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ISBN : 2253240230
Éditeur : Le Livre de Poche (21/08/2019)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 1713 notes)
Résumé :
Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d'empoisonner, dépose de telle sorte qu'elle bénéficie d'un non-lieu. Enfermée dans la chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ? Dans ce livre envoûtant, François Mauriac a réussi un portrait de criminelle fascinant.

Source : Le Livr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
Carosand
  22 novembre 2012
Thérèse Desqueyroux, femme immorale incontestablement, on a du mal à vouloir la défendre et pourtant on voudrait pouvoir la comprendre. L'hypocrisie sociale et familiale du milieu qu'elle occupe lui refusant la liberté de mouvements et surtout le droit d'aimer l'aura menée à l'irréparable, voulant fuir la cage dorée qui s'est dressée autour d'elle, un des barreaux devait inexorablement céder pour qu'elle accède à sa propre existence.
Aurait elle dû rentrer dans le rang comme la plupart de ses congénères et sacrifier ses espérances ou choisir l'acte suicidaire, tout comme Anna Karénine ? Il est des êtres qui préfèrent atteindre à l'anéantissement de l'autre, celui qui érige les frontières infranchissables de leur vie. Heureusement pour la société, les monstres tout comme les héros ne sont pas légion, la société peut régner.
Ce livre m'intriguait par sa renommée et son sujet. J'ai découvert l'écriture de François Mauriac atypique et rythmée entre les pensées et les dialogues qui viennent à se chevaucher donnant du rythme au texte. L'utilisation du style métaphorique permet un vocabulaire poétique et romanesque. A relire pour le plaisir du genre assurément.
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Kittiwake
  28 septembre 2013
Relire des années plus tard une oeuvre qui a laissé une trace fugace mais tangible est une expérience parfois déroutante , toujours fascinante. Y retrouver des fiches de lectures rédigées pour la circonstance et pour préparer le bac de français est encore plus saisissant. C'est ce qui s'est produit pour Thérèse Desqueyroux de François Mauriac.
Salué par la critique littéraire à l'époque de sa sortie, ce roman est une exploration de l'univers mental sombre et tourmenté d'une jeune femme, éprouvant une telle haine pour son mari et tout ce qu'il représente,, si loin de ses rêves de jeune fille, qu'elle va tenter de l'empoisonner. Les relations sociales de la famille et le souhait d'éviter à tout prix le scandale lui épargnent le châtiment qu'elle aurait mérité, si la justice avait suivi son cours habituel. Après le non lieu, sur le chemin du retour Thérèse revient en un long monologue sur son parcours, dans une tentative désespérée de construire une défense et obtenir le pardon de son mari. C'est l'occasion pour le lecteur de comprendre l'état d'esprit de la jeune femme. Arrivée à destination , le dialogue s'avère impossible et la punition tombe : la séquestration et le maintien paradoxal d'une image de couple uni, une fois par semaine, à l'église. L'histoire se complique d'une autre idylle amoureuse, celle de la belle-soeur Anne, qui est aussi l'amie d'enfance de Thérèse. Anne est elle aussi contrainte à accepter un mariage de raison, alors qu'elle a jeté son dévolu sur un homme infréquentable. Thérèse sert d'intermédiaire au risque de perdre son amie.
L'histoire, inspirée d'un fait divers authentique est évoquée du seul point de vue de Thérèse et l'auteur s'est glissé dans la peau du personnage pour construire le récit. Il en résulte une galerie de personnages sans nuances, analysés uniquement par le prisme du regard négatif de la jeune femme. L'auteur n'en est pas pour autant indulgent : Thérèse est très centrée sur elle-même, dénuée d'instinct maternel, et prête à trahir son amie. Pourtant l'on ressent sa profonde détresse dans une société rigide, au sein d'une famille qui cultive le secret depuis des générations.
C'est le portrait d'une jeune femme égarée, désorientée par la perte de ses illusions. Chaque tentative d'évasion plante autour d'elle des barreaux plus serrés. A moins que l'épilogue soit une fenêtre enfin ouverte, mais lourd est le bagage....Victime ou coupable?
Faut-il prendre le risque de voir la version cinématographique récente?....
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Cath36
  27 octobre 2011
J'ai eu envie de relire un des rares romans qui m'ont passionnée durant mes années lycée, tout en me disant que ce livre était sans doute maintenant un peu démodé compte tenu de l'évolution des moeurs et de la société. Eh bien non, en effet ce texte n'a pas pris une ride. Dénonçant les tares de la bourgeoisie de province (ici bordelaise) et ses enfermements délétères avec une virulence tourmentée que n'aurait pas désavouée Bernanos, Mauriac analyse les méandres du coeur humain avec une lucidité qui rappelle également Balzac, en plus noir. (Pour le côté obscur, voir qui vous savez...). Thérèse Desqueyroux est une maudite, une empoisonneuse ratée dont la bonne société bien-pensante -jusqu'au mari rescapé- se dépêche d'étouffer l'affaire . Mais qui, de cette société ou de Thérèse, est la plus criminelle ? Qui tue à petit feu et pratique la mort lente des âmes les plus vivantes et les plus rebelles ? Qui de l'empoisonné ou de l'empoisonneuse est le plus empoisonnant ? le poison n'est-il pas du reste un superbe symbole de ce qui détruit à petites doses ? (On en vient d'ailleurs presque à regretter que le mari s'en soit sorti, le roman eût été moins sombre...) Nulle rédemption apparente ne vient sauver Thérèse mais un abandon qui la renvoie à une irrémédiable solitude, thème cher à Mauriac. Solitude dans laquelle se trouve à la fois nos pires démons et nos possibilités de les combattre.
Il n'y aura pas de rédemption pour Thérèse, parce que la rédemption passe par le pardon accordé et que son mari et la société le lui dénient, sans même être capables de comprendre ce qu'elle leur demande, la plongeant dans une nuit dont elle ne sortira que par la mort (cf "La fin de la nuit"), dans l'espérance d'un hypothétique et autre Pardon.
Bourreau DU coeur, Mauriac l'est bel et bien. Ecrivain complexe, pris par ses propres ambiguïtés, tantôt les fuyant, tantôt les affrontant, il reste celui qui renvoie chacun d'entre nous à sa propre image avec la lucidité impitoyable d'un être exigeant face à la vérité, face à Sa vérité. Vraiment j'ai aimé cette redécouverte vécue avec plus d'expérience et de maturité, d'autant qu'une petite balade à Malagar ce week-end a largement contribué à enchanter cette expérience.

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lecassin
  01 octobre 2017
Persuadé de ne pas avoir lu « Thérèse Desqueyroux », découvert au format poche dans un des nombreux vide-grenier de l'été, je me lance. Très vite des images me reviennent… Non pas de Thérèse, mais du « décor » : ces évocations de la lande, des pins après la pluie, me parlent…
Sans doute une lecture recommandée en classe, trop tôt, de ce grand bouquin, d'un auteur important…
Thérèse, sur le chemin du retour du tribunal de Bordeaux où vient d'être prononcé un non-lieu dans l'affaire qui l'accusait de tentative d'empoisonnement sur la personne de Bernard, son mari, suite au témoignage à décharge de celui-ci ; les intérêts politiques et/ou familiaux des uns et des autres n'étant pas compatibles avec une condamnation.
Nous voilà plongés dans une histoire de riche famille provinciale comme il a dû y en avoir des quantités à l'époque où François Mauriac situe l'action… Enfin, l'action… Ou l'inaction plutôt, dans la mesure où la première partie du livre se situe sur le retour du tribunal et nous plonge dans les pensées de Thérèse : comment présenter à Bernard, son mari, ce qui ne pourra être qu'une confession ; tout le monde la sait coupable… Inaction toujours alors que son mari la séquestre, par vengeance.
Vient se greffer dans cette histoire une sombre histoire de mariage arrangé concernant la propre soeur de Bernard ; une histoire édifiante sur les pratiques de l'entre-deux guerres en province : la terre, la terre…
Au final, c'est toujours pour moi une grande joie de me plonger dans cette prose classique et tellement évocatrice d'images, de sons et d'odeurs de la pinède après (ou pendant) la pluie. Ajoutons à cela l'étude minutieuse d'une personnalité peu commune comme celle de Thérèse, ou trop commune comme celle de Bernard… Un petit livre qui ne se lit pas aussi vite qu'on pourrait le croire tant il est dense…
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Gwen21
  27 août 2019
Coup de coeur frôlé de près pour ma première rencontre avec l'Académicien français François Mauriac. Son célébrissime roman noir "Thérèse Desqueyroux" a beau n'être guère plus épais qu'un cale-porte, son récit est d'une intensité rare.
J'ai été happée, comme fascinée, par cette figure de femme au comportement schizophrénique mais qui échappe à la folie par sa grande humanité et sa quête de sens. Les pulsions meurtrières qui la font attenter aux jours de son mari, un être qu'elle comprend détester le jour même de leur union, ne trouvent pas leur justification sous la plume de l'auteur mais bien dans le regard du lecteur qui devient juge à son corps défendant et doit se fier à ses propres sentiments et à ses opinions pour absoudre ou condamner Thérèse.
La force du récit vient également du style impeccable de François Mauriac. Impactant et sobre, il sert à merveille la narration ; cette dernière nous entraîne en peu de descriptions à travers les Landes, dans les pinèdes surchauffées où menace l'incendie. L'atmosphère oppressante est parfaitement rendue par le peu de personnages mis en scène ; on étouffe aux côtés de Thérèse, on étouffe à sa place, on étouffe de sa vie imposée.
Il y a quelque chose de "Madame Bovary" dans "Thérèse Desqueyroux" et aussi quelque chose de "Thérèse Raquin", deux autres monuments littéraires. On ressent très vivement les émotions, les attentes et les désillusions de chaque protagoniste. Et si l'on ne peut dire que ce roman est haletant, du moins est-il marquant.

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Citations et extraits (161) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   04 novembre 2017
Bernard, ce garçon au regard désert, toujours inquiet de ce que les numéros des tableaux ne correspondaient pas à ceux du Bædeker, satisfait d'avoir vu dans le moins de temps possible ce qui était à voir, quelle facile dupe ! Il était enfermé dans son plaisir comme ces jeunes porcs charmants qu'il est drôle de regarder à travers la grille, lorsqu'ils reniflent de bonheur dans une auge ("c'était moi, l'auge", songe Thérèse). Il avait leur air pressé, affairé, sérieux ; il était méthodique. " Vous croyez vraiment que cela est sage ? " risquait parfois Thérèse stupéfaite. Il riait, la rassurait. Où avait-il appris à classer tout ce qui touche à la chair, - à distinguer les caresses de l'honnête homme de celles du sadique ? Jamais une hésitation. Un soir, à Paris où, sur le chemin du retour, ils s'arrêtèrent, Bernard quitta ostensiblement un music-hall dont le spectacle l'avait choqué : " Dire que les étrangers voient ça ! Quelle honte ! Et c'est là-dessus qu'on nous juge..." Thérèse admirait que cet homme pudique fût le même dont il lui faudrait subir, dans moins d'une heure, les patientes inventions de l'ombre.
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CarosandCarosand   20 novembre 2012
Que peut-elle redouter ? Cette nuit passera, comme toutes les nuits ; le soleil se lèvera demain : elle est assurée d'en sortir, quoi qu'il arrive. Et rien ne peut arriver de pire que cette indifférence, que ce détachement total qui la sépare du monde et de son être même. Oui, la mort dans la vie : elle goûte la mort autant que la peut goûter une vivante.
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parolesparoles   02 octobre 2014
Jamais elle n'avait désiré si ardemment de vivre ; jamais non plus Bernard ne lui avait montré tant de sollicitude... Je n'en étais pas plus touchée qu'une nourrice étrangère que l'on étrille pour la qualité de son lait. Les La Trave vénéraient en moi un vase sacré ; le réceptacle de leur progéniture ; aucun doute que, le cas échéant, ils m'eussent sacrifiée à cet embryon. Je perdais le sentiment de mon existence individuelle. Je n'étais que le sarment ; aux yeux de la famille, le fruit attaché à mes entrailles comptait seul.
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parolesparoles   04 octobre 2014
Les êtres que nous connaissons le mieux, comme nous les déformons dès qu'ils ne sont plus là ! Durant tout ce voyage, elle s'était efforcée à son insu, de recréer un Bernard capable de la comprendre, d'essayer de la comprendre ; mais, du premier coup d'œil, il lui apparaissait tel qu'il était réellement, celui qui ne s'est jamais mis, fût-ce une fois dans sa vie, à la place d'autrui ; qui ignore cet effort pour sortir de soi-même, pour voir ce que l'adversaire voit.
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LaBiblidOneeLaBiblidOnee   09 octobre 2014
Mais Thérèse avait obéi peut-être à un sentiment plus obscur qu'elle s'efforce de mettre au jour : peut-être cherchait-elle moins dans le mariage une domination, une possession, qu'un refuge. Ce qui l'y avait précipitée, n'était-ce pas une panique ? Petite fille pratique, enfant ménagère, elle avait hâte d'avoir pris son rang, trouvé sa place définitive ; elle voulait être rassurée contre elle ne savait quel péril. Jamais elle ne parut si raisonnable qu'à l'époque de ses fiançailles : elle s'incrustait dans un bloc familial, "elle se casait" ; elle entrait dans un ordre. Elle se sauvait.
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Vidéo de François Mauriac
Emmanuel Couly reçoit Anne de Lacretelle pour son livre "Tout un monde" Ed. de Fallois, au château d'Amfreville-sur-Iton dans l'Eure. Jacques de Lacretelle fut l?une des figures marquantes de la vie littéraire depuis les années 20. Prix Femina en 1922 avec Silbermann, Grand Prix du roman de l?Académie française avec Amour nuptial. Par la suite Il joua un rôle majeur dans la renaissance du Figaro.
Il a connu intimement le Tout-Paris des Arts et des Lettres pendant les décennies qui furent parmi les plus brillantes de notre histoire littéraire. Dire de ces années qu?elles furent, au XXe siècle, les «Trente Glorieuses» de notre littérature ne serait pas excessif.
Ce sont elles que font revivre les Mémoires d?Anne de Lacretelle. Anecdotes prises sur le vif, portraits, confidences, extraits de correspondance, témoignages de première main, donnent au récit les couleurs de la vie.
On y voit tout d?abord, autour de Marcel Proust qui vient d?accéder à la gloire (Prix Goncourt en 1919), les jeunes écrivains qui en ont fait leur maître avant de former à leur tour une étincelante constellation?: Paul Morand, Jean Cocteau, François Mauriac, et Jacques de Lacretelle, le récit se prolonge jusqu?à nos jours. Émouvant, léger, nostalgique aussi, ce livre a su capter l?air du temps.
Un monde qui peut encore faire rêver.

Anne de Lacretelle, parallèlement à une carrière professionnelle dans la communication, s?est consacrée à la sauvegarde du patrimoine artistique. Elle est présidente-fondatrice du Prix Sévigné, destiné à primer la publication de correspondances.
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