AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 274706882X
Éditeur : Bayard (03/02/2016)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Ce livre raconte l'incroyable destin d'un jeune esclave cubain, vendu à un marchand espagnol, puis engagé comme domestique par un clown anglais. Il arrive à Paris en 1886 et s'impose rapidement comme mime, danseur et comédien. Avec son compère Foottit, ils inventent la comédie clownesque et deviennent des stars de la Belle Epoque, avant de sombrer dans l'oubli. Pendant six ans, Gérard Noiriel a mené l'enquête de La Havane à Paris, pour retrouver les traces de Chocol... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
brunoplace62
  19 juin 2016
Avertissement à tous ceux qui ont aimé le film Chocolat avec Omar Sy : le film est très loin de la réalité décrite dans le livre éponyme de l'historien Gérard Noiriel. On peut quand même souligner une grande qualité au film : il a aussi réhabilité le clown Chocolat, premier clown noir de l'histoire, et peut-être même premier artiste noir à Paris !
Premier regret à la lecture de cette biographie : l'absence de photos, d'illustrations, de documents d'époque alors que l'auteur semble en avoir retrouvé beaucoup (il les a publiés ici : http://clown-chocolat.com/). Chocolat n'est même pas représenté sur la photo de couverture ; c'est une photo d'Omar Sy qui l'illustre. Dommage... On peut quand même se consoler avec une photo de Chocolat publié au tout début de l'ouvrage... Maigre consolation...
L'auteur, l'historien Gérard Noiriel, a une obsession : retrouver les VRAIES traces de Chocolat (j'utilise ce nom parce que c'est avec celui-là qu'il est devenu célèbre). Car même les journalistes de l'époque ont réécrit l'histoire du clown nègre (pour qu'elle passe mieux à l'époque de la gloire coloniale de la France ?...). L'obsession de l'auteur l'a conduit à s'écarter souvent de sa rigueur d'historien allant jusqu'à imaginer des scenarii plausibles mais irréels.
Cependant, cette biographie réussit le tour de force d'aller regarder dans de nombreuses directions intéressantes. La curiosité et l'opiniâtreté de Gérard Noiriel nous montre Chocolat tel qu'il a été, tel qu'il a évolué à la fin du XIXe siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale : dans sa vie professionnelle de clown, dans sa vie privée, dans sa vie sociale.
Si Chocolat a été le premier clown noir de l'histoire, il a été aussi le premier clown thérapeute du cirque français, n'hésitant pas à aller dans les hôpitaux et écrire les débuts du "rire médecin".
Gérard Noiriel, par son oeuvre, veut réhabiliter Chocolat mais comme le dit le sous-titre de son livre (La véritable histoire d'un homme sans nom), il ne sait pas sous quel nom ce clown doit passer à la postérité. Et pourquoi pas Chocolat tout simplement ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          51
DTA
  31 mars 2016
Quel livre et quelle histoire extraordinaire !
Que de chemin a fait Raphael pour passer de l'esclave cubain au clown parisien le plus populaire de son époque. Mais ce fut loin d'être simple. Les difficultés et les luttes furent nombreuses afin que Raphael se fasse reconnaitre pour son travail de clown mais aussi comme citoyen, malgré sa couleur de peau.
C'est fou qu'un tel personnage ait pu disparaitre de la mémoire collective aussi rapidement et aussi longtemps alors que son rôle fut crucial dans l'évolution du monde circassien.
Le travail historique de l'auteur est énorme. Tous les sujets sont fouillés, en dépit des informations parfois fragmentaires voir inexistantes.
Merci à Gérard Noiriel de rétablir ce magnifique personnage dans nos mémoires et de lui rendre la place qui est la sienne.
Commenter  J’apprécie          100
paulotlet
  04 juillet 2016
Voilà un bouquin d'histoire tout à fait épatant! Gérard Noiriel décide de retracer la vie de Chocolat, un esclave noir cubain, devenu un des artistes de cirque les plus célèbres de la fin du XIXe siècle. Mais comme souvent, les sans grades n'ont pas d'histoire. Hormis quelques articles de revues, des allusions plus ou moins bien documentées au détour de livres sur le cirque, Chocolat a laissé peu de traces. L'historien se livre ici à une subtile oeuvre de reconstruction, en extrapolant au départ de ce qu'on sait des contemporains de Chocolat, il tente de combler les lacunes de sa biographie. le ton n'est pas celui d'un livre savant, Noiriel interpelle son héros, il imagine ses sentiments. Au total, il nous livre un ouvrage très sensible tout empreint d'humanisme. Les esprits chagrins regretteront sûrement le procédé qui consiste à combler les lacunes ou le manque de sources par des suppositions vraisemblables mais pas vérifiées. Et pourtant, c'est à ce prix qu'on donne une voix aux sans voix.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Tatanne
  11 mai 2016
Jeune esclave cubain Rafael passe par l'Espagne puis arrive à Paris .Là il deviendra le clown "chocolat" , connaitra la gloire au Nouveau Cirque, aux folies bergères.
Livre écrit par un historien soucieux de la vérité , du détail, description très pointue de cette société de la belle époque fin du XIX début du XX; de l'accueil par les parisiens à cet homme de couleur.
Mais des longueurs , des descriptions, des détails sur les personnages secondaires ; dommage on est pas vraiment emporté par le roman.Intérêt historique indéniable .
Commenter  J’apprécie          20
tristantristan
  07 janvier 2018
Roman fleuve (531 pages), ce document fait la part belle a l'autoflagellation béate au sujet de l'esclavagisme pourtant aboli avant la naissance de l'auteur, au digressions en tous genre et aux scènes imaginées.
C'est dommage aussi qu'il n'y ait aucun document dans le livre et que la relation Footitt/ Chocolat ne soit pas davantage fouillée.
Le film "Chocolat" remaquablement interprété par Omar Sy et James Thierrée (petit-fils de Charles Spencer Chaplin) donne une vision complète du personnage.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2016
J’ai mis du temps à comprendre qu’un homme réduit au silence pouvait néanmoins défendre sa dignité en se servant de son corps. Pourtant, confusément, je le savais déjà. J’avais vécu, comme tout le monde, des situations où j’avais été muet, dans des postures que je considérais comme humiliantes, notamment lors de ces « mises en examen » que représentent les épreuves scolaires ou la recherche d’un emploi. Je me souviens que, dans ces moments-là, mon corps parlait tout seul, par des tics nerveux, des gestes automatiques, des tremblements du genou. Comme si, par ces réactions physiques inconscientes, j’avais voulu introduire du non-sens dans une situation saturée de sens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
paulotletpaulotlet   09 mai 2016
En 2012, j'ai publié un petit livre sur le même thème. A ce moment-là, j'étais convaincu qu'il m'était impossible d'aller plus loin. Un historien de métier n'a pas le droit de tricher avec la vérité. Ne rien affirmer sans preuve. Telle est la règle fondamentale que nous enseignons à nos étudiants. Pour être recruté dans la communauté universitaire, l'apprenti chercheur doit prouver à ses pairs qu'il maîtrise les savoir-faire du métier. Il faut qu'il connaisse les fonds d'archives, qu'il sache décortiquer ses sources, les critiquer, les confronter, les interpréter à partir de ses hypothèses.

J'ai toujours défendu cette conception de l'histoire par respect pour ceux qui nous font confiance. Néanmoins, en gardant le silence sur ta vraie vie, sous prétexte que je n'avais pas d'archives, je me suis peu à peu rendu compte que je risquais fort de cautionner le déni de mémoire dans lequel tu as été plongé. Pour éviter ce piège, j'ai décidé finalement de passer de l'autre côté du miroir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2016
Contrairement à ce que l’on croit souvent aujourd’hui, posséder des esclaves n’était pas un privilège réservé à l’aristocratie blanche. À l’époque dont je parle, on comptait à La Havane trente mille esclaves pour dix mille maîtres. Ce qui signifie qu’un grand nombre de gens modestes, des artisans, des commerçants ou des employés, étaient propriétaires d’esclaves. La plupart de ces maîtres étaient blancs, mais certains d’entre eux appartenaient à la catégorie des libres de couleur. Les membres de cette petite classe moyenne, qu’ils soient blancs ou noirs, n’avaient pas toujours les moyens d’entretenir leurs esclaves. Ils en tiraient un petit revenu complémentaire en les louant comme couturière, domestique, nourrice ou portefaix.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2016
J’ai tellement peu d’informations fiables sur ta vie que je suis constamment obligé de raisonner comme un préhistorien qui élabore des scénarios à partir de quelques tessons de bouteilles, des pièces de monnaie ou des vestiges de tombes. Scénario… J’aime beaucoup ce mot car il appartient à la fois au vocabulaire des écrivains et des savants. Seule différence : les scénarios du romancier sont des fictions, alors que ceux de l’historien doivent être construits à partir des données dont il dispose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
rkhettaouirkhettaoui   07 mars 2016
Un Martien qui ne connaîtrait notre monde qu’en regardant les actualités télévisées se demanderait sans doute comment nous parvenons à survivre au milieu de tous ces crimes, ces guerres, ces catastrophes. Néanmoins, en décryptant ces petits récits qui s’appuyaient presque toujours sur des faits authentiques, je me fis une idée plus précise des problèmes que devaient affronter chaque jour les jeunes immigrés noirs qui résidaient en France à la fin du XIXe siècle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Gérard Noiriel (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gérard Noiriel
Des cahiers de doléances de l'Ancien Régime aux cahiers de doléances contemporains, en passant par les révoltes des croquants, la lettre ouverte, la pétition, la manifestation ou la grève, s'adresser au puissant est un geste qui se décline en de nombreuses pratiques et qui en dit long sur l'essence du pouvoir.
Pour esquisser une histoire de ce répertoire d'actions, Emmanuel Laurentin et Béatrice Bouniol s'entretiennent avec les historien-ne-s Eric Anceau, spécialiste de l'histoire des pouvoirs et de l'action publique au XIXe siècle, Marie Dejoux, autrice de "Les enquêtes de Saint Louis : gouverner et sauver son âme" et Gérard Noiriel, directeur d'études à l'EHESS.
Une émission enregistrée en public à la Sorbonne, à l'occasion du forum France Culture "Participation, représentation, information : #Le nouvel âge de la politique ?".
Pour en savoir plus : https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/alerter-le-pouvoir-entendre-le-citoyen
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤22Gérard Noiriel10¤££¤6khzewww2g
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture/
+ Lire la suite
autres livres classés : cirqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
805 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre