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EAN : 9782266283786
608 pages
Pocket (08/02/2018)
  Existe en édition audio
3.76/5   1405 notes
Résumé :
Nuit de tempête en mer du Nord. Secoué par des vents violents, l'hélicoptère dépose Kirsten Nigaard sur une plate-forme pétrolière. L'inspectrice norvégienne enquête sur le meurtre d'une technicienne de la base offshore. Un homme manque à l'appel. En fouillant sa cabine, Kirsten découvre une série de photos. Quelques jours plus tard, elle est dans le bureau de Martin Servaz.
L'absent s'appelle Julian Hirtmann, le tueur retors et insaisissable que le policier ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (248) Voir plus Ajouter une critique
3,76

sur 1405 notes

KiriHara
  06 mai 2017
Bernard Minier est un des jeunes (dans la profession) auteurs que je suis depuis ses débuts, avec Olivier Norek.
Après un excellent premier roman (glacé), un bon second roman (Le Cercle) dans lequel l'auteur abusait un peu des tics narratifs et structurels du « roman à suspens pour les Nuls », un troisième roman (N'éteins pas la lumière) qui prouvait que l'écrivain s'était volontairement empêtré dans les règles tacites de ses pairs, Bernard Minier nous était revenu en abandonnant son personnage fétiche, Martin Servaz, pour dynamiter son style, sa narration, et offrir aux lecteurs Une Putain d'Histoire.
Entre Temps, « glacé » a été adapté en série sur M6. Est-ce la raison pour laquelle Bernard Minier ressort Martin Servaz et son Nemesis Julien Hirtmann pour son nouveau roman ? Possible que l'éditeur et l'auteur ont vu dans cette adaptation une publicité non négligeable.
Toujours est-il que Martin Servaz, policier toulousain, revient dans « Nuit » et qu'il y repart à la poursuite du psychopathe Julian Hirtmann qu'il avait déjà affronté dans « glacé » et qu'il avait laissé échapper. Entre temps, ce dernier a kidnappé et, probablement tué, la femme que Martin aime, c'est dire le lourd passif qui lie les deux hommes.
Bernard Minier nous offre donc le grand retour de Martin Servaz que nombre de lecteurs attendaient. Malheureusement, avec le policier redébarquent les tics d'écritures et ceux-ci prennent de plus en plus de place.
Car, c'est évidemment ce que l'on appelle un « Page Turner » (roman à suspens qui pousse le lecteur à tourner page après page avec frénésie jusqu'à arriver au bout du livre) que devait livrer l'auteur pour satisfaire son éditeur et ses lecteurs. Et pour ce faire, Minier sort l'artillerie lourde.
Pour faire plus glacé que « glacé », il fait débuter son roman en Norvège, dans le froid de la mer du Nord. Pour rendre Servaz plus fragile, l'auteur le plonge dans le coma suite à une balle reçue. Pour s'assurer que le policier va s'engager à fond dans l'enquête, il laisse planer l'ombre de Julian Hirtmann, son terrible ennemi, l'assassin de la femme qu'il aimait. Pour encore plus déboussoler le flic, Minier met au monde un gamin, Gustav, comme Gustav Malher, le compositeur autrichien dont Martin et Julian sont fans. Gustav est né quelques mois après la disparition de l'amoureuse de Martin... est-ce le fils de Julian ? Est-ce le fils de Servaz ? Est-ce juste un appât pour l'attirer dans un piège ?
Mais Bernard Minier ne se contente pas d'user de ses personnages et des situations, il use et abuse à nouveau de tics de narrations et d'écritures.
Si, pendant le premier tiers du roman, l'auteur parvient à cacher cette faiblesse derrière une histoire qui se met rapidement en place et qui attise la curiosité du lecteur, il ne peut, malheureusement, plus l'occulter à partir du moment où le malaise de la plume se transmet au récit.
Car, à partir du moment où Martin Servaz sort du coma et qu'il fait équipe avec la policière norvégienne pour partir à la chasse à Julian Hirtmann, l'auteur enfile les clichés comme les perles sur un chapelet, priant le Dieu des écrivains de lui offrir un succès de librairie à défaut d'un bon roman original.
Le lecteur ne pourra donc éviter d'assister à l'attirance entre Servaz et la Norvégienne ni au fait que Hirtmann jouera encore au chat et à la souris, qu'il cherchera à piéger le flic, que celui-ci foncera tête baissée d'une façon aussi stupide qu'incroyable...
On a alors l'impression de se retrouver devant sa télé face à une série B qui, à défaut d'être mauvaise, est loin d'être originale. On n'en est pas à ce qu'un chat sorte de l'ombre pour faire peur au héros, mais on n'en est pas loin (voir la scène du chalet).
À partir de là, plus aucune des réactions du héros n'est rationnelle. Encore, si ces agissements étaient ceux d'un type lambda, inhabitué à côtoyer le crime et la tension due aux dangers, on aurait pu l'accepter, mais de la part d'un flic ayant de la bouteille, NON !
Car, tout le monde, Martin Servaz en premier, l'auteur, indéniablement, le lecteur, assurément, se rend compte que Hirtmann attire le policier dans un piège et, pourtant, le flic plonge la tête baissée, l'auteur, la plume en avant et le lecteur se retrouve le seul être doué d'un minimum de réflexion pour se dire « Non ! Là, il ne faut pas y aller ».
Mais, quand on croit que Minier en fait trop, celui-ci s'évertue à nous contredire en en faisant encore plus (voir la scène de l'hôpital) et cette sensation nous tient jusqu'au bout avec le « Twist » final inhérent à tout bon « Page Turner », soit la révélation finale que tout auteur voulant produire un livre à suspens avec les « bonnes » vieilles recettes se doit de proposer à son lecteur. Cette révélation, ce chamboulement, ce retournement, annoncée dès l'une des premières scènes du livre est tout aussi malvenue que mal menée que maladroite qu'inintéressante puisque l'on ne peut s'empêcher de se dire : « Tout ça pour ça ». D'autant que cette révélation entre en contradiction avec la scène de la plate-forme pétrolière.
« Tout ça pour ça » serait d'ailleurs un bon titre pour ce roman tout comme « Une putain d'histoire » en était un excellent pour le précédent. Effectivement, on ne peut s'empêcher de se dire que, franchement, Julian Hirtmann s'est donné énormément de mal pour un résultat qu'il était si facile d'obtenir par des moyens bien moins détournés.
Mais, comme il est assez difficile de parler des faiblesses de l'histoire sans en révéler un peu trop à ceux qui n'ont pas lu le roman, mais aimerait le faire prochainement, je vais plutôt m'intéresser à la plume de l'auteur, pour finir.
Car, si la narration et l'histoire en elle-même font un peu « préfabriquées » du fait que l'auteur use des mêmes ficelles qu'une bonne partie de ses camarades, sa plume n'échappe pas à l'épidémie ambiante.
Là encore, la volonté de Bernard Minier de nous proposer un style original et de dynamiser sa plume le pousse à supprimer maladroitement les verbes de ses phrases, et ce dès le tout début (« Elle regarde sa montre. Bientôt Minuit. Train de Nuit »). Ces trois premières phrases démontrent ce choix d'élision qui aurait pu tenir la route s'il avait été utilisé avec parcimonie, mais son abus finit par se remarquer comme un bubon sur la pointe du menton de la personne avec qui l'on parle. On a beau se concentrer pour éviter de le fixer, on ne voit plus que cela. du coup, seul l'aspect factice de ce parti pris demeure dans le cerveau du lecteur. Mais cet aspect est tout aussi valable pour le désir de parsemer une narration au passé de quelques séquences au présent. Pourquoi ce choix ? On ne peut s'empêcher de se poser la question lorsque l'on tombe dessus, du coup, on décroche encore plus d'un récit qui peine à maintenir l'intérêt tant l'ensemble exhale le « faux », le « préfabriqué », le « Manuel du petit roman à suspens pour les Nuls ». Petit ? Là encore, puisque les romans policiers qui ont du succès dépassent les 500 pages, Bernard Minier étale son histoire sur plus de 500 pages, ce qui renforce la sensation de « Tout ça pour ça », car l'histoire aurait pu, aurait dû, tenir sur 300 pages.
Au final, entre la narration qui manque d'originalité, une histoire qui peine à maintenir l'intérêt du fait des réactions incompréhensibles du méchant et du gentil, un style « calculé », une révélation finale qui ne tient pas la route, et les 500 pages obligatoires (voir le dernier Olivier Norek, tous les Jean-Christophe Grangé, les Franck Thilliez et consorts), l'ensemble manque de sincérité, d'originalité, de liberté et respire à tel point la volonté de respecter certains codes et certaines règles commerciales que la déception prend le dessus sur le plaisir de lecture. Dommage, on pensait Bernard Minier avait réussi à sortir de ces ornières dans lesquels il commençait à s'embourber grâce à son excellent roman « Une Putain d'histoire », mais, malheureusement, cela n'aura pas duré très longtemps.
En espérant que l'auteur revienne à de meilleures dispositions pour son prochain livre.
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jasmineandviolet
  14 mars 2017
Ce dernier livre de Bernard Minier je l'attendais depuis une année déjà, depuis que son précédent livre "Une putain d'histoire" est paru et que je l'ai lu avec une pointe de déception.
J'avais hâte de retrouver le commandant Servaz, les rues et lieux de la ville rose qui me sont familiers puisque j'y vis mais surtout ses intrigues complexes, au suspense savamment distillé, ses paysages oppressants qui font qu'on a des sueurs froides.
J'avais donc évidemment pris note de la date exacte de parution de "Nuit", ce nouveau livre au titre aussi court qu'intriguant et c'est donc avec entrain que je me suis ruée le jour J dans ma librairie pour me le procurer.
Et autant vous dire que ce dernier livre m'a franchement déçue et qu'en tant que fervente admiratrice de Bernard Minier, la rédaction de cette critique a été pour le moins difficile.
Dans cet opus, Julian Hirtmann, le tristement célèbre serial killer Suisse est de retour. Servaz retrouve sa trace sur une plate-forme pétrolière située dans les eaux norvégiennes après que l'une des techniciennes y officiant ait été assassinée dans une église.
Alors que la police norvégienne fouille les cabines, une série de photos montrant le même homme est retrouvée dans l'une d'elles. Sauf que voilà, l'occupant de cette cabine manque à l'appel. Cet occupant, c'est Julian Hirtmann et l'individu figurant sur les photos n'est autre que Martin Servaz, commandant à la police judiciaire de Toulouse qui le traque depuis de nombreuses années.
Très affaibli physiquement et psychiquement après une interpellation qui a mal tourné et à l'issue de laquelle il a passé plusieurs jours dans le coma, Martin devra néanmoins reprendre rapidement du service après que l'enquêtrice norvégienne en charge de l'homicide commis dans son pays par le fameux Hirtamann lui ait demandé de lui prêter main forte.
Parmi les photos détenues par Hirtmann dans sa cabine figure aussi celle d'un jeune garçon, un garçon qui se prénommerait Gustav comme le célèbre compositeur aimé communément par Servaz et Hirtmann, Gustav Mahler.
Venons-en donc à la critique à proprement parler. Les cent cinquante premières pages m'ont beaucoup plu avec cette nouvelle traque qui se profilait entre la Norvège et le sud-ouest de la France, cette possible confrontation entre l'inspecteur français et le serial killer Suisse, confrontation attendue par Servaz et par les lecteurs depuis tant d'années.
Mais c'est là que le bât blesse, passé ces cent cinquante pages le soufflet retombe, l'intrigue s'essouffle et je commence à craindre le pire. Ce sentiment d'essoufflement ne m'aura d'ailleurs plus quittée jusqu'à la fin...
A dire vrai, l'intrigue ne nécessitait pas à mon sens d'être dispatchée sur pas moins de 530 pages. J'ai trouvé que la trop grande distillation de l'intrigue donnait au lecteur un sentiment trompeur de complexité.
"glacé", "Le cercle" et "N'éteins pas la lumière" étaient tous trois de bons pavés mais jamais en les lisant je ne me suis dit "Mais quels gros pavés, qu'est-ce qu'ils sont longs et lents", or c'est la réflexion que je me suis faite passé ces cent cinquante premières pages.
J'ai eu l'impression que l'auteur était peut être un peu en manque d'idée et que dans sa volonté de continuer ce jeu du chat et de la souris entre ses personnages phares, Servaz et Hirtamann, il avait un peu réutilisé les mêmes ingrédients, une intrigue qui se veut nouvelle mais qui finalement ne l'est pas tant que ça si on y regarde de plus près.
Au passage j'ai quelque peu regretté aussi que les acolytes de Servaz j'ai nommé Vincent Espérandieu et Samia Cheung aient été laissés de côté dans ce tome. Mais bon là c'est un petit bémol, il est vrai qu'ils n'ont jamais occupé une énorme place mais bon quand même j'ai regretté un peu qu'il n'y ait pas une évolution dans leurs relations respectives.
Je tire cependant toujours mon chapeau à Bernard Minier pour sa capacité à donner vie aux paysages, aux lieux dans lesquels il situe ses intrigues, lesquels font d'ailleurs partie intégrante de ses histoires tels des personnages à part entière sans lesquels la saveur ne serait pas la même.
Seule grande réussite à mon sens dans ce quatrième tome des aventures de notre cher Servaz est la fin, une fin qui m'a scotchée grâce à un rebondissement de dernière minute auquel je ne m'étais absolument pas attendue.
Mais voilà, cette fin réussie ne fait pas tout et me voilà déçue pour la seconde fois par l'un de mes auteurs préférés...
Lien : https://parlesyeuxdesonia.wo..
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Chrichrilecture
  16 mars 2019
De plus en plus déçue
Une histoire qui ne tien carrément pas la route avec des personnages surhommes, beaucoup de descriptions inutiles. Ce n'est plus un thriller ou policier mais un roman de science-fiction ou fantastique.
Plus qu'un tome et Martin peut prendre sa retraite.
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Cormorobin
  05 mars 2017
J'habite à Toulouse, ma fille s'appelle Margot, je suis à peine plus jeune que Bernard Minier et j'apprécie tout particulièrement ses romans policiers. C'est avec grand plaisir que je suis allé à la séance de dédicace toulousaine, pendant laquelle je me suis aperçu qu'environ 80 % de l'auditoire (et des personnes qui se faisaient dédicacer l'ouvrage) étaient des femmes. Oui ? Et alors ? Rien de particulier, du factuel.
Pour rester dans le factuel, ce roman "Nuit" est le retour de Martin Servaz, pas au meilleur de sa forme, même si, pour tout dire, on l'a rarement connu dans la plénitude de ses moyens ! Là, sans raconter l'histoire dans le détail, je n'aime pas ça, il a tout de même de vraies raisons pour ne pas être dans son assiette !
Comme c'est écrit partout, on peut le dire, c'est le retour aussi de Julian Hirtmann, avec une histoire assez compliquée, passionnante, surprenante, qui nous renvoie dans le vrai Comminges et la ville imaginaire de Saint-Martin. Quelle riche idée d'avoir inventée cette ville, et tout ce qui l'entoure ! Avec cela, l'auteur peut s'évader de la réalité géographique et donner libre cours à son esprit créatif. Même si, il faut bien le reconnaître, cet esprit créatif est plutôt noir de chez noir.
Il s'essaie aussi à l'anticipation, avec quelques allusions sur l'actualité, l'élection de Trump, et aussi du nouveau président français, dont il se garde bien de donner le nom, faut dire qu'en ce moment, c'est tout de même assez compliqué. Donc Bernard Minier a su marier imagination et réalisme, c'est très bien !
On retrouve, mais à peine, l'équipe de Martin Servaz, plutôt un peu sur le côté, à leur grand regret d'ailleurs.
Une histoire riche, un vrai roman, et comme l'auteur est prolifique, on sait qu'on aura la suite bientôt.
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RChris
  01 mai 2020
Entre "Le cercle", pour lequel mon commentaire était dithyrambique et "Soeurs", qu'il me reste à lire, il y a cette aventure du commandant Martin Servaz qui n'a pas retenu les suffrages de tous. Pour connaître l'histoire, la quatrième de couverture ou le résumé Babelio vous renseigneront.
Les références aux volumes précédents sont nombreuses ; ils constituent une saga, qu'il vaut mieux lire dans l'ordre. La comparaison avec les autres romans saute aux yeux : ici, pas de prologue, pas de flash back, l'enquête est simple, les indices semés sont moins nombreux, l'action est priorisée par rapport au suspens. J'avais dit du bien de l'utilisation des majuscules et des polices d'écriture dans "Le cercle"; là, les majuscules systématiques à l'entame des chapitres sont inutiles et les italiques "pour faire beau" n'apportent rien ou alors je n'ai pas compris...
On réécoute les Kindertotenlieder de Malher qui annoncent le retour de Julien Hirtmann. le rêve utilisé comme indice ou chausse-trappe est récurrent. La narration de Minier demeure accrocheuse, elle donne de l'amplitude montagneuse et neigeuse à ses paysages, du corps à ses personnages, des références littéraires à son écrit, une intrigue animée et même une amorce pour ses prochains romans.
Comme des "petits Lus" dont on grignote les dents avant de manger le coeur, il me reste le meilleur à déguster, d'après vos avis, avec "Soeurs" et "La vallée" à venir le 20 mai 2020 (?), même si je m'accorde toujours du répit entre deux romans d'un même auteur.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   24 juillet 2017
La structure, l’intrigue, les lieux, l’écriture, les personnages : tout est brillamment mené dans ce thriller terriblement efficace.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Liberation   22 mars 2017
Cet ancien inspecteur des douanes originaire des Pyrénées est devenu sur le tard un auteur de polars à succès
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   11 février 2018
Toulouse était une ville qui sécrétait de la délinquance come une glande libère une hormone. Si l’université était le cerveau, l’hôtel de ville le cœur et les avenues les artères, la police, elle, était le foie, les poumons, les reins… Comme eux, elle assurait l’équilibre de l’organisme par filtration des éléments impurs, élimination éventuelle des substances toxiques, stockage provisoire de certaines impuretés. Les déchets irrécupérables finissaient en taule ou ressortaient dans la rue – autrement dit, dans les intestine de la ville. Bien entendu, comme tout organe, il lui arrivait de dysfonctionner.
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CormorobinCormorobin   02 mars 2017
Il le va les yeux de l'article qui annonçait que Toulouse accueillait 19000 nouveaux habitants chaque année et pourrait dépasser Lyon d'ici à dix ans, possédait 95789 étudiants, 12000 chercheurs, était reliée à 43 villes européennes par son aéroport, à Paris par plus de 30 vols quotidiens, mais - dans la queue le venin - l'article faisait ensuite remarquer que entre 2005 et 2011, les effectifs de la police toulousaine comme ceux de la police nationale dans son ensemble n'avaient cessé de diminuer pour des raisons strictement budgétaires et que cette baisse dramatique n'avait pas été totalement compensée depuis.
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tonpdgtonpdg   03 mars 2017
Où est-ce que je suis ?
Il est étendu sur la table d’opération – et pourtant il marche dans un paysage plein de lumière, un paysage remarquable. Comment est-ce possible ? Un paysage d’une beauté à couper le souffle (« à couper le souffle » : quel humour, mon vieux ! songe-t-il en pensant au masque à oxygène). Il voit des montagnes bleues au loin, un ciel d’une pureté absolue, des collines ET DE LA LUMIÈRE. Beaucoup de lumière. Une lumière brillante, chatoyante, magnifique, tangible. Il sait bien où il est – dans une région contiguë de la mort, peut-être même de l’autre côté – mais il n’éprouve aucune peur.
Tout est beau, lumineux, fantastique. Accueillant.
Il se tient sur une hauteur dominant les collines, les rivières miroitantes qui épousent en serpentant les caprices du terrain. Il voit en bas, à cinq cents mètres environ, un fleuve qui avance lentement dans sa direction, au cœur du paysage, depuis l’horizon. Il suit le chemin qui descend vers lui, et plus il descend, plus le fleuve lui paraît d’un aspect inhabituel. C’est une merveille inimaginable que ce fleuve ! C’est plus beau que tout ce qu’il a connu. Et soudain, à mesure qu’il s’en approche, sa compréhension s’élargit : le fleuve est constitué d’êtres humains marchant côte à côte – ce qu’il voit, c’est le fleuve de l’humanité, passée, présente et future…
Des centaines de milliers, des millions, des milliards d’êtres humains…
Il parcourt les cent derniers mètres et, quand il entre dans cette foule immense, il se sent submergé, entouré par un amour palpable. Plongé au milieu de cet énorme fleuve de gens, il se met à sangloter de joie. Il se rend compte que jamais, pas une minute au cours de toute sa vie, il n’a été aussi heureux. Il ne s’est senti aussi en paix avec lui-même, et avec les autres. Jamais la vie n’a eu parfum si suave, jamais les gens n’ont exprimé tant d’amour à son endroit. Un amour qui l’inonde jusqu’au tréfonds de l’âme.
(La vie ? dit une voix dissonante en lui. Tu ne vois donc pas que cette lumière, cet amour, c’est la mort ?)
Il se demande d’où venait cette dissonance, cet accord discordant tout à coup – aussi puissant que celui qui résonne à la fin de l’adagio de la 10e Symphonie de Mahler.
Il voit quelqu’un à son chevet, entre ses cils, à la limite de son champ de vision. L’espace d’un instant, il ne sait pas comment elle s’appelle, cette belle jeune femme au visage affligé. Elle doit avoir dans les vingt-deux ou vingt-trois ans. Puis le brouillard se dissipe et la lucidité lui revient. Margot. Sa fille. Quand est-ce qu’elle est arrivée ? Elle est censée être au Québec.
Margot pleure. Assise près de son lit, elle a les joues mouillées de larmes. Il peut sentir les pensées de sa fille, sentir à quel point elle est malheureuse – et il a honte, tout à coup.
Il se rend compte qu’il n’est plus au bloc mais dans une chambre d’hôpital.
Réa, songe-t-il. Service de réanimation.
Puis la porte s’ouvre, et un homme en blouse blanche entre, accompagné d’une infirmière. L’espace d’un instant, il est pris de panique lorsque l’homme en blouse blanche au visage grave se tourne vers Margot. Il va lui annoncer que son père est mort.
Non, non, je ne suis pas mort ! Ne l’écoute pas !
— Coma, dit l’homme.
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ladesiderienneladesiderienne   21 mai 2017
Zehetmayer était assis dans l'un de ces cafés viennois qui semblent n'avoir pas bougé depuis que Stefan Zweig en a fait le tableau dans "Le Monde d'hier", peu de temps avant de mette fin à ses jours. Ces cafés qui constituaient, aux yeux du directeur d'orchestre, l'un des rares vestiges de la Vienne de jadis, celle qui aimait le théâtre, la littérature et les beaux-arts, des cafés qui bruissaient autrefois de conversations autrement élevées que celles d'aujourd'hui, estimait-il.
Qu'en restait-il en vérité ? Que restait-il des juifs qui avaient fait la renommée de cette ville ? Des Malher, Schoenberg, Strauss, Hofmannsthal, Schnitzler, Beer-Hofmann, Reinhardt, Altenberg, Zweig - et même Freud, ce renifleur de petites culottes ?
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YdamelcYdamelc   23 février 2017
Décidément, tout le monde jouait à qui pisse le plus loin ici, songea Kirsten. Même les ovaires de ces dames produisaient assez de testostérone pour fabriquer un régiment de Monsieur Univers.
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