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Charles Baudelaire (Autre)Jacques Cabau (Autre)
ISBN : 2070366588
Éditeur : Gallimard (26/03/1975)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 263 notes)
Résumé :
Considéré parfois comme une oeuvre de jeunesse (ce qui ne veut pas dire grand-chose, dans le cas de Poe), ce long récit constitue la seule tentative romanesque d'un écrivain essentiellement absorbé par ses contes. À ce titre déjà, elle intrigue et passionne, inscrivant nombre d'obsessions chères à l'auteur dans un cadre plus ample, et semble-t-il, volontairement inachevé. Asphyxie, carnages, ouragans, anthropoph... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  09 octobre 2016
Il y a un peu de Stevenson dans ce roman, et du Melville aussi, mais surtout, il y a dans ce roman l'épouvante propre aux récits d'Edgar Allan Poe, bref, un sacré mélange d'aventure, de terreur et de métaphysique!
Poe ne se prive pas de déclarer ses références - souvent des récits scientifiques d'explorations maritimes - pour donner plus de crédibilité à ce récit soi-disant biographique:
Arthur Gordon Pym (comme Arthur de la Table Ronde et Gordon de Lord Byron) est un jeune garçon de 16 ans désireux de s'aventurer en haute mer. Grâce à son ami Auguste, il se cache dans la cale du bateau du père de celui-ci, dans le but de dévoiler sa présence une fois que le bateau sera au large et qu'il sera trop tard pour revenir au port. Manque de bol, une mutinerie a lieu presque aussitôt, et Auguste ne peut venir lui apporter à manger. Arthur commencera son voyage dans un état de semi-conscience, d'angoisse et de soif, avant d'être délivré et de poursuivre ses aventures en mer entre cauchemars et découvertes des mers du Sud.
Ce qui attend le jeune héros est au-delà de l'imaginable et il faudra à la fois beaucoup de courage, d'énergie et un coeur bien accroché pour survivre à ce voyage.
Quant au récit en lui-même, je l'ai trouvé assez déstabilisant. Il commence fort par une nuit de tempête et un naufrage, puis la vraie aventure qui commence, avant que le rythme ne s'amenuise pendant un certain nombre de pages riches en descriptions un peu trop techniques parfois.
Le rythme n'est pas haletant comme celui de l'Ile au Trésor, si je dois trouver un élément de comparaison contemporain, mais finalement ce roman est assez hypnotique; bizarrement, j'aurais envie de comparer son effet à celui des films Apocalypse Now ou Dead Man, un long voyage hallucinant et métaphysique.
Pour tout dire, j'ai eu du mal à m'accrocher lors de la mutinerie, dont j'ai trouvé le rythme plutôt longuet, mais j'ai replongé dans le récit par la suite. La préface donne de bonnes pistes de lectures, et finalement, ce qui m'a le plus dérangée, ce sont les libertés que Baudelaire avait prises lors de la traduction: ajouts de termes savants, de titres à chaque chapitre, interprétations, que l'édition Livre de Poche Classique a pris soin de répertorier.
Oui, finalement, un roman riche et complexe que je conseille aux aventuriers!
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Bobby_The_Rasta_Lama
  21 août 2016
Pour écrire Arthur Gordon Pym, son unique roman d'aventure fantastique, Poe a décidé de mettre en pratique ses propres théories sur la composition des poèmes. C'est à dire - un bon écrivain devrait toujours laisser le meilleur effet pour la fin, quitte à "diluer" un peu les strophes ou les épisodes précédentes si elles s'avèrent plus "fortes" que le supposé bouquet final. Comment on sait grâce aux notes de "rédacteur" à la fin du roman, Pym est rentré sain et sauf aux Etats-Unis, mais il est mort avant de finir la narration de ses aventures. Ce qu'est la chose blanche géante au milieu de l'océan, personne ne le saurait jamais.
Les chercheurs en littérature américaine ont essayé de proposer une explication "logique", pour justifier les choix de Poe. Au moment de la rédaction du roman, une théorie sur la " Terre creuse" était très populaire en Amérique, théorie véhiculée par deux "savants" nommés Symmes et Reynolds (Poe est mort avec le nom de ce charlatan sur les lèvres!), qui ont presque réussi à convaincre le Congrès de financer une expédition antarctique afin de prouver leurs hypothèses. Selon cette hypothèse douteuse, notre Terre a des grandes "holes at the poles"(des trous dans les pôles), par lesquels l'océan rentre au sud pour ressortir au nord (ce qui explique, entre autres, les courants océaniques). On pourrait même supposer que ces parties creuses de la Terre sont habitées par des créatures ressemblantes à l'homme, ce que Symmes (sous un pseudonyme d'Adam Seaborn) a décrit en détail dans un roman "Symzonia, a Voyage of Discovery", roman que Poe connaissait très bien, comme le texte de Pym le montre. DONC, originalement, Pym devrait peut-être se faire aspirer au centre de la terre pour y vivre d'autres aventures, avant d'être recraché sur le pôle opposé.
Mais là, de toute évidence, Poe commence à réfléchir - le monstre blanc sortant de la mer, ne représente t-il pas , après toutes ces naufrages, massacres et mutineries, l'effet final recherché ?! Est-ce encore la peine de rajouter d'autres aventures au centre de la Terre, de quitter le mode réel pour s'embarquer dans le véritable fantastique ? Et Poe décide que non, et il n'explique jamais le mystérieux retour de Pym dans le monde civilisé. Mais il a été parmi les premiers écrivains qui ont introduit dans la littérature ce qu'on appelle généralement "la fin ouverte", qui laisse le lecteur plutôt réfléchir que de simplement se réjouir par la terreur d'inexplicable.
Pour finir, Lovecraft, pour qui Poe était un grand modèle, n'a jamais compris cette leçon. Dans son roman "At the Mountains of Madness", qui est un hommage ouvert à Pym, il essaie de décrire (d'une façon complètement inadéquate) la terreur qui rend Danforth fou; et tout ses histoires sont finies en bonne et due forme. J'aime beaucoup Lovecraft, et certes, ses histoires montent toujours crescendo jusqu'à l'effet final, souvent gardé pour la dernière phrase. Mais tout ça c'est Poe, moins sa leçon magistrale !
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Fifrildi
  14 septembre 2018
J'avais envie de lire « Le Sphinx des glaces » de Jules Verne, mais LokiPg m'a appris qu'il s'agissait de la suite des « Aventures d'Arthur Gordon Pym » d'Edgar Allan Poe. Et donc... les deux font la paire ^_^
Dans l'ensemble c'était pas mal comme histoire, j'ai seulement trouvé Pym un peu trop bavard. Je pense que c'est la première fois qu'un roman raconté à la première personne me laisse cette impression.
Pym quitte Nantucket pour vivre la grande aventure de la mer et il va être servi : mutinerie, tempête, faim, anthropophagie, j'en passe et des meilleures. Il y a un passage qui m'a vraiment fait froid dans le dos, c'est
Juste un détail : il n'y a pas de pingouins en Antarctique. Ils vivent dans l'hémisphère nord (et peuvent voler). Les pingouins de Poe sont en fait des manchots (eux ne volent pas). Les manchots et les albatros ont des ancêtres communs (vieux de 60 à 70 MA) et donc il n'est pas surprenant qu'ils aient gardé des habitudes de reproduction similaires. Ah, Poe m'a bien fait rire avec ses « pingouins macaronis » (ce sont en fait des gorfous dorés, comme Cody dans Les rois de la glisse).
Bon évidemment, de nos jours impossible de croire à son histoire mais je pense que cela devait avoir son petit effet à cette époque.
La fin est un peu abrupte… je suis curieuse de voir ce que Jules Verne va en faire.
Cela étant dit, je vais m'arrêter ici pour l'exploration de l'oeuvre de Poe.

Challenge défis de l'imaginaire (SFFF) (83)
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Renod
  25 septembre 2017
Arthur Pym embarque clandestinement sur un baleinier qui s'apprête à croiser dans les mers du sud. Avec l'aide de son ami Auguste, le fils du capitaine, il se cache dans la cale. Il compte révéler sa présence une fois que le navire aura gagné la haute mer et qu'il sera trop tard pour faire demi-tour. Dans sa cachette, Arthur Pym plonge dans un profond sommeil. Son réveil sonne le début de nombreuses mésaventures : mutinerie, naufrage, famine, captivité... C'est le début d'une longue traversée de l'horreur.
Je me suis lancé dans ce roman avec un enthousiasme qui s'est vite dissipé. Le récit de ces péripéties est encombré de digressions inopportunes : leçon de navigation, règles de l'arrimage d'un navire, exposé sur la nidification des albatros... Le style chargé donne un faux rythme qui ankylose la narration. le lecteur se surprend à sauter des paragraphes pour venir à bout d'un chapitre... Ce livre ne doit peut-être pas être considéré comme un simple récit d'aventures ; les événements narrés seraient autant d'allégories à déchiffrer. Une lecture riche en interprétation à défaut d'évasion conseillée aux amateurs d'hermétisme.
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philippemarlin
  12 mai 2019
° 1838 (juillet), Poe publie en un volume Les Aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket, un véritable texte culte auquel Jules Verne donnera une suite avec le Sphinx des Glaces et qui inspirera le chef d'oeuvre de Lovecraft, Les Montagnes de la Folie.
Cette oeuvre, qui n'aura aucun succès du vivant de Poe, est présentée comme le récit réel des aventures du jeune Gordon Pym -son journal étant parvenu à l'écrivain-, dévoré dès son plus jeune âge par l'attrait de la mer. En compagnie de son camarade, Auguste Barnard, fils d'un baleinier, il fera une première fugue nocturne sur une frêle embarcation, expédition hasardeuse qui faillira mal tourner. Puis ce sera une équipée comme passager clandestin sur le Grampus du père Barnard, équipée qui virera à la catastrophe suite à une attaque de pirates. Les aventuriers seront récupérés après un naufrage par la Janne Guy et participeront à l'exploration par les marins, près des Kerguelen, de l'îlot de Tsalal où ils prendront contact avec une population indigène pour tenter de faire commerce. Les locaux poussent d'étranges cris -tekeli-li-, mais sont apparemment amicaux. Cette attitude n'est cependant qu'une ruse et ils tendront un piège à l'équipage. Réfugié avec un autre rescapé, Peters, Gordon Pym errera dans un dédale de rochers dont il fera le plan, relevant dans la foulée de mystérieuses inscriptions. Les deux compères finiront par trouver un canot pour d'enfuir et disparaîtront dans une brume vaporeuse dans laquelle se dessine une silhouette voilée gigantesque dont la peau est blanche comme la neige.
La fin, abrupte, laisse évidemment le champ libre à de multiples interprétations.
Le récit est bien mené, solidement documenté sur le plan géographique et maritime, mais pêche par quelques contradictions et invraisemblances. Pourquoi par exemple le fidèle chien de Gordon, Tigre, qui l'avait suivi sur le Grampus, disparaît-il soudainement de l'histoire sans que sa mort ne soit signalée ? Il n'en reste pas moins que l'ambiance de terreur est savamment rendue, basée sur l'alternance assez classique de phases de calme et de catastrophes, la suivante étant toujours plus atroce que la précédente. La faim de surcroît étoffera en arrière-plan les scènes d‘épouvante avec comme point d'orgue une séance de cannibalisme difficilement supportable.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   25 septembre 2017
Ce ne fut qu’après la tombée de la nuit que nous eûmes le courage de nous lever et de jeter le cadavre par-dessus bord. Il était alors hideux au delà de toute expression, et dans un tel état de décomposition, que Peters ayant essayé de le soulever, une jambe entière lui resta dans la main. Quand cette masse putréfiée glissa dans la mer par-dessus le mur du navire, nous découvrîmes, à la clarté phosphorique dont elle était pour ainsi dire enveloppée, sept ou huit requins, dont les affreuses dents rendirent, pendant qu’ils se partageaient leur proie par lambeaux, un craquement sinistre qui aurait pu être entendu à la distance d’un mille. À ce bruit funèbre, nous fûmes pénétrés d’horreur jusqu’au plus profond de notre être.
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Myriam3Myriam3   10 octobre 2016
Lorsque enfin je me contemplai dans un fragment de miroir qui était pendu dans le poste, à la lueur obscure d'une espèce de fanal de combat, ma physionomie et le ressouvenir de l'épouvantable réalité que je représentais me pénétrèrent d'un vague effroi, si bien que je fus pris d'un violent tremblement, et que je pus à peine rassembler l'énergie nécessaire pour continuer mon rôle.
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hablasthablast   03 janvier 2019
Je tombai, malgré toute ma résistance, dans un profond sommeil ou plutôt dans une espèce de torpeur. Mes rêves étaient de la nature la plus terrible. Tous les genres de calamité et d’horreur s’abattirent sur moi. Entre autres misères, je me sentais étouffé jusqu’à la mort, sous d’énormes oreillers, par des démons de l’aspect le plus sinistre et le plus féroce. D’immenses serpents me tenaient dans leurs étreintes et me regardaient ardemment au visage avec des yeux affreusement brillants. Et puis des déserts sans limite et du caractère le plus désespéré, le plus chargé d’effroi, se projetaient devant moi. De gigantesques troncs d’arbres grisâtres, sans feuilles, se dressaient, comme une procession sans fin, aussi loin que mon œil pouvait atteindre. Leurs racines étaient noyées dans d’immenses marécages dont les eaux s’étalaient au loin, affreusement noires, sinistres et terribles dans leur immobilité. Et les étranges arbres semblaient doués d’une vitalité humaine, et, agitant çà et là leurs bras de squelettes, demandaient grâce aux eaux silencieuses et criaient miséricorde avec l’accent vibrant, perçant, du désespoir et de l’agonie la plus aiguë. 
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PessoaPessoa   17 juin 2011
Pendant les six ou sept jours qui suivirent nous restâmes dans notre cachette sur la colline, ne sortant que de temps à autre, et toujours avec les plus grandes précautions, pour chercher de l’eau et des noisettes. Nous avions établi sur la plate-forme une espèce d’appentis ou de cabane, et nous l’avions meublée d’un lit de feuilles sèches et de trois grosses pierres plates, lesquelles nous servaient également de cheminée et de table. Nous allumâmes du feu sans peine en frottant l’un contre l’autre deux morceaux de bois, l’un tendre, l’autre dur. L’oiseau que nous avions pris si à propos nous procura une nourriture excellente, bien qu’un peu coriace. Ce n’était pas un oiseau océanique, mais une espèce de butor, avec un plumage d’un noir de jais parsemé de gris et des ailes fort petites relativement à sa grosseur. Nous en vîmes plus tard trois autres de même espèce dans les environs du ravin, qui avaient l’air de chercher celui que nous avions capturé ; mais, comme ils ne s’abattirent pas une seule fois, nous ne pûmes nous en emparer.
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PiertyMPiertyM   18 septembre 2014
On peut, sans exagération, affirmer que la moitié des cas où des navires ont coulé bas par de gros temps peut-être attribuée à un dérangement dans la cargaison ou dans le lest.

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Vidéo de Edgar Allan Poe
Je vous propose le témoignage d'un jeune venu dans le monde de la littérature : Pierre Celka, qui arrive avec son 1er roman fantastique, un hommage à Edgar Alan Poe, "Talion". C'est chez RroyzZ éditions.
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