâce à une masse critique privilégiée que je me suis trouvée plongée dans Une histoire des abeilles, présentée sur la quatrième de couv' comme « un roman écologiste ».
Bon, en matière d'écologie, je ne suis pas au top même si, promis juré, je trie mes déchets, consomme un peu moins de viande qu'avant, ne prends jamais l'avion (parce que j'ai la trouille mais n'empêche que, trouille ou pas, mon empreinte carbone est à ce jour peut-être nettement plus faible que celle de bon nombre d'écolos …), ne jette aucun déchet dans la nature et serais prête à bondir sur le malotru que je verrais agir de la sorte, n'ai pas de piscine dans mon jardin et n'achète pas des pommes qui viennent d'Afrique du Sud. (clap, clap, clap, clap…)
Bref, un roman écolo traduit du norvégien, why not ?
Trois époques : la Chine en 2098, l'Angleterre en 1851, les États-Unis (Ohio) en 2007, trois histoires qui se mêlent, comme on en lit pas mal en ce moment.
En Chine, nous découvrons une jeune femme, Tao, perchée dans un arbre : à l'instar de milliers d'autres compatriotes, elle pollinise à l'aide d'une balayette en plumes de poule chaque fleur des arbres fruitiers. En Chine, les abeilles n'étant plus là pour le faire depuis des années à cause d'une pollution importante et d'insecticides répandus trop généreusement, l'État a su s'organiser : Tao se coltine donc le sale boulot et bientôt, aucun petit Chinois n'ira plus à l'école car ils devront apprendre très vite les gestes que la nature accomplissait sans leur aide, auparavant. C'est l'État qui en a décidé ainsi. Autrement, c'est la famine…
(En réalité, la pollinisation manuelle a déjà cours en Chine, pas besoin de se projeter en 2098: à lire, sur Internet, l'article du Monde du 23 avril 2014 Dans le Sichuan, des « hommes-abeilles » pollinisent à la main les vergers.)
On apprend en passant (je vous rappelle qu'on est en 2098) que le pire est arrivé : la disparition des insectes pollinisateurs (j'espère que mon collègue de SVT lira mon article parce que j'ai du vocabulaire maintenant !), l'élévation du niveau de la mer liée au réchauffement climatique (décidément, je me spécialise, mon dernier article portant sur La Fonte des glaces de Joël Baqué), la destruction des sols par l'agriculture intensive, la multiplication des accidents nucléaires, l'empoisonnement des êtres vivants par les insecticides et les pesticides... Pas de quoi rire… Et comme on a fait comme s'il était peu probable que tout cela nous arrive, le résultat n'est pas beau à voir… (Mais bon, c'est un roman, une fiction..., n'empêche que ça fout un peu les jetons tout ça quand on y pense…)
En Angleterre, William, père de famille, est alité : manque de peps, spleen, moral dans les chaussettes jusqu'à ce qu'il redécouvre un livre posé sur son bureau qui va de nouveau réveiller une passion endormie : Nouvelles observations sur les abeilles de François Huber, 1806. William se lève et s'attelle avec toute l'énergie dont il est capable à la construction d'une ruche innovante.
Dans l'Ohio, George est désespéré : son fils ne veut pas reprendre la ferme, s'occuper des ruches, non, il veut poursuivre ses études (il n'y a vraiment que dans les romans que les pères râlent parce que leurs fils veulent poursuivre leurs études!). George vit pour ses ruches colorées qu'il choie et auxquelles il consacre toute son énergie. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il sera lui aussi victime du fameux Colony Collapse Disorder, « syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles »… (Ah, vous ne connaissez pas…) (Comme disent mes élèves, quand on débat sur l'intérêt de la lecture, lire permet de se cultiver, d'apprendre… Ils ne comprennent jamais pourquoi je fais un peu la moue face à ce genre de réponse...)
Évidemment, on se demande tout au long du livre quel lien unit ces trois récits, même si l'on s'en doute un peu…
Alors, venons-en aux faits : est-ce que j'ai aimé ce livre ? Je réponds par une litote d'abord qui dira ce qu'elle dira : c'est une lecture pas désagréable, la langue est fluide, plaisante (je salue la traductrice dont j'avais déjà remarqué l'excellent travail mais pour quelle traduction, je ne sais plus…). J'ai appris plein de choses (que je me suis empressée d'oublier) sur les abeilles… Les histoires de pollinisation n'ont (presque) plus aucun mystère pour moi ni le varroa destructor (je vous épate, hein), un horrible acarien parasite responsable de la varroose (oui, deux r et deux o, ça fait durer le plaisir) ; quant à la reine mère, aux faux-bourdons, aux ouvrières non fertiles, au couvain, aux ruches verticales de Langstroth (j'hésite à rédiger l'article Wikipédia sur le sujet qui manque encore cruellement à la célèbre encyclopédie…), à l'essaimage… Tout ça, je connais par coeur...
Bon, d'un point de vue formel, ce n'est pas un roman très novateur mais il demeure agréable à lire, ce n'est déjà pas si mal…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
PtitgateauPtitgateau   22 août 2017
L'abeille meurt quand ses ailes sont usées, déchiquetées par trop de battements, comme les voiles du hollandais volant. Alors qu'elle prend son envol, gorgée de nectar et de pollen, ses ailes, sans prévenir, refusent de la porter. Elle ne retourne jamais à la ruche, mais s'écrase au sol avec son butin. Si les abeilles étaient douées de sentiments humains, sans doute éprouveraient-elles à ce moment-là un bonheur sans mélange : la satisfaction d'entrer au royaume des cieux en ayant accompli leur devoir d'abeille, en ayant fourni pour ce faire des efforts gigantesques compte tenu de la petitesse de leur corps.
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iris29iris29   28 octobre 2017
- Saviez-vous que la première référence au café apparaît dans une histoire éthiopienne vieille de mille cinq cents ans ? demanda Rick. (..)
- Eh oui. Un jour un berger a constaté que se chèvres avaient un comportement étrange depuis qu'elles avaient mangé des baies rouges. Elles ne dormaient plus. Il alla voir un moine. (...) le moine luttait pour ne pas s'endormir pendant la prière. Il décida donc de mettre ces baies dans de l'eau bouillante puis de la boire. Et voilà ! Le café était né.
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iris29iris29   29 octobre 2017
Tous ceux qui élèvent des abeilles le savaient : ce n'était pas le miel qui rapportait gros. C'était la pollinisation. Sans les abeilles, il n'y avait pas d'agriculture possible. Des hectares et des hectares d'amandiers ou de myrtilliers ne valaient rien si les abeilles ne butinaient pas leurs fleurs. Elles pouvaient parcourir plusieurs kilomètres par jour. Ce qui représentait des milliers de fleurs. Sans abeilles, les fleurs se révélaient aussi vaines que les participantes à un concours de Miss. Leur beauté s'évanouissaient avec le temps et elles mouraient sans donner le moindre fruit.
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iris29iris29   31 octobre 2017
Dans ces occasions, je n'avais pas d'autre choix que de l'attraper et de l'immobiliser pendant que j'enlevais la ceinture de mon pantalon. J'en étais venu à détester le sifflement du cuir sur le tissu et le cliquetis de la boucle quand elle touchait le plancher. L'appréhension de ce qui allait suivre était presque pire que les coups eux-mêmes. Je ne frappais jamais avec la boucle, contrairement à mon père qui la faisait serpenter en l'air avant de l'abattre avec violence sur mon dos. Moi, je me cramponnais si fort au métal qu'il laissait des traces au creux de ma paume. le cuir sur le dos nu, les marques rouges qui fleurissaient sur la peau blanche, comme des lianes enlacées . Le souvenir de cette punition était censé empêcher les enfants de recommencer.
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JuinJuin   25 août 2017
Je n'avais rien en commun avec ces hommes épuisés en tenue de travail, les traits épais, la peau tannée par le soleil, qui s'exprimaient avec des mots simples. Mais à présent, je voyais l'être humain en chacun d'entre eux, l'être humain brisé par une catastrophe plus grande que lui. Chaque témoignage me bouleversait.
(p 326)
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