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EAN : 9782266306560
640 pages
Pocket (02/04/2020)
  Existe en édition audio
3.71/5   1684 notes
Résumé :
Pourquoi Moïra, une jeune Française, se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ?
Pourquoi, dès le premier soir, est-elle abordée par la police ?
Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming , cache-t-il tant de secrets ?
Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ?
Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre – assassinats, accidents, suicides ?
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Critiques, Analyses et Avis (248) Voir plus Ajouter une critique
3,71

sur 1684 notes
Un roman assez perturbant. Il est vrai qu'internet et les réseaux sociaux sont un système pour espionner les utilisateurs. Qui n'a jamais reçu une pub après avoir fait une recherche particulière sur le net.

Intrigue bien menée, ou je n'ai pas vu arriver l'évidence.
Néanmoins parfois l'auteur choisi des solutions de facilité et des raccourcis, ce qui est dommage car cela nuit à la qualité du roman.

Il n'en demeure pas moins qu'ici, Minier nous livre un dossier très bien construit sur les IA. D'autant qu'à l'heure actuelle un pays comme le Japon y travaille ardemment (exosquelette entre autre) afin d'aider sa population vieillissante. L'auteur tout en montrant les dérives d'un tel projet , nous montre également les avantages… comme toujours chaque nouvelle innovation est très intéressante jusqu'à ce qu'un fou l'exploite pour la destruction.


J'ai également beaucoup apprécié la localisation de l'intrigue à Hong Kong. C'est assez osé , néanmoins je dois reconnaître que l'auteur ne m'a absolument pas donné envie de visiter cette région du monde.

Un bon roman, sans Martin Servaz
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Livre lu dans le cadre de Masse Critique. Je suis ravie d'avoir été sélectionnée pour recevoir le dernier opus de Bernard Minier. Un grand merci à Babelio et à XO Éditions.

Commençons par le début : la couverture, réussie. Très contemporaine avec cet arrière-plan urbain de vertigineux gratte-ciel sur lequel flotte une mystérieuse silhouette noire, a priori féminine, à la coupe carrée sévère (façon casque de Vador). le nom de l'auteur et un titre sybillin dans une typographie qui renvoie immédiatement à un univers high-tech, le M atrophié légèrement gauffré.
Le tout dans un camaïeu de bleus froids. Je ne sais s'il s'agit de la couleur préférée de Bernard Minier mais le bleu est le leitmotiv de toutes les illustrations de ses romans. Alliée ici avec le décor, elle donne d'emblée une sensation de monde froid et déshumanisé. Voilà mon ressenti avant d'ouvrir le livre.

Venons-en au roman. Les trois citations d'Eric Schmidt et d'Elon Musk sont rien moins que rassurantes. Et l'avertissement de l'auteur en rajoute une couche. Pas de doute, pour la "happy technology", on repassera... En deux petites pages, voilà de quoi apporter un fleuve au moulin des réfractaires à l'égard de l'IA, de l'hyper connectivité, du tout numérique, etc. Ou des assistants vocaux (Siri, Alexa ou, comme ici, DEUS... on appréciera la symbolique du nom...).

L'ahurissante vélocité des innovations technologiques actuelles a de quoi inspirer toutes sortes de scénarios anxiogènes quant au devenir de la société et de l'humanité. Bernard Minier avait déjà utilisé les ressources intrusives du numérique en matière de renseignement sur autrui dans Une putain d'histoire. D'autres auteurs ne se privent pas non plus pour pondre des intrigues où intelligence artificielle et objets connectés se révèlent nocifs et dangereux.
En l'occurrence, face à des révolutions numériques en route ou annoncées, face aux potentiels dangers d'utilisation du Big Data, face à l'inconnu que représentent la virtualité, réalité augmentée et autre, ces scénarios angoissants fonctionnent. Et sous la plume de Bernard Minier, je ne vous raconte pas!

Avec M, le bord de l'abîme, l'auteur reprend ces éléments anxiogènes, les exacerbent un chouïa. En parallèle, des meurtres atroces émaillent l'improbable cité de Hong-Kong, là-dessus une bonne pincée de paranoïa, une héroïne dont le passé se serait volontiers passé d'un tel passif, ... Pas mal comme ingrédients, non?
La ville chinoise la plus cosmopolite elle-même devient personnage avec ses buildings ultramodernes côtoyant des quartiers aux immeubles pourris et insalubres, avec ses triades, ses dangers et la moiteur étouffante d'un été subtropical (37° le matin et 90% d'humidité...). Ambiance glauque façon aquarium négligé depuis très longtemps. Lieu idéal pour une plongée en abîme tant humain que technologique car les principes éthiques et de liberté diffèrent de ceux d'Occident. Un aspect largement pris en compte dans le roman et qui l'étoffe d'autant, la Chine étant un acteur incontournable sur le plan mondial et mû par un appétit croissant.

Si Bernard Minier avait l'intention de priver de sommeil des lecteurs avec son nouveau livre, et bien c'est réussi. La lecture en est à la fois addictive, (trop) immersive et éprouvante tant le climat d'angoisse qu'il instaure imprègne chaque page. La tension est palpable dès le départ et ne relâche pas son emprise. Mieux vaut avoir les nerfs bien accrochés. le moral aussi, tant qu'à faire.
Comme dans ses précédents romans, on retrouve une observation des évolutions des mentalités, de la société. Plutôt peu réjouissantes et pessimistes d'ailleurs. Et qui, pour plusieurs exemples qu'il fournit ici, se vérifient hélas (harcèlement via les réseaux sociaux, haine et fanatisme désinhibés par l'anonymat d'un pseudo sur Internet, une dépendance croissante envers le numérique, etc).

Qu'il s'agisse de la psyché tordue de psychopathes ou du devenir technologique, le romancier joue avec nos peurs de ce qu'on ne comprend pas, de l'inconnu. Il le fait avec un savoir-faire redoutable d'efficacité. le comble, c'est qu'on en redemande!

M, le bord de l'abîme est assurément une réussite, palpitant, dérangeant et bien documenté. Un livre qu'on ne lâche pas; pire, qui ne nous lâche plus. le ton général est volontairement noir, et les possibilités décrites en matière numérique et d'IA ne laissent pas que d'inquiéter et donner à réfléchir. Cette lecture m'a renvoyée à d'autres qui touchent à ces sujets, romans et essais (notamment le dernier de Pascal  Picq). Je n'en ressors pas violemment anti-progrès mais pas non plus rassurée quant au devenir de l'humanité, prise dans son sens normatif comme celui d'espèce.
J'en ressors aussi comme après une longue apnée tant l'intrigue est dense.

Véritable plus à ce roman : la copieuse bibliographie (4 pages) qui reprend les dernières publications sur le Big Data, l'intelligence artificielle d'une part, Hong-Kong, la Chine et les enjeux politiques d'autre part.
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La dédicace de Bernard Minier annonçait : "ce roman d'une brûlante actualité qui brille par son intelligence (artificielle)". D'actualité, il l'est lorsqu'il évoque les hommes se nourrissant des fake news et de la haine que produisent des réseaux sociaux, les Big Data qui analysent nos données personnelles pour nous connaître mieux que ce que nous présentons de nous-mêmes et Facebook proposant des articles qui correspondent à ce que les utilisateurs pensaient déjà.

Je lis généralement le soir, mais pour ce Minier la veillée n'a pas suffi, d'autant plus qu'il pèse avec ses 540 pages lorsqu'on le lit au lit ! Je m'étais armé de ma feuille de notes pour suivre la complexité du roman mais, précaution inutile, la structure est plutôt simple.

L'histoire est très documentée et c'est un thriller qui a une bibliographie. L'écriture est soignée, le vocabulaire pointu (nerd, chatbot, booléen...). Hong Kong est décrite avec précision et donne envie de fuir cette ville.

Le récit réussi nous tient en haleine. Les crimes sont hors norme mais ils sont crédibilisés par l'angoisse que produit la balade dans la ville, par l'infiltration du milieu de Hong Kong et par les errances dans l'intelligence artificielle, dont la description est peut-être en dessous de la réalité.
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Minier sort un nouveau polar sans son personnage fétiche, Martin Servaz. L'occasion d'explorer un nouvel univers. Alors, réussite ou échec ?

Moïra, une jeune Française, est engagée par une multinationale chinoise des hautes technologies : Ming. Elle doit participer à la création d'un chatbot, un programme d'intelligence artificielle visant à apporter toutes les réponses à ses utilisateurs – voire à devancer leurs désirs. Un logiciel qui nécessite évidemment une immense base de données. Une création qui est sans doute l'avenir des géants du web : celui qui réussira à créer le meilleur programme imposera la norme du futur.
Un projet exaltant, mais entouré de secrets et de protections dans un centre de recherches un peu angoissant. D'ailleurs l'ambiance est tendue à Hong-Kong, où sévit un tueur en série, qui violente les femmes avec un rare sadisme. Des femmes qui ont toutes en commun d'avoir été... d'anciennes employées de Ming...

Minier aborde un sujet technique et sensible : les progrès de l'intelligence artificielle et ses conséquences. Sur ce plan, son livre regorge d'informations, qui suscitent autant de questions.
L'intrigue policière, elle, prend son temps pour s'installer. L'ambiance se fait glauque. Mais pas vraiment de tension haletante. du gore, mais sans trop d'angoisse. D'autant que le lecteur attentif ne sera guère surpris des pages finales.
Cette tentative d'aller chercher ailleurs un sujet tout à fait différent de ce que Minier avait fait jusqu'alors n'est donc pas trop convaincante.
Ceux que l'intelligence artificielle et ses conséquences intéresse pourront lire le thriller de Robert Harris l'Index de la peur, un peu ancien aujourd'hui, mais développant la même thématique.
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Si Big Brother de George Orwell se contentait de surveiller la population, portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée, l'intelligence artificielle, de nos jours, insidieusement risque de prendre le contrôle de nos vies.
Les millions de données personnelles que nous avons fourni au fil des années, gratuitement et sans aucune mesure de protection, grâce au caractère prédictif qui les caractérisent, vont bientôt permettre aux intéressés de nous connaître presque mieux qui nous-mêmes.

Qui ne s'est jamais étonné d'une suggestion d'article « inconsciemment » désiré qui apparaît comme par miracle sur le « feed » de nos nombreux réseaux sociaux ??
Qui n'a jamais craqué pour cet objet qui à force d'apparaître plusieurs fois dans la journée finit par créer le besoin ?

Dans M, le bord de l'abîme, Bernard Minier, amputé de Servaz, joue finement la carte de la légère anticipation qui lui permet de pousser les curseurs sur l'urgence en équilibrant subtilement les codes du thriller et le rôle « d'alerteur social ».

Au fil des pages on se laisse emballer, on se révolte parfois, mais le sentiment qui prévaut est une inquiétude sourde et grandissante qui naît de la constatation, sans équivoque, de vivre dans une drôle d'époque, où nous avons permis aux machines d'influencer fortement nos décisions.

Rencontres et sentiments sous algorithmes, automatisation du travail, assistants virtuels dotés de capacité d'analyse…
Au secours, nous ne savons plus rien faire tout seuls !!
Alexa allume la lumière, il fait trop sombre ici et lance mon dîner pour 20h30 !

Grâce à une construction rigoureuse et un style de plus en plus affirmé calqué sur un énorme travail de recherche, Bernard Minier tire fort la sonnette d'alarme et ouvre les portes vers des profondes réflexions sur le risque de perte de contrôle et les limites de la cyber sécurité.
Etonnement il ne prend pas le parti de vanter les domaines où l'IA représente des véritables atouts comme dans le domaine de la santé, des transports et de l'agroalimentaire.

Si le suspense est volontairement moins présent et les personnages moins développés que d'habitude, c'est certainement afin de multiplier les bribes d'informations qui vont finalement germer et nous pousser à certaines méditations.

L'auteur français se montre en peintre féroce d'une époque sinistre et dangereuse où l'homme perd pied un peu plus chaque jour, pour s'égarer dans un idéal de transparence qui le dépossède de lui-même.

L'intelligence artificielle, utilisée par les mauvaises personnes peut effectivement nous pousser au bord de l'abîme, serons-nous aussi forts pour résister ??

A laisser infuser !!!
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critiques presse (1)
Liberation
09 juillet 2019
Une héroïne, un bon flic, une pléthore de suspects, un sujet dans l’actualité (l’intelligence artificielle)… L’algorithme du succès peut se mettre à tourner.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
ces datas centers, d'immenses hangars bourrés de serveurs, dont certains couvraient une surface de plusieurs hectares et consommaient l'électricité d'une ville de 40 000 habitants, parfois d'avantage : l'un des data centers de Google consommait à lui seul l'équivalent de la ville de Newcastle. Il en existait déjà plus de 7500 à travers le monde.
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« Bon Dieu, vous ne voyez donc pas ce qu’est en train de devenir le monde ? Le monde que nous fabriquons ? Mais ouvre les yeux ! Tu ne vois donc pas ce qu’ils nous préparent avec leurs fermes de calcul, leurs algorithmes et leurs applications ? Un monde où tout un chacun est sous le regard des autres tout le temps, jugé pour le moindre de ses faits et gestes par une armée de petits censeurs, de petits procureurs et de petits dictateurs planqués derrière leurs ordinateurs ! Un monde où si tu émets la moindre opinion divergente tu te fais insulter et tu reçois des menaces de mort. Un monde où les gens se haïssent pour un mot prononcé, pour le quart d’une idée, où il faut tout le temps aux foules des boucs émissaires à brûler et à détester. Où des gosses en poussent d’autres au suicide sur les réseaux sociaux pendant que leurs parents appellent au meurtre, à la haine et à la destruction sur ces mêmes réseaux. C’est ça, le monde dans lequel tu veux vivre ? celui que tu veux pour tes enfants ? Parce que c’est ça le monde que nous sommes en train de leur construire… »
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- Bon Dieu, vous ne voyez donc pas ce qu'est en train de devenir le monde ? Le monde que nous fabriquons ? Mais ouvre les yeux ! Tu ne vois donc pas ce qu'ils nous préparent avec leurs fermes de calcul, leurs algorithmes et leurs applications ? Un monde où tout un chacun est sous le regard des autres tout le temps, jugé pour le moindre de ses faits et gestes par une armée de petits censeurs, de petits procureurs et de petits dictateurs planqués derrière leurs ordinateurs ! Un monde où, si tu émets la moindre opinion divergente, tu te fais insulter et tu reçois des menaces de mort. Un monde où les gens se haïssent pour un mot prononcé, pour le quart d'une idée, où il faut tout le temps aux foules des boucs émissaires à brûler et à détester. Où des gosses en poussent d'autres au suicide sur les réseaux sociaux pendant que leurs parents appellent au meurtre, à la haine et à la destruction sur ces même réseaux. C'est ça, le monde dans lequel tu veux vivre ? celui que tu veux pour tes enfants ? Parce que c'est ça, le monde que nous sommes en train de leur construire ...
- Lester ...
- Internet est un monstre, Moïra. Cette merde nous corrompt tous. Il va tout détruire ! Il échappe à tout contrôle ! Et pendant ce temps, des boîtes comme Ming enregistrent toutes les données de l'humanité, les vendent au plus offrant et veulent tout contrôler en passant par-dessus les gouvernements ! C'est de la folie !
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DEUS aura tout noté, jour après jour, et que, contrairement à toi, il n'oubliera rien.
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Bon Dieu, vous ne voyez donc pas ce qu'est en train de devenir le monde ? Le monde que nous fabriquons ? Mais ouvre les yeux ! Tu ne vois donc pas ce qu'ils nous préparent avec leurs fermes de calcul, leurs algorithmes et leurs applications ? Un monde où tout un chacun est sous le regard des autres tout le temps, jugé pour le moindre de ses faits et gestes par une armée de petits censeurs, de petits procureurs et de petits dictateurs planqués derrière leurs ordinateurs ! Un monde où si tu émets la moindre opinion divergente tu te fais insulter et tu reçois des menaces de mort. Un monde où les gens se haïssent pour un mot prononcé, pour le quart d'une idée, où il faut tout le temps aux foules des boucs émissaires à brûler et à détester. Où des gosses en poussent d'autres au suicide sur les réseaux sociaux pendant que leurs parents appellent au meurtre, à la haine et à la destruction sur ces mêmes réseaux.
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