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EAN : 9782070297733
Éditeur : Gallimard (04/10/1977)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes)
Résumé :
En 1799, le capitaine Benito Cereno, commandant un navire marchand espagnol, arrive devant Santa-Maria, petite île déserte au sud du Chili. Le capitaine Delano, un Américain qui fait là son plein d'eau, est très désagréablement impressionné par l'Espagnol. Celui-ci se conduit comme un despote craintif... Outre Benito Cereno, ce recueil comprend Bartleby l'écrivain, un des plus célèbres contes de Melville.

Source : Gallimard

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Myriam3
  06 mai 2017
Entre deux nouvelles courtes et anecdotiques inspirées sans doute de la maison à la campagne de Melville - on la retrouve aussi dans Cocorico!, une autre nouvelle - Benito Cereno est comme un abime.
Delano, capitaine d'un baleinier, s'inquiète de voir un bateau sans pavillon en rade au large et décide d'y aller en renfort avec son équipage. Il s'agit en fait d'un bateau négrier, avec 150 esclaves et une dizaine seulement de matelots à son bord, tous assoiffés et affamés. Delano, le temps que son équipage parte en ravitaillement, fait connaissance avec le capitaine Benito Cereno, jeune espagnol au teint maladif et au regard morne et mélancolique. Celui-ci réagit peu ou pas aux sollicitations de Delano. Bientôt, une certaine hostilité s'installe, appuyée par le comportement de Babo qui ne quitte pas Benito d'une semelle et veut le protéger de la moindre émotion. Babo n'est pas qu'un esclave, il est aussi le confident et le conseiller de Benito; Delano ne sait que penser de leur comportement étrange...
Melville joue sur la psychologie trouble des personnages dont on ne connaît que les comportements et les regards sous-entendus. Quelles sont les véritables motivations de Benito, et Babo? de tous les membres du bateau en rade? Malheureusement, j'ai trouvé parfois le rythme un peu longuet et les questionnements intérieurs de Delano répétitifs, mais la tension et l'envie de savoir l'ont emporté. C'est une nouvelle plutôt angoissante avec un dénouement intéressant, écrit à une époque où l'abolition de l'esclavage faisait son chemin.
Quant aux deux autres: La Véranda est agréable à lire, tout comme l'est une promenade dans les collines. le Marchand de Paratonnerre m'a bien sûr fait penser à la chanson de Brassens. La nouvelle en revanche est plutôt sans intérêt - sauf comme document informatif sur les dangers de la foudre!
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PiertyM
  29 janvier 2017
Une petite nouvelle bien écrite. Melville nous fait vivre une silencieuse confrontation entre jeunesse et vieillesse dans une profession, l'ignorance et l'expérience, celle-ci, il fallait bien l'avoir pendant la traite négrière. Nous vivons des moments de trouble du capitaine Delano lorsqu'il franchit le pont du bateau San Dominick où il constate que les choses tournent mal, le capitaine Benito ne présente rien d'un chef en dehors sa mise bien chic, un lourd secret semble jaillir de partout. Il a un regard fin, peut-être un nez fin comme un chien, en tout cas, aucun détail ne lui échappe dans ce bateau. Il scrute chaque personnage, tous les faits et gestes et surtout l'air très malaisé du capitaine Benito Cereno et toutes les faiblesses qui s'affichent pour un homme dit chef, il sent se fomenter quelque chose mais le propio lui risque de vivre une surprise...
Une petite détente!!!
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nathalie_MarketMarcel
  16 juin 2019
Un court roman, tout à fait malaisant.
Nous sommes en 1799. Delano, capitaine d'un bateau chasseur de phoques, Américain, fait escale dans une petite île du Chili pour s'approvisionner en eau, quand approche un étranger voilier espagnol, décati et en mauvais état. Il se rend à bord pour offrir son aide (eau, vivres, expérience). Il y rencontre Dom Benito Cereno, Espagnol, malade, taciturne. le voilier était destiné à la traite négrière, mais a traversé de terribles tempêtes et l'équipage semble à présent composé aussi bien de noirs et de blancs. le roman raconte la journée que Delano passe en compagnie de Benito Cereno, s'interrogeant, faisant des hypothèses, observant des choses étranges, craignant un guet-apens, ainsi que l'épilogue qui explique la plupart des étrangetés.
Petit souci : le ton est profondément raciste. Il n'y a pas la moindre petite critique contre l'esclavage et la traite négrière et des considérations sur la nature des blancs, des noirs, des métis. Franchement, pfff. Toutefois, cela vaut le coup de continuer sa lecture.
En effet, Delano est raciste et nous voyons le monde par ses yeux – oserais-je dire, par ses oeillères ? Ses préjugés le trompent et nous trompent, l'empêchent de comprendre ce qu'il voit et corrompt sa perception. La fin du roman agit-elle comme une révélation ? Rien n'est moins sûr et la position de Melville est difficile à déterminer, surtout que je n'ai pas envie de trop vous en dire. L'auteur ne semble pas prendre de distance vis-à-vis de son personnage et pourtant une phrase ironique sur la blancheur des squelettes fait douter de sa position, même s'il ne donne pas son point de vue.
Le roman repose sur deux piliers. le premier est que Delano ne comprend rien à situation qu'il a sous les yeux et interprète tout de travers. À la fin, le lecteur est invité à relire depuis le début en interprétant correctement les différents signes (le drapeau espagnol, la proue, les noires…).
Le second est le contraste entre les deux mondes représentés par chacun des navires. L'un américain, ordonné, bien géré, efficace, démocratique (sauf pour les noirs) et le second, représentant du vieux monde, se décomposant, ressemblant à une forêt primaire ou à un marais mystérieux, où les rapports sociaux reposent sur de vieux codes oubliés et incompréhensibles. Ce face à face silencieux sur l'océan Pacifique est plutôt réussi et Delano semble plonger dans une rêverie fantastique d'un autre temps, comme si le navire espagnol était ensorcelé.
Un court roman perturbant, un de ces cas de narration manipulatrice comme en osent certains grands romanciers, qui suscitent le malaise et l'interrogation.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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Huckleberry
  05 mai 2013
Captivante, cette nouvelle bien écrite tient en haleine. L'auteur devait choisir entre deux points de vue pour relater cet événement. En optant pour celui des esclavagistes, cela génère en moi une contrariété, mais à chacun d'imaginer l'autre version.
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VACHARDTUAPIED
  15 avril 2013
On a pu dire que c'était du Kafka avant Kafka......
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
DominiqueSanjacqDominiqueSanjacq   08 avril 2019
C’était un matin particulier à cette côte. Tout était calme et muet, tout était gris. La mer, bien qu’ondulée de longs arpents de houle, paraissait figée, et sa surface était lisse comme du plomb fondu refroidi et durci dans le moule du fondeur. Le ciel semblait un manteau gris. Des essaims gris d’oiseaux inquiets, folâtrant avec les essaims gris de vapeurs inquiètes auxquelles ils se mêlaient, effleuraient les eaux d’un vol bas et capricieux, comme les hirondelles rasent les prairies avant l’orage. Ombres présentes, présageant des ombres plus profondes à venir.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   16 juin 2019
De plus près encore, cet aspect changea, et le véritable caractère du vaisseau apparut nettement : un navire marchand espagnol de première classe, transportant d’un port colonial à l’autre de précieuses marchandises et notamment des esclaves noirs ; un très grand et, pour son temps, très beau vaisseau, comme l’on en rencontrait alors parfois sur cet océan, que ce fussent des navires sur lesquels avaient été jadis transportés les trésors d’Acapulco ou des frégates retraitées de la flotte du roi d’Espagne qui, comme des palais italiens déchus, gardaient encore, malgré le déclin de leurs maîtres, des marques de leur état premier.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   16 juin 2019
Que signifiaient les énigmes et les contradictions qui s’étaient succédé tout le long du jour, si elles n’avaient pour objet de mystifier avant de frapper quelque coup furtif ?
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HuckleberryHuckleberry   05 mai 2013
Après de bonnes actions et quelque ingrat que puisse se montrer le bénéficiaire, votre conscience, elle, ne reste pas indifférente.
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Vidéo de Herman Melville
Une adaptation inédite du mythique roman de Herman Melville, d'après le concert fiction diffusé sur France Culture. En librairie le 5 novembre 2020.
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