AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782330053307
339 pages
Actes Sud (07/10/2015)
3.1/5   5 notes
Résumé :
Envoyée en longues vacances chez son oncle, patron de pêcheries et self-made-man levantin installé au Cameroun, Esther, adolescente israélienne indocile, découvre la très étrangère vie des Blancs en Afrique.

A travers sa relecture de photos de famille, elle déchiffre le passé de ces juifs d'Egypte, cosmopolites et polyglottes, façonnés par le colonialisme du Levant. Sous son regard libre, féroce et amusé, s'anime un monde hétéroclite et décadent, un m... >Voir plus
Que lire après De face sur la photoVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
« La nièce » vivant en Israël part s'installer chez un oncle qui a « réussi » à Douala et qui est devenu tout à coup nostalgique de sa famille levantine éparpillée sur le globe. de ses longues vacances, l'adolescente de seize ans un peu rebelle découvre, tel un chien dans un jeu de quilles, la vie des Blancs au Cameroun, les relations codifiées du microcosme européen, et celle non moins codifiées entre employeurs et employés.

De Face sur la photo, de profil, en groupe… les clichés familiaux ouvrent chaque chapitre et permettent à la nièce/ Ronit Matalon de faire revivre sa nombreuse et hétéroclite famille originaire d'Egypte, polyglotte, fantaisiste, à laquelle se sont greffés une Bretonne, des sionistes convaincus, des « orientaux » qui s'estiment discriminés par les ashkénazes.. Chaque membre de la lignée a sa vision du passé, des liens intra-familiaux, des évènements privés, et ce sont autant d'histoires que de versions subjectives qui nous sont offertes dans ce récit original à la narration éclatée.

Comme la jeune Esther qui ne doit pas son invitation à la nostalgie, mais à des desseins matrimoniaux puisqu'on semble la destiner à un cousin, le lecteur est lui aussi manipulé par les collages de l'Israélienne Ronit Matalon dont de face sur la photo est le premier roman. le récit de cette famille éparpillée, tant géographiquement que "socialement", nous offre une vision passionnante de l'histoire de ces juifs égyptiens partis pour certains en Afrique, pour d'autres en Israël. C'est d'ailleurs cette identité qui clôt l'ouvrage « Nous, les Orientaux! Nous, les Orientaux! »
Commenter  J’apprécie          7110
L'auteure israélienne a publié son livre en 1995, il aura fallu 20 ans pour une traduction dans notre langue. Cela n'est sûrement pas la faute de la traductrice, Rosie Pinhas-Delpuech, qui a fait, comme d'habitude, du très beau travail.

Ce qui est triste c'est que l'auteure, Ronit Matalon, soit morte d'un cancer en décembre 2017, à l'âge de seulement 58 ans. Quel dommage et quelle perte pour la littérature israélienne. Elle s'inscrivait dans la ligne des grands noms littéraires de ce pays, tel Amos Oz, David Grossman, Avraham B. Yehoshua, Zeruya Shalev etc.
Elle était lauréate des prix Bernstein (2009) et Brenner (2017, décerné la veille de son décès).

Deux autres ouvrages de l'auteure ont été édités en Français : "Le bruit de nos pas" en 2012 et "La mariée ferma la porte" en 2018. En Hébreu, elle en a publié beaucoup plus et 6 d'entre eux ont été traduits en Anglais.

Née en 1959 près de Tel Aviv, où elle a fait des études de littérature et philosophie (1977-1981), Ronit Matalon a été journaliste, entre autres pour la télévision israélienne et le grand quotidien national "Haaretz" (= le Pays), avant d'être nommée professeur de littérature à l'université d'Haïfa.
Elle s'est opposée âprement à l'occupation israélienne de la Cisjordanie et n'a pas hésité à qualifier son pays de régime fondamentaliste et d'apartheid pour son traitement de la minorité palestinienne.

Les parents de l'auteure ont déménagé, après la création de l'Etat d'Israël, du Caire vers Tel Aviv. Ce qui explique son amitié avec l'écrivaine Jacqueline Shohet Kahanoff (1917-1979), originaire d'Égypte et auteure de "Une génération de Levantins". Pour les 2 romancières le "Levantinisme" est un modèle social de coexistence entre peuples de différentes nations du Moyen-Orient.

L'héroïne de l'histoire, Esther (L'auteure ?), voyage de Tel Aviv, en passant par Paris, à Douala, la capitale économique du Cameroun, où vit son oncle Cicurel avec son épouse bretonne Marie-Ange. L'oncle, avec son assistant Richard, y exploite une compagnie de pêche.

Ronit Matalon nous dresse un tableau de la coexistence entre la population autochtone et la communauté des blancs au Cameroun, Gabon et Congo Brazzaville. Une excellente initiative, bien entendu, s'il n'y avait pas autant de personnages. Rien que la famille de l'héroïne est particulièrement étendue. J'ai essayé sur un bout de papier, avec parfois le peu de données biographiques des différents membres de la famille, de dessiner un tableau généalogique, mais cela ne m'a franchement pas beaucoup aidé !

En outre, l'auteure a une façon bien particulière de procéder : en partant d'une photo, elle situe des personnages et nous raconte leur interaction. Un système qui exige de la part du lecteur une sérieuse dose de concentration, d'autant plus que les instantanés, qui servent de support, - même agrandis à la loupe - sont peu clairs et d'une aide toute dérisoire.

Bref, je suis déçu, car j'ai pour l'auteure beaucoup d'admiration et par ce que ses 2 autres ouvrages disponibles en Français ont eu un très bon accueil, entre autres de la part de "Bookycooky" dont le jugement est toujours fiable.
Commenter  J’apprécie          472
On lit le roman comme on feuillette un album de famille.

Famille de Juifs égyptiens dispersée entre Israël, d'où vient la narratrice, Esther, Douala où vit son oncle Cicurel qui l'accueille, les Etats Unis, la France, l'Australie. Cet album de famille rassemble des photos anciennes prises en Egypte à la fin des années 40, quelques photos en Israël, la plupart mettent en scène l'oncle Cicurel, l'homme d'affaires qui a réussi en Afrique. Il y a  aussi des "photos manquantes" perdues ou volées par ceux qui ont voulu emporter une image de famille.



La narratrice décrit avec  précision les personnages, le décor. On comprend qu'un personnage central, la Nonna Fortunée, a perdu la vue et la nécessité de cette description minutieuse.

Façon puzzle, on reconstitue l'histoire de cette famille levantine dans les mots d'Esther qui est venue apporter au Cameroun le lien familial si important mais si distant que l'Oncle Cicurel tient à maintenir. le commerçant n'est pas vraiment un raconteur, il se met en scène, met en scène sa réussite sur des photos qu'il expédie à sa mère et à ses frères et sa soeur. On découvre aussi l'Oncle Moïse, le sioniste, qui a fait venir sa famille. Et aussi, les absents comme cette cousine énigmatique, Nadine perdue de vue à New York...Diversité des personnalités et des destins.



Esther découvre aussi l'Afrique, la colonisation, le monde colonial séparé de la population autochtone, les rapports de domination qu'elle saisit avec vivacité.

J'ai beaucoup aimé ce roman.



Lien : https://netsdevoyages.car.bl..
Commenter  J’apprécie          60
Chronique d'une famille de juifs égyptiens qui ont dû quitter le Caire. La plupart se sont établis en Israël. L'un des fils, l'oncle Cigurel comme l'appelle Esther, la narratrice, a préféré l'Afrique, où il a mené des affaires, pas toujours avec succès. Après le Gabon, il est maintenant au Cameroun, à Douala, où il dirige une entreprise de pêche. C'est dans son bureau sombre et envahi par les odeurs de poisson que le découvre Esther, à son arrivée pour un long séjour dans cette famille qu'elle ne connait pas.

Chaque chapitre commence par une photo, présente dans le livre ou manquante. Dans ce cas, il n'y a que le cadre et la légende, mais qu'importe. Esther, dans tous les cas, nous décrit le cliché et les circonstances de sa prise, qu'elle tient des récits de sa mère, Inès, ou de sa grand-mère, Nonna Fortunée, devenue aveugle au fil des ans. Et ainsi, tantôt au fil des souvenirs, tantôt comme témoin de son expérience au côté de l'oncle Cigurel, elle nous raconte le passé et le présent de cette tribu, sa propre découverte de la vie coloniale en Afrique, la difficulté de ne pas se laisser engluer dans la torpeur des journées toutes identiques.

C'est un roman où j'ai eu un peu de mal à entrer, ne comprenant pas bien où l'auteur voulait nous emmener. Les allers et retours du récit entre passé et présent, le changement de narrateur – tantôt c'est Esther qui s'exprime, tantôt c'est une voix externe – tout cela est un peu troublant au début. Et puis, je me suis laissée porter par cette histoire, ces personnages dont la vie s'articule petit à petit, se déroulant finalement comme une fresque nostalgique et intimiste, où l'on a plaisir à découvrir au fur et à mesure les rouages des relations familiales, les secrets et les non-dits, les manigances des uns et des autres, les arrangements avec la vérité. La vie n'est pas un long fleuve tranquille !
Lien : http://ruedesiam.blogspot.fr..
Commenter  J’apprécie          00
Abandonné dès le 2ème chapitre. Trop de longueurs.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Une nuit entière, les murs ont résonné de leurs cris, raconte Marcelle en souriant avec un coup d'oeil en coin vers la photo:
- Tu vois comme il était beau, ton père. On dirait Omar Khayyam, quand il était jeune.
- Omar Sharif, la corrige Henri, tu voulais dire Omar Sharif.
Commenter  J’apprécie          280
Au-dessus de nous, les fenêtres du bureau sont éclairées d’une lumière jaunâtre. L’oncle Cigurel fait la cour à ses commerçants libanais qui veulent achet ses crevettes au meilleur prix. Il a une mentalité, comment dire, de pacha : il passe des heures avec ses gros clients libanais couverts de brillants clinquants et, de temps en temps, les nourrit d’un morceau de loukoum aux pistaches, d’une demi-olive syrienne de qualité douteuse, d’une bouchée de merguez ou de gruyère mou, presque à tartiner, pendant qu’ils agitent des glaçons dans des verres pleins de pastis ou de Ricard.
Les gros vieux renards et l’oncle Cigurel passent des heures ainsi à négocier dans un nuage épais de cigares et d’odeurs humides et âcres de mer et de pêche, ils tournent en rond presque sur la pointe des pieds et effleurent à peine ce qu’il ne faut pas dire, qui est sans cesse au milieu d’eux et sape l’apparence de l’amitié, de la bonne volonté et des bonnes paroles : l’argent.
Mme Cigurel ne tient plus :
- Chouchou, minaude-t-elle, Chouchou, c’est ta nièce, elle est arrivée.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Ronit Matalon (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ronit Matalon
Vous pouvez vous abonner à notre chaîne et activer la petite cloche ? pour ne rater aucune vidéo !
Et la mariée ferma la porte Ronit Matalon Actes Sud
A B O N N E Z V O U S : https://culturebox.francetvinfo.fr/des-mots-de-minuit/ F A C E B O O K : https://www.facebook.com/desmotsdeminuit.fr/ T W I T T E R : @desmotsdeminuit
© Des mots de minuit - Décembre 2019
autres livres classés : camerounVoir plus
Les plus populaires : Littérature étrangère Voir plus


Lecteurs (17) Voir plus




{* *}