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ISBN : 2714478751
Éditeur : Belfond (07/03/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une œuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent.

Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse.
Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  24 mars 2019
Ce roman est composé de courts récits, pas vraiment des nouvelles, qui ont des liens entre eux et mélange des évènement autobiographiques et d'autres qui le sont moins.
Ils sont rédigés organe par organe du corps humain et à chaque fois, l'auteure propose une illustration et une date. Exemple : le cou 1990 dans laquelle elle a été agressée mais s'en est tirée alors qu'une autre jeune femme y a laissé sa peau.
Dans poumons, elle raconte une expérience où elle a failli mourir noyée pour suivre les autres, elle avait sauté dans la mer d'un mur de 15 m, dans le noir.
C'est aussi un avion qui chute brutalement alors qu'elle se rend à Hong Kong pour y travailler, dans une période où la Grande Bretagne est en récession…
Celle que je préfère est « Ventre » 2003, où elle raconte la manière dont l'obstétricien l'a traitée durant sa grossesse et son accouchement, lui refusant une césarienne alors qu'elle a une encéphalite étant enfant qui lui a laissé des séquelles neurologiques rendant les choses impossibles sur le plan musculaire ! elle se fait traiter d'hystérique et il ne veut même pas récupérer son dossier médical de l'époque.
« Si vous étiez venue me voir en fauteuil roulant, j'aurais peut-être accepté de vous faire accoucher par césarienne. »
Bien-sûr, les choses se passeront mal et elle s'en sortira de justesse. L'auteur en profite pour parler de l'état lamentable du système de santé britannique où les femmes ont une chance sur 6900 de mourir en donnant naissance à leur enfant (1/ 19 800 en Pologne, 1/45 200 en Biélorussie).
« Mourir en couches semble être un danger totalement daté, une menace extrêmement lointaine entre les murs des hôpitaux des pays développés. Mais une enquête récente à classé le Royaume-Uni 30e sur 179 pays en matière de taux de mortalité maternelle. »
Elle aborde aussi les fausses-couches et la culpabilité qui en résulte, les problèmes de l'allaitement pas toujours aussi aisé qu'on peut le penser, mais aussi des thèmes universels : l'amour, l'infidélité qui se traduit par une nécessité de vérifier si l'on a été ou non contaminé par le virus de SIDA.
Elle frôle la mort plusieurs fois, que ce soit elle ou des membres de son entourage, comme sa fille qui présente une allergie alors qu'elle contrôle toujours tout : les aliments, les produits ménagers, la poussière etc.
Ce qui frappe, dans ce livre, c'est la manière dont l'individu réagit aux situations qui mettent la vie en péril, les leçons qu'il en tire et ses capacités de résilience.
J'ai beaucoup aimé ce livre, original, où j'ai retrouvé le style si caractéristique de Maggie O'Farrell qui m'a tant plu dans « L'étrange disparition d'Esme Lennox » que j'ai adoré ou plus récemment « Assez de bleu dans le ciel ».
Le titre est inspiré d'un texte de Sylvia Plath : « La cloche de détresse » : « I took a deep breath and listened to the old brag of my heart. I am, I am, I am. » Ce qui donne en français : « J'ai respiré profondément et j'ai écouté le vieux battement de mon coeur. Je suis, Je suis, Je suis. »
Je remercie vivement NetGalley est les éditions Belfond qui m'ont permis de découvrir ce livre en avant-première.
#IamIamIam #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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alexb27
  09 avril 2019
Avec I am, I am, I am, Maggie O'Farrell propose une autobiographie singulière en relatant, d’une écriture sensible, ses confrontations avec la mort. À travers 17 récits non chronologiques, se dessine le portrait d'une femme forte, intelligente et courageuse. S'esquissent aussi ses relations avec les autres, notamment avec son mari et ses enfants. C'est passionnant, étonnant, émouvant. Une ode à la vie. J'ai adoré !
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spleen
  06 mars 2019
L'auteur raconte dans la dernière partie de ce livre un épisode particulièrement marquant de la vie avec sa fille, atteinte d'eczéma chronique et allergique : lors d'un séjour en Italie, la petite fait une réaction anaphylactique qui comme à chaque fois peut conduire au décès si le choc allergique n'est pas traité à temps, et là hors de leur cadre de vie habituel avec toutes les consignes, boites de secours et urgences, la situation est encore plus stressante qu'habituellement et la mort peut survenir à tout moment avec cette sensation si pénible de ne pouvoir agir .
Finissant par cette expérience éminemment traumatisante dont la narration fait frémir d'angoisse , Maggie O'Farell rapporte dans de très brefs chapitres portant chacun le nom d'un organe agrémenté d'une illustration digne de vieux livres d'anatomies , des expériences vécues de mort évitée de peu.
Chaque relation est émouvante, racontée avec des mots simples au présent, on a l'impression d'être dans un mauvais rêve dont on va se réveiller et se sentir heureux d'être en vie !
Les bénéfices de ce livre sont destinés à la recherche sur l'anaphylaxie .
A éviter pour les lecteurs trop sensibles ou hypocondriaques ...
Je remercie NetGalley et les Editions Belfond
#IamIamIam #NetGalleyFrance
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LadyDoubleH
  04 avril 2019
« La mort m'a frôlée sur ce sentier, de si près que je l'ai sentie, mais c'est une autre fille qu'elle a attrapée et emportée avec elle. »
I am, I am, I am, le nouveau livre de Maggie O'Farrell, est une autobiographie qu'elle nous livre au prisme d'un fil rouge, celui de toutes les fois où la mort l'a effleurée. Dix-sept chapitres, comme autant de nouvelles, d'instantanés, de tranches de sa vie qu'elle conte, admirablement. Sans fard, sans pathos, avec lucidité, franchise et humilité. Pour tout dire, j'ai trouvé les parties assez inégales, mais l'ensemble est vraiment à part, et bouleversant. Une fois terminé, j'ai su que ce livre était un coup de coeur, qu'il m'a marquée, que j'en relirai des passages.
I am, I am, I am a une construction non linéaire. Dans un chapitre, Maggie a trente-trois ans, le suivant vingt-huit, puis dix-neuf, trois, vingt-six, vingt-deux, etc. Sa vie déjà très remplie de gens et d'expériences peu communes se trouve ainsi comme décuplée. L'effet est assez saisissant. Mais surtout, cette construction finement réfléchie nous permet d'aborder le point d'orgue des deux derniers chapitres, avec en main toutes les cartes pour vraiment les comprendre.
A huit ans, en 1980, Maggie O'Farrell a contracté un virus. Encéphalite, syndrome cérébelleux, ataxie, elle a passé un an en fauteuil roulant et gardé une faiblesse musculaire, ainsi que des dommages nerveux et cérébraux. Elle ne pouvait plus ni marcher ni écrire, elle a même été tout un temps entièrement paralysée (comme « une mouche piégée dans de l'ambre ») (j'ai pensé à Emil Ferris ! – sauf que cette dernière, c'était à quarante ans). Elle en parle plus précisément dans le chapitre « le cervelet, 1980 ». Quel récit, quel choc. J'ai vibré d'empathie tout du long. L'extrême violence maltraitante des institutions de santé. La cruauté des enfants en milieu scolaire. Et Maggie O'Farrell nous raconte tout cela sans aucun pathos, avec même souvent de l'humour, vraiment, chapeau.
On retrouve dans certains chapitres des éléments de sa vie dont elle a parlé dans ses romans – c'est émouvant. Surtout La distance entre nous, avec Hong-Kong, l'hôtel en Écosse et la maladie de la soeur de l'héroïne. Mais aussi Assez de bleu dans le ciel et l'eczéma chronique du garçon.
En effet, la fille de Maggie souffre depuis sa naissance d'un eczéma extrêmement sévère, compliqué par de multiples allergies. le dernier chapitre de I am, I am, I am raconte le choc anaphylactique de la petite alors qu'ils sont perdus dans la campagne italienne, sans couverture réseau ni GPS (le chapitre « Ma fille, aujourd'hui »). Elle parle de ses enfants, de la maternité, de ses grossesses, fausses couches et accouchements. le chapitre « le ventre, 2003 », et l'épisode d'une césarienne épouvantable est édifiant. le corps médical en prend encore un coup, surtout certains médecins qui n'écoutent rien et le sous-effectif récurrent.
J'ai beaucoup aimé aussi la partie « Les poumons, 2010 » où elle évoque longuement sa découverte de Rome à dix-sept ans. J'avais le même âge qu'elle quand je suis allée à Florence pour la première fois, Rome ce fut l'année suivante, et comme elle ce fut un moment charnière de ma vie, un avant un après. Une révélation. « Je n'avais rien vu de tel. Tout me plaisait au point d'en avoir mal. » Pour Maggie O'Farrell, les voyages sont « la seule chose, en dehors de l'écriture, capable d'apaiser le bouillonnement persistant, continu qui [l]'anime »
I am, I am, I am est un livre cathartique. Émaillé d'expériences peu communes (sauter d'une jetée en Écosse en plein hiver ou se trouver dans un avion en chute libre), de voyages, (sa vie à Hong-Kong, sa visite du temple bouddhiste le plus sacré de Chine, le Transsibérien, des vacances en France, au Chili, une mission en Afrique), on la voit chercher sa voie, tomber amoureuse, écrire son premier roman, essayer à toute force d'avoir un deuxième enfant. C'est elle, et puis c'est nous. C'est sa vie mais aussi la nôtre, enfants de nos siècles, nos questionnements, nos errances, le miracle à chaque instant d'être en vie. A ceux qui lui disent, après tout ce qu'elle a vécu et qu'elle vit encore, mince tu n'as pas eu de chance, abasourdie, elle leur répond, mais si, tellement ! Je suis toujours en vie.
Un coup de coeur, donc, pour ce témoignage remarquable. Merci Maggie O'Farrell. Merci Sarah Tardy pour cette traduction lumineuse.
« Il faut attendre l'inattendu, le saisir à bras le corps. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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cathulu
  03 mars 2019
Le projet de Maggie O'Farrell ? "raconter la vie de quelqu'un , mais uniquement à travers ses expériences avec la mort."
Chacun des dix-sept chapitres, dûment datés et illustrés façon vieille planche d'anatomie, est consacré à une partie du corps de l'autrice-narratrice, car c'est bien de Maggie O'Farrell qu'il s'agit ici. Et cela commence très fort par un texte d'une tension dramatique extrême ,dont on se dit qu'après cela les choses ne pourront que baisser en intensité. Pas vraiment.
Chacune des expériences qui nous est relatée frappe par sa volonté de vérité dans l 'expression des sensations et des sentiments. Maggie O'Farrel scrute, écrit à l'os, ne se donnant jamais le beau rôle, mais décrivant au plus près pour mieux nous les faire ressentir la douleur, "Une douleur sans rebord, parfaite, parfaite comme une coquille d'oeuf.", la violence des institutions de santé dont l'enfant qu'elle a été, mais aussi la femme, ont été victimes. Pas de course au dolorisme pour autant. Si l'auteure évoque l'hémorragie post-partum dont elle a failli mourir, et rappelle que "mourir en couches semble être un danger totalement daté, une menace extrêmement lointaine entre les murs des hôpitaux des pays développés" , c'est aussi pour mieux dénoncer le taux de mortalité maternelle anormalement élevé du Royaume-Uni ,ou évoquer un sujet tabou: les fausses couches et la manière dont elles sont trop souvent balayées d'un revers de la main.
La mort, elle la connaît donc de près, et ce depuis l'enfance. En effet, atteint d'une encéphalite, dont elle garde encore des séquelles, Maggie O'Farrell sait dans sa chair ce qu'est le poids du regard et des réflexions des autres, mais aussi la bienveillance et la confiance que l'on peut trouver dans une main anonyme que l'on serre ou des mots de réconfort. de quoi braver tous les pronostics pessimistes.
Le livre se termine par une course contre la montre, contre la mort, un condensé de souffrances, mais aussi une réaffirmation de la vie coûte que coûte. Un coup de poing -coup de coeur qu'on n'oubliera pas de sitôt.
Un texte qui file directement sur l'étagère des indispensables , bien sûr.
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critiques presse (3)
LeFigaro   18 avril 2019
La romancière britannique raconte dix-sept instants où elle a frôlé la mort. Un récit saisissant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   09 avril 2019
Dans I am, I am, I am, l’écrivaine irlandaise raconte en dix-sept nouvelles anatomiques une série d’instants où elle a senti la mort la frôler.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   20 mars 2019
La romancière a attendu d’avoir 45 ans pour écrire un récit autobiographique en dix-sept chapitres bouleversants et universels. I am, I am, I am est un remède contre la peur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   24 mars 2019
Quand on vous frappe ou que l’on vous fait du mal, enfant, l’impuissance, la vulnérabilité que vous ressentez, la rapidité avec laquelle une situation peut déraper, aussi vite qu’un battement de cils, qu’une respiration, sont des choses que vous n’oubliez jamais.
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elleaimelireelleaimelire   28 février 2019
La chute est plus rapide qu'on le croit. Il y a un grand souffle, comme un courant d'air qui s'infiltre par une porte ouverte brusquement, puis je suis enveloppée dans une autre dimension, avalée par la mer.
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HistoiresdenlireHistoiresdenlire   08 avril 2019
Les personnes qui nous enseignent quelque chose gardent une place particulièrement vive dans nos souvenirs. Je n'étais mère que depuis dix minutes lorsque j'ai rencontré cet homme, mais il m'a appris, par un simple geste, l'une des choses les plus importantes sur le rôle de parent : qu'il faut de la gentillesse, de l'intuition, du toucher, et que, parfois, il n'y a même pas besoin de mots
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HistoiresdenlireHistoiresdenlire   22 mars 2019
Frôler la mort n’a rien d’unique, rien de particulier. Ce genre d’expérience n’est pas rare; tout le monde, je pense, l’a déjà vécu à un moment ou à un autre, peut-être sans même le savoir. (…). Prendre conscience de ces moments vous abîme. Vous pouvez toujours essayer de les oublier, leur tourner le dos, les ignorer : que vous le vouliez ou non, ils vous ont infiltré et se logeront en vous pour faire partie de ce que vous êtes, comme une prothèse dans les artères ou des broches qui maintiennent un os cassé.
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LucilliusLucillius   10 avril 2019
L'être humain fait ce qu'il doit faire pour survivre; nos ressources face à l'adversité sont multiples.
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Video de Maggie O’Farrell (1) Voir plusAjouter une vidéo
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