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ISBN : 2264054077
Éditeur : 10-18 (15/03/2012)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Une journée hivernale en Provence. Adrian Herzog et Martijn van Vliet font connaissance dans un café. Ils constatent qu’ils sont tous deux originaire de Bern. Au cours du trajet de retour en Suisse, une intime complicité se crée entre les deux hommes. Van Vliet raconte à Herzog l’histoire tragique de sa fille qui l’a amené dans le Sud de la France.

Tout a commencé avec la mort de sa femme. Tétanisée par le deuil, l’enfant s’est coupée du monde, jusqu’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
  18 octobre 2012
Train de nuit pour Lisbonne avait été un coup de coeur l'année dernière. Léa n'en est pas très loin. « Pas très loin » car la thématique est dure et qu'il est difficile de ne pas se sentir mal à l'aise au cours de ces 200 pages de montée en puissance de la folie.
Tout débute par hasard : une rencontre entre deux hommes dans la belle région provençale française. Constatant qu'ils sont originaires de la même région, une complicité se crée entre eux. L'un commence à raconter son histoire et explique pourquoi il est ici; l'autre écoute, tout en établissant un parallèle avec sa propre histoire familiale. L'histoire de Martijn est celle de sa fille Léa, et de sa passion pour le violon. A 8 ans, alors qu'elle vient de perdre sa mère, Léa entend une femme jouer merveilleusement bien de cet instrument, dans la rue. A partir de là, apprendre à jouer va devenir une obsession : « Là, dans l'imperturbabilité de ce regard, s'annonçait déjà la fermeté inouïe, et finalement destructrice, de cette volonté qui devait se manifester de plus en plus clairement les années suivantes. »
L'intérêt du récit de Martijn et ce qui lui donne sa gravité, c'est qu'il raconte leur vie rétrospectivement, en sachant où cette passion a mené Léa, dont il révèle l'avenir à petites touches. Au départ le père est heureux que sa fille ait trouvé une manière de revivre, retrouvant ainsi la joie de vivre qui l'avait quitté à la mort de sa mère. Mais petit à petit, une certitude se met à poindre en lui : « Je savais que cela ne pouvait pas bien tourner, je l'ai toujours su. le fanatisme. La froideur. Les propos étranges. »
Léa devient une virtuose du violon, donne des concerts. Et puis la faille. Une erreur. Une faille dans la confiance en soi. le changement de professeur. L'amour. Et la brisure finale. Tout cela est annoncé dans le début du roman, mais j'ai senti mon coeur se serrer au fur et à mesure de ma lecture, ne serait-ce que parce que le point du père est atroce : il voit partir en lambeaux l'esprit de sa fille, et ne peut rien faire. Un récit par un scientifique pour qui les mots sont malaisés à utiliser et qui pourtant le fait merveilleusement bien grâce au talent de Pascal Mercier et à son style exigeant pour décrire ce naufrage d'amour filial.
Et puis Léa surtout, qui est le centre du récit sans être totalement présente, à cause de la distance qui s'est creusée entre son père et elle. Léa qui, complètement perdue, essayait absurdement d'échapper au temps et à tout ce qu'il fait des hommes, de s'échapper et de continuer à vivre là où cela faisait le moins mal. » Une Léa qui n'a jamais trouvé sa place dans le monde et qui pense que la musique pourra le faire … Mais ce monde la rattrape. Ce personnage m'a exaspéré au départ, en partie parce qu'on ne sent pas sa passion pour le violon. Cependant, en y repensant, je trouve que c'est réellement le père qui est le héros de l'histoire, alors qu'il a projeté toute sa vie sur sa fille et qu'il est pourtant constamment seul.
Comme le dit Pascal Mercier dans sa note finale, cela peut malheureusement arriver à tout le monde :
« Ce livre traite d'une expérience difficile à avouer : même les êtres qui nous sont très proches peuvent nous devenir étrangers. Un événement inattendu, un changement imperceptible de la situation, une remarque surprenante : d'un seul coup, une personne avec laquelle nous partagions une grande intimité nous apparaît étrangère. Ou encore, quand nous nous surprenons en train de penser, de sentir, de faire des choses qui ne s'accordent pas avec l'image que nous avons de nous-mêmes. [...] aucune relation humaine, aucune représentation des autres ni de nous-mêmes n'est jamais sûre, stable ou à l'abri de ce sentiment d'aliénation. »
La perte de l'homme, le point de basculement où l'esprit humain ne supporte plus la pression.
« La confiance en soi : pourquoi est-elle si capricieuse ? pourquoi reste t-elle aveugle en face des faits ? Une vie entière, nous nous sommes efforcés de la construire, de la protéger, de la consolider, sachant que c'est le plus précieux des biens, indispensable au bonheur. Ensuite, brusquement et dans un silence sournois, une trappe s'ouvre et nous tombons dans un abîme sans fond : tout ce qui était n'est plus qu'un mirage. »
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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FRANGA
  21 août 2012
Léa, ou l'histoire du basculement d'une enfant vers la folie, racontée par son père à un homme dont il fait la connaissance lors d'un voyage à Saint-Rémy-de-Provence.
J'ai trouvé l'écriture parfois compliquée, m'obligeant à de nombreux retours en arrière, mais toujours empreinte de sensibilité et j'ai ressenti toute la peine du père dans le récit qu'il fait de l'évolution de sa fille par rapport à ce que représente pour elle la musique, qu'il pensait tout d'abord comme étant le remède à son mal-être après le décès de sa mère.
J ‘ai beaucoup aimé aussi l'échange qui a lieu entre le père et cet inconnu, qui est là pour l'écouter, simplement, sans juger, avec beaucoup d'humanité… une relation que tout un chacun aimerait entretenir avec quelqu'un lorsqu'il éprouve un chagrin incommensurable.
Je ne peux résister à la tentation de vous livrer une partie de la postface de l'écrivain, que j'apprécie tout particulièrement :
« Ce livre traite d'une expérience difficile à avouer : même les êtres qui nous sont les plus proches peuvent nous devenir étrangers. Un événement inattendu, un changement imperceptible de la situation, une remarque surprenante : d'un seul coup, une personne avec laquelle nous partagions une grande intimité nous apparaît étrangère, nous avons le sentiment de la perdre. Il se peut que nous fassions la même expérience avec nous-mêmes ; nous aussi, nous pouvons nous trouver soudain étrangers à nous-mêmes.
Cela peut arriver au moment où nous nous apercevons que nous ne vivons pas notre propre vie, mais celle que d'autres attendent de nous. Ou encore, quand nous nous surprenons en train de penser, de sentir, de faire des choses qui ne s'accordent pas avec l'image que nous avons de nous-mêmes. Qu'il s'agisse des autres ou de nous-mêmes, c'est une expérience bouleversante, suivie d'un sentiment de fragilité : aucune relation humaine, aucune représentation des autres ni de nous-mêmes n'est jamais sûre, stable ou à l'abri de ce sentiment d'aliénation.
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nadejda
  08 décembre 2010
Martijn van Vliet et Adrian Herzog se rencontre dans un café en Provence «par un matin clair et venteux». Deux bernois égarés qui vont faire le voyage du retour ensemble. La rencontre d'un étranger, le voyage, permettent cet échange car on sait ne plus revoir ensuite la personne à laquelle on se confie. Voyage au cours duquel van Vliet va raconter et tenter d'éclaircir le cheminement qui a entraîné et fait basculer sa fille dans la folie. van Vliet va faire le récit douloureux de son amour exclusif pour sa fille, de la passion subite, et exclusive aussi, de celle-ci pour le violon qui va la conduire progressivement à la folie. Il va revisiter le passé à la lumière du présent pour tenter d'y déceler des indices annonciateurs de la catastrophe finale. Et Adrian qui l'écoute fait le rapprochement avec sa propre situation qui a bien des points communs avec celle de Martijn.
Ce récit est prenant, étouffant et éprouvant. Ce père désemparé, qui se sacrifie pour sa fille et voudrait aussi la garder près de lui est touchant et exaspérant parfois. de même Léa apparaît par moment très attirante et à d'autres odieuse. Et c'est justement cela qui nous retient. le lecteur lui-même ne sait plus où il en est, à l'image du père et de sa fille. L'auteur nous inclut dans son récit.
Pour moi ce livre est aussi beau bien que plus dépouillé, d'un style plus sobre, que le premier roman de Pascal Mercier «Un train pour Lisbonne»
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Kathleene
  02 mars 2011
Comment peut-on perdre quelqu'un alors que cette même personne vit à côté de vous ? Bien qu'étrange, cette situation n'en n'est pas moins dramatique. La folie reste un mystère pour les proches de la personne qui en est atteinte. Cette barrière qui s'érige au fil des jours devient tellement infranchissable, que le père et la fille n'arrivent plus à communiquer. Alors que seule la musique semble rapprocher Léa et son père, la musique accélère leur « séparation ».
Pascal Mercier a traité de manière poignante le naufrage de cet amour filial, cause ou source de l'arrivée sournoise de cette folie qui va les conduire tous les deux à leur perte sur le tempo d'une partition inachevée.
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Petitebijou
  29 juin 2011
En Provence, un homme rencontre un scientifique suisse, qui, au cours d'un périple qui les ramène à Berne, lui raconte la passion destructrice pour le violon vécue par sa fille Léa. Pour tenter de la sortir de sa tristesse après la mort de sa mère, le scientifique avait acheté l'instrument à Lea qui avait eu une révélation après avoir entendu jouer une violoniste dans le métro. A partir de là, nous assistons à la descente aux enfers du couple père-fille, avec en contrepoint quelques bribes de la biographie du narrateur.
Je m'attendais à une histoire de passion, vibrante, enlevée, et je n'ai ressenti que de la lourdeur tout au long de ce roman qui m'a paru parfois interminable. Ce qui aurait pu être une bonne histoire ne suffit pas. Il faut un style à la hauteur. Or, au fil des pages, les phrases lourdes, ampoulées, nous assomment, font traîner en longueur l'histoire. Et, pour finir, l'auteur termine son roman par une postface où il nous explique sa démarche, dans une justification tout aussi rébarbative.
Le parti-pris de faire raconter l'histoire par un tiers n'est en soi pas gênant. Mais tout ici est froid, sans âme, morbide. A aucun moment, nous ne ressentons la passion de Léa pour le violon, si ce n'est dans ses côtés destructeurs. C'est par là qu'à mon avis pêche le roman. Parce que dire passion signifie aussi amour, plaisir, sensualité, sentiments qu'a dû ressentir Léa, mais à aucun moment l'auteur nous donne l'accès à ce côté positif qui est sensé lui avoir redonné le goût de vivre ! Alors, nous priver du point de vue de Léa - elle doit dire dix phrases dans tout le livre, c'est amputer de sa face solaire la narration, et par conséquent la richesse psychologique qui aurait pu émerger. L'auteur nous explique que c'est une volonté de sa part, mais pour moi elle appauvrit ce qui aurait pu être un bon livre. Une déception !
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
PalmyrePalmyre   12 mai 2012
Nous projetons les ombres de nos sentiments
sur les autres et eux les leurs sur nous
parfois nous manquons d'en être étouffés
mais sans elles il n'y aurait pas de lumière
dans notre vie.

épitaphe en ancien arménien.
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KathleeneKathleene   01 mars 2011
Plus tard, alors que je ne pouvais pas dormir, un détail difficile à saisir me préoccupa : elle s’était inclinée comme si ces applaudissements lui revenaient de droit. Comme si le monde devait tout simplement l’acclamer. Cela m’avait gêné, ou plutôt : troublé, plus que je voulais bien me l’avouer. Ce n’était pas – comme je le pensai tout d’abord – parce qu’il s’agissait là d’un signe de vanité ou de présomption. Non, c’était le contraire : dans son maintien, dans ses mouvements et son regard s’exprimait un message dont elle ne savait rien encore, et dont en un certain sens, elle ne saurait jamais rien jusqu’à la fin : que l’on ne devait en aucun ca la laisser seule avec ce qu’elle savait faire, ce qu’elle conquérait par son travail, par une passion sans bornes ; que les autres ne devaient en aucun cas accueillir son jeu avec indifférence ; que ce serait une véritable catastrophe, si les auditeurs lui retiraient amour et admiration. Après coup, je le sais : ce que je voyais là sur la scène et sentais comme une sourde menace, c’tait un signe annonciateur ; celui de tous les drames qui se dérouleraient encore en elle, après son premier pas en public ce soir là.
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MissbouquinMissbouquin   18 octobre 2012
« Ce livre traite d’une expérience difficile à avouer : même les êtres qui nous sont très proches peuvent nous devenir étrangers. Un événement inattendu, un changement imperceptible de la situation, une remarque surprenante : d’un seul coup, une personne avec laquelle nous partagions une grande intimité nous apparaît étrangère. Ou encore, quand nous nous surprenons en train de penser, de sentir, de faire des choses qui ne s’accordent pas avec l’image que nous avons de nous-mêmes. [...] aucune relation humaine, aucune représentation des autres ni de nous-mêmes n’est jamais sûre, stable ou à l’abri de ce sentiment d’aliénation. »
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nadejdanadejda   08 décembre 2010
Et ensuite, d'un seul coup, je compris que c'est toujours cruel, quand les regards des autres se posent sur nous, même quand ce sont des regards bienveillants. Ils font de nous des acteurs. Nous n'avons plus le droit d'être nous-même, il nous faut être là pour les autres, qui nous détournent de nous même. Et le pire, c'est que nous devons feindre d'être quelqu'un de tout à fait défini. C'est ce que les autres attendent.
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nadejdanadejda   08 décembre 2010
La confiance en soi : pourquoi est-elle si capricieuse ? Pourquoi reste-t-elle aveugle en face des faits ? Une vie entière, nous nous sommes efforcés de la construire, de la protéger, de la consolider, sachant que c'est le plus précieux des biens, indispensable au bonheur. Ensuite, brusquement et dans un silence sournois, une trappe s'ouvre et nous tombons dans un abîme sans fond : tout ce qui était n'est plus qu'un mirage.
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