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ISBN : 2702449468
Éditeur : Le Masque (15/01/2020)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Sandrine ne s'aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Timide, mal à l'aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues. Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu'il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, reconnaissant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 janvier 2020
Sandrine est une femme esseulée, profondément complexée et marquée par un corps qu'elle n'assume pas. Elle se sent moche, grosse et laide. Elle en veut à la terre entière d'enfanter des êtres plus heureux qu'elle. Laide ou méchante, il faut choisir. La solitude, l'isolement est le seul refuge pour des gens comme elle que personne ne voit, ne veut.
Lorsque Sandrine rencontre Mr. Langlois, elle tombe sous le charme de l'homme qui pleure. Qui pleure d'avoir perdu sa femme, volatilisée du jour au lendemain laissant un mari et un fils seuls sur le tapis.
Sandrine devient la deuxième femme.
Celle qui arrive après la première. L'histoire peut alors commencer. Jusqu'au jour où la première femme revient.
Difficile de dévoiler les tenants et aboutissants de ce thriller glaçant sans spolier l'histoire.
Tout se passe dans la tête de l'héroïne. Nous sommes littéralement plongés en vase clos dans sa tête. Toutes ses pensées sont disséquées au scalpel avec psychologie. Ses complexes, ses doutes, ses peurs quand la première femme revient et l'emprise de son homme sur elle.
Le roman est long mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. L'atmosphère est parfaitement bien rendue d'une femme en prise avec un tourbillon de pensées.
Les rebondissements tiennent surtout sur l'origine de la disparition de la première femme qui progressivement viennent rejoindre la vie de Sandrine de manière insidieuse, voire démoniaque.
Ce roman est très bien écrit et raconte l'escalade d'une femme qui voulait juste être aimée, aimer en retour, s'offrir une vie comme les autres, serré-collé au cinéma, tenir la main de son homme en rue, s'endormir et se réveiller auprès de celui qu'elle aime. Une obsession liée à une piètre confiance qui la conduira dans un labyrinthe marécageux où rôdent des monstres sans vergogne.
Même si j'ai trouvé ce roman quelque peu étouffant et anxiogène, j'en ai apprécié toute l'histoire qui maintient le suspens, véhicule un fait d'actualité sordide et trop répandu, dans une écriture claire, souvent imagée et immersive. Une bien belle surprise.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  23 janvier 2020
La deuxième femme.
Celle qui vient après.
Elle s'appelle Sandrine. Elle est cette deuxième femme.

Pourtant, pour elle, cet homme qui pleure à la télévision son épouse disparue, sera le premier. le premier à véritablement la regarder.
Jusqu'au jour où celle qui fut la première, qui aurait dû rester l'unique femme, réapparaît.
Ce roman m'a interpellé par la force de son personnage principal qui prend vie entre les pages. Une psychologie étudiée, une vérité des sentiments et une force presque hypnotique.

Tour à tour, Sandrine touche, agace le lecteur. On voudrait la bousculer, la secouer très fort. Puis, on aimerait lui prendre la main et l'aider à fuir.
J'ai aimé la façon dont Louise Mey ne fait pas d'elle une « héroïne » mais belle et bien une femme pétrie de doutes, pleine de rancoeurs envers elle-même et ce corps qu'elle n'accepte pas.

On ne peut en dire trop pour ne pas gâcher la découverte. Juste évoquer le sujet de la violence faite aux femmes, traité de façon percutante dans un style qui pourra en dérouter certains.
Nous sommes dans la tête de Sandrine. C'est viscéral et déchirant, souvent déroutant mais réellement maîtrisé.
Ce roman est dur, très dur. Si la tension monte lentement et que le début peut sembler un peu long, on se retrouve rapidement dans les mailles du filet d'une tension psychologique extrême, insoutenable.
Louise Mey crée une sensation, un étau, qui, page après page, semble se resserrer, étouffer le lecteur. On sort de cette lecture comme sonné, un peu hagard.
Une lecture choc qui m'a tenu éveillé longtemps après l'avoir terminé …

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Kazcook
  23 janvier 2020
Dès les premières pages la thématique poignante, liée à la condition féminine, nous transperce les entrailles par des mots durs, une plume acérée dotée d'une volonté irrémédiable de nous secouer. C'est un véritable électrochoc !
On découvre, à l'aide d'une narration omnisciente à la troisième personne, Sandrine, cette deuxième femme... Femme tourmentée, esseulée, complexée pour ne pas dire paumée qui met tous ses espoirs dans l'Amour, avec un grand A... Celui qu'elle s'imagine et aussi celui qu'elle va provoquer, certes, mais avant tout subir, malgré elle... On y découvre une femme qui va nous exaspérer mais qui va aussi nous toucher, provoquant forcément en nous une certaine empathie à travers ses douleurs, ses pensées les plus intimes, autodestructrices parfois, et sa façon de percevoir ce clivage homme-femme encore trop archaïque et pesant voire carrément dévastateur... La femme, son corps, sa perception, d'elle-même, par elle-même et à travers les autres, aussi, et surtout. Ce récit est bourré de souffrance, d'absence d'estime de soi... On y sent toute la torture psychologique, d'une force incroyable avec fulgurance... L'emprise, les violences conjugales et ce harcèlement moral, décortiqués avec soin nous percutent de plein fouet. Angoisses, manipulation, engrenage, comment se sortir de tout ça ? Comment seulement le vouloir quand on s'est oubliée soi-même derrière une figure masculine machiavélique et tyrannique ?
Mais... mais... je me suis malheureusement souvent ennuyée. Pourquoi ? Parce que malgré mon empathie j'ai quand même eu du mal à m'attacher à Sandrine, parce que cette histoire je l'ai vécue avec distance, et elle ne m'a pas transportée réellement même si l'idée de fond est là et qu'elle est somme toute très bien exploitée. Il m'a manqué plus d'action, contre moins d'introspection. Il m'a manqué plus d'espoir, contre moins de fatalité... Et ce qui m'a vraiment déroutée c'est ce style brut, tortueux... où tout se mélange sans limites précises... J'aurais aimé moins de libertés typographiques, au minimum. J'ai été parfois au bord de l'indigestion avec toutes ces pensées et ces dialogues mêlés au récit sans aucune indication classique (et pour ma part très utile) de type guillemets ou tirets cadratins.
Je vous en livre donc un avis mitigé certes mais pas mauvais, attention. Avis personnel au demeurant et je vous invite à découvrir ce roman poignant, profond et... incontestablement unique. J'avais adoré Louise Mey dans Les Ravagées et je n'hésiterai pas une seule seconde à me plonger de nouveau dans ses mots, qui représentent toujours une analyse très fine et pertinente de notre société à travers ses yeux de féministe assumée.
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fandepolars
  24 janvier 2020
après avoir lu embruns de Louise Mey et n'ayant pas du tout aimé, j'ai longtemps hésité avant d'en reprendre un. Comme quoi il faut persévérer car ce livre m'a bluffée.! Je savais que l'auteure dénonçait la violence faite aux femmes dans ses livres, et j'ai donc regardé la 4eme de couverture, qui a su attirer toute mon attention.
je reconnais que je m'attendais pas à cela du tout, j'etais sceptique! Les 50 premières pages ont failli me donner raison Une fois celles-ci dépassées, le livre nous tient en haleine et nous broie les tripes. Nous rentrons dans la tête d'une victime de violences conjugales, aucune de ses pensées ne nous échappent ses doutes, ses peurs, ses humiliations à répétition...
Le bémol, parce qu'il faut bien un, c'est le caractère stéréotypé de ses victimes et c'est dommage!
Il faut garder en tête, toujours, qu'elle peut être aussi quelqu'un de fort. Ce type de prédateur décèle vos failles et s'y engouffre, ne lâche rien. sa jouissance est la destruction de l'autre, l'autre n'existe que pour cela, il n'y a pas d'amour. Vous entrez dans son jeu, vous êtes cuit! Une fois que vous êtes sorti de la sublimation et que vous le voyez tel qu'il est, c'est à dire rien, vous devez fuir car la mort guette parfois... C'est là tout le thème du livre, le processus de destruction, c'est fort, c'est noir , intense .
Un livre qui donne la parole aux femmes et qui raconte l'emprise de l'intérieur, percutant!
en deux mots lisez le!!!
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cathulu
  15 janvier 2020
"Grosse, grosse moche, tête de conne, tête de conne", Sandrine se le répète à l'envi, ayant parfaitement intégré ce qu'elle a entendu depuis l'enfance. Aussi quand elle tombe amoureuse de celui qu'elle appelle l'homme qui pleure et que ces sentiments s'avèrent réciproques, la jeune femme croit avoir trouvé sa place au sein d'une maison, avec un fils déjà tout fait, celui d'une femme qui a disparu, probablement morte.
Pourtant, cette femme réapparaît. Amnésique, il lui faut retrouver son passé, sa famille. Que va devenir Sandrine la trop gentille , la trop peu sûre d'elle?
Tout le talent de Louise Mey est d'opérer à partir de ce moment un virage qui va entraîner son héroïne dans une spirale de violence dont elle ne peut s'extraire, car elle est sous emprise de celui qu'elle doit se résoudre à appeler M. Langlois.
Avec talent, l'autrice se glisse dans la peau de Sandrine, tout en ménageant un suspense parfois insoutenable. Alors oui, elle est exaspérante Sandrine pour ceux qui sont extérieurs à ce qu'elle subit mais Louise Mey prend soin d'elle en plaçant sur son chemin des femmes bienveillantes qui , peut être, pourront l'aider à s'extraire du processus.
Un roman nécessaire qui parle aussi avec précision du corps des femmes et de la manière dont certains hommes le traitent quand il ne correspond pas aux critères fixés par la société.
Et zou sur l'étagère des indispensables.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Elle_5Elle_5   24 janvier 2020
Elle connaissait deux regards, deux regards d’homme seulement, celui qui détaille et qui rejette ; et celui qui détaille et qui a faim. L’indifférence et la menace, seulement, dans toute sa vie. 
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Elle_5Elle_5   20 janvier 2020
Elle n’a même plus besoin de consulter les conseils des experts en morphologie qui disent qu’en forme de huit il faut souligner la taille, qu’en forme de larme il faut accentuer le décolleté. Son corps à elle n’est jamais dans les magazines, il est en forme de débâcle et elle a appris lentement et douloureusement à sélectionner ce qui gommera au mieux ses défauts. 
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rkhettaouirkhettaoui   20 janvier 2020
C’est tellement étrange de se regarder dans la glace et de ne pas vouloir hurler, de ne pas vouloir tout effacer, charcuter, dissoudre. De ne pas marmonner grosse vache, grosse, grosse moche, tête de conne, tête de conne. Elle cherche ce mépris aux mots coupants qui infuse dans ses veines depuis qu’elle se souvient de s’être regardée, ne le trouve pas. Comme neuve, elle observe ses épaules, tombantes, étroites ; ses petits seins en poire, nés fuyants et aplatis ; son ventre qui n’a jamais été plat ; ses cuisses trop grasses qui la font souffrir dès les premiers beaux jours, leur peau à vif au moindre pas d’été, lui interdisant les jupes, sous peine de terminer les journées avec les chairs meurtries, la démarche grotesque. Elle est de celles qui portent des jeans par temps de canicule, de celles qui frémissent quand l’époque des étoffes légères revient. Si elle le pouvait, elle vivrait dans un perpétuel hiver, cachée sous ses pelures de honte et d’embarras. Dissimulée dans les vêtements, parce que c’est ce qu’on fait aux grosses vaches comme elle, grosse, grosse moche, tête de conne, tête de conne. On les cache.
Elle est la même. Mais quelque chose.
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rkhettaouirkhettaoui   20 janvier 2020
Il plante ses doigts dans la hanche nue de Sandrine, se frotte brièvement contre sa culotte, puis repousse l’étoffe sans ménagement et la pénètre. Elle est très sèche et voudrait avoir le temps de prendre le lubrifiant qu’elle garde dans la table de nuit, pour quand elle n’arrive pas à mouiller, mais c’est rapide et après quelques poussées râpeuses, il a un grognement presque animal et la lâche. Elle peut enfin se retourner, lui toucher le bras, l’épaule, demander à petits gestes silencieux qu’il la rassure à son tour, qu’il l’étreigne. Ils n’ont pas toujours envie des mêmes choses au même moment, ce n’est pas grave, mais il lui tourne le dos et Sandrine reste là, dans la nuit tiède, le sperme s’écoulant de son sexe, tiède et poisseux. Elle se lève dans le noir et va jusqu’à la salle de bains. Elle commence par s’asseoir sur les toilettes pour laisser filer les dernières traces de la saillie. Son genou est à vif, le sang a coulé le long de sa jambe. Elle prend une douche tiède ; son sexe la brûle un peu. Puis elle se sèche et fouille dans le tiroir à la recherche de sa crème cicatrisante.
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rkhettaouirkhettaoui   20 janvier 2020
Sur l’écran, un visage de femme. Elle est brune, son visage est dessiné avec rigueur. Elle fume, adossée à un pilier de pierre dans une cour arborée, le lieu semble imposant, ancien. Elle a le cou haut, long, l’ombre accroche à ses clavicules, à ses épaules sèches. Elle a des seins ronds ; quand elle lève la main pour porter la cigarette à ses lèvres, on voit son avant-bras, les muscles galbés.
La femme sur l’écran est tout ce que Sandrine n’est pas, mais qu’elle connaît déjà. La femme sur l’écran est en photo sur le buffet, dans un cadre jaune.
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