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Henri Albert (Traducteur)Christian Jambet (Préfacier, etc.)
ISBN : 2080704214
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Ce titre aux accents wagnériens est emblématique de la pensée nietzschéenne. Pratiquant la philosophie à coups de marteau, Nietzsche cherche avant tout à précipiter la fin d'un monde et le déclin de ses croyances.Depuis Socrate, l'homme théorique, soucieux d'édifier des systèmes conformes aux exigences de la raison, semble avoir triomphé de l'homme tragique, assumant, à l'instar de Dionysos, les contradictions de la vie. Ainsi, la philosophie, la morale puis la scie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Klasina
  02 juin 2018
Une écriture fiévreuse, poétique, mais toutefois consciente. Nietzsche, quelques semaines, avant qu'il ne s'éteigne, porte encore la vivacité et la croyance en la vie, après des années de conquête de cette dernière. Nietzsche, n'est pas qu'un philosophe au coup de marteau, qui détruit tout, même la Tradition. Au contraire, il cherche à revivifier la connaissance qui s'est perdue dans les mistrals froids de l'Hiver. Si Nietzsche critique la morale et notamment chrétienne, c'est parce qu'elle empêche le devenir, qui est le jeu même de la vie. le christianisme s'est éternisé, dans la voie de l'inertie. L'homme a arrêté de créer, de composer avec les formes.
Nietzsche cherche la philosophie pure et authentique. de ce fait, il questionne les a priori, et par revendication de cette philosophie, il prend le droit de revenir sur l' « absolu délégué » de la Tradition qui s'est cristallisé en un joyaux intouchable. Cette méthode qui consiste à questionner les a priori est la généalogie. Notre conception du monde est fondée sur les valeurs. C'est ce qui donne sens, à ce chaos qu'est l'existence. Nietzsche veut la transmutation des valeurs, celles qui auraient foi dans le devenir et la vie. C'est que Nietzsche a constaté que la civilisation était malade, qu'elle renonçait aux mouvements mêmes qu'est la vie. Dans le cas Wagner, il déclara que l'art wagnérien est malade, ce qui est le diagnostic de la modernité. Il dira même « la musique devenue Circé ».
L'auteur ne se sent pas ni une exception, ni supérieur par rapport aux autres hommes. Il se sait lui-même nihiliste, mais « le philosophe en lui protestait ».
Le Crépuscule des idoles sonne la fin de cette vénération des valeurs amoindrissant la vie. Nietzsche s'attaque à Socrate et à Platon qui distingue le monde sensible et le monde intelligible. Il promeut le monde intelligible, des idées, en révolte contre ce monde sensible. Ce qui est une forme de nihilisme, de fuite de la vie. Et de même, pour tous qui est mis en question ( Schopenhauer, les moeurs allemandes…le christianisme) sous le scalpel de la critique, du soupçon et de l'interrogation.
Nietzsche attend juste que l'homme, exprime dans son oeuvre ( civilisation, valeurs), l'amour pour la vie, une conquête, une soif de vivre. Comme le danseur qui s'est cassé les deux jambes, il faut qu'il danse à nouveau.
Renverser les valeurs, c'est les détruire. Mais c'est reconstruire, quelque chose de novateur, quelque chose de plus léger, de plus gai, de plus vivant. C'est surmonter le virage tragique de la vie, et le dépasser, toujours plus vite, toujours plus fort. C'est se grandir par ce qui nous intensifie. Ce peut être, la création, la joie, la connaissance… Etre chevalier pour la vie, n'est-ce pas là que devrait être toute morale et tout combat ?
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snybril
  29 janvier 2012
Troisième lecture de l'année. On change de stature, on s'incline en marque de respect et on va chercher le tube d'aspirine. C'est peut-être le snobisme qui m'a fait acheter le crépuscule des idoles de Nietzche. Mais c'est surement le masochisme qui m'a poussé à le lire.
Mes cours de philosophies sont désormais lointains. Et de toutes les façons, je n'y voyais à l'époque qu'une occasion de rattraper mes insomnies nocturnes.
Mis à part quelques maximes populaires et la fin du quidam à l'asile, je ne connaissais donc pas le grand Frédéric Nietzsche.
J'ai du m'accrocher pour le lire et je pense être passé à des lieues de la signification du texte. Il n'empêche qu'à mesure que je tournais les pages mon malaise grandissait. Ce roman ne pouvait avoir été écrit pas quelqu'un de sain d'esprit.
La prétention iconoclaste de mettre à bas les idoles m'attirait. Je m'y suis brûlé les ailes. Comme l'adolescent rebelle qui essaye sa première cigarette j'ai d'abord toussé, puis en m'acharnant, j'ai finis pas avoir envie de vomir.
La dose était trop forte pour moi. Les idoles y sont bien passées, les grecs anciens, la morale, les principes de liberté, la société moderne. le tout argumenté avec aplomb, arrogance et mépris.
« le malade est un parasite pour la société. »
Son propos est le plus souvent argumenté avec pertinence et justesse. Difficile pour les esprits simples comme le mien de réfuter le discours. En bref, l'ami Fred ne semble pas très fréquentable.
Pour la profondeur de la réflexion et l'apport du texte à la pensée moderne, je suis obligé de concéder deux étoiles à cet essai nauséabond.

Lien : http://oiseauchanteur.blogsp..
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AnneLevy
  22 mars 2018
La synthèse de la dernière pensée de Nietzsche. Pas une phrase inutile. La profondeur la plus terrible à chaque page. Et beaucoup d'humour. Fantastique.
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cathgalloy
  04 octobre 2011
plutôt l'original que le procureur ONFRAY qui confond tout ( biographie et caractère)
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   14 novembre 2012
Je mets à part avec un profond respect le nom d’Héraclite. Si le peuple des autres philosophes rejetait le témoignage des sens parce que les sens sont multiples et variables, il en rejetait le témoignage parce qu’ils présentent les choses comme si elles avaient de la durée et de l’unité. Héraclite, lui aussi, fit tort aux sens. Ceux-ci ne mentent ni à la façon qu’imaginent les Éléates [Parménide, Zenon], ni comme il se le figurait, lui, – en général ils ne mentent pas. C’est ce que nous faisons de leur témoignage qui y met le mensonge, par exemple le mensonge de l’unité, le mensonge de la réalité, de la substance, de la durée… Si nous faussons le témoignage des sens, c’est la « raison » qui en est la cause. Les sens ne mentent pas en tant qu’ils montrent le devenir, la disparition, le changement… Mais dans son affirmation que l’être est une fiction Héraclite gardera éternellement raison. Le « monde des apparences » est le seul réel : le « monde-vérité » est seulement ajouté par le mensonge…
(…) Aujourd’hui nous ne possédons de science qu’en tant que nous sommes décidés à accepter le témoignage des sens, – qu’en tant que nous armons et aiguisons nos sens, leur apprenant à penser jusqu’au bout. Le reste n’est qu’avorton et non encore de la science : je veux dire que c’est métaphysique, théologie, psychologie, ou théorie de la connaissance. Ou bien encore science de la forme, théorie des signes : comme la logique, ou bien cette logique appliquée, la mathématique. Ici la réalité ne paraît pas du tout, pas même comme problème : tout aussi peu que la question de savoir quelle valeur a en général une convention de signes, telle que l’est la logique.
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OrpheaOrphea   12 février 2013
Une Transmutation de toutes les valeurs, ce point d'interrogation si noir, si énorme, qu'il jette des ombres sur celui qui le pose, – une telle destinée dans une tâche nous force à chaque instant de courir au soleil, de secouer un sérieux qui s'est mis à trop nous peser.
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PhilonPhilon   11 juin 2015
Mais on comprend les grands hommes de travers si on les considère dans la perspective indigente d'une utilité publique. Que l'on ne parvienne pas à en tirer une utilité, cela fait peut-être partie de la grandeur. [ Crépuscule des idoles, Incursions, 50 ]
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AnneLevyAnneLevy   22 mars 2018
Et partout règne une hâte indécente, comme si quelque chose était négligé quand le jeune homme n’a pas « fini » à vingt-trois ans, quand il ne sait pas encore répondre à cette « question essentielle » : quelle carrière choisir ? — Une espèce supérieure d’hommes, soit dit avec votre permission, n’aime pas les « carrières » — et c’est précisément parce qu’elle se sent appelée… Elle a le temps, elle se prend le temps, elle ne pense pas du tout à « finir », — à trente ans l’on est, au sens de la haute culture, un commençant, un enfant.
p. 124
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JudithbouJudithbou   15 août 2015
Dostoïevski, le seul psychologue, dont soit dit en passant, j'ai eu quelque chose à apprendre.
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Videos de Friedrich Nietzsche (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Friedrich Nietzsche
"Nietzsche au Paraguay" - Nathalie Prince et Christophe Prince
Paraguay, 1886. Virginion Miramontes, aventurier solitaire, est recueilli en pleine jungle dans une étrange colonie peuplée d?une poignée de familles allemandes. C?est le projet fou d?Elisabeth Nietzsche, s?ur du célèbre philosophe, et de son mari, le lugubre docteur Förster. Tous deux rêvent de créer dans ces terres vierges une nouvelle Allemagne digne de l?utopie aryenne balbutiante. Antisémitisme délirant, plans démesurés? Rien ne marche comme prévu dans cette Nueva Germania. La maladie rôde, la faim guette, la violence s?installe.Un roman haletant qui révèle une face cachée de l?Histoire, celle d?une illusion folle.
En librairie le 13 février 2019
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