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EAN : 9782266023139
139 pages
Éditeur : Pocket (01/09/1989)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 558 notes)
Résumé :
Il semble que François Mauriac ait mis le meilleur de son art dans cette cruelle peinture d'une famille de hobereaux du Sud-Ouest dont l'héritier,. un pauvre homme dégénéré, s'est mésallié en épousant une jeune fille qui n'a pu résister au désir de quitter son milieu bourgeois et de devenir baronne. De cette union mal assortie est né un fils, Guillou. Nous suivons le calvaire de cet enfant, si disgracié physiquement, si sale, si arriéré que sa mère ne l'appelle que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  17 février 2020
Plus je découvre François Mauriac, plus j'admire et apprécie son oeuvre, et pourtant ce sont chaque fois des textes qui mettent mal à l'aise.
Encore une fois, c'est dans une atmosphère de malaise pesant, de violence sourde et de bourgeoisie fin de race et délétère que se déroule la tragédie du petit Guillou, gamin attardé mal aimé d'une mère qui déverse sur lui et sur toute sa belle-famille son aigreur de femme mal mariée, faisant de son fils l'enjeu de ce conflit social entre le curé et l'instituteur encore en vogue dans les années 50 et que le petit sagouin est bien en peine de comprendre.
Le texte est d'autant plus percutant qu'il est ramassé (150 pages peu fournies dans l'édition de 1951 que j'avais en main), et que la plume de l'auteur est à la fois d'une précision clinique et porteuse d'une forte charge émotionnelle.
Un drame terrible qui donne à voir la province française d'après-guerre sous son jour le plus glauque.
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lecassin
  27 octobre 2016
« le sagouin », 1951.
Nous n'entrerons pas ici dans la polémique « est-ce un court roman ou une grosse nouvelle ? ». Peu importe en effet tant le court texte est puissant.
Au château : Mme la Baronne Galéas de Cernes, son fils Galéas, sa bru Paule, née Meulière et Fräulein, une autrichienne au service de madame depuis si longtemps…
Et le sagouin ? le sagouin, c'est Guillaume, dit Guillou… « Au milieu de tout ce beau monde attendri » il vivote rejeté par sa mère, haï de sa grand-mère ; et renvoyé des collèges où on a tenté de l'éduquer…
En fait, l'histoire du sagouin n'est rien d'autre que celle de la lutte des classes, comme le dit si bien l'instituteur Valras qui s'occupera de l'enfant l'espace d'une journée. Lutte des classes entre la grand-mère et la mère de l'enfant contrefait, et lutte des classes entre le Château et l'instituteur rouge, rentré blessé de la guerre de 14. Au centre, Guillaume, enfermé bien malgré lui dans ce combat fratricide.
Certes Guillou est laid, sale et morveux, mais, l'instituteur le confirmera : il n'est pas aussi sot qu'on veut bien le dire… Malgré tout, il n'attirera que répugnance et maltraitance.
François Mauriac est grand. Grand de nous émouvoir à ce point avec ce petit texte de quatre chapitres, à peine cent-soixante pages, deux heures de lecture attentive… Oui, attentive : C'est du condensé ! Chaque mot compte : précis, évocateur…
Je tombe de temps à autre, au détour d'une visite chez un bouquiniste, sur un Mauriac… Je n'ai jamais été déçu de mon achat ! Et c'est pour ça que Mauriac est grand !
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bonnetcoeursvaillants
  13 octobre 2020
1) le contexte historique : vers 1920, une société figée dans ses classes et minée de conflits
Le livre se déroule dans un contexte socio-historique bien précis, celui des années qui ont suivi la fin de la guerre mondiale de 1914 marquées par le conflit récurrent entre les classes sociales traditionnelles du peuple, de la bourgeoisie et de la noblesse, du moins dans ce territoire rural du sud-ouest. Les personnages principaux représentent, chacun, une classe sociale, et leurs relations dépendent étroitement de leur milieu. Ainsi, Paule Meulière, issue de la bourgeoisie bordelaise (son père a été maire de Bordeaux), a pour ambition de devenir noble et jette son dévolu sur Galéas de Cernès. de son côté, la baronne de Cernès qui entend perpétuer le prestige de ses ancêtres dominant le village, n'accepte pas cette mésalliance et cherche à nuire à sa bru. Quant à Robert Bordas, issu du peuple, ses brillantes études le promettent à un avenir qu'il souhaite différent de celui d'instituteur de Cernès. Soucieux d'incarner les idées socialistes et laïques, il ne peut voir Paule autrement que comme une baronne représentant une noblesse avec laquelle elle est pourtant en conflit. Il refuse ainsi de s'occuper de Guillou, estimant qu'il se renierait s'il pactisait avec les de Cernès.
Un univers exempt d'amour et dominé par les ambitions, la haine, l'intérêt ou les frustrations.
Cette incapacité à s'écouter et à se comprendre est à l'origine du drame de Guillou. En révélant les aspirations intimes et les ambitions de ses personnages, Mauriac donne à voir des adultes si obnubilés par eux-mêmes que leurs rapports aux autres ne peuvent être régis que par l'antagonisme, voire la haine, ainsi que le symbolisent les trois principaux personnages adultes du roman.
Paule, admirant les enfants nobles avec lesquels il n'était pas question qu'elle puisse jouer, a orienté, par esprit de revanche, ses rêves de jeune fille vers l'obtention du titre de Baronne de Cernès. le bilan qu'elle fait aujourd'hui de sa vie au château s'apparente à un naufrage – puisqu'elle n'a même pas eu droit à ce titre envié de baronne, réservé à la mère de Galéas. Guillou, son fils, n'est rien d'autre à ses yeux que la copie de son père et l'incarnation de son échec. A l'amour maternel s'est substituée une authentique haine maternelle. Par ailleurs, sa démarche auprès de l'instituteur n'est pas motivée par un quelconque souci de l'avenir de Guillou, mais par le désir égoïste de faire la connaissance de ce brillant instituteur, de se disculper à ses yeux des rumeurs de son incartade avec le prêtre et, enfin, de réussir où la baronne a échoué.
La baronne, de son côté, semble s'intéresser à Guillou moins parce qu'il est son petit-fils et qu'elle l'aime que parce que sa mère le rejette. Il ne représente qu'une présence pour elle. Fräulein le lui reproche d'ailleurs vertement : « Oui, oui madame la baronne aime bien Guillou, elle est contente de l'avoir auprès d'elle, ici, mais c'est sur les autres qu'elle compte quand elle pense à l'avenir de la famille. »(p.86) Elle ne sait pas convaincre l'instituteur et, après le refus de ce dernier, laisse parler sa susceptibilité au lieu de reprendre contact avec Robert Bordas et de songer à l'intérêt de Guillou. Galéas et Guillou une fois morts, il est d'ailleurs sèchement mentionné que « La vieille baronne se réjouissait parce que ses enfants Arbis auraient Cernès. »
Robert Bordas, tout à ses rêves d'avenir parisien comme journaliste politique, ne parvient pas à s'intéresser vraiment à Guillou lors de l'entretien avec lui et ses idées socialistes expliquent, en grande partie - nonobstant l'hostilité de sa femme à l'encontre de Paule - son refus de prendre en charge Guillou, lui dont c'est pourtant la vocation.
Bref, le monde des adultes est régi par l'égoïsme, l'ambition ou la jalousie. Dès lors que peuvent en attendre les enfants innocents ou retardés ?

2) Une condition humaine sous le double signe de la solitude et de la souffrance : de l'enfant innocent à l'adulte différent - Guillou, un enfant sacrifié par sa mère, par sa grand-mère et par l'instituteur
Dans le récit, Guillou n'est présenté qu'à travers ses défauts physiques longuement décrits et dénoncés de façon récurrente par sa grand-mère et, surtout, par sa mère aux yeux de laquelle il n'est qu' « un petit arriéré, un petit dégénéré. » (p.134). Ses états d'âme, par ailleurs, mettent l'accent sur la peur qu'il éprouve envers sa mère et le sentiment permanent d'insécurité qui l'habite, lui qui est traqué au château et moqué par les autres enfants à l'extérieur. Il faut attendre sa visite chez l'instituteur pour découvrir un enfant sensible et, malgré ses retards, capable de lire et de comprendre. Cette « révélation » pour le lecteur s'accomplit grâce à la découverte par Guillou qu'un enfant - Jean-Pierre en l'occurrence, le fils de l'instituteur – peut être traité avec respect par ses parents et que lui-même peut attirer la bienveillance de la part de « l'ogre » qu'était à ses yeux l'instituteur. Cet espoir soudain qui l'embrase et lui fait pressentir un avenir souriant est aussitôt anéanti par la lettre de refus que fait porter Robert Bordas. On peut s'accommoder de l'obscurité mais il n'est pas possible d'y retourner après avoir entrevu la lumière. Ce sont bien les adultes, incapables d'amour et bourreaux plus ou moins conscients, qui ont sacrifié Guillou.
Galéas, un homme simple bafoué, voire nié
Galéas n'a jamais été considéré et choisi par Paule que comme le seul moyen pour s'attribuer un titre nobiliaire. Après quoi il a été rejeté comme un objet devenu inutile et encombrant. Marié, il n'a pas de femme ; héritier des de Cernès, il n'a aucun pouvoir ; père, il ne peut exercer la moindre autorité sur son fils. Bref, bien que présent au château, il n'y est que pour être bafoué et méprisé : il n'a pas d'existence bien définie sinon de servir, jour après jour, d'exutoire à la frustration et à la haine de Paule qui l'associe à Guillou (« Regardez-les donc tous les deux. L'un n'est-il pas la réplique de l'autre ? Voyons ! C'est hallucinant ! ») (p.135) Galéas a fini par se résigner à cette situation abdiquant toute autorité. Comme il le dit à sa mère qui lui demande d'intervenir pour s'opposer au projet de Paule concernant Guillou : « J'ai pas le droit. »
3) Une vision misogyne de la femme à travers le personnage de Paule, de la vieille baronne et de Leone
Que ce soit la baronne, Paule, voire Leone, c'est la femme qui, dans le Sagouin, tient les rênes et, in fine, décide. La vieille baronne et Paule se disputent le pouvoir sur le château tandis que Galéas et Guillou ne font que subir leurs ukases. de même, Leone finit par imposer son point de vue à Robert Bordas. On notera que Galéas et Guillou disparaissent comme semblent s'effacer à jamais les rêves de l'instituteur. La femme, dans ce récit de Mauriac, est l'image même de la castratrice. Seule exception, Fräulein - qui incarne l'amour féminin maternel - montre quelque tendresse à son petit homme Guillou… C'est tout naturellement que Paule de Cernès, figure essentielle du récit, condense l'essentiel de ce que Mauriac appelle férocement « la Gorgone », qu'elle soit décrite par elle-même ou présentée par les autres personnages.
Paule vue par elle-même :
Qu'elle évoque son passé de fille de maire de Bordeaux ou son présent au château, elle insiste clairement et, parfois crûment, sur l'erreur à l'origine de son drame : vouloir devenir baronne de Cernès : « Avoir perdu sa vie pour ça ! »/«L'horreur de s'être vendue pour une vanité (…) occupait son esprit, la tenait éveillée jusqu'à l'aube. » (pp.12-13)/« L'horreur toujours présente de s'être précipitée elle-même dans ce destin qui était le sien. » (p.29) Pourtant, ne lui était-il pas loisible d'accepter une situation qu'elle avait précisément provoquée ? Au lieu de quoi, remâchant le fiel de cette faute adolescente, elle n'a de cesse que de vouloir la faire expier à Galéas et à sa réplique, Guillou, ainsi qu'à la baronne. A aucun moment, elle n'apparaît comme une épouse, une bru ou, plus grave, une mère. Elle n'est plus que haine et méchanceté : elle a déserté les trois rôles qui lui sont dévolus et s'est métamorphosée – aidée par la vieille baronne - en bourreau d'un entourage qu'elle malmène. Toutefois, sa volonté de puissance et son désir de domination la poussent à séduire l'instituteur révélant la présence en elle d'un être de combat nullement résigné.
Paule vue par les autres :
Pour la vieille baronne, Paule est une rivale qui lui a pris son fils et a voulu usurper son titre. Elle la considère, probablement, comme une aventurière doublée d'une « pétroleuse ». Il s'agit aussi d'une rivalité féminine qui ne peut se résoudre que dans la défaite de l'une des deux.
Galéas révèle ce qu'est son enfer de mari bafoué et ignoré par son épouse à la fin du récit lorsqu'il observe son fils en marche vers son destin et qu'il s'interroge sur un avenir qui lui semble tracé sur le sien : « Aurait-il à se défendre, à tous les instants de sa vie, contre la femme, contre cette femme toujours là, contre cette figure de Gorgone salie de bile. »/« Voici qu'ils sont près d'atteindre les humides bords du royaume où la mère, où l'épouse ne les harcèlera plus. Ils vont être délivrés de la Gorgone, ils vont dormir. » (p.143)
Robert Bordas et sa femme Leone portent le même jugement sur Paule : c'est une femme dangereuse. Complétant l'avis de son mari (« Je la crois un peu folle… En tout cas, c'est une exaltée… »), Leone précise : « Une folle qui sait ce qu'elle veut (…) Tiens-toi à carreaux. » (p81)
4) le châtiment
Romancier démiurge, Mauriac organise le destin final de ses personnages selon le mode de la tragédie : le châtiment divin s'abat sur les survivants responsables du drame. La baronne, Paule et Robert Bordas n'ont pas su aimer leurs proches ou leur prochain et ils en sont punis. Fräulein révèle à la vieille baronne ce qu'elle a appris le soir même de l'enterrement de Guillou et de Galéas des intentions de ses héritiers Arbis : la chasser du château et l'installer dans une maison de retraite. de son côté, Paule est atteinte d'un cancer et ses jours à l'hôpital sont rongés par une douleur insupportable. Quant à Robert Bordas, la conscience d'avoir failli dans sa mission d'instituteur le marque comme une tache indélébile.
C'est tout naturellement que le dernier paragraphe du récit conduit le lecteur dans le cimetière de Cernès jusqu'au dernier mot du roman (« morts ») qui rappelle le double sacrifice du père et du fils en un refus de cette vie que marque le triomphe ultime de la mort. Cette fin éprouvante paraît symbolique en ce qu'elle est fidèle aux croyances de Mauriac, romancier catholique, pour qui un monde sans la grâce divine est un monde privé de toute espérance.
Un super roman à lire absolument!
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Ambages
  30 décembre 2017
Que peut-il y avoir de pire que de ne pas être aimé par sa mère ? Un livre dur et magnifique. J'ai beaucoup apprécié la plume de François Mauriac. J'ai suivi cette famille dans laquelle les rejetés s'unissent mais hélas pour se diriger vers le malheur. La toute fin du roman m'a fait penser que l'auteur voulait une revanche sur le destin cruel en indiquant le devenir de ceux qui n'avaient pas aimé, pas vu, pas voulu voir, pas entendu, pas compris.
« Ah ! S'écria Cyrus Smith, te voilà donc redevenu homme, puisque tu pleures ! »
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aouatef79
  22 novembre 2016
" le Sagouin" est un roman de François Mauriac, publié en 1951. Ce roman retrace la difficile vie que mène , l' enfant Guigou qui est malmené par le sort et les gens !
L' enfant Guigou est disgracieux , sur le plan physique il laisse beaucoup à désirer et il est surtout sale ou " crado', si l' on veut s' exprimer ainsi .Son père est un faible d' esprit, mou et un incapable .
Guigou fait face à la méchanceté des gens qui le moquent et le raille beaucoup .Même sa mère, Paule, le déteste et le méprise .
Au cours de la lecture , on ne peut qu' être du côté de cet enfant rejeté par tous .
Combien, on sent qu' il souffre de toutes ces maltraitances . Il souffre beaucoup, le petit enfant que personne n' aime .
François Mauriac est un écrivain talentueux qui fait ici un très fort récit sur ce endure et subit Guigou .
Un très grand et beau roman de Mauriac qui mérite d' être lu et relu !
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
bookloveusebookloveuse   13 mars 2015

"Dites maman, c'est un rouge cet instituteur?
_Rouge, tout ce qu'il y a de plus rouge! Du moins, Lousteau, l'affirme." p.23


"Tu sais, ça m'aurait intéressé de m'occuper du saguoin! "
(...) 'Alors, tu y renonces?"
_Ce n'est pas à cause de la femme à barbe, dit-i. Mais j'ai réfléchi:il faut rattraper ça. J'ai eu tort d'accepter. Nous ne devons pas avoir de relations avec le château.La lutte des classes ce n'est pas une histoire pour les manuels. Elle est inscrite dans notre vie de chaque jour. Elle doit inspirer toute notre conduite.
(...) _J'ai encore quelque chose à te demander? comment faire pour se débarrasser du sagouin? p.118-p.119


" Aujourd'hui, les enfants ne viendront pas. Mais l'instituteur a du travail à la mairie. (...) Léone est allée à la boucherie. Ils écoutent la pluie sur les tuiles.(...) Lorsque Léone rentrera , elle li demandera: "A quoi penses tu?"Il répondra. "A rien. Ils n'ont parlé de Guillou que le jour où les corps ont été repêchés contre la roe du moulin. Ce jour là, il a dit une seule fois: "Le petit s'est tué, ou in c'est son père qui..." et Léone a haussé les épaules.: "Penses tu!" Et ois, ils n'ont jamais plus prononcé le nom de Guillou. Roert Bordas entre dans la chambre de Jean Pierre pend ''l'île Mystérieuse'', le livre s'ouvre seul à la même page....mais presque aussitôt il se replia sur lui même. Il s'affaissa à demi t une grosse larme coula sous ses yeux. (...° l'esprit qui couvetait dans cette chaire souffreteuse, ah! que s'eut été merveilleux de l'aider à jaillir. Peut-être était ce pour ce travail que Robert Bordas était venu en ce monde.A l'Ecole Normale, un de leurs maîtres leur apprenait les étymologies: instituteur de ''institutor'', celui qui établit, celui qui instruit, celui qui institue l'humanité dans l'homme, quel beau mot! D'autres Guillou se trouveraient sur sa route peut être. A cause l'enfant qu'il avait laissé mourir il ne refuserait rien de lui même, à ceux qui viendraient vers lui. Mais aucun d'eu ne serait ce petit garçon que monsieur Bordas avait recueilli un soir, et puis l'avait rejeté comme ces chiots perdus que nous ne rechauffons qu'un instant.Il l'avait rendu aux ténèbres qui le garderait à jamais." p.138 p.139
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zazimuthzazimuth   18 septembre 2010
Guillou... l’esprit qui couvait dans cette chair souffreteuse, ah ! que c’eût été merveilleux de l’aider à jaillir ! Peut-être était-ce pour ce travail que Robert Bordas était venu en ce monde. A l’Ecole Normale, un de leurs maîtres leur apprenait les étymologies : instituteur de institutor, celui qui établit, celui qui instruit, celui qui institue l’humanité dans l’homme ; quel beau mot ! (p139)
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genougenou   02 mai 2013
M.Bordas ne veut plus s’occuper de lui. Il n’entrera plus jamais dans la chambre de Jean-Pierre. Jean-Pierre. Jean-Pierre Bordas. C’est drôle d’aimer un garçon qu’on n’a jamais vu, qu’on ne connaîtra jamais. « Et s’il m’avait vu, il m’aurait trouvé vilain, sale et bête. » C’est ce que sa mère lui répète chaque jour : « Tu es vilain, sale et bête. » Jean-Pierre Bordas ne saurait jamais que Guillaume de Cernès était vilain, sale et bête : un sagouin. »
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aurel75aurel75   13 décembre 2019
"Alors je ne vois pas d'autres solutions qu'un pénitencier..." Si souvent elle en avait menacé Guillou, qu'il se faisait une idée vague et terrifiante des maisons de correction. (...) Ce qui acheva d'accabler l'enfant, ce fut l'éclat de rire de sa vieille Mamie :"Pourquoi, ma fille, ne pas le mettre dans un sac ? Pourquoi ne pas le jeter à la rivière comme un petit chat ?" Fou de terreur, il frottait sa figure de son mouchoir sale : "Non, Mamie, non, pas dans un sac !" Il n'avait aucun sentiment de l'ironie, prenant tout au pied de la lettre.
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LAULAULALAULAULA   07 décembre 2014
On ne peut se faire aimer à volonté, on n'est pas libre de plaire ; mais aucune puissance sur la terre ni dans le ciel ne saurait empêcher une femme d'élire un homme et de le choisir pour dieu. Lui-même cela ne le concerne pas, puisque rien ne lui est demandé en échange. Elle est résolue de mettre cette idole au centre de sa vie. Il ne reste rien d'autre à faire que d'élever un hôtel dans son désert et de le consacrer à cette divinité frisée.
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