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ISBN : 2851948830
Éditeur : Fata Morgana (14/11/2013)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Après un sommeil de plus de soixante ans, voici, comme neuf, l’hymne jubilant qu’Henry Miller a consacré en 1951 à Blaise Cendrars, pour lui exprimer son affectueuse admiration. C’était également une façon de le remercier d’avoir été le premier à saluer Tropique du Cancer, en janvier 1935, dans la revue Orbes. Cet hommage à Cendrars («l’homme que j’ai estimé le plus»), exubérant comme un écrit d’adolescent, et d’une orgueilleuse humilité, Henry Miller l’avait annonc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
fanfanouche24
  20 décembre 2013
Une découverte épatante en fouinant hier dans une de mes librairies parisiennes préférées, La librairie Tschann : la réédition par les éditions Fata Morgana d'un texte peu connu d'Henry Miller en hommage à l'un des ses écrivains préférés et profondément admirés: Blaise Cendrars.
J'ai dévoré ce texte incroyable en une nuit...prise par le tourbillon des mots de Miller. L'auteur sulfureux... que Blaise Cendrars viendra visiter pour le féliciter de son "Tropique du cancer"... est bien plus que cela pour Miller. Admiratif , épaté par le parcours aventureux de l'homme, de l'écrivain, sans omettre les talents de découvreur de Cendrars, au fil de sa vie, de ses fonctions de directeur des éditions de la Sirène , de ses talents de traducteur…Miller éprouve une dette de reconnaissance à tout jamais pour cet écrivain qui rejoint tout ce qui lui tient à coeur dans l'existence : « tu n'as nullement besoin de mon aide, ni de l'aide de quiconque, d'ailleurs. C'est toi, en vivant comme tu fais, qui automatiquement nous aides ; nous tous, partout où des hommes vivent leur vie. Une fois encore, je te tire mon chapeau (…) A la fin de chacune de tes lettres, tu me tends ta « main amie ». Je saisis cette main gauche, chaude et vigoureuse et je la serre avec joie, avec gratitude et à mes lèvres montent les mots d'une reconnaissance qui n'aura pas de fin « (p. 76-77)
Henry Miller à l'extrême mérite de faire découvrir « son » Cendrars, en dehors des chemins battus et des oeuvres trop connues… il met l'accent sur deux textes qui lui paraissent primordiaux : « l'Homme foudroyé » et « Une nuit dans la forêt »…Il se sent remué, toujours bouleversé par la force de l'Homme , de son vécu extraordinaire, que Cendrars transfigure par « ses mots »…son style unique.
J'ai rarement lu un hommage littéraire pareil, hors du commun, bouleversant, nourri d'amitié et d'admiration sans bornes d'un homme de lettres à un autre écrivain ,qui représente la quintessence de son « modèle d'homme et d'artiste»… Comme si la figure de Cendrars avait accompagné comme un ange tutélaire l'existence de Henri Miller….. Les mots qui vont suivre montrent l'authenticité de cet hommage, largement lié « aux tripes »…et au parcours tumultueux de Cendrars
« Aucun écrivain ne m'a jamais fait plus insigne honneur que mon cher Blaise Cendrars quand, peu après la publication du –tropique du Cancer-, il frappa un jour à ma porte et me tendit la main de l'amitié (…) il m'arriva, en lisant Cendrars- et la chose ne me ressemble guère- de poser son livre pour me tordre les mains de joie ou de désespoir, d'angoisse ou de fureur. (…) Cendrars m'a mis knock-out. Et pas une seule fois, mais des quantités de fois. Je ne suis pourtant pas de ceux qui tendent les fesses aux coups de botte ! Oui, mon cher Cendrars, tu as fait mieux que briser mes élans ; tu as stoppé pour moi le balancier du temps. Il m'a fallu des joies, des semaines, parfois des mois pour me remettre d'aplomb au sortir de mes bagarres avec toi » (p.40-41)
« Oui, Cendrars est un explorateur, un infatigable « découvreur » des moeurs et des actions humaines. Si il y réussit, c'est parce qu'il se plante résolument en plein centre de la vie, et prend sa part, et joue son rôle parmi ses congénères. Quel merveilleux et consciencieux analyste ! Et pourtant avec quel mépris il repousserait l'idée d'être appelé un « étudiant ès vie » (…)
..mais ce qui , en fin de compte, l'intéresse vraiment, c'est l'alchimie des relations humaines. A cette inlassable enquête sur les transmutations, il doit le talent de révéler les hommes à eux-mêmes et au monde, d'exalter leurs vertus et de les réconcilier avec leurs erreurs et leurs faiblesses, d'enrichir le respect que nous éprouvons pour tout ce qui appartient essentiellement à l'homme, d'accroître enfin notre amour et notre compréhension du monde. Cendrars est le type parfait du « reporter » parce que s'allient en lui les facultés du poète, du voyant et du prophète. Innovateur, initiateur, toujours prêt à rendre témoignage, il nous a appris à découvrir parmi nos contemporains les vrais pionniers, les vrais aventuriers, les vrais inventeurs. Je ne connais pas d'écrivain qui, plus que lui, ait su nous rendre cher « le bel aujourd'hui » (p.37-38)
C'est étrange et troublant… de constater combien certaines lectures arrivent à nous à un moment donné…et pas à un autre. Cendrars est un « Monument » de la Littérature… que je n'ai jamais osé aborder jusqu'à aujourd'hui: Pourquoi ? Comment ? Mystère… Je suis convaincue que notre vécu, notre sensibilité nous dictent inconsciemment le moment propice …pour vraiment « entendre » et « lire » avec toute la disponibilité requise tel ou tel texte, tel ou tel auteur… Pour ma part , il aura fallu un grand nombre d'années et ce texte insensé (dans le « sens » « passionné à l'excès ») de Miller, pour avoir le véritable élan vers les écrits de Cendrars
N.B/ ma note de lecture est déjà « abominablement bavarde »..J'ai omis de parler de la préface excellente de Frédéric Jacques Temple « Vivre d'abord »….
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   21 décembre 2013
Parfois, je songe à lui comme à une quintessence d'écrivain; mais nous sommes encore loin du compte. Ce que je veux dire, c'est qu'un écrivain a beaucoup à apprendre de lui. A l'école, je me souviens que nos maîtres nous pressaient de choisir un modèle: Macaulay, Coleridge, Ruskin, Edmund Burke ou même Maupassant. Pourquoi passaient-ils sous silence Shakespeare, Dante et Milton: je me le suis toujours demandé. Ils étaient loin sans doute d'imaginer qu'aucun des petits galopins que nous étions alors pût jamais devenir écrivain. Ces maîtres étaient eux-mêmes des ratés, d'où leur vocation de pédagogues. Cendrars a su prouver, en toute clarté, que le seul maître, le seul modèle, c'est la vie elle-même. Aux écrivains il montre qu'il faut obéir à son flair, suivre les impulsions de la vie, n'adorer d'autre dieu qu'elle. (...)
Tout achèvement est d'ailleurs contraire à la vie, et Cendrars ne fait qu'un avec elle (p.52-53)
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fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2013
Tu es aussi impénétrable qu'un bouddha. Tu inspires, tu révèles, mais tu ne t'abandonnes jamais. Ce n'est pas que tu te dérobes ! Non. A celui qui t'approche, en chair et en os ou à travers tes livres, tu laisses l'impression d'avoir donné tout ce qu'il y a à donner. Tu es, en effet, l'un des hommes, si rares, dont la personne ou les écrits nous laissent au cœur un exceptionnel enchantement. Tu donnes tout ce qui peut être donné. ce n'est pas ta faute si ton essence échappe à l'analyse: c'est la loi de ta nature (...)

Mais tu as tellement aiguisé notre sensibilité, tant élevé notre conscience, rendu si profond notre amour pour les hommes et les femmes, pour les livres, pour la nature, pour ces mille et une choses de la vie, dont, seule, pourrait cerner l'ensemble une de tes phrases immenses, que tu as éveillé en nous le désir de te retourner comme un gant, pour te connaître enfin. Quand je lis tes livres ou quand je converse avec toi, je suis toujours conscient de ton étonnante richesse de perception, de ton omni-présence: tu n'es pas simplement assis dans le fauteuil d'une chambre, d'une ville, d'un pays, entrain de nous conter les rêves ou les idées qui te traversent l'esprit; c'est ta chaise qui se met à parler, la chambre qui se met à vibrer du tumulte de la ville où résonne mystérieusement la multitude d'une nation dont l'histoire est devenue -ton- histoire, la vie-ta-vie, indissolublement mêlées...(p.42-43)
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fanfanouche24fanfanouche24   20 décembre 2013
Parce que Cendrars aime la vie et la vérité profonde de la vie, il parvient, mieux qu'aucun autre écrivain contemporain, à serrer la source commune du langage et des actions des hommes. (p.36)
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fanfanouche24fanfanouche24   21 décembre 2013
Une seule explication, à mon avis: Cendrars est un obsédé. Il faut, pour écrire, être obsédé, possédé. Par quoi Cendrars l'est-il donc ? Par -La vie-. C'est un homme amoureux de la vie et c'est tout. (p.56)
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Videos de Henry Miller (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry Miller
Denis Lavant, pour son seul-en-scène, "Le Sourire au pied de l?échelle", d?après un texte de Henry Miller, au Théâtre de l??uvre. le récit de la crise existentielle d'un clown qui visait la lune, et qui ne voulait plus faire rire les gens, mais leur apporter de la joie. Ecoutez l'entretien avec Denis Lavant : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/denis-lavant-fait-le-clown
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