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John Nyquist tome 1 sur 3
EAN : 9782370490780
368 pages
La Volte (03/09/2020)
3.6/5   24 notes
Résumé :
Un autre meurtre.

Soliade, la ville à la lumière perpétuelle, Au sud Nocturna, pas de de ciel mais l'Éclat où vivent les ténèbres

Entre les deux, Crépuscule, ou la Brume, ou secteur Zéro

Soliade, la ville des horloges et des montres, chacune à rythme différent

Tic, tac, tic, tac...

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C'est la liberté horaire qui rend notre vill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Un détective digne d'un vieux polar dans une ville à la Italo Calvino, toute de lumières vives et de nuit profonde. Un système temporel bouleversé, avec des chronologies individuelles. Un assassin mystérieux que personne n'arrive à voir. Un sacré cocktail qui fait le charme et le mystère de cet Homme d'ombres, premier roman d'une série consacrée au détective John Nyquist.

Philip Marlowe…
Amateurs du polar classique, avec son détective décati, au bureau miteux, qui aime bien lever le coude et ne se sent pas bien sans sa dose impressionnante de whisky, dont le visage reflète les coups portés au fil des pages, vous allez être heureux ! Jeff Noon s'offre tous les clichés de ce genre. Son personnage principal, John Nyquist, est une reproduction des Philip Marlowe et autres clones dont les silhouettes ont investi les films hollywoodiens en noir et blanc. Et ce, dès les années 40. D'ailleurs, Un homme d'ombres se déroule en 1959. Mais pas dans notre monde.

… chez Italo Calvino
Car ici, l'action a pour cadre une ville qui rappelle inévitablement Les Villes invisibles d'Italo Calvino. Dans ce recueil, l'auteur italien imagine des cités que l'explorateur Marco Polo aurait pu décrire à Kubilai Khan. Et Jeff Noon, avec Soliade et Nocturna, suit la même veine. Dans sa prmière ville, la lumière est reine. Il faut annihiler toute trace d'ombre. Des enseignes qui éclatent de couleurs, des lampes partout, sur les murs, aux fenêtres, et même dans le ciel, transformé en vaste voûte tressée de fils électriques aux ampoules suspendues. La lumière s'infiltre partout, douloureuse. Et avec elle, la chaleur envahissante, pénible, suffocante. En face, Nocturna est sombre, ne propose que des lumières étouffées, minimales, sans éclat. Entre les deux, une zone de danger, Crépuscule, où se nichent toutes les peurs de cette portion d'humanité. Dans une brouillard dense, une brume (la Brune) étouffante tant elle semble vivante, des actions violentes et meurtrières se déroulent, des angoisses prennent forme. C'est là que le père du détective a disparu, suite à la mort de son épouse. C'est là que John Nyquist va devoir mener une partie cruciale de son enquête, mettant ainsi en danger sa propre santé mentale.

Le temps individuel
Car, grande idée que celle-là, à Soliade comme à Nocturna et plus encore à Crépuscule, le temps n'est pas universel. Chacun est libre d'utiliser le sien. Enfin, pas tout à fait, il faut acquérir une chronologie testée et fiable, pas une chronologie de contrebande, aux effets indésirables potentiellement néfastes. Chaque habitant a sa montre réglée sur sa chronologie et, quand il arrive dans un nouveau lieu, il peut choisir de s'adapter à celle qui y domine. Ainsi, il est possible de changer d'heure souvent, voire trop. Car le risque n'est pas loin d'être déphasé. D'ailleurs, une nouvelle maladie est apparue récemment, la chronophase. Et elle s'étend. Explique-t-elle cette impression éprouvée par John Nyquist d'avoir perdu quelques minutes lors du meurtre d'un suspect ? Ou cette sensation a-t-elle une autre origine plus mystérieuse, plus inquiétante ?

Un mal-être perpétuel
En fait, dès les premières pages, on sent que tout l'univers défaille. John Nyquist ne semble pas (plus) en phase avec lui et est toujours mal, toujours en décalage, toujours en souffrance. Comme nombre de personnages de romans, il nous entraine dans une spirale (infernale?) faite de sensations désagréables, d'actions qu'on aimerait qu'il évite de les faire tant on sent qu'elles vont mener à la catastrophe. Entre son passé qui resurgit sans cesse, source de doutes et d'hésitations, ses sensations d'étouffement ou de malaise devant la très forte luminosité de Soliade, ce détective ne paraît pas en état de mener une enquête sereine. Et l'on comprend immédiatement que cette dernière va le toucher en profondeur.

Les codes du fantastique
En effet, Un homme d'ombres reprend également les marques du genre fantastique puisque le personnage que l'on suit, dont on découvre les pensées à longueur de pages et qui, en fait, nous impose sa vision, est en difficulté. Ce qui fait que l'on ne sait pas où est le réel et où est son interprétation par John Nyquist. D'où la sensation perpétuelle de malaise évoquée plus haut. D'où également la richesse du roman, puisque l'on ne peut être sûrs de rien et que l'on est obligés d'attendre que le détective fasse le tri dans ses pensées, parvienne à les dompter afin de comprendre le fin mot de l'histoire.

Premier livre que je lis de Jeff Noon, Un homme d'ombres, malgré certains passages un peu longuets à mon goût, m'a donné une sacrée envie de découvrir le reste de l'oeuvre du bonhomme. Sa maitrise des codes de la littérature, son imagination et la richesse de sa narration m'ont conquis et, dès que le temps me le permettra, je reviendrai vers lui avec attention. Et je surveillerai la parution de la suite des aventures de John Nyquist (quatre tomes parus en V.O. à ce jour).
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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La Volte et Jeff Noon, c'est un peu une histoire d'amour.
Après la publication de sa trilogie Vurt et du recueil Pixel Juice (sans compter trois autres romans dont Alice Automatique), l'éditeur se risque maintenant à traduire la dernière série en date de l'écrivain anglais.
Avec Un homme d'ombres, Jeff Noon s'aventure dans le monde du polar pour réécrire à sa façon inimitable les enquêtes d'un détective au bout du rouleau et hanté par la disparition de ses parents : John Nyquist.
Mais c'est aussi et surtout l'occasion d'explorer une ville extraordinaire où le temps n'est plus ce qu'il était…

Ville d'ombres et de lumières
Présenté ainsi, Un homme d'ombres n'a pas grand chose d'original.
Un détective-épave, la disparition d'une jeune fille, des luttes de pouvoir et un mystérieux assassin répondant au nom de Vif-Argent.
Déjà-vu. Ou presque…
En effet, croire que Jeff Noon livrerait une banale enquête policière à son lecteur, c'est mal connaître l'auteur de Vurt.
Principale originalité et moteur de l'histoire : l'univers.
John Nyquist évolue dans une gigantesque ville séparé en deux : au nord, Soliade, cité du jour éternel où des milliards d'ampoules, néons et autres enseignes lumineuses maintiennent un jour perpétuel, au sud, Nocturna, où le ciel consiste en un tapis d'ampoules brisées où l'on a dessiné des constellations fictives pour s'orienter tant bien que mal malgré l'obscurité.
Entre les deux, un territoire étrange et surnaturel : le Crépuscule. Ici, la brume perpétuelle cache des êtres impossibles et des créatures qu'il vaut mieux éviter. Petit à petit, le Crépuscule grignote Soliade et Nocturna et certains disent même que la ville entière serait menacée par son expansion.
En dépeignant cette gigantesque cité, Jeff Noon renvoie à la gargantuesque mégalopole de China Miéville dans The City & The City, deux villes, côte à côte et diamétralement opposées. L'ambiance est là, la plume de l'auteur aussi et le lecteur s'abandonne rapidement à ce jeu d'ombres et de lumières, imaginant cette folle construction dans notre monde réel.
D'ailleurs, Jeff Noon ne fait rien pour l'interdire puisque ses personnages y citent des endroits qui existent vraiment, de l'Angleterre à la Côte d'Azur.
Pendant ce temps, à Soliade, on vénère les divinités du Soleil, Apollon en tête tandis qu'à Nocturna, on guette le singe électrique assez courageux pour entretenir la voûte d'ampoules brisées qui surplombe la ville.
Durant son enquête, John Nyquist ira dans les deux endroits et finira même par s'aventurer dans la sinistre bande de brumes que l'on appelle Crépuscule, inconscient d'une ville obsédée par le temps.

En retard ! Je suis en retard !
Car l'autre idée géniale de Jeff Noon pour briser les règles du polar traditionnel, c'est d'axer son univers sur le temps. Une obsession logique pour celui qui, on le sait, raffole déjà de Lewis Caroll et de son lapin blanc toujours en retard.
À Soliade et Nocturna, la chronologie que nous connaissons avec son alternance jour-nuit et son cycle de 24h n'a plus lieu. Pour le remplacer, les habitants peuvent acheter des chronologies et sauter d'un fuseau à l'autre.
Décuplez le temps en adoptant la chronologie des amoureux ou rendez le plus efficient en optant pour la chronologie d'entreprise… tout est possible mais gare à l'overdose. Car si vous abusez des différentes chronologies, la Chronostase vous guette, immobilisé à force de triturer les aiguilles et de flouer Chronos.
Cet élément donne au récit une toute autre allure, entraîne une confusion des sens et des années (sommes-nous vraiment en 1959 ?), offre au roman un sous-texte sur l'importance de notre chronologie naturelle et la façon de la détourner. On y apprend par exemple que Soliade est né d'une ville où l'on ne dormait pas et que ce surnom, loin de faire frémir, avait conduit d'habiles hommes d'affaires à prendre les choses au pied de la lettre pour augmenter les profits et la productivité.
Jeff Noon se sert de sa thématique temporelle pour complexifier son intrigue policière notamment grâce à une drogue appelé kia et qui permet de voir entre les secondes. Mais y voit-on véritablement l'avenir ou simplement une obsession inconsciente ? John Nyquist en fera l'amère expérience, perdu entre les chronologies et tentant de démêler les fils de son enquête au son du tic, tac, tic, tac de son esprit en perte de vitesse.

Dans les brumes du passé
Mais ce qui impressionne ici, c'est clairement la mise en branle de ces idées, de l'enquête policière au principe temporel en passant par cette ville incroyable qui offre un terrain de jeu exceptionnel à John Nyquist et Eleanor Bale, la belle disparue au lourd passé.
Le pouvoir évocateur d'Un homme sans ombres culmine dans sa dernière partie où l'enquêteur visite le Crépuscule, une zone où l'inconscient des habitants donne naissance à des êtres inimaginables et où l'on croit véritablement tomber dans le terrier du lapin blanc.
La grande force du roman de Jeff Noon reste sa capacité à transformer le réel en quelque chose d'aussi inquiétant que fascinant, créant des scènes marquantes avec trois fois rien. Citons par exemple la rencontre avec la mère d'Eleanor dans une pièce remplie de pendules, montres et autres horloges et où la pauvre femme tente de synchroniser l'ensemble sur l'heure de la disparition de sa fille disparue.
Si l'enquête finit bel et bien par assumer sa part de fantastique dans un final grandiose où les créatures de l'esprit s'emparent du récit policier, c'est aussi l'humanité des personnages qui marque, confrontés à la perte de l'être aimé, d'une soeur oubliée au père bouffé par le remord.
Un homme d'ombres n'oublie jamais que des êtres de chairs et de coeurs hantent ses pages…et c'est certainement cela qui achève d'en faire une aventure aussi remarquable.

Explosant les limites du polar conventionnel grâce à un cadre génialement maitrisé et un jeu temporel fascinant, Jeff Noon offre au lecteur une ville inoubliable où l'ombre et la lumière semblent s'affronter à distance et où le temps lui-même semble se métamorphoser. Un homme d'ombres étonne, régale, inquiète, surprend… et l'on en redemande !
Lien : https://justaword.fr/un-homm..
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Un livre « new weird », livre à la croisée du policier, de la SF et fantasie : SF pour le cadre, ville sous dôme et le thème du temps fragmenté, de fantasie pour certains personnages ,vif argent tueur invisible, lieux et de policier pour l'intrigue classique.
Une énigme policière migraineuse menée lymphatiquement par un privé de style Marlowe alcoolisé, fripé, angoissé et bagarreur grand amateur de sparadrap dans une ville futuriste .
Cette ville sous dôme a pour particularité d'être coupée en deux hémisphères.
Soliade perpétuellement éclairée par une lumière artificielle et hyperactive dans laquelle les saisons et les successions du nuit et du jour ont été supprimées. le temps a été de facto aboli. Libérée du temps Soliade permet à chaque individu d'avoir son temps particulier, une chronologie personnelle et d'y vivre à son rythme. Seul persiste l'horloge biologique interne de chacun qui doit rester en symbiose avec les temps extérieurs sous peine de perte chronique de notion du temps voire plus de perturbations psychologiques létales.
Soliade est « the city that never sleeps » appellation datée déjà mais aussi Les Champs Élysées anciens
Elle est rythmée par des milliers de TIC-TAC d'horloges, montres et réveils
Noctura ténébreuse dont la voute céleste est composée d'ampoule grillées un véritable tartare région de purgatoire où on ne voit pas grand-chose.
Un entre-deux le crépuscule: la zone grise crépusculaire une sorte de no man's land, l'interface : l'Erèbe ? Et le plein-noir là en revanche j'ai décroché
Cette ville n'est pas sans rappeler Besźel et Ul Qoma de « the city & the city » (excellent) de Miéville deux villes qui coexistent dans le même temps et sur le même lieux alors que Soliade et Noctura sont un seul et même lieu mais vécu dans des temps fragmentés avec pour chacun un univers/temps particulier (compris?)
Le thème rappelle aussi « le club des policiers Yiddish » (excellent aussi) Une histoire d'anticipation comme celle du livre ou se déroule une intrigue policière
Qu'avons-nous lu ?
Coté SF (anticipation est plus juste):
Ville sous dôme éclairée en permanence dans la lumière poussiéreuse et ville sous dôme dans le noir sans ampoules Rien de nouveau en SF le nombre d'ampoules ni change rien
La drogue orange ….ça change des éléphants roses … ou bleus! Rien de nouveau la DMT d'aujourd'hui n'a rien à lui envier
Un concept le temps aboli, fragmenté à sa guise par chaque utilisateur à chacun son fuseau horaire et seulement une horloge interne pour soi : Ah voilà une chose qui est très intéressante mais bien qu'assez précisément décrit , ce n'est pas facile à comprendre, ce thème a été parasité par une utilisation excessive et incessante du « tictac » des horloges et autres machines à temps
- Me vint alors à l'esprit celui du capitaine Crochet TIC TAC Crochet ,Crochet TIC TAC …Croche, crocheti, crocheti, crocheta, croche, Accroche Crochet!
Et je voyais le crocodile goguenard se lécher la lippe cassant ainsi l'angoisse dans laquelle m'avait plongé le récit. Bref.
… Thème parasité aussi par l' incessant et frénétique besoin de mise à l'heure du héros. Quelques pages plus loin le lapin blanc de Carroll m'apparaissait consultant son réveil , tressautant en tenant son haut de forme « je suis en retard...je suis en retard... » Bref.
TIC TAC ...TIC TAC Crochet TIC TAC ...Lapin blanc Ah le bad trip et pourtant on n'a pas fumer de la beuh ça doit venir du livre!
Un coté polar noir assez convenu et même plutôt ringard
Privé qui se rince dès proto-minet au whisky ce n' est pas nouveau Marlowe le faisait il y a quatre-vingts ans et Dave Robicheau aussi et d'autres donc…Et là aussi toujours le même carburant. Pas de Spirytus Rektyfikowany à 96% ou d'Absinthe 45- 90% dite « la fée verte »(avec la drogue orange Ah le flash !) non et non que du whisky. le bolloss mais bon avec un Anglais!
L'intrigue une lolita richissime en fugue à la recherche de son supposé père géniteur Rien de nouveau sous l'ampoule de Soliade! On ne sait pas trop ce qu'on cherche mais on trouve ce qu'on n'a pas cherché Bon d'accord c'est comme pour Agatha Christie. Là ça baigne
Policiers lourdingues et corrompus (pléonasme) nervis musculeux, poursuites automobile! Que du suranné
Un assassin appelé vif argent qui tue plus vite que son ombre et qui surfe dans le temps (vous voyez)ici c'est assez novateur.
Scène insoutenable et inoubliable du privé attaché évanoui sur une chaise qu'on réveille avec un seau d'eau et avec paires de claques par un musculeux (oh là là c'est osé! du jamais vu !)
Coté fantastique voire fantasie voire onirisme amphétaminé:
Un peu de « légende » (Matheson) pour les monstres nocturnes, un chouïa de « Potter » avec des Voldemort qui secrètent de la brume, un zeste de poltergeist, du rite satanique (on aurait aimé voir surgir un Anthony Hopkins halluciné)
Un Bad trip orangé et court ( avec cette histoire de chronologies décalées sait-on jamais) mais carabiné pour le cauchemar
Donc un livre d'halluciné pour lecteur n'ayant pas le sens de l'orientation et n'ayant aucune notion du temps. Ce n'est pas notre cas !
Il est possible qu'avec les ans un lecteur perde ses facultés à s'émerveiller et se détourne de genres littéraires ici anticipation et en général new weird autrefois appréciés mais quand le fond n'est pas bon la forme emberlificotée n'arrange rien et le livre ne devient pas meilleur
C'est le cas pour ce livre Nous n'avons pas tellement aimé car il n'y pas grand-chose à se mettre sous la dent mis à part cette notion de temps fragmenté qui est un axe du livre mais aurait dû être le seul Axe autour duquel tourne tout le reste. Il n'a pas été assez exploité et a été noyé par d'autres préoccupations de l'auteur qui a voulu trop en faire
Trop de genres mélangé par Jeff Noon : SF, policier, sociétal (peu) , fantastique et fantasie (deux genres distincts), onirisme et le mélange a été un peu trop homogène
Trop de stéréotypes et une écriture conventionnelle qui véhicule des comportements archaïques dans un monde futuriste qui devrait posséder des codes nouveaux capable de nous interpeller et nous surprendre.
Ce manque d' imagination est venu plomber cette narration et ce n'est pas la police ( caractères spéciaux de Laure Afchain de l'éditeur « La volte » nous dit-on) du livre et sa conclusion un peu plus heureuse (on met tout dans le bouquet final ) qui va y changer quoi que ce soit
Même la première de couverture représente une ampoule à incandescence véritable has been technique une diode électroluminescente organique aurait été plus appropriée. le fond noir et la police colorée et non alignée, par contre, du plat verso sont de bon ton
Voilà tout ! un livre a peaufiner et à remettre sur le métier En attendant peut-être que « Vurt » sera mieux
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Quand on me parle de « New Weird » en littérature, je suis toujours curieuse. Soit le résultat est fascinant, comme presque tous les écrits de China Miéville, soit il me laisse dubitative comme la trilogie de Jeff Vandermeer dont le premier volume, Annihilation, vaut largement plus que les deux suivants. Avec Un homme d'ombre, Jeff Noon y ajouter une couche très alléchante : celle du polar hard-boiled avec privé désabusé et porté sur la bouteille à la clé.
Le point de départ du récit est effectivement très classique. John Nyquist, détective divorcé, miteux et fauché est embauché par le grand patron de la ville pour retrouver sa fille fugueuse de 18 ans. Ville dans laquelle opère Vif-Argent, un tueur en série insaisissable aux motifs mystérieux Sauf que… Ce n'est pas n'importe quelle ville. Imaginez un peu la Grosse Pomme new-yorkaise revue et corrigée par le lapin perpétuellement en retard et le Chapelier fou d'Alice au pays des merveilles, tous deux vouant un culte aux divinités de la lumière. En effet, l'action se passe dans une mégalopole où le ciel et l'éclairage naturel n'existent plus, cachés derrière un gigantesque dôme couvert de lampes, miroirs, ampoules et autres sources d'éclairage. La Ville se divise en deux grandes sections : Soliade toujours éclairée et étouffante de bruits, d'activité et de chaleur ; et Nocturna où l'obscurité est maîtresse plus dédiée aux quartiers résidentiels et au repos. Entre les deux, le Crépuscule est un no man's land brumeux réputé hanté et fui par tous. À ces particularités lumineuses, la Ville ajoute une conception particulière du temps. Affranchi des rythmes circadiens traditionnel, chaque citoyen y jongle entre les différentes chronologies en fonction de son humeur ou de ses activités du moment. Cette gestion du temps n'est pas sans risque. Elle génère ses krachs temporels à l'image de nos krachs boursiers, ses maladies (à l'image de la mère de la fugueuse s'efforçant perpétuellement de fixer le temps sur une heure précise) et même sa drogue, le kia, qui brise les frontières entre le passé, le présent et l'avenir. Pourtant natif de la Ville, John Nyquist va en découvrir les dessous et certaines de ses lois à la frontière entre la magie et la science qui la régisse sans que la majorité de ses habitants n'en aient conscience.
Comme souvent dans les deux genres pouvant revendiquer ce livre, l'ambiance fait tout. Dès les premières pages, vous êtes happé dans l'atmosphère étouffante et resplendissante de Soliade, étourdi par son rythme et, comme le protagoniste, parfois estomaqué par ses péripéties. Malgré tout, jamais Jeff Noon ne vous perd dans son roman si étrange. Il vous tient par la main et vous guide au fil des pages entre clair et obscur sur le chemin menant à une vérité déconcertante. Un homme d'ombres est le premier d'une trilogie de romans centrés autour du personnage de John Nyquist. Espérons que les deux autres, The Body Library et Creeping Jenny, seront eux aussi bientôt traduits à La Volte.
Lien : https://www.outrelivres.fr/u..
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Jeff Noon est un écrivain anglais de fantastique et de science-fiction. Il est aussi musicien, peintre et dramaturge. le livre "Un Homme d'Ombres" ("A man of Shadows") a été écrit en 2017 et vient d'être traduit en français aux éditions La Volte. Ce roman fait partie d'une série d'enquêtes de John Nyquist.
Eleanor Bale, jeune fille d'une famille riche, a disparu et son père demande à John Nyquist de la retrouver. Cette recherche se déroule dans une ville de lumières et d'ombres, sous dôme, composée de trois parties :
- Soliade, où la nuit n'existe pas. le ciel est composé d'ampoules constamment allumées. Il n'y a pas d'heures définies, chaque habitant vit à son rythme,
- Nocturna, où le jour n'existe pas. le ciel est composé d'ampoules grillées sauf une ou deux pour pouvoir se diriger,
- Crépuscule, une zone intermédiaire où la brume est constante. Les personnages ici sont très étranges et personne ne s'aventure dans ce lieu. le seul moyen de traverser cette zone centrale est un train.
John Nyquist va devoir déjouer bien des pièges pour résoudre l'énigme de cette disparition. Dans cette cité, sévit un tueur que personne ne voit : Vif-Argent. Et si Eléanor Bale avait quelque chose en commun avec cet assassin ?
Ce roman allie la science-fiction, le fantastique et le polar. On se promène dans une ville étrange en compagnie de ce détective très particulier.
Jeff Noon aime mettre dans ses écrits une allusion au livre "Alice au Pays des Merveilles" de Lewis Caroll. Dans cette lecture, l'allusion peut être le lapin blanc toujours en retard dans cette ville sans chronologie précise.
Je ne suis pas une grande lectrice de science-fiction et fantastique mais cette histoire m'a happée dès les premières pages et j'avais hâte de découvrir la fin.
J'espère que les deux autres enquêtes de John Nyquist parues seront bien vite traduites en français.
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critiques presse (1)
Elbakin.net
20 avril 2021
Si la New Weird n’a jamais connu le succès que ses meilleurs représentant auraient “mérité” et si elle n’est jamais devenu un courant majeur, on ne peut que féliciter la Volte d’être allé cherché cette belle trouvaille dans le catalogue des anglais d’Angry Robot.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Dans le crépuscule j’ai erré, dans le brouillard pâle je suis tombé, je me suis égaré, je me suis égaré et je me suis trouvé.
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Le crépuscule a des crocs de brume, il est vorace. Il faut le nourrir.
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Cette ville est une dynamo […]. Elle n'arrête jamais de tourner, de fonctionner. Pour cela, Soliade a toujours besoin de plus de lumière, de chaleur, d'énergie. Mais par-dessus tout, elle a besoin de temps. Des chronologies pour toutes les occasions, tous les désirs, toutes les humeurs. Le peuple en réclame.
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Le temps attendait ce qu'apporterait l'instant suivant.
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Le temps attendait ce qu'apporterait l'instant suivant.
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