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Michel Persitz (Traducteur)Colette Audry (Préfacier, etc.)Lois Ames (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070712184
Éditeur : Gallimard (14/01/1988)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 202 notes)
Résumé :
La Cloche de détresse (titre original : The Bell Jar) est l'unique roman de l'écrivaine américaine Sylvia Plath, tout d'abord publié sous le pseudonyme de Victoria Lucas en 1963, un mois avant la mort de son auteur. Il s'agit d'un roman semi-autobiographique, dans lequel les noms des lieux et des personnes ont été changé afin d'éviter toute polémique. Après le suicide de Sylvia Plath, le roman a été de nouveau publié, sous sa véritable identité cette fois, et cela a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  02 novembre 2016
La cloche de détresse est le récit bizarre de la descente aux enfers et dans la dépression d'une très jeune fille. Esther Greenwood, car c'est ainsi qu'elle s'appelle, oscille entre exaltation et désespoir vengeur tant qu'elle vit des moments excitants à New York. Avant de s'effondrer complètement lorsqu'elle doit rentrer dans sa petite ville natale : impossible pour elle alors de se laver, de dormir, de sortir, d'écrire, de lire, de se lever, de faire des projets... S'en suit une série de soins médicaux : rendez-vous chez le psychiatre, hospitalisations, électrochocs...
Difficile de ne pas faire le parallèle entre l'héroïne et l'auteure elle-même, qui s'est donné la mort à peine un mois après la publication du roman. Pourtant, elle a essayé de donner une fin pas trop pessimiste à son histoire, et elle raconte la dépression de manière désincarnée, comme si elle en était très loin et ne la vivait pas de l'intérieur. C'est d'ailleurs assez troublant de la lire tour à tour abattue par son mal-être ou distraite par une anecdote ou une rencontre.
On a beaucoup dit que sa souffrance venait du dilemme 'être femme et mère' ou 'devenir écrivain'. Mais ce n'est pas ce que j'ai ressenti. J'ai eu l'impression qu'Esther souffrait "juste" de ses questionnements existentiels, de ses doutes, ainsi que d'épuisement moral et peut-être d'une grande lucidité quand au tragique de la vie. Autrement dit 'puisque tout est si vain et si difficile à acquérir, pourquoi même essayer?'.
Ses relations avec les autres sont très étonnantes : un mélange de répulsion, d'indifférence et de désir face aux hommes, une complicité rieuse mais superficielle avec les jeunes filles qui l'entourent, que ce soit à New York ou en hôpital psychiatrique, pas grand chose avec sa famille...
De manière générale, le livre est assez déroutant et dérangeant, et exige peut-être plusieurs lectures pour livrer les secrets cachés dans sa cloche.
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LiliGalipette
  01 janvier 2013
Esther Greenwood est une jeune fille talentueuse, invitée à New York pendant un mois après avoir remporté un concours d'écriture. Au fil des nuits, elle expérimente les débauches les plus diverses. Mais cet abus d'exubérances la laisse froide, rien ne lui semble ressembler à la vie. Peu à peu, l'obsession de la mort s'empare d'elle. « Je ne pouvais m'empêcher de me demander quel effet cela fait de brûler vivant tout le long de ses nerfs. » (p. 13) Lassée des soirées et des mondanités, elle redoute toutefois le retour chez elle et attend une réponse positive pour assister à un cours d'été en littérature.
Hélas, sa candidature n'est pas retenue et un été morne et vide se profile. Esther se laisse gagner par un lent découragement et une douloureuse prise de conscience. « le problème était que cela faisait longtemps que je ne servais à rien, et le pire, que ce n'était que maintenant que je m'en rendais compte. » (p. 89) Esther ne peut plus dormir, ni lire, ni écrire ou manger. Rongée de fatigue et désespoir, elle glisse dans une dépression nerveuse et cherche à mourir plusieurs fois, en vain. « C'est alors que j'ai compris que mon corps possédait plus d'un tour dans son sac ; du genre rendre mes mains molles au moment crucial, ce qui lui sauvait la vie à chaque fois, alors que si j'avais pu les maîtriser parfaitement, je serais morte en un clin d'oeil. » (p. 176) Esther se détache de la vie, des siens, de son avenir et même de son corps. La voilà « prisonnière de cette cloche de verre » (p. 202) qui pèse de plus en plus et l'isole du monde et d'elle-même.
Esther est admise dans diverses cliniques et subit une électrothérapie. Reprendre pied dans le monde semble inaccessible, même si le retour au collège reste un lointain espoir. Avant toute chose, elle doit se libérer de sa dépression, briser la cloche qui l'emprisonne. « Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n'était qu'un mauvais rêve. » (p. 260) Esther n'est pas seule dans la clinique, elle retrouve Joan, une ancienne camarade. Entre les deux jeunes filles, un lien étrange se crée. Quand l'une progresse, l'autre va plus mal et vice-versa, comme des Castor et Pollux sous tranquillisants. S'échapper de la cloche de verre, de cette cloche où résonne la détresse comme un écho interminable et assourdissant, c'est plus qu'un combat, c'est un pari sur la vie à la fois hasardeux et nécessaire.
Ce récit à la première personne montre la dépression et la folie comme deux voisines qui se fréquentent de trop près. D'inspiration largement autobiographique, La cloche de détresse est un roman dérangeant et fascinant. Je me suis sentie étrangement proche d'Esther : la jeune fille bouillonne d'inspiration et de génie, mais est incapable de transformer la poussée créatrice en oeuvre, au pont d'en venir à se détruire pour finalement produire quelque chose et avoir prise sur un aspect de son existence. La rédemption finale est annoncée dès le début puisque le récit est rétrospectif, mais l'histoire n'en reste pas moins haletante. On voudrait tellement aider Esther, même on se heurte indéfiniment à la même cloche de verre. Voici le roman qui ouvre mon année livresque 2013. Certes, le sujet n'est pas des plus réjouissants, mais la plume est éblouissante, à la fois torturée et vibrante.
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colimasson
  20 août 2013
Sylvia Plath a brillamment réussi à réaliser ses ambitions littéraires. Dans la Cloche de détresse, elle évoque ses années de jeunesse avec un certain réalisme biographique dont nous évaluons mal les limites, mais qui s'inspire sans doute des épisodes les plus marquants de son existence. Après une reconnaissance fulgurante de ses poèmes –presque trop pour vouloir signifier quelque chose-, la narratrice Esther Greenwood est invitée à passer l'été à New-York avec les autres lauréates d'un concours littéraire. Si le passage d'une vie routinière à une existence scandée par les soirées mondaines se passe relativement bien, le retour au bercail sera le déclencheur d'une apathie dépressive. Esther Greenwood ne peut plus vivre comme avant. Tout lui semble dénué d'intérêt car si loin de la vie qu'elle aimerait mener… Les interrogations de cette jeune fille sont celles qui hantèrent réellement Sylvia Plath : comment concilier à la fois ses ambitions de femme de lettres et ses envies de fonder un foyer ? Esther Greenwood a découvert une part inconnue de la réalité mais elle s'en sent d'autant plus étrangère que cette incursion dans la vie mondaine lui semblera ensuite inaccessible. L'existence qu'elle a mené jusqu'alors l'a coincée sous une cloche de verre –sitôt découverte, celle-ci est devenue une cloche de détresse.

La suite du parcours d'Esther Greenwood nous conduira de thérapeutes en infirmiers, jusque dans les salles d'électrochocs des instituts psychiatriques les plus réputés. Rien ne semble toutefois pouvoir l'aider à concilier ses ambitions et la réalité. Si les troubles psychiques d'Esther ne s'extériorisent plus, ils continuent cependant à marteler ses pensées. Ces obsessions opèrent en douce et se faufilent dans le texte avec une discrétion presque anodine. Il faudrait relire ce roman plusieurs fois pour comprendre qu'il s'agit du mode opératoire le plus radical de la dépression : elle agit dans le dos de ses victimes et essaie de taire son nom le plus longtemps possible.

La cloche de détresse traduit bien l'expérience d'une dépression vécue de l'intérieur. Dans toute son indifférence et dans la sobriété mesurée de ses propos, Sylvia Plath évoque ses tourments sans complaisance. Elle nous montre que la dépression n'est peut-être pas seulement un mal individuel mais qu'il s'inscrit en continuité d'un sort communément partagé par le plus grand nombre. Ce qui différencie ses victimes, c'est la capacité ou non de chacun à se rendre compte de ses limitations et de l'étau qui restreint les possibilités de son existence.

« Qu'y avait-il de se différent entre nous, les femmes de « Belsize » et les filles qui jouaient au bridge, bavardaient et étudiaient dans ce collège où j'allais retourner ? Ces filles aussi étaient assises sous leur propre cloche de verre. »

Cette constatation, en regard du reste du roman, aurait dû réconforter Sylvia Plath. Et pourtant, c'est une fois arrivée à ce stade de sa réflexion qu'elle se suicidera. Peut-être est-ce là ce qui différencie la vraie dépression de la simple mélancolie lucide.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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michfred
  27 août 2017
La cloche de détresse est un livre éprouvant.
Dans un quotidien festif- un groupe de jeunes filles couronnées de prix littéraires passe une semaine de fêtes et de banquets dans un grand hôtel new yorkais- s'engouffre soudain ce qu'on attendait le moins: une profonde angoisse existentielle qui déréalise les épisodes les plus mondains , donne aux événements une allure inquiétante, cauchemardesque qu'il s'agisse d'une beuverie ou d'une intoxication alimentaire, d'un flirt assez poussé avec un psychopathe endiamanté ou d'une invraisemblable opération de "séduction" dans un amphi de médecins où a lieu ...un accouchement!
Le ton léger, cynique, cache de plus en plus mal le vertige intérieur qui creuse chaque anecdote, passée ou présente.
La poétesse Sylvia Plath a publié ce premier et unique roman, largement autobiographique, un mois avant son suicide. Elle y entreprend, sur un ton fitzgeraldien , tout d'abord, de retracer un épisode douloureux de sa vie de jeune fille : une terrible dépression, suivie d'un internement et d'une serie d'électrochocs, dont elle sort pour reprendre, brillamment, sa carriere d'étudiante surdouée et de poète. Jusqu'à ce que la maniaco-dépression la retrouve..
La cloche de détresse tinte en sourdine dès les premières pages, puis nettement et jusqu'au malaise.
Elle prend parfois la forme d'un défi absurde -la descente à ski- ou d'une féerie macabre-la garde-robe voletant du haut d'un building dans la nuit new yorkaise.
Parfois celle d'une epreuve initiatique obligatoire- le sexe, la défloration, qui s'apparente au viol, au meurtre.
C'est la cloche du bureau paternel montée en lampe dont le fil pelucheux électrocute la jeune Esther- lui donnant un cruel avant-goût des "soins" qui l'attendent- quand elle veut prendre près d'elle ce souvenir d'un père adoré et disparu, avec le bonheur, quand elle avait neuf ans.
C'est enfin la cloche de verre sous le boisseau de laquelle elle a l'impression de vivre, coupée du réel, isolée de ses propres émotions, comme dans un mauvais rêve.
La retenue, la pudeur, l'élégance de la forme maintiennent à distance les sombres remous des troubles bipolaires qui tentent de happer et parfois saisissent cette jeune poétesse pleine de talents et de promesses.
Mais l'élégance et l'humour -glacé- ne sont pas tout : le style a souvent des fulgurances, des embardées qui laissent pantois. La cloche fêlée, comme celle de Baudelaire, est une cloche de poète. Elle est pleine d'images et de musique.
Cette cloche de détresse avait dans son bronze toute une gamme pour exorciser la folie.
Un triste jour, alors que ses deux jeunes enfants dormaient à l'étage, Sylvia Plath, terrassée par une vague trop forte d'angoisse , n'a plus su ou plus voulu la faire tinter. Et a mis sa tête dans la cuisinière à gaz.
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Corboland78
  13 avril 2013
Sylvia Plath, née en 1932 dans la banlieue de Boston et décédée en 1963 à Londres, est une écrivaine américaine. Elle a principalement écrit des poèmes et un seul roman, La Cloche de détresse, paru en 1963, peu de temps avant son suicide.
Esther Greenwood, dix-neuf ans, est l'une des douze lauréates d'un concours de poésie organisé par un magazine de mode de New York pour y suivre un stage durant l'été. Elle fait la connaissance de Doreen, qu'elle méprise un peu tout en cherchant à lui ressembler et à la suivre lors de ses sorties de réceptions en soirées futiles, elle mène ainsi une vie mondaine à laquelle elle n'était pas habituée.
A son retour chez sa mère, près de Boston, elle apprend qu'elle n'est pas reçue au cours de littérature, avenir qu'elle envisageait. Elle se trouve alors confrontée à un choix de vie, se lancer dans l'étude de la sténodactylo pour avoir un vrai métier, comme sa mère secrétaire le lui suggère fortement, ou bien espérer un mariage et une vie de femme au foyer avec les enfants à éduquer. Elle ne sait quel choix faire car Esther n'est pas de cette espèce et cette alternative n'offre aucune possibilité satisfaisante pour elle. D'où, insomnies et dépression.
Elle consulte alors un psychiatre, qui lui prescrit une thérapie par électrochocs, sans résultats tangibles si ce n'est de la pousser à faire des tentatives de suicide divers, la dernière la conduisant dans une institution psychiatrique où elle se fera de nouveaux amis certes, mais où elle sera encore une fois soumise à un traitement par électrochocs.
On ne peut lire ce roman sans faire le rapprochement avec la vie réelle de Sylvia Plath qui se suicidera après sa parution, car il porte la marque d'une confession ou plus exactement, d'un compte-rendu exact et vécu d'une mort annoncée. C'est en cela qu'il est poignant et émouvant, car le lecteur sait que ce qu'il lit n'est pas une fable ou un habile roman écrit par un écrivain bien documenté. Personnellement, j'ai ressenti l'importance de savoir cela avant d'entamer ma lecture, car sinon on risque de passer à côté de l'aspect tragique du roman. Peut-être est-ce un peu malsain ou voyeur, mais nier ce fait serait mentir et l'on risque de lire cet ouvrage rapidement sans en mesurer toute son ampleur.
Je m'explique, Sylvia Plath a une écriture énergique, pleine de vie oserais-je écrire, ce qui ne colle pas avec l'idée qu'on se fait d'une personne dépressive. Ainsi, si cette histoire n'était vraie ou presque, on aurait du mal à y croire ou s'y intéresser, on pourrait chipoter qu'il s'agit d'une crise d'adolescence pas si originale que cela. Pourtant Esther va entrer en dépression, mais avec tellement de délicatesse, comme sur la pointe des pieds, qu'on ne s'en rend quasiment pas compte.
Son héroïne, Esther Greenwood, fine observatrice, porte des jugements acérés sur ceux qui l'entourent, fait preuve d'un tempérament froid et réfléchi, elle ne manque pas de tonus. Par contre, elle est tiraillée intérieurement entre son envie d'écrire et d'y consacrer sa vie, et ce que lui propose le monde dans lequel elle vit en cette fin des années 50, un boulot de secrétaire ou une place de femme au foyer. Jeune fille mal dans sa peau et en avance sur son temps par sa préfiguration de ce que seront les mouvements féministes à venir, elle n'est jamais à sa place où qu'elle soit et quoi qu'elle fasse. Elle se regarde survivre avec effarement, prise entre plusieurs personnalités, écartelée. « Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n'est qu'un mauvais rêve ».
La fin de l'ouvrage n'en est que plus dramatique et émouvante, Esther Greenwood va peut-être quitter l'établissement psychiatrique où elle est traitée mais nous ne le savons pas réellement, par contre l'avenir de Sylvia Plath est écrit, l'Histoire nous l'a dit.
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
alexiarivaletalexiarivalet   14 décembre 2017
Je savais bien que je devrais être reconnaissante envers Mme Guinéa, malheureusement je ne ressentais rien du tout. Si Mme Guinéa m'avait offert un billet pour l'Europe, pour le tour du monde, ça n'aurait rien changé du tout, car, où que je me trouve - sur le pont d'un navire, dans un café à Paris ou à Bangkok - je serais toujours prisonnière de cette cloche de verre, je mijoterais toujours dans le même air vicié.
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alexiarivaletalexiarivalet   14 décembre 2017
La présence de Jody, Mark et Cal commençait à me taper sur les nerfs, un peu comme un gros morceau de bois qu'on baladerait sur les cordes d'un piano. A chaque instant j'avais peur de perdre le contrôle de mes nerfs, de me mettre à raconter que je ne pouvais ni lire, ni écrire, et que je devais bien être la seule personne au monde à n'avoir pas dormi pendant un bon mois sans tomber raide morte d'épuisement.
J'avais l'impression que mes nerfs fumaient comme les grils et la route saturée de chaleur. Tout le paysage, la plage, l'arrière-pays, la mer et le rocher tremblotaient devant mes yeux comme un décor de théâtre.
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alexiarivaletalexiarivalet   14 décembre 2017
J'ai disposé au pied de la tombe la botte d'azalées que j'avais arrachées sur un arbuste à l'entrée du cimetière. Mes jambes ont cédé sous moi et je me suis retrouvée assise dans l'herbe détrempée. Je ne savais pas pourquoi, mais je pleurais toutes les larmes de mon corps.
Je me suis souvenue que je n'avais pas pleuré lors de la mort de mon père.
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RekaReka   16 mai 2011
Je me sentais comme un cheval de course dans un monde dépourvu d’hippodromes, ou un champion de football universitaire parachuté à Wall Street dans un costume d’homme d’affaires, ses jours de gloire réduits à une petite coupe en or posée sur sa cheminée avec une date gravée dessus, comme sur une pierre tombale. Je voyais ma vie se ramifier devant mes yeux comme le figuier de l’histoire. Au bout de chaque branche, comme une grosse figue violacée, fleurissait un avenir merveilleux. Une figue représentait un mari, un foyer heureux avec des enfants, une autre figue était une poétesse célèbre, une autre un brillant professeur et encore une autre Ee Gee, la rédactrice en chef célèbre, toujours une autre l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Sud, une autre figue représentait Constantin, Socrate, Attila, un tas d’autres amants aux noms étranges et aux professions extraordinaires, il y avait encore une figue championne olympique et bien d’autres figues au-dessus que je ne distinguais même pas. Je me voyais assise sur la fourche d’un figuier, mourant de faim, simplement parce que je ne parvenais pas à choisir quelle figue j’allais manger. Je les voulais toutes, seulement en choisir une signifiait perdre toutes les autres, et assise là, incapable de me décider, les figues commençaient à pourrir, à noircir et une à une elles éclataient entre mes pieds sur le sol. (p. 88)
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colimassoncolimasson   10 janvier 2014
J’ai horreur de parler à un groupe. Quand je dois parler à un groupe, j’essaie toujours d’isoler une personne et de lui parler à elle, mais pendant que je parle je sens que les autres m’observent et me prennent en traître. J’ai également horreur des gens qui vous demandent pleins d’entrain comment vous vous sentez et qui s’attendent à ce que vous leur répondiez « Très bien » alors qu’ils savent pertinemment que vous êtes à l’agonie.
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Video de Sylvia Plath (3) Voir plusAjouter une vidéo
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