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ISBN : 2080604120
Éditeur : Flammarion (08/01/1992)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 57 notes)
Résumé :
L'étouffoir...
Ce n'est pas seulement cette lande qui sent le pin brûlé. Maltaverne et ses deux mille hectares, ses papillons cloués à la résine des arbres... C'est aussi cette force obscure qui saisit les êtres, les incendies... Alain est l'héritier de ce domaine. Il aime Marie, du moins il la désire. Mais elle n'a pas de dot et, quand on s'appelle Alain Gajac, on ne se commet pas avec une employée de librairie. Madame Gajac, sa mère, ne rêve que stères de b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  14 mai 2018
Ce livre est le dernier roman écrit par François Mauriac, toutefois une suite inachevée "Maltaverne" sera éditée quelques années plus tard à titre posthume.
Il s'agit d'une oeuvre très sombre évoquant l'adolescence d'un garçon dominé par sa mère, et écrasé par sa condition de richissime propriétaire terrien qui a reçu un enseignement catholique très rigoureux. le protagoniste lutte à la fois contre son milieu et aussi d'une autre façon contre le catholicisme. L'auteur trace le portrait d'un adolescent en marge par rapport à son époque et sa classe sociale, qui intellectualise beaucoup, et nourrit son existence de littérature et d'écriture, envisageant d'ailleurs de devenir écrivain. Les drames se succèdent dans la vie de cet adolescent, trop chaperonné par sa mère, voire même étouffé. Beaucoup de psychologie tout au long des pages, de belles descriptions aussi, et des portraits des personnages... mais aucun ne m'est vraiment sympathique. Un roman très bien écrit, mais qui relate une histoire pesante, se déroulant dans une société figée par les principes, les calculs et presque les "castes".
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Bigmammy
  15 août 2012
Le dernier roman publié de son vivant par François Mauriac, en 1969. L'histoire d'un jeune homme nanti, qui commence à l'âge de dix-sept ans et se termine à Paris, cinq années plus tard. Un roman de jeunesse ? Bien au contraire, celui d'un homme près de sa fin qui n'a plus rien à cacher de son initiation à la vie charnelle, de ses doutes mystiques, de ses inclinations.
« Moi le jeune homme triste, qui s'éloigna parce qu'il avait de grands biens ».
Quand on a visité Malagar, les lieux où François Mauriac vécut, le cadre et les meubles de sa mère que l'auteur ne modifia pas, on apprécie ce roman très personnel, si désuet et pourtant si actuel. C'est le moment où cet enfant chétif, mais sensible à l'extrême, préservé par la richesse, rompt avec son destin tout tracé et surtout, s'affranchit de la tutelle de sa mère omnipotente. Comme le jeune François, Alain Gajac n'a pas connu son père, comme lui, sa mère est une fervente croyante … Comme lui, il passe ses étés dans les Landes, au milieu des pins et au bord de la Hure, la rivière qui serpente entre les aulnes – ici, on dit les vergnes. Il y a le régisseur, qui connaît les limites des immenses propriétés, et ses fils, Prudent, l'aîné, et surtout Simon, qui a la particularité d'avoir six doigts à chaque main et autant à chaque pied. On le destine à la prêtrise. La mère d'Alain y veille, de concert avec le curé. Mai lui, doué à l'école, le souhaite-t-il ? Ne va-t-il pas céder aux sortilèges du maire franc-maçon qui le convainc de venir à Paris où son terrible accent va cependant le marginaliser au point qu'il envisagera le suicide ?
Pour le fils de famille, bientôt fils unique puisque son frère aîné meurt de phtisie galopante, la voie est toute tracée : il épousera Jeannette Séris, la fille de ce Numa dont les propriétés jouxtent celles des Gajac. Mais la petite fait horreur à Alain … Il la surnomme « le Pou » … La petite le sait et en souffre, car, et on ne le découvrira que trop tard, elle l'adore …
Le roman traite avant tout du Mal. de la manière dont un jeune homme le rencontre, le combat, le surmonte. Ce n'est pas tant la femme, cette Marie, une belle femme intelligente et cultivée, plus âgée que lui, et qui « a un passé », et lui fera connaître sa première expérience sexuelle, que la découverte du pharisianisme de sa mère, plus attachée à ses hectares qu'à l'amour de son fils. Et puis il y a le Mal absolu, ce viol et ce meurtre d'une petite fille effarouchée, qui hantera à jamais le jeune Alain.
Récit autobiographique ? Réflexions désabusées sur la foi d'un homme comblé d'honneurs près de sa fin ? le roman est bâti comme une suite de cahiers destinés à être lus par un ami très cher de l'auteur, un certain Donzac … Un message ? Une intrigue rapidement menée, avec des rebondissements constants qui vous laissent pantois, un grand roman d'un homme toujours aussi jeune qu'un adolescent d'autrefois qu'il fut et qu'il ose faire enfin parler.
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ADAMSY
  25 octobre 2014
On suit le parcours intérieur d'un adolescent, bientôt adulte. Il est sous l'emprise totale de sa mère et il en prend encore plus conscience lors de la mort de son frère. Il est seul face à elle. Celle-ci est très riche et assure son salut en payant les études d'un fils de métayer, Simon, un ami de son propre fils. Elle espère qu'il deviendra prêtre mais celui-ci déviera. Elle ne l'acceptera jamais et on comprend que de toute façon, elle n'aime personne. Elle n'a pas aimé son mari et son seul amour est l'argent, son intérêt : l'accumulation de terres. Son fils, qui souhaite devenir autonome, se détache de sa mère. Il ne la comprend pas. Il est lui aussi très chrétien et cela se traduit autrement. L'argent importe peu, mais il aime la nature, son domaine, Malataverne, don de Dieu. Cela permet aussi de faire vivre les métayers. Pendant ses études, il rencontre une jeune libraire dont il tombe amoureux. Celle-ci s'est éloignée de la religion et pour lui, il est impossible de ne pas passer par le sacrement du mariage. de plus, il lui cache sa richesse mais il finit par apprendre qu'elle sait tout, de par son ami Simon. La question se pose alors : l'aime t-elle ou est-elle seulement attirée par son argent ? Quant à sa mère, elle ne peut que s'opposer à cette liaison. Elle envisage de le marier à un "pou" de la région, elle aussi très riche.
C'est Mauriac et donc bien écrit. On retrouve un personnage typique chez Mauriac, tiraillé par les doutes et les questions, un personnage double. Je l'ai pourtant trouvé moins passionnant que d'autres oeuvres de Mauriac.
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akhesa
  28 octobre 2014
Voila un livre qui ne m'a pas percute,j'ai eu beaucoup de mal a me glisser dans le recit.Je ne peux faire de critique car j'ai abandonne la lecture.
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jack56
  08 septembre 2011
Je connaissais bien évidemment François Mauriac de nom mais je n'avais jamais rien lu et l'autre jour après avoir visionné l'émission « Une maison, un écrivain » sur France 5, j'en ai eu l'envie.
Un vrai plaisir que de redécouvir une écriture de très grande qualité et des réflexion sur des sujets profonds.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   13 mai 2018
- Comment le savez-vous?
Comment le savais-je? J'avais mis dans le mille, non pas tout à fait au hasard : ce Doumergue était venu inaugurer notre Comice Agricole l'année dernière et M. Duport lui avait présenté Simon.
- Je sais ce que le Seigneur veut que je sache. Mais écoute-moi bien : Dans le civil, vous aurez beau faire, vous serez plus ou moins utilisé par le parti, mais sauf un don de parole éclatant que vous n'avez pas, vous resterez un subalterne, vous ne déboucherez sur rien d'important, il vous manquera toujours...
J'hésitai : j'avais peur de le froisser. Les seuls mots qui me venaient, c'était l'expression dont maman usait toujours : "l'éducation première". Simon me devina.
- Eh! Bé! Oui! Je serai toujours un paysan, un cul-terreux, et en plus un ancien apprenti-curé.
- Ce n'est pas cela que je voulais dire, mais songe-y : la soutane change un homme, à la fois spirituellement et socialement. La soutane, c'est un changement de peau. Le bâton de maréchal dans la giberne du simple troufion, quelle blague! En revanche, le chapeau de cardinal suspendu dans le dos d'un petit séminariste intelligent, il existe, croyez-moi, et il dépend de vous de le décrocher. Oui, tout dépend de votre volonté et de votre intelligence. Ce qui ne vous empêcherait pas d'être un bon prêtre, fidèle à son devoir d'état, et même un saint prêtre. Les saints évêques ne manquent pas, ni même les saints cardinaux.
Quel trait de génie! Je sanctifiais la première place à laquelle Simon aspirait. (...)
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araucariaaraucaria   06 mai 2018
Je ne suis pas un garçon comme les autres. Si j'étais un garçon comme les autres, à dix-sept ans je chasserais avec Laurent, mon frère aîné, et Duberc, notre régisseur, et Simon Duberc son fils cadet qui est abbé et qui devrait, à cette heure-ci, assister aux vêpres, et Prudent Duberc, son frère, qui pousse Simon à tirer sa révérence au curé. Je pourrais me servir du calibre, au lieu de battre les buissons et de faire comme si j'étais chien, - au lieu de jouer à être chien.
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araucariaaraucaria   13 mai 2018
Après un silence, je me souviens d'avoir demandé à ma mère si elle ne se faisait pas scrupule de livrer cette misérable Jeannette à un mari tel que moi qui à coup sûr la fuirait. "Mais mon pauvre petit, heureusement pour elle! après qu'elle t'aura donné un fils, tu lui laisseras la paix et il lui restera l'orgueil d'avoir servi à créer ce domaine qui sera le plus important du Bazadais par l'étendue, par la qualité des terres, qui lui permettra, à cette petite Séris, d'agir pour le bien sur toute une population dépendant d'elle : le seul plaisir légitime qui soit accordé en ce monde à une femme de nos familles..."
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fanfanouche24fanfanouche24   19 avril 2017
Je n'ai pas encore osé pousser jusqu'à Montmartre. Le quartier latin, sa faune m'est familière, j'y ai mes habitudes, mais Montmartre me fait peur. j'en entends parler souvent au Bar du Panthéon où on est entassé, où n'importe qui vous interpelle. Je réponds volontiers, n'étant personne. (p. 264 / Flammarion, 1969)
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ADAMSYADAMSY   22 octobre 2014
Entre maman et moi, je ne me souviens pas qu'il y ait jamais rien eu d'autre que des jugements passe-partout, très souvent en patois, car ils servent aussi pour les métayers, pour les domestiques. Peut-être est-on séparé par l'âge ou par la différence sociale au point qu'il n'existe pas de langage commun... Mais j'ai observé que les métayers ne parlent pas non plus entre eux : quand ils se rencontrent, ils se demandent : As déjunat ? (As-tu déjeuné ?) L'important et même l'unique intérêt de la vie tient dans la nourriture qu'ils ont ou non mâchée de leurs gencives sans dents, comme s'ils ruminaient. Les êtres qui s'aiment, est-ce qu'ils se le disent ?
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Vidéo de François Mauriac
Présentation du "Dictionnaire François Mauriac", dirigé par Caroline Casseville et Jean Touzot. Cette conférence porte sur une présentation de la collection des dictionnaires par Jean Pruvost, directeur éditorial des Éditions Honoré Champion, une présentation de l?ouvrage par l?un des deux directeurs, Caroline Casseville et Jean Touzot, et une contribution des auteurs présents, Jean-Yves Guérin et Yann Delbrel. La séance est animée par Jean-Claude Ragot.
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