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ISBN : 2070139646
Éditeur : Gallimard (07/02/2013)

Note moyenne : 3.01/5 (sur 37 notes)
Résumé :
«Plus tard, je me souviendrai de la nuit d'encre de son regard. Mais pour l'heure, en ce 1er juillet, l'impression s'estompe. Je suis happée tout entière par l'apparition qui, à l'autre bout de la piscine, vient de se matérialiser. Celle de l'Arabe blond.»

Expatriée à Singapour dans un condo chic peuplé de Français, Elsa voudrait commencer un nouveau livre mais elle tourne en rond, écrasée par la chaleur et le désœuvrement.

Sa vie chan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
argali
  11 juin 2013
J'ai beaucoup aimé ce polar inclassable. D'ailleurs, est-ce vraiment un polar ?
Elsa Marpeau prête son nom à l'héroïne, nous laissant croire à une autobiographie. Ayant vécu deux ans à Singapour, elle nous raconte la ville et le mode de vie des expats (les expatriés français) de l'intérieur et sans complaisance. le Condo qu'elle décrit était le sien, l'appartement aussi. Elle oscille volontairement entre l'intime et le roman, nous plongeant dans une certaine perplexité.
Elle nous livre également un roman noir où l'intrigue se tisse dans la réalité de la société Singapourienne. Une société duale où vivent côté à côté sans se mêler, les expatriés et leurs maids le plus souvent philippines ou malaises et les Singapouriens. Elle décrit avec subtilité la frivolité de la vie des épouses d'expatriés, la mesquinerie et les rancoeurs qui naissent de l'ennui et du désoeuvrement ; les relations superficielles, les trahisons, les bassesses… Une belle étude des rapports sociaux et humains.
Dès le départ, on est frappé par le champ lexical omniprésent, celui de la chaleur, de la moiteur, de l'écrasement. On ne peut s'empêcher de penser à « L'étranger » de Camus tout au long de la lecture. Clin d'oeil que l'on retrouve également dans le titre. C'est cette chaleur étouffante qui conditionne les relations humaines, les activités, les horaires et égare les esprits.
Elsa Marpeau s'est amusée à glisser d'autres références littéraires dans son roman ; Cendrars, Miller, Nerval et d'autres apparaissent pour nous rappeler qu'elle joue avec les genres, l'ambigüité et que rien n'est acquis.
La construction du roman quant à elle est quelque peu déstabilisante au début. L'auteure nous entraine dans une spirale où présent et flash-back se mêlent. Elle avance dans son récit pour mieux revenir en arrière et apporter des détails qui relanceront la narration. Une construction tout en finesse qui tient en haleine jusqu'au dénouement final qu'on n'avait pas vu venir.
Je ne peux que vous conseiller cette plongée passionnante dans cette ile où cohabitent et s'opposent une végétation luxuriante à la faune exotique, en plein centre ville ultra moderne et densément urbanisé. Cette abondante verdure contribuant au climat équatorial, chaud et orageux qui prend la première place dans le récit.
Un roman sensuel et ambigu à découvrir. Ce n'est pas un hasard s'il a reçu plusieurs prix dont « La plume de cristal 2013 » dans le cadre du Festival International du Film Policier de Liège

Lien : http://argali.eklablog.fr/l-..
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Crazynath
  26 avril 2014
Un livre intéressant où l'on comprend très vite que l'auteur a été elle aussi une expatriée à un moment de sa vie. les descriptions sont très imagées et pleines de vie .C'est aussi un livre que je qualifierais d'inclassable : ce n'est pas un polar, ce n'est pas un thriller, à vrai dire je ne sais pas trop....L'héroïne qui semble détachée de tout n'est pas très attachante , il faut le reconnaitre, mais la fin de cette histoire m'a surprise car je m'attendais vraiment à une fin plus convenue.
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encoredunoir
  16 mars 2014
Elsa, écrivain en mal d'inspiration, a suivi son mari, Alexandre, à Singapour. Là dans la chaleur moite et étouffante, elle passe son temps avec les autres expatriées de sa résidence autour de la piscine pendant que les maids philippines s'occupent des tâches domestiques et des enfants. Dans cette ambiance faussement indolente qui berce le panier de crabe des expatriés, arrive un jour Nessim, « l'Arabe blond » qui subjugue Elsa, devient son amant et est assassiné. Suspecte évidente, Elsa voit sa maid, Fely, voler à son secours. Mais rien n'est gratuit.
C'est un roman étonnant que cette Expatriée. Tout en langueur, apathie, comme extrait de souvenirs cotonneux, le récit d'Elsa happe le lecteur dans ce faux rythme, l'enferme avec elle dans cet univers clos et lui fait perdre ses repères.
Compte-rendu déroutant de ces quelques mois à Singapour fait d'aller-retour entre différentes époques du passé – avant Nessim, après sa mort, pendant la relation qu'entretient Elsa avec lui – et le présent, le roman d'Elsa Marpeau se fait tour à tour intrigant, curieux, inquiétant.
Huis-clos mettant en scènes des personnages aussi superficiels qu'agaçants, dissimulant mal sous le fin vernis de quelques convenances leur égoïsme et leur propension à se réjouir du malheur des autres, L'expatriée glisse inexorablement du fait divers sordide sur fond d'adultère et de médisance au thriller psychologique tendu.
Peu à peu, par petites touches, par le jeu du mélange des différentes époques de l'histoire, Elsa Marpeau révèle les fêlures de son personnage principal, ses désirs aussi, parfois ambigus, qui en font le suspect idéal et l'évidente innocente. Habile jeu de faux-semblants où le sadisme des uns se repaît du masochisme des autres et où les petites haines peuvent se muer en grandes vengeances, L'expatriée est un roman qui crée le malaise moins par les situations mêmes (encore que la relation entre Elsa et Fely…) que par l'écriture même d'Elsa Marpeau qui réussit à exprimer par son rythme les sensations physiques de son héroïne comme son état moral, cet accablement par la chaleur, cet alanguissement qui pousse à une torpeur qui finit par confiner à la prostration.
On ne peut donc pas dire que l'on passe un « bon » moment avec L'expatriée, mais le moins que l'on puisse dire est que l'on a là un roman singulier et prenant qui se révèle être une belle réussite.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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RomansNoirsEtPlus
  23 septembre 2015
L'inactivité , l'ennui , par cette chaleur , cette humidité ont de quoi vous rendre fou sur cette île – état qu'est Singapour . Est – ce ce qui est en train d'arriver à Elsa épouse d'expatrié qui succombe au charme de Nessim , l'arabe blond qui vient de rejoindre le combo - cet immeuble en copropriété que partagent les français qui travaillent sur l'île et leur famille – et dont le destin sera tragiquement interrompu un 15 septembre lors d'une après midi passée autour de la piscine ? Quel rôle joue exactement Fely la maid philippine de la famille ? Difficile de répondre précisément à ces questions même après avoir fini ce roman . L'auteure a en effet malicieusement parsemée de belles chausses trappes ce roman à la langueur et à la moiteur venimeuse . le récit est minutieusement entrecoupé de scènes différentes , de sauts temporels avant – arrière pour mieux nous perdre , perturber nos certitudes et maintenir le suspens intact jusqu'à la fin .
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NathalieAtom
  01 juillet 2017
On a tendance à classer les romans dans des catégories, voire même des sous-catégories pour certains. « L'expatriée » d'Elsa Marpeau me paraît inclassable. Tant par son style que par son intrigue, il y a peu de chance pour que ce court roman se range facilement dans une boîte bien précise. Roman policier, psychologique, autobiographique ? Je serais bien en peine d'en choisir un seul, aussi je dirais qu'avant tout, ce roman est un métissage : une combinaison de genres, une association de styles.
Il y a de l'autobiographie et un personnage principal portant le prénom de l'auteure. Cette dernière ayant vécu à Singapour, elle a toute légitimité pour faire transpirer les images des pages de ce livre et pour décrire la vie des expatriés. On ne sait où commence et où s'arrête le réel, on le devine seulement.
Il y a le roman policier dont l'intrigue est presque secondaire, l'important étant le cheminement des pensées et des actes des personnages et le roman psychologique prend le pas sur le reste: L'oisiveté, l'ennui, l'amertume, le désabusement aussi. Tout contribue au délitement des vies des protagonistes.
L'ambiance est lourde et poisseuse comme le climat de Singapour. La torpeur qui émane des pages se confond avec l'air ambiant et c'est là que se révèle tout le talent d'Elsa Marpeau : dans cette façon d'amalgamer l'atmosphère de son roman à celle du pays. L'indolence est corruptrice et rend les pages presque pesantes à tourner.
Le style d'Elsa Marpeau est littéraire, à n'en pas douter. le texte est parfois lourd de sens et recèle des phrases que j'aurais aimé pouvoir écrire tant les mots semblent à leur place et choisis avec le plus grand soin…
Moi, je descends tout un fleuve quand les autres, les gens sincères, commencent à peine à tremper leurs pieds dans l'eau. Je bois aux fontaines qui coulent dans ma tête, j'offre des festins imaginaires. Les oiseaux de paradis me tressent des nuages de plumes oranges et bleues. Je déverse des pluies d'or sur les mers desséchées. Les vents jouent des mélodies secrètes pour ceux que j'aime.
Mais ce que cache ce court roman aux accents bourgeois, c'est cette fascination pour la mort. L'expérience ultime, le morbide qui séduit. Un corps est le centre du récit mais c'est l'obsession de corps écorchés et désarticulés qui contrôle les actes et les pensées. C'est la perte qui domine et qui met sous emprise. Celle qui étouffe et qui fait se croire déjà mort.
« L'expatriée » est un court roman et un bel aperçu de la qualité d'écriture d'Elsa Marpeau. le lecteur qui cherche l'alanguissement et une certaine doctrine de la vie ou de la survie l'y trouvera assurément.
Lien : https://sous-les-paves-la-pa..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
FaenaFaena   07 août 2015
Moi, je descends tout un fleuve quand les autres, les gens sincères, commencent à peine à tremper leurs pieds dans l'eau. Je bois aux fontaines qui coulent dans ma tête, j'offre des festins imaginaires. Les oiseaux de paradis me tressent des nuages de plumes oranges et bleues. Je déverse des pluies d'or sur les mers desséchées. Les vents jouent des mélodies secrètes pour ceux que j'aime.
Je parcours un continent quand ils traversent une départementale consultable sur les plans cadastraux. Je suis riche de scènes interdites, de territoires inconnus, j'ai des des fortunes qui ne valent rien, je suis pauvre comme un roi. Avec toute leur vérité, ils vivent dans un monde étroit comme un enclos à poules.
Mais toi, tu n'es pas comme eux. Je l'ai vu tout de suite. Pas comme ton mari et ses amis, plongés dans la fosse à réel. La réalité est souvent une charretière, tu ne trouves pas ?
Toi, tu connais des mondes où ils n'iront jamais. Des lieux dont ils n'osent pas rêver.
Je mens pour mentir. Parce qu'il y a un moment où mentir est une politesse.
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rkhettaouirkhettaoui   08 août 2015
Au regard de la société, il commet une faute moins grande à trancher la peau d'un tueur que celle d'un honnête homme. Évidemment, il a dû s'interroger sur leurs différences : les organes de l'assassin sont-ils semblables à ceux du moine, à ceux de la vierge ? Ou peut-être savait-il déjà qu'ils se ressemblent comme des frères. Que seule l'enveloppe diffère : les rides, le froncement des sourcils, les cheveux roux, blonds ou blancs. La constitution physique crée des distinctions entre les êtres, l'âge va jusqu'à nous rendre différents de nous-mêmes mais, si noires qu'aient été nos actions, celles-ci ne s'inscrivent pas dans le secret des chairs. Elles passent, superficielles et insignifiantes, s'effacent sans laisser aucune trace.
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CrazynathCrazynath   26 avril 2014
Elle me fixe. Son expression me reste indéchiffrable. Si j'y prenais garde, je lirais un mélange de peur et de détermination, de soumission et d'insolence. Des sentiments contradictoires ,que je renonce à démêler par paresse.
le silence dure .Ses yeux sont si noirs qu'ils reflètent l'extérieur. Dans ces miroirs j'apparais furtivement, visage nonchalant, puis tronc, puis silhouette qui s'éloigne, perd sa consistance, se délite et meurt.
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rkhettaouirkhettaoui   08 août 2015
Les hommes se comportent de façon tout aussi irrationnelle et prévisible. Les ornements diffèrent, mais leur connerie possède les mêmes caractéristiques. Et a les mêmes causes. Au lieu d'accepter leur portion d'univers, leur petitesse, ils ne cessent de gonfler leurs muscles. Ils se déplacent aux quatre coins du globe. Ils veulent s'étendre, s'élargir, s'enfoncer. Dépasser toujours davantage les frontières que le hasard nous a accordées.
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rkhettaouirkhettaoui   08 août 2015
Les fréquentations sont provisoires, personne ne se risque à une dépense superflue de sentiments. On économise les élans du cœur. On prise l'inconstance des attachements. On forme des alliances réversibles. Si l'ennui engendre une malveillance de circonstance, la chaleur vient rapidement à bout des volontés. Elle fait régner en maîtres l'indécision et la frivolité.
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Videos de Elsa Marpeau (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Marpeau
Elsa Marpeau - Et ils oublieront la colère .Elsa Marpeau vous présente son ouvrage "Et ils oublieront la colère" aux éditions Gallimard. http://www.mollat.com/livres/marpeau-elsa-ils-oublieront-colere-9782070148134.html Notes de Musique : ?Course de Cheveux. (L'Etalon A L'Allure Paisible).? (by France Sauvage). Free Musique Archive.
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