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ISBN : 2070139565
Éditeur : Gallimard (07/05/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 23 notes)
Résumé :
«Ces "romans" réunis pour la première fois forment un seul ouvrage et ils sont l'épine dorsale des autres, qui ne figurent pas dans ce volume. Je croyais les avoir écrits de manière discontinue, à coups d'oublis successifs, mais souvent les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes lieux, les mêmes phrases reviennent de l'un à l'autre, comme les motifs d'une tapisserie que l'on aurait tissée dans un demi-sommeil. Les quelques photos et documents reproduits au début d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bilonico
  24 février 2014
Ce recueil des romans de P. Modiano est composé de dix titres :
- Villa triste (1975)
Une plongée dans la ville d'Annecy où le narrateur (toujours proche, toujours loin comme dans de nombreux romans de Modiano) nous décrit son amour (toujours excessif, toujours aléatoire) pour une jeune actrice et leurs escapades dans les fêtes, restaurants et autres lieux de la ville et de son lac. le narrateur torturé par un passé elliptique se construit une identité mouvante convenant parfaitement à cette ville de faux semblants. Une écriture sublime, un splendide inachèvement.
- Livret de famille (1977)
Suite de courts chapitres sans lien apparent, Livret de famille nous permet d'apprécier le style limpide de Modiano au travers de ses thèmes de prédilection : la quête d'identité et la filiation, les ambiances urbaines, le rapport au proche et au lointain. Un essai autobiographique sublimé par le style et la référence juste. le lecteur se sent proche de Modiano / du narrateur, tout en restant au bord du chemin d'une vie en pointillés. Plus qu'un roman, un tableau de vies.
- Rue des Boutiques Obscures (1978)
Un homme cherche son passé et son identité dans le Paris de l'après seconde guerre mondiale. Modiano confirme son style inimitable et s'amuse à mélanger éléments autobiographiques et inventions romanesques. L'identité et le temps (destructeur / rédempteur) sont les thèmes centraux de cette oeuvre. Un récit abouti, moins elliptique que les précédents mais tout aussi brillant d'une nostalgie mélancolique et d'un amour des détails de la vie quotidienne, ceux qui nous restent quant on a tout perdu ?
- Remise de peine (1978)
Eclairage sur un épisode de l'enfance de l'auteur, entre réalité et imaginaire. Des parents absents, confiés à des amies, Patrick et son frère se retrouvent dans une maison qui accueille par intermittences des personnages mystérieux au passé trouble et au présent incertain. Des pages sublimes sur l'identité et la mémoire, la construction de l'enfant, l'imaginaire comme arme contre l'oubli.
- Chien de printemps (1993)
Court texte (60 pages) présentant la rencontre de l'auteur / narrateur avec le protographe Jansen, ami et collaborateur de Robert Capa. Ce texte est notamment précieux par la mise en perspective de la photographie et de la littérature dans l'exploitationet la description du silence. L'aveu du projet littéraire de Modiano ?
- Dora Bruder (1997)
Magnifique texte de Modiano qui nous plonge dans l'horreur ordinaire de la situation des familles juives dans le Paris de l'Occupation. Modiano, toujours obsédé par la perte d'identité et la manière dont les êtres se dissolvent dans le monde sans laisser d'indices consistants, se lance dans une enquête sur le destin d'une jeune fille juive de seize ans ayant fugué de son pensionnat. L'auteur, par sa recherche, souhaite la sauver, du moins de l'oubli et de l'indifférence et nous apporte le plus beau témoignage d'une histoire qui s'incarne pour toucher au plus profond de l'âme.
Accident nocturne (2003)
Texte dense revenant sur des évènements vécus par l'auteur / narrateur dans son adolescence et le début de sa vie d'adulte. Quête d'identité face à une enfance floue et angoissante. Construction de soi et toujours ce Paris entre chiens et loups.
Un pedigree (2005)
La clef des romans précédents ? Modiano nous raconte sa vie (romancée ?) de sa naissance et sa majorité (vingt et un ans) : entre des parents absents, des pensionnats ou des tierces personnes l'hébergeant.
Chez Modiano, la précision topographique vient toujours en miroir du flou des personnages, issus d'une mémoire et d'une identité toujours défaillantes.
Dans le café de la jeunesse perdue (2007)
Par rapport aux précédents romans composant ce recueil, l'auteur change certaines logiques narratives tout en gardant une qualité littéraire incomparable. Plusieurs narrateurs nous livrent leur point de vue respectif sur des évènements vécus autour d'un point fixe, un café parisien. Modiano s'exerce également à dégager des concepts (fait relativement nouveau par rapport aux romans d'impressions précédents) : les zones neutres et la matière sombre. Ces concepts peuvent s'appliquer tout autant à certains quartiers de Paris ou à certains moments de vie. Un roman tragique et sublime.
L'horizon (2010)
Modiano, moins autobiographique (pas si sur...) nous livre une histoire où les personnages se débattent avec leur passé, où l'oubli protecteur est une mince armure. La solution : pour éviter d'être submergé par les souvenirs destructeurs, il faut regarder l'horizon. Formule magique un peu vaine par laquelle l'auteur fait une pirouette avec la recherche presque analytique des souvenirs. Eternel retour...les dernières pages le suggèrent.
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christinebeausson
  16 janvier 2015
Un très gros pavé, impressionnant, avec un enchaînement de titres qui toutefois permettent de souffler entre chaque découverte ou relecture.
On commence très fort avec "Villa triste", retraçant des événements de 1962-1963
Terreur en Algérie, en France, Affaire de la station de métro Charonne mais il est vrai qu'est ce que tout cela à côté de la remise de la coupe hooligan de l'élégance !
On continue avec "livret de famille", "rue des boutiques obscures", "remise de peine", "chien de printemps", titres nombrilistes, qui définissent bien l'intérêt majeur de l'auteur pour lui même et son drôle de passé qu'il n'a pas pu digérer (j'avoue qu'à sa place, je n'aurais certainement pas été plus à l'aise !)
Et puis la très bonne surprise, "Dora Bruder", enfin un témoignage, un livre qui devait être écrit pour que revive un passé douloureux et des existences volées par la cruauté, la barbarie et l'imbécilité d'un pouvoir inqualifiable !
Les titres suivants, "accident nocturne", "un pedigree", "dans le café de la jeunesse perdue" et "l'horizon" ne sont là, que pour nous replonger avec nostalgie dans le Paris de notre jeunesse passée. J'avoue avoir été émue, troublée par ses souvenirs partagés, la nostalgie peut être !
La conclusion de toute cette lecture sera peut être qu'il faut avancer, toujours avancer.
chercher, toujours chercher à réécrire l'histoire pour ne pas être le seul ou la seule a en connaître l'issue !
Mais Modiano, nous fait passer par des agacements parfois insupportables, il est vrai que retracer l'écoute de l'émission "musique dans la nuit" sur Genève-Variétés est un événement qui a vraiment marqué le siècle !
Et que la rencontre avec l'homme responsable de quelques milliers de déportation de 40 à 44, celui qui dirigeait les "équipes " de la rue Greffulhe auxquelles son père échappa par miracle, le troubla pendant quelques temps mais "la mémoire elle même est rongée par un acide et il ne reste plus de tous les cris de souffrance et de tous les visages horrifiés du passé que des appels de plus en plus sourds, et des contours vagues." Je ne crois pas qu'il faille se contenter de cette constatation et de ce raisonnement!
C'est beaucoup plus compliqué que ça !
Certes, on doit avoir le souci de l'histoire, le besoin de re raconter L Histoire pour ne jamais oublier !
MAIS on ne doit jamais occulter l'actualité, oublier que l'histoire est toujours en train de s'écrire...
Oui il faut connaître et reconnaître le passé, deviner si on ne peut le retrouver, refaire la généalogie des choses, des événements, fouiller, ....
Et en même temps, toujours observer le quotidien pour faire ressurgir une idée du passé, l'importance de ce qui c'est déroulé, même inventé si besoin, et réinventé encore et toujours.
Car ces romans sont un slogan que Modiano nous propose de porter avec lui :
"... Je refusais que les gens et les choses disparaissent sans laisser de trace." (Chien de printemps), à nous de savoir si on partage son avis ?
Moi je ne peux pas me contenter de cela, surtout avec l'illustration de l'actualité brûlante du 7 janvier 2015, ce qui se passe aujourd'hui est aussi important et il ne faut pas oublier de se mobiliser tous ces jours où l'histoire s'écrit en même temps !
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raynald66
  19 octobre 2014
Recueil de romans de Modiano : Villa triste, livret de famille, rue des boutiques obscures, remise de peine, chien de printemps, Dora Bruder, Accident nocturne, un pedigree, dans le café de la jeunesse perdue et l'Horizon.
Livres qui se laissent lire mais sans coup de coeur.
J'en ai profité pour relire "rue des boutiques obscures" (histoire d'un amnésique à la recherche de son identité) lu il y a longtemps !
Extrait : Rue des boutiques obscures
Je vais quitter Paris la semaine prochaine pour une île du Pacifique où j'ai quelque chance de retrouver un homme qui me donnera des renseignements sur ce qu'a été ma vie. Il s'agirait d'un ami de jeunesse.
Jusque là, tout m'a semblé si chaotique, si morcelé...
Des lambeaux, des bribes de quelque chose, me revenaient brusquement au fil de mes recherches... Mais après tout, c'est peut-être ça, une vie...
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Siladola
  23 juin 2015
5/5 ...??!
Eh bien oui, allez. D'aucuns trouvent peut-être que je pèche par indulgence ou par suivisme...Certaines de mes critiques sur Babelio démontreraient pourtant, s'il en était besoin, que caresser les auteurs à succès dans le sens de la plume n'est pas mon genre !
Mais j'avoue m'être laissé prendre. Le charme obsessionnel de ces confessions en demi-teinte finit par avoir raison de mes préventions. Le recueil est de circonstance : les romans qui s'y trouvent réunis n'étaient pas à l'origine prévus pour un ensemble, mais l'éditeur a tiré parti de la notoriété du Nobel pour offrir un aperçu de l’œuvre sous l'angle autobiographique. Et maintenant que je l'ai achevé, une seule hâte, découvrir le dernier opus au titre prometteur : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier !
Faut dire que, dans la prose de Modiano, toute une époque se retrouve, et toute une ville - disparues ? rien n'est moins sûr. Depuis Proust, sait-on pas que la mémoire est le seul lieu de la présence véritable ?
Aussi bien, le style de Villa Triste, qui débute la série, m'a rebuté par son absence - la fameuse "langue blanche" ou le degré zéro de l'écriture, tant à la mode dans les années soixante (voir Le Clézio à l'époque du Procès-Verbal). Puis insidieusement j'ai été gagné par la tonalité simple et sobre, la mélancolie discrète de ces textes. La gentillesse, l'élégance morale de l'auteur y sont pour beaucoup. J'apprécie le jugement sans cruauté comme sans appel qu'il porte sur les illusions, les faussetés familiales, dont il s'est sauvé en devenant écrivain. Et c'est bien le choix de cette vie, la force inattendue du "roseau pensant", qui convainc. Le récit est élémentaire et passionnant : il est si bon de se laisser porter par des rebondissements qui se ressemblent, sans lasser jamais. Il n'y a guère d'autre drame ici que la maturation d'un auteur, mais le témoignage est essentiel : quoi d'autre compte, que cet apprentissage de soi ? La réussite est patente ; le Nobel certes...mais surtout le style, qui gagne en consistance, qui bonifie sans cesse au cours d'un travail de quarante ans et plus. Ou alors on s'habitue ? Quelle surprise, à la fin c'est la phrase presque, le phrasé en tout cas, qui ferait tout le plaisir de cette lecture.
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Maquart
  28 avril 2018
Modiano, c'est de la poésie en prose.
Chez lui : les bars ont fermé, les photos jaunies, les femmes à la beauté acide se sont alourdies, les rues sont désertes…
Le choix des 10 romans qui composent cet ouvrage est excellent.
Commencer par " Villa Triste" son quatrième roman (adapté au cinéma par Patrice Lecomte : « le parfum d'Yvonne ») est un excellent choix.
C'est un superbe Modiano, « délocalisé » à Annecy.
Ce roman est plus représentatif de ce que sera on oeuvre que son premier livre « Place de l'étoile » qui est vraiment à part.
On y retrouve déjà beaucoup d'éléments "Modianesque".
Cette fameuse petite musique pleine de beauté et de nostalgie qui vous étreint dès les premières lignes :
«Derrière, le parc d'Albigny, descend en pente très douce jusqu'au lac avec ses saules pleureurs, son kiosque à musique et l'embarcadère d'où l'on prend le bateau vétuste qui fait la navette entre les petites localités du bord de l'eau : Veyrier, Chavoire, Saint-Jorioz, Eden-Roc, Port-Lusatz…Trop d'énumérations. Mais il faut chantonner certains noms inlassablement, sur un air de berceuse.»
Est aussi présent, le roman qui lui a valu le Goncourt : « Rue des boutiques obscures ».
Son livre le plus poignant « Dora Bruder » : dans lequel il part sur les traces d'une enfant juive pendant la guerre…
« Un pedigree », le plus autobiographique…
Beaucoup de ses romans évoquent cette zone floue, à la fois magnifique, angoissante et vertigineuse où l'on est un jeune adulte, qui ne sait pas encore quelle direction prendra sa vie.
Ces romans sont « l'épine dorsale des autres » dit Modiano.
Ce livre est complété par des photos.
Avec ses parents, son jeune frère Rudy (décédé prématurément), mais aussi Raymond Queneau qui a pris Modiano sous son aile et qui fût témoin à son mariage.
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critiques presse (3)
LaPresse   29 juillet 2013
Fait rare pour un auteur contemporain, la prestigieuse collection Quarto de Gallimard vient de réunir dans un seul volume 10 romans constituant «l'épine dorsale» de l'oeuvre de Patrick Modiano.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   12 juillet 2013
De livre en livre, c'est la même brume de mots qui s'insinue en vous comme un vent froid d'octobre. Personnages en quête d'une indiscernable identité, héros qu'on croyait endormis dans la poussière d'un grenier. [...] Oui, les grands livres ont le sommeil léger.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   03 mai 2013
Le livre est enrichi d'une soixantaine d'illustrations, notamment des photos de son père et de sa mère, de Rudy, son petit frère mort de leucémie, de sa femme Dominique et de ses filles Zina et Marie, mais aussi d'autres personnages qui traversent son oeuvre et ont pour la première fois un visage.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
hberkanehberkane   04 janvier 2015
Ces "romans" réunis pour la première fois forment un seul ouvrage et ils sont l'épine dorsale des autres, qui ne figurent pas dans ce volume. Je croyais les avoir écrits de manière discontinue, à coups d'oublis successifs, mais souvent les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes lieux, les mêmes phrases reviennent de l'un à l'autre, comme les motifs d'une tapisserie que l'on aurait tissée dans un demi-sommeil.
Les quelques photos et documents reproduits au début de ce recueil pourraient suggérer que tous ces "romans" sont une sorte d'autobiographie, mais une autobiographie rêvée ou imaginaire. Les photos mêmes de mes parents sont devenues des photos de personnages imaginaires. Seuls mon frère, ma femme et mes filles sont réels.
Et que dire des quelques comparses et fantômes qui apparaissent sur l'album, en noir et blanc? J'utilisais leurs ombres et surtout leurs noms à cause de leur sonorité et ils n'étaient plus pour moi que des notes de musique.
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raynald66raynald66   19 octobre 2014
- Dis moi Pedro... Quel était ton vrai nom ? ça m'a toujours intrigué.
Freddie me disait que tu ne t'appelais pas Pedro McEvoy... Mais que c'était Rubi qui t'avait fourni de faux papiers...
- Mon vrai nom ? J'aimerai bien le savoir

(Extrait "Rue des boutiques obscures")
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raynald66raynald66   19 octobre 2014
Cet homme avait beaucoup compté pour moi. Sans lui, sans son aide, je me demande ce que je serais devenu, voilà dix ans, quand j'avais brusquement été frappé d'amnésie et que je tâtonnais dans le brouillard. Il avait été ému par mon cas et grâce à ses nombreuses relations, m'avait même procuré un état civil
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Patrick Modiano à la remise de son prestigieux Prix.
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