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EAN : 9782266023139
139 pages
Éditeur : Pocket (01/09/1989)
3.78/5   605 notes
Résumé :
Il semble que François Mauriac ait mis le meilleur de son art dans cette cruelle peinture d'une famille de hobereaux du Sud-Ouest dont l'héritier,. un pauvre homme dégénéré, s'est mésallié en épousant une jeune fille qui n'a pu résister au désir de quitter son milieu bourgeois et de devenir baronne. De cette union mal assortie est né un fils, Guillou. Nous suivons le calvaire de cet enfant, si disgracié physiquement, si sale, si arriéré que sa mère ne l'appelle que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 605 notes

Gwen21
  20 février 2021
Deuxième claque que je me prends de la part de François Mauriac et... j'adore ça ! Vais-je virer sado-maso ? Après le troublant "Thérèse Desqueyroux", l'auteur nobelisé en 1952 propose avec "Le Sagouin" une nouvelle descente dans l'enfer du drame familial.
Par la plume nette et concise, tranchante, qui caractérise son style, Mauriac ouvre son récit sur une paire de gifles, appliquée à la fois à Guillou et à son lecteur. Que de violence vous direz-vous ? Et oui, ce court roman est lourd d'une violence psychologique et physique qui laisse sa trace en nous, comme sur la joue de ce petit garçon de douze ans détesté par sa mère, Paule.
"Le Sagouin", c'est un conte mal aiguillé qui avait tous les ingrédients pour être "de fée" mais qui vire au cauchemar : une roturière épouse un prince aux allures de crapaud mais qui habite un château avec l'espoir qu'une fois devenue princesse, elle saura par son amour changer le crapaud en prince pour vivre ensemble heureux entourés de nombreux enfants beaux comme le jour. Hélas pour Paule... son mari reste attardé mental, sa belle-mère est une sorcière, son unique étreinte matrimoniale a fécondé un garçon maigrelet et attardé, la bonne du château est toute puissante et ledit château n'est guère reluisant... Et pour couronner le tout, elle-même se change en ogre : barbue, négligée et fantasque, elle perd le peu de beauté qu'elle possédait ; dans son coeur, le regret nourrit une rage et une haine terribles dont son fils est le catalyseur.
Noir, glaçant, dramatique, le récit se déroule avec une cruelle lucidité et un réalisme dénué d'humanité. En quelques dizaines de pages, Mauriac réalise l'exploit de donner du relief à tous ses personnages mais aussi et surtout à toutes leurs émotions, à tous leurs rêves brisés. Il bouleverse nos certitudes, change notre regard, attise notre compassion et nous bouleverse durablement. du grand art.

Challenge MULTI-DEFIS 2021
Challenge RIQUIQUI 2021
Challenge XXème siècle 2021
Challenge SOLIDAIRE 2021
Challenge NOBEL
Challenge ATOUT PRIX 2021
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sylvaine
  17 février 2021
Le Sagouin est un récit poignant et tragique, un récit où il n'y a ni amour, ni bienveillance, où les egos surdimensionnés des adultes mènent la danse, un univers où haine, ambition, frustrations et intérêts sont de mise. Alors qu'importe le bien-être de ce gamin malingre, laid, la morve au nez, la lèvre pendante et le souffle court. Alors qu'importe le silence de Galéas et la solitude d'un père taiseux par nature et par obligation. Laissez passer Paule de Cernès mariée au Baron Galéas de Cernès par arrivisme et désir de noblesse devenue une femme, une mère haineuse .Laissez passer sa belle-mère la Baronne, la seule , l'unique aussi venimeuse que courtoise. Laissez passer Robert Bordas, l'instituteur ,le rouge , aigri de ne pas avoir pu monter à Paris pour être à la place qui lui était destinée, englué dans une lutte des classes idéologique qui lui fera tourner le dos à Guillou.
Nous sommes en 1920, la Grande Guerre a laissé des cicatrices béantes, nous sommes en Aquitaine dans une France profonde où les rumeurs ont force de loi.
François Mauriac signe un roman magistral, un roman noir , désespéré et désespérant. François Mauriac signe un immense roman.
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Allantvers
  17 février 2020
Plus je découvre François Mauriac, plus j'admire et apprécie son oeuvre, et pourtant ce sont chaque fois des textes qui mettent mal à l'aise.
Encore une fois, c'est dans une atmosphère de malaise pesant, de violence sourde et de bourgeoisie fin de race et délétère que se déroule la tragédie du petit Guillou, gamin attardé mal aimé d'une mère qui déverse sur lui et sur toute sa belle-famille son aigreur de femme mal mariée, faisant de son fils l'enjeu de ce conflit social entre le curé et l'instituteur encore en vogue dans les années 50 et que le petit sagouin est bien en peine de comprendre.
Le texte est d'autant plus percutant qu'il est ramassé (150 pages peu fournies dans l'édition de 1951 que j'avais en main), et que la plume de l'auteur est à la fois d'une précision clinique et porteuse d'une forte charge émotionnelle.
Un drame terrible qui donne à voir la province française d'après-guerre sous son jour le plus glauque.
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lecassin
  27 octobre 2016
« le sagouin », 1951.
Nous n'entrerons pas ici dans la polémique « est-ce un court roman ou une grosse nouvelle ? ». Peu importe en effet tant le court texte est puissant.
Au château : Mme la Baronne Galéas de Cernes, son fils Galéas, sa bru Paule, née Meulière et Fräulein, une autrichienne au service de madame depuis si longtemps…
Et le sagouin ? le sagouin, c'est Guillaume, dit Guillou… « Au milieu de tout ce beau monde attendri » il vivote rejeté par sa mère, haï de sa grand-mère ; et renvoyé des collèges où on a tenté de l'éduquer…
En fait, l'histoire du sagouin n'est rien d'autre que celle de la lutte des classes, comme le dit si bien l'instituteur Valras qui s'occupera de l'enfant l'espace d'une journée. Lutte des classes entre la grand-mère et la mère de l'enfant contrefait, et lutte des classes entre le Château et l'instituteur rouge, rentré blessé de la guerre de 14. Au centre, Guillaume, enfermé bien malgré lui dans ce combat fratricide.
Certes Guillou est laid, sale et morveux, mais, l'instituteur le confirmera : il n'est pas aussi sot qu'on veut bien le dire… Malgré tout, il n'attirera que répugnance et maltraitance.
François Mauriac est grand. Grand de nous émouvoir à ce point avec ce petit texte de quatre chapitres, à peine cent-soixante pages, deux heures de lecture attentive… Oui, attentive : C'est du condensé ! Chaque mot compte : précis, évocateur…
Je tombe de temps à autre, au détour d'une visite chez un bouquiniste, sur un Mauriac… Je n'ai jamais été déçu de mon achat ! Et c'est pour ça que Mauriac est grand !
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Ambages
  30 décembre 2017
Que peut-il y avoir de pire que de ne pas être aimé par sa mère ? Un livre dur et magnifique. J'ai beaucoup apprécié la plume de François Mauriac. J'ai suivi cette famille dans laquelle les rejetés s'unissent mais hélas pour se diriger vers le malheur. La toute fin du roman m'a fait penser que l'auteur voulait une revanche sur le destin cruel en indiquant le devenir de ceux qui n'avaient pas aimé, pas vu, pas voulu voir, pas entendu, pas compris.
« Ah ! S'écria Cyrus Smith, te voilà donc redevenu homme, puisque tu pleures ! »
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
bookloveusebookloveuse   13 mars 2015

"Dites maman, c'est un rouge cet instituteur?
_Rouge, tout ce qu'il y a de plus rouge! Du moins, Lousteau, l'affirme." p.23


"Tu sais, ça m'aurait intéressé de m'occuper du saguoin! "
(...) 'Alors, tu y renonces?"
_Ce n'est pas à cause de la femme à barbe, dit-i. Mais j'ai réfléchi:il faut rattraper ça. J'ai eu tort d'accepter. Nous ne devons pas avoir de relations avec le château.La lutte des classes ce n'est pas une histoire pour les manuels. Elle est inscrite dans notre vie de chaque jour. Elle doit inspirer toute notre conduite.
(...) _J'ai encore quelque chose à te demander? comment faire pour se débarrasser du sagouin? p.118-p.119


" Aujourd'hui, les enfants ne viendront pas. Mais l'instituteur a du travail à la mairie. (...) Léone est allée à la boucherie. Ils écoutent la pluie sur les tuiles.(...) Lorsque Léone rentrera , elle li demandera: "A quoi penses tu?"Il répondra. "A rien. Ils n'ont parlé de Guillou que le jour où les corps ont été repêchés contre la roe du moulin. Ce jour là, il a dit une seule fois: "Le petit s'est tué, ou in c'est son père qui..." et Léone a haussé les épaules.: "Penses tu!" Et ois, ils n'ont jamais plus prononcé le nom de Guillou. Roert Bordas entre dans la chambre de Jean Pierre pend ''l'île Mystérieuse'', le livre s'ouvre seul à la même page....mais presque aussitôt il se replia sur lui même. Il s'affaissa à demi t une grosse larme coula sous ses yeux. (...° l'esprit qui couvetait dans cette chaire souffreteuse, ah! que s'eut été merveilleux de l'aider à jaillir. Peut-être était ce pour ce travail que Robert Bordas était venu en ce monde.A l'Ecole Normale, un de leurs maîtres leur apprenait les étymologies: instituteur de ''institutor'', celui qui établit, celui qui instruit, celui qui institue l'humanité dans l'homme, quel beau mot! D'autres Guillou se trouveraient sur sa route peut être. A cause l'enfant qu'il avait laissé mourir il ne refuserait rien de lui même, à ceux qui viendraient vers lui. Mais aucun d'eu ne serait ce petit garçon que monsieur Bordas avait recueilli un soir, et puis l'avait rejeté comme ces chiots perdus que nous ne rechauffons qu'un instant.Il l'avait rendu aux ténèbres qui le garderait à jamais." p.138 p.139
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zazimuthzazimuth   18 septembre 2010
Guillou... l’esprit qui couvait dans cette chair souffreteuse, ah ! que c’eût été merveilleux de l’aider à jaillir ! Peut-être était-ce pour ce travail que Robert Bordas était venu en ce monde. A l’Ecole Normale, un de leurs maîtres leur apprenait les étymologies : instituteur de institutor, celui qui établit, celui qui instruit, celui qui institue l’humanité dans l’homme ; quel beau mot ! (p139)
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genougenou   02 mai 2013
M.Bordas ne veut plus s’occuper de lui. Il n’entrera plus jamais dans la chambre de Jean-Pierre. Jean-Pierre. Jean-Pierre Bordas. C’est drôle d’aimer un garçon qu’on n’a jamais vu, qu’on ne connaîtra jamais. « Et s’il m’avait vu, il m’aurait trouvé vilain, sale et bête. » C’est ce que sa mère lui répète chaque jour : « Tu es vilain, sale et bête. » Jean-Pierre Bordas ne saurait jamais que Guillaume de Cernès était vilain, sale et bête : un sagouin. »
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aurel75aurel75   13 décembre 2019
"Alors je ne vois pas d'autres solutions qu'un pénitencier..." Si souvent elle en avait menacé Guillou, qu'il se faisait une idée vague et terrifiante des maisons de correction. (...) Ce qui acheva d'accabler l'enfant, ce fut l'éclat de rire de sa vieille Mamie :"Pourquoi, ma fille, ne pas le mettre dans un sac ? Pourquoi ne pas le jeter à la rivière comme un petit chat ?" Fou de terreur, il frottait sa figure de son mouchoir sale : "Non, Mamie, non, pas dans un sac !" Il n'avait aucun sentiment de l'ironie, prenant tout au pied de la lettre.
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LAULAULALAULAULA   07 décembre 2014
On ne peut se faire aimer à volonté, on n'est pas libre de plaire ; mais aucune puissance sur la terre ni dans le ciel ne saurait empêcher une femme d'élire un homme et de le choisir pour dieu. Lui-même cela ne le concerne pas, puisque rien ne lui est demandé en échange. Elle est résolue de mettre cette idole au centre de sa vie. Il ne reste rien d'autre à faire que d'élever un hôtel dans son désert et de le consacrer à cette divinité frisée.
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Vidéo de François Mauriac
Qu'est-ce qu'habiter provisoirement un lieu ? Quels secrets enfouis les maisons révèlent-elles à leurs hôtes de passage ? Quels sentiments, quelles sensations éveillent-elles chez les plus attentifs d'entre eux ? Une rencontre inédite entre deux jeunes écrivains de langue française très prometteurs : après Ça raconte Sarah (Minuit, 2018), Pauline Delabroy-Allard revient avec Maison-tanière (L'Iconoclaste), récit qui évoque deux séjours d'écriture dans des maisons propices au recueillement ; Bruno Pellegrino, romancier suisse couronné du Prix François-Mauriac 2019, livre avec Dans la ville provisoire (Zoé) un roman envoûtant sur l'absence et ses traces.
Une rencontre diffusée dans le cadre de la Foire du Livre de Bruxelles 2021.
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