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EAN : 9782742756599
130 pages
Éditeur : Actes Sud (31/08/2005)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 17 notes)
Résumé :
La fin du livre ? On l'annonce pour demain depuis le berceau des incunables. S'adressant à une lectrice (imaginaire) qui s'inquiète de l'avenir de la lecture, Hubert Nyssen, fort de sa double expérience d'écrivain et d'éditeur, passe au tamis, avec humeur et humour, les craintes, les espérances, les prévisions et les prophéties qu'inspire le spectre continuellement brandi de la crise du livre. D'autres plumes, sur ce sujet, eussent été sentencieuses, moroses ou usur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  08 décembre 2012
Dans une longue lettre, Hubert Nyssen répond aux questions de Mademoiselle Esperluette. le livre, la lecture et l'écriture sont au coeur de ses réflexions. « C'est pourquoi il me paraît urgent de vous rappeler que livre et lecture sont en quelque sorte les amants rivaux d'une belle capricieuse qui se nomme écriture. » (p. 31) Il commence par s'interroger sur ce qui fait la valeur d'un livre, à savoir prophétiser sur sa gloire éternelle ou jouir du bonheur immédiat qu'il procure. Hubert Nyssen n'a pas peur de la crise du livre, il la trouve même salutaire en ce qu'elle secoue l'objet, sa pratique et ses pratiquants, les empêchant de se scléroser. « Une chose est de se demander où va le livre, une autre où va la lecture. » (p. 21) En fait, Hubert Nyssen n'a peur de rien, même pas du grand méchant ebook. Au détour d'une démonstration, il rappelle à sa jeune interlocutrice que la crise du livre n'est qu'une mise en abyme de la crise qui secoue la société. Il clôt son propos en faisant l'éloge du livre au travers des lecteurs, le premier ne pouvant vivre sans les seconds, l'inverse étant probablement tout aussi vrai.
Dès les premières lignes, cette correspondance unilatérale m'a rappelée les relations épistolières des Lumières, comme celle qui unissait Diderot et Sophie Volland. L'homme, souvent plus âgé, abordait moult sujets avec sa jeune amie qui, de disciple, devenait égale dans le débat d'idées. Hélas, rien de tel ici. le ton de l'auteur reste dogmatique, professoral et pontifiant quand il ne verse pas dans le paternaliste douteux, le tout dissimulé sous une bonhommie de mauvais aloi. Mademoiselle Esperluette n'est finalement qu'une jeune lectrice naïve, une oie blanche qu'il faut rassurer et parfois flatter. Piètre image de la femme lectrice… Hubert Nyssen est un homme qui sait ses lettres et qui ne se gêne pas pour l'étaler. La pirouette finale est tellement prévisible qu'elle est en presque risible, mais elle rattrape un peu le tout : on peut tout pardonner à un homme qui parle à un fantasme.
Une esperluette, c'est un signe topographique qui fait office de conjonction de coordination. Et la lettre d'Hubert Nyssen remplit cet office. Même si la forme m'a souverainement agacée, le fond est plein de bon sens. Il s'agit de montrer au lecteur qu'il n'est pas seul, même si l'acte de lecture silencieuse est éminemment solitaire. Hubert Nyssen fait de l'acte de lire un véritablement engagement. « de toute manière, le temps, et en particulier, le temps de lire, dites-vous bien qu'on ne le trouve pas, on ne le trouve jamais qui, tout à coup disponible, vous attendrait. le temps, ça se prend ou ça se perd ! Si vous voulez en disposer, vous ne pouvez que l'attraper, le choper, le ravir. C'est un choix à faire dans les priorités que vous vous donnez. » (p. 98 & 99)
Je termine ce billet en demi-teinte par deux citations que je vous laisse méditer.
« Car il ne suffit pas de savoir lire pour pouvoir lire. » (p. 64)
« Bien lire n'est pas trop lire, c'est encore moins lire par force. » (p. 82)
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Missbouquin
  06 décembre 2012
Lira bien qui lira le dernier est un petit texte qui sort de l'ordinaire – comme c'est souvent le cas lorsque c'est signé Hubert Nyssen. S'adressant à une lectrice imaginaire qui s'inquiète de l'avenir de la lecture, l'éditeur lui répond par une longue lettre (libertine) voulant apaiser ses inquiétudes. Avec humour, et un brin d'énervement parfois face au chaos du monde, Nyssen décortique les sentences quotidiennes annonçant la mort du livre.
« Pourquoi renonceriez-vous à l'émotion de l'inattendu, à la surprise de la découverte ? Vous avez encore accès aux livres, profitez-en ! La lecture est une passion, et que vaudrait une passion sans mystères ? Lira bien qui lira le dernier. »
Tel un vent de panique, l'apostrophe « c'est la crise », « où va le livre », ressurgit régulièrement. Or Nyssen s'interroge : le livre n'a t-il pas toujours été en crise ? Autodafés, démolitions, interdiction, les livres – et souvent les bibliothèques qui les hébergeaient – ont été la cible des autorités ou de révolutionnaires durant toute l'histoire de l'humanité.
Mais l'éditeur souligne habilement qu'ici, c'est le support papier qui est en crise, pas le texte lui-même, pas la lecture … Deux interrogations, deux angoisses distinctes, à distinguer à tout prix.
En ce qui concerne le support, il souligne que les gros lecteurs aiment toujours autant entasser les livres, aiment leur présence, leur présence physique.
En ce qui concerne le texte, il souligne que l'écriture se modifie à mesure que le livre évolue et que son lectorat se transfigure. C'est là une réflexion intéressante car c'est un mouvement à double sens : l'écrivain s'adapte à son public, son public s'adapte à l'écrivain qui s'adapte à son public. de là à envisager l'éventualité que la bonne littérature se perd à cause d'un mauvais public, il n'y a qu'un pas. Que je ne franchirai pas ici.
Pourtant, la rage d'écrire existe toujours « Rage d'écrire par rage d'exister, un besoin de donner de la voix dans le tumulte où l'on pourrait n'être pas entendu. »
Il réaffirme également « l'exception culturelle » qu'est le livre : « La question n'est pas d'avoir le meilleur produit au meilleur prix ni de subordonner par principe la sauvegarde d'une oeuvre à celle de la trésorerie, mais d'empêcher la création littéraire d'être laminée ou remplacée ou ensevelie par des livres complaisants et services, dans les lieux mêmes où elle était jusque-là présente. » Attention aux éditeurs qui verraient le livre comme un produit marchant comme les autres …
Avec raison, il remarque que de tout temps, la portion des lecteurs a été faible. Il faut avoir été « éduqué » pour savoir lire, non pas être allé à l'école mais avoir été habitué à se concentrer, se délecter des mots, se laisser porter par une histoire. Ce que les enfants d'aujourd'hui se savent pas toujours faire … Ceux qui déplorent que les gens ne lisent pas assez aujourd'hui sont trop souvent des négociants pour qui la qualité littéraire compte moins que celle d'un « lectorat considéré comme un marché qu'il importe d'affourcher et d'exploiter ».
En creux du discours de Nyssen, se dessine donc la figure du « vrai » lecteur, qui choisit ses lectures selon ses goûts, sans pression, ne se dépêche pas de les lire, n'est pas « asservi », donc heureux.
Épinglant les épiciers éditoriaux, dénonçant les prix littéraires, vilipendant les pseudo-écrivains pris d'angoisse s'ils ne publient pas un livre tous les deux, Nyssen n'a pas la langue dans sa poche, et c'est un plaisir de lire enfin quelqu'un qui a vécu pour ses idées et ne le cache pas.
Sa conclusion est pourtant tatillonne – mais la seule vraie position à avoir – à savoir qu'avec de tels bouleversements à la fois du support, du texte, de l'écrivain, du lecteur, de l'éditeur : qui peut prévoir l'avenir du livre ?
Avec en prime une belle écriture, et des anecdotes sur son métier d'éditeur, ce texte est un petit bijou !
Pour finir, une phrase qui répond à la question récurrente qui revient sur ce blog ou dans la vie réelle : comment trouves-tu le temps de lire autant ?
« le temps, ça se prend ou ça se perd ! Si vous voulez en disposer, vous ne pouvez que l'attraper, le choper, le ravir. C'est un choix à faire dans les priorités que vous vous donnez. » La lecture n'est pas une activité quand on a « rien d'autre à faire » …
D'ailleurs, la fin de cet article décousu approchant, je m'en vais lire …
« La littérature est un luxe; la fiction, une nécessité. » (G.K. Chesterton)
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MissG
  09 avril 2013
Cher Monsieur Nyssen,
A travers cette longue lettre, qui n'est au final pas si libertine que cela, et dans laquelle vous vous adressez à une demoiselle imaginaire, Esperluette de son nom, vous dressez un état des lieux du livre, de la lecture, que vous décrivez fort judicieusement comme amants : "C'est pourquoi il me paraît urgent de vous rappeler que livre et lecture sont en quelque sorte les amants rivaux d'une belle capricieuse qui se nomme écriture.", et par la même occasion du lecteur.
Force m'est de constater qu'énoncer il y a déjà quelques années de cela, votre point de vue est toujours ô combien d'actualité.
Oui, il est toujours question que la fin du livre soit pour demain, oui, il m'arrive parfois d'entendre une voix étonnée me dire : "Quoi ? Tu lis encore des livres papier ?", voire pire : "Les livres ? La lecture ? Ca ne sert à rien.".
Je pourrais alors me lancer dans un discours enflammé pour défendre ardemment le livre, le plaisir que revêt la découverte d'un auteur, de quelques heures passées en compagnie de personnages qu'il est très difficile de quitter, mais je préfère ne rien dire et laisser cette personne dans son ignorance d'un plaisir si simple et si enrichissant à la fois.
Mais tout ça, c'était avant de lire votre livre, et aujourd'hui je serai donc en mesure de rétorquer à toutes ces personnes : "Lira bien qui lira le dernier".
Vous le dites très justement : "Le livre n'est que le support actuel de la chose écrite, il n'est rien d'autre que l'outil utilisé dans un moment de l'histoire dont nous sommes encore les acteurs.", ainsi aujourd'hui le livre vit toujours dans sa version papier, mais il se développe aussi dans une version électronique et qui sait si demain il ne sera pas appris par coeur et raconté oralement comme le font les personnages de "Fahrenheit 451".
Je vous avoue que c'est avec curiosité que j'ai commencé à lire votre ouvrage, puis très rapidement par intérêt.
Je me suis reconnue dans beaucoup de vos propos et votre livre a eu le mérite de pousser un peu plus loin ma réflexion sur la lecture, les rôles à la fois du livre et du lecteur.
C'est un aspect que j'aime dans la lecture, lorsque ce qui est écrit me pousse dans mes retranchements et m'ouvre les yeux sur des aspects jusque là ignorés, ou qui étaient tellement évidents que je ne me posais aucune question.
La curiosité, surtout littéraire, n'est décidément pas un vilain défaut.
Et puis, cela a un côté rassurant de ne pas se savoir seule par rapport à ce que l'on pense, mais aussi dans l'état de fébrilité que peut nous mettre la lecture.
Vous ne laissez rien de côté et vous abordez tous les aspects de la question, n'hésitant pas à dire des vérités qui ne sont pas toujours bonnes ni plaisantes à entendre, notamment celles concernant les Prix Littéraires : "Après tout, mademoiselle Esperluette, il vaut mieux vous dire qu'un prix littéraire, ça ne fait pas plus le talent qu'une hirondelle ne fait le printemps.".
Votre expérience est d'autant plus intéressante que vous avez eu à la fois la casquette d'éditeur mais également celle d'écrivain, et que c'est fort de vos expériences personnelles que vous avez mené vos réflexions.
Quant à votre plume, elle est tout simplement savoureuse et délectable à lire et j'aime à dire que j'ai passé un agréable moment en votre compagnie.
Malheureusement, vous êtes de ces personnes que je ne pourrai pas rencontrer ici-bas afin de pouvoir prolonger la discussion sur votre ouvrage et plus généralement sur l'avenir de la lecture, et vous dire tout le bien que je pense de votre livre et des réflexions que vous y avez couchées sur papier.
Il me reste la consolation de savoir qu'il y a en chacun des lecteurs/trices de ce livre un peu de votre demoiselle Esperluette et que le dernier lecteur n'est pas encore né.
Une modeste lectrice.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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lauredanse
  08 janvier 2013
Voilà ici un livre qui est très intéressant et qui fait réfléchir, et en plus cultive par ses références littéraires !
Il s'agit ici d'une réponse faite aux inquiétudes d'une lectrice imaginaire, Madame Esperluette, inquiétudes visant le devenir de la lecture et du livre. Hubert Nyssen met au clair avant tout le fait qu'il ne souhaite pas se poser en prévisionniste « Je ne suis ni lointain disciple de Nostradamus ni adepte de Madame Elisabeth Tessier ». Il relève le fait que depuis toujours on se trouve en pleine crise du livre, et pourtant il est toujours là malgré les tentatives de destructions, commençant par les bibliothèques.
Pour lui livre et lecture sont bien distincts, le livre n'étant qu'un support. Il s'inquiète tout de même quant à la disparition possible du plaisir du livre papier comme on le connait, « une sensualité' qui risque de s'éteindre, « un désir ». Il est attaché à tout ce qui fait un livre, son format, ses caractères, son poids etc. Il reconnait pourtant que bien que la technologie puisse faire peur, elle a toujours apporté un plus qu'on n'avait sans elle auparavant « l'habileté de nos trouveurs et les progrès de la nanotechnologie peuvent nous valoir un jour prochain un in-dix-huit, vierge d'apparence, sur les pages duquel, comme s'ils étaient imprimés à l'encre sympathique, les textes apparaîtraient et s'éclipserait à la demande, un livre ainsi capable de nous permettre de choisir en un tournemain nos lectures dans toute la littérature du monde ».
Non, lui ce qui l'inquiète le plus dans tout ce monde de la littérature c'est l'importance de l'aspect mercantile, la mise en avant d'un livre non pas pour ses valeurs littéraires mais pour ses possibles valeurs en terme de bénéfice. de plus en plus de livres sont créés en rapport, par exemple, à l'actualité et dans le seul but d'avoir un retour marchand exceptionnel. Il remet en cause les prix littéraires qui pour lui sont plus basés sur des intérêts économiques que sur de réels jugements littéraires : « Après tout, Madame Esperluettes, il vaut mieux vous dire qu'un prix littéraire, ça nef ait pas plus le talent qu'une hirondelle ne fait le printemps ». Il déplore aussi les émissions culturelles tardives, qui sont reléguées à divertir les rares insomniaques pour laisser place « à des divertissements plus conformes aux exigences des publicitaires« .
Le vrai déclin que lui voit, c'est celui du vrai livre, de la littérature, face à tous ces livres nés pour le profit, mis en foucade pour l'amour de l'argent et non de la littérature. Alors son point de vue pourrait paraître prétentieux pour certains parfois car il défend fermement la « vraie » littérature, mais pour un passionné et face à des manipulations envers le lecteur pour le profit, et l'édition de tout et n'importe quoi, cela peut se comprendre. Il prétend que cela ne peut que perdre le lecteur et le détourner, au pire des cas, de la lecture, et aussi faire perdre la vraie valeur littéraire. Il a remarqué aussi l'arrivée de futurs éditeurs qui ne lisaient même pas de livre « l'on ne peut parler de la lecture et promouvoir le livre si l'on n'est soi-même lecteur ». Je pense que c'est d'une évidence implacable selon moi.
La représentation des femmes en tant que lectrices est de plus en plus évidente. D'après lui si quelqu'un devait sauver la lecture ce serait les femmes. Et même en tant qu'écrivains, elles ont une place qui prend de l'ampleur. La lecture est donc loin de voir sa fin pondre. Il est cependant inquiet de la perte de la richesse du langage qui fait ce qu'est la littérature, de l'appauvrissement du vocabulaire qui est forcément l'ennemi des livres et de la lecture (par exemple le Globish utilisé pour les négociations commerciales).
Ce qui m'a beaucoup marqué dans ce livre c'est lorsqu'il a parlé des histoires racontées, de quelles façons elles peuvent donner l'envie et le goût de la lecture : « en racontant ce qu'il y a dans les livres on peut donner envie de les lire ». Cela m'a fait retomber en enfance, avec ma mère qui me lisait des histoires le soir. Et je me dis aussi que si à l'école on avait pu me raconter comme cela des histoires j'aurais surement aimer les livres bien plus tôt, ou disons plutôt que je ne m'en serais pas écartée un temps. Il parle de cela aussi dans ce livre, l'importance de ne pas seulement faire lire, mais apprendre à lire, donc apprendre à aimer lire.
Mais ils parlent de bien d'autres choses aussi…
J'ai aimé ce livre, car il soulève diverses points de réflexion quant à la lecture, aux livres, tout cela avec humour, légèreté mais avec discernement et expérience, point de vue d'un amoureux de la lecture et d'un éditeur. C'est important de lire un livre de ce type je pense. Il n'est pas gros (127 pages) mais il en dit long, et ce sur des choses essentielles pour faire perdurer la lecture et les livres.
Lien : http://madansedumonde.wordpr..
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Accalia
  03 janvier 2013
De cet homme, j'ai déjà lu La sagesse de l'éditeur, petit essai sur l'édition qui m'avait beaucoup plu. Donc quand George l'a proposé au prix du Club des Lectrices, j'ai été ravie d'avoir à le lire.

C'est bien simple : voici une petite image du livre lui-même et du nombre de post-it que j'y ai insérer. je ne compte pas parler de tout, mais voici en gros ce que j'ai retenu de cette lettre ouverte et ce que j'en ai pensé :
Tout d'abord, et il insiste beaucoup sur ce point (et je suis tout à fait d'accord avec lui), il faut vraiment faire une bonne fois pour tous la différence entre la lecture et le livre (tout comme le déploiement de la lecture ne peut être comparé à l'alphabétisation, cela n'a rien à voir !)

Le livre c'est le format. La lecture, c'est l'acte de lire. La forme change et a toujours changer. On continue et on continuera à lire que cela soit sur du papyrus, un manuscrit, un livre ou une tablette!
Il faut arrêter de confondre et de tout mettre dans le même sac, ce qu'on fait beaucoup trop souvent. C'est le livre qui risque de disparaître et non la lecture qui est plus essentielle que jamais, puisque tout sur l'ordinateur se fait par lecture. Tu ne sais pas lire, tu ne peux pas te servir de l'informatique.
Ayant été éditeur très longtemps, il a beaucoup d'anecdotes très intéressantes sur le changement des oeuvres et des écrivains. Et il nous prévient contre le voyeurisme, en nous faisant remarquer qu'avant les auteurs se disaient : qu'est-ce que je vais pouvoir écrire et comment? Alors que la question posée à présent est plutôt : comment est-ce que je vais apparaître et qu'est-ce que les gens veulent? Et nous, les lecteurs, on se pose plus la question de «C'est qui ?» que «C'est quoi?».

Autre point abordé : les prix littéraires trop nombreux. Là encore, je suis d'accord avec lui. Il y en a tellement (et surtout ce sont toujours les mêmes maisons d'éditions qui gagnent depuis plusieurs années) que la notion de prix et de découverte littéraire ne veut plus dire grand-chose :C'est devenue une vraie compétition économique. le lectorat est devenu un marché qu'il convient d'exploiter au mieux.

On ne laisse donc que peu de chances aux nouveaux auteurs qui ont à faire leurs preuves très vite sinon ils sont hors-jeu.
La question du profit est devenue trop importante et c'est triste On passe peut-être à coté de chefs d'oeuvres qui ont besoin de plus d'un mois dans une librairie pour se faire connaitre. Avec toujours les mêmes best-sellers partout, on voit toujours la même chose dans les librairies et je suis sûre que je passe à côté de petites merveilles… C'est dommage.
Et il faut comprendre que les livres et la lecture ne sont pas pour toutes les personnes. C'est comme ça, il faut faire son deuil de l'idée de faire du monde entier une belle et grande famille de lecteurs. Certains ne peuvent pas lire de poésie, ou de romans ou ne lisent pas tout court. C'est ainsi, ils font autre chose et ils ne leur manquent rien. Vouloir les amener à la lecture à tout prix sous prétexte ne va pas les amener à devenir des grands lecteurs.

Ce que j'ai retenu surtout de cet essai ce fut un petit conseil que je compte essayer de suivre (et que je pense, je suis déjà d'une certaine manière) : il faut, très égoïstement, arrêter de vouloir freiner le progrès, qui viendra de toute façon et arrêter de ses poser 20 000 questions en ayant peur et…faire tout simplement ce qu'on souhaite. On veut lire sur une liseuse ? On lit sur une liseuse sans avoir à se justifier pendant des heures auprès des puristes indignés. On préfère les livres? Et bien on lit sur des livres et on envoie promener ceux qui veulent à tout prix vous convaincre qu'il faut vivre avec son temps. On veut des livres neufs ou bien d'occasion ou encore ceux de la bibliothèque ? On souhaite lire des livres compliqués ou jugés trop populaires ? On fait ce qu'on souhaite point final.
Bon mon plus grand problème avec ce livre a été la forme en fait. J'ai vraiment eu du mal avec la lettre ouverte et surtout le ton libertin…cela m'a vraiment mise mal à l'aise ses « ma belle » et tous les autres petits mots…

——————————–
Une lecture donc très instructive et plutôt agréable (à part pour une partie minime de la forme),je le conseille vivement aux personnes qui veulent en savoir plus sur la crise du livre sans lire un essai de 500 pages indigestes!
Merci à George pour cette découverte!
Lien : http://writeifyouplease.word..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   11 juin 2013
Vous l'aviez deviné, mademoiselle Esperluette, je la trouve assez fascinante la crise ! C'est pourquoi, quand on me dit le livre en crise, je me demande ce que serait le livre sans crise. De la nuit de son histoire jusqu'à nos jours, n'est-il pas toujours en crise ? Dans ses substances comme dans ses formes, dans les sujets et les styles, dans ses initiatives et ses audaces, dans ses déboires et ses bannissements. Le livre n'a-t-il pas connu de grandes renaissances où l'on avait cru le perdre ? N'est-il pas un phénix renaissant de ses cendres après les autodafés qui marquent son histoire, de la destruction de la bibliothèque de Thèbes par Akhenaton en 1358 av. J.-C. à celle de la Byzantine de Constantinople par les croisés en 1204, de la disparition des livres aztèques au Mexique en 1529 à l'incendie de la bibliothèque du Congrès de Washington par les Anglais en 1814, des autodafés nazis dans les années trente à la destruction des bibliothèques irakiennes en 2003 ?
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MissbouquinMissbouquin   06 décembre 2012
« Pourquoi renonceriez-vous à l’émotion de l’inattendu, à la surprise de la découverte ? Vous avez encore accès aux livres, profitez-en ! La lecture est une passion, et que vaudrait une passion sans mystères ? Lira bien qui lira le dernier. »
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PasoaPasoa   20 août 2017
Oui, voilà bien une autre des conditions dont l'avenir de la lecture dépend : l'attitude à l'endroit du temps.

Mais réfléchissez tout de même... Le désir d'arrêter le temps n'a jamais trouvé à se réaliser que dans les œuvres. Un tableau, une symphonie, un poème ou un roman sont autant de cadres dans lesquels le temps se trouve soudainement emprisonné, immobilisé, naturalisé. Et avec lui, vous qui regardez, écoutez ou lisez. Ce qui revient à dire que ne pas lire, ce serait perdre deux fois votre temps : le temps de lire et le temps à lire.

p. 68
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PasoaPasoa   18 août 2017
Depuis qu'il est livre et surtout depuis qu'il a pris au fil des ans, des proportions permettant de le fréquenter sans embarras, de l'emmener avec soi, d'en faire un objet familier, le livre est devenu un compagnon, parfois même un confident.
Il me souvient d'un écrivain, américain je crois, auquel un visiteur, promenant les yeux sur les livres qui tapissaient les murs de son cabinet, demanda s'il les avait tous lus. "Non, mais je vis avec", fut la brève réponse. Vivre avec... Qui ne comprend le sens de cette réplique ignore un grand mystère et un singulier plaisir.

p. 14-15
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fragglec1974fragglec1974   18 octobre 2011
Et à quoi donc servirait-elle, la lecture, si elle ne nous aidait à comprendre que chaque livre est un passage étroit entre deux « ailleurs », celui d’où nous venons avec souvent si peu de mémoire et celui vers lequel nous allons en aveugles?
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