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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
EAN : 9782742766840
205 pages
Éditeur : Actes Sud (23/03/2007)
3.61/5   125 notes
Résumé :
Une petite fille touchée par l'élégance d'un vieil homme le suit dans son île et devient son alliée face à l'hostilité du monde environnant. Dans la maison vit aussi un hamster. Le regard de ces petits animaux dépourvus de paupières ne se détourne jamais, ne s'efface jamais. Une jeune Japonaise prend l'avion pour l'Europe. A ses côtés s'installe un homme d'une trentaine d'années, très vite il se met à parler puis s'endort. La jeune femme, incapable d'un tel abandon,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
3,61

sur 125 notes
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Piatka
  09 mars 2014
Huit nouvelles qui tournent autour du sommeil ou de son absence, mais où affleurent aussi le rêve, la rencontre, le regard, l'immobilité, l'abandon.
En définitive, quelques jours après avoir refermé ce livre, j'en garde l'impression tenace d'avoir au fil des histoires pénétré un univers très personnel teinté subtilement d'insolite, de fantaisie aigre-douce, flirtant avec le fantastique.
Quelle imagination et quelle subtilité dans l'art de la narration ! Je ne suis pas très fan de nouvelles d'ordinaire, préférant l'espace du roman qui permet à l'auteur de prendre de l'ampleur, de développer à son aise arguments et intrigues. En fait, je trouve souvent une nouvelle étriquée et pour tout dire pauvre par rapport au roman. Rien de tout ceci ici, j'ai dévoré avec délectation ce recueil enchaînant les nouvelles d'une trentaine de pages en moyenne ( douze pages même pour la plus courte ), agréablement surprise par leur originalité, leur intensité et leur ton si particulier.
Chaque histoire est très différente, mais que l'on soit embarqué à bord d'un avion, installé dans un jardin, une cuisine, au bord d'une piscine, en quelques phrases précises au style magnifique, le cadre est planté, l'intrigue se noue, la magie opère et la chute est toujours surprenante et inattendue, incomplète presque, ouvrant la porte à l'imagination du lecteur, sans frustration.
Bien sûr, parmi ces huit nouvelles, j'ai mes préférées...Gardez les paupières ouvertes pour choisir les vôtres.
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kuroineko
  13 décembre 2017
Autre recueil de nouvelles de Ogawa Yôko, autres ambiances. Dans Les paupières, les thèmes flirtent parfois avec une surréalité ténue et ambiguë. Une spécialité de l'auteure qui fait osciller avec tant de raffinement le voile si fin séparant le réel de ce qui ne l'est plus. le Japon est la terre des Kami, ces divinités inhérentes à tous les aspects de la Nature dans le shintô. C'est ce qui explique, certainement, la porosité de cette frontière.
Ogawa Yôko nous promène beaucoup dans ce recueil car plusieurs récits, sur les huit qui le composent, se déroulent à l'étranger, en particulier à Vienne. le sommeil et, surtout, son absence, occupe également une place importante dans diverses histoires. Les narratrices souffrent en effet d'insomnie chronique et vont même jusqu'à entamer de lointains voyages pour essayer de trouver une nuit qui leur soit propice.
Les nouvelles offrent un caractère déroutant et étrange à la lecture. Elles se terminent parfois sans qu'une chute vienne clore l'histoire. Déroutant mais pas dérangeant car c'est un trait qui se retrouve somme toute fréquemment dans la littérature japonaise (dans d'autres également). A chaque lecteur de poursuivre son récit intérieur.
Les Jumeaux de l'avenue des Tilleuls m'a particulièrement touchée, avec cette rencontre à Vienne entre un écrivain japonais et son traducteur pour l'Autriche, vieux monsieur physiquement diminué qui vit depuis toujours avec son jumeau. Les émotions affleurent avec délicatesse et retenue tout au long du récit. C'est un texte très beau dans sa composition et son écriture. C'est aussi une jolie évocation de la relation entre un auteur et son traducteur pour l'étranger. On voit le lien qui se crée pour traduire sans trahir, toute une question de respect pour le texte dans sa version originale. Et cette nouvelle naissance du livre dans une autre langue, avec d'autres formes scripturales. D'autant plus fortes ces relations quand le même traducteur s'occupe d'un écrivain. Comme c'est le cas avec Ogawa Yôko et Rose-Marie Makino-Fayolle, sa traductrice française. Une nouvelle qui nous rappelle, à nous lecteurs, l'incroyable chance de bénéficier des talents de ces tandems, quand on ne lit pas la langue dans le texte.
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jmb33320
  15 septembre 2019
Ce recueil de huit nouvelles m'a à nouveau permis d'entrer dans l'univers si particulier de Yoko Ogawa, que je connaissais jusque là comme romancière.
Evidemment, c'est une sorte de gageure de parvenir à fasciner le lecteur, quasiment de l'hypnotiser, sur quelques pages à peine. Elle y parvient aisément, sans rien céder de ses bizarreries de situations, grâce à son style si concis mais très évocateur.
On est la plupart du temps dans le rêve, ou le cauchemar. Les sujets franchement surréalistes font appel le plus souvent aux sensations corporelles, en les détournant. Des titres comme « Une collection d'odeurs », « Les ovaires de la poétesse » sont révélateurs de cela.
Certains doivent penser que tout cela tourne au procédé et qu'il n'y a au fond pas beaucoup de substance dans la fiction de Yoko Ogawa. le charme a pourtant opéré pour moi une fois encore.
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Lune
  10 février 2011
Huit nouvelles - Un dénominateur commun : le sommeil ou plutôt son absence. Jeux de miroirs entre les histoires, jeux de l'inconscient où le sourire se mêle au dégoût voire à la répulsion. Difficile de démêler les entrelacs, nous passons du réel à l'irréel : où la frontière se situe-t-elle? Yôko Ogawa est maline, son écriture à l'accès aisé, ses descriptions qui situent rapidement mais précisément lieux et personnages, tous ces ingrédients permettent une lecture rapide qui nous immerge dans la nouvelle sans qu'on puisse la lâcher : où nous emmène-t-elle? Que comprendre? Que ne pas comprendre? (c'est peut-être dans ce vide et son silence que se trouve la clé). Faut-il tout comprendre? (peu importe, des traces restent, qui resurgiront un jour ou l'autre).
•C'est difficile de dormir en avion - On s'installe avec la narratrice, on écoute l'autre passager, est-ce un conte? est-ce une histoire vraie? Elle est belle et émouvante, un véritable "récit pour dormir" mais pirouette finale : "Il y avait un petit bloc de mort à l'intérieur de ma main." ...
•L'art de cultiver les légumes chinois - le chiffre 12 entouré sur le calendrier, l'étrange est au rendez-vous. Ombre et lumière divisent la vie.
Les Paupières - Rideaux du regard. Un homme ridé à la chevelure impeccable, glauque, poursuit l'interminable secret de cette fine peau qui recouvre ces miroirs. Relation mystérieuse avec une jeune fille de quinze ans. Entourage de silhouettes non moins étranges.
•Le cours de cuisine - Soixante ans de déchets aspirés sous les yeux de la narratrice et de la cuisinière. Une musique métaphorique en fond. Des élèves fantômes. Une "certaine" légèreté.
•Une collection d'odeurs - Thème récurrent chez Ogawa. Des odeurs collectionnées au paroxysme par une délicate personne. Des fioles, des flacons, des étiquettes, des étagères en hauteur et une découverte faite par le narrateur, découverte qui laisse pantois.
•Backstroke - Autre thème cher à l'auteur, l'eau, la piscine. Un garçon dont on suit la descente aux enfers. On comprend tellement : subir l'exigence, la comparaison, être le meilleur... le corps parlera et ...
•Les ovaires de la poétesse - J'ai repensé à ce musée, à cette chambre où les gens déposent ou collectionnent des objets représentatifs d'une profondeur de leur souffrance, encore un thème de cette auteure. Ce musée en fait partie. Une jeune insomniaque part en quête de meilleures nuits dans une ville inconnue et visite le musée-mausolée de la poétesse. Son inconscient, grâce à cette histoire, se libérera et lui permettra d'accéder au sommeil.
•Les Jumeaux de l'Avenue des Tilleuls - Serait-ce l'histoire d'un vide, de deux vies siamoises à jamais liées à l'enfance saccagée par l'arrivée de la guerre et l'absence d'un père qui a "fui". Ces vies semblent arrêtées et s'être poursuivies à l'écart de la Vie. Il y a un malaise tout au long de l'entrevue entre le narrateur et les jumeaux.
Livre agréablement déstabilisant
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le_Bison
  07 mars 2012
Voilà le genre de roman à lire sous la couette avant de s'endormir. Des nouvelles pour trouver la quiétude avant de plonger au fin fonds de l'abîme du sommeil. Des histoires simples, émouvantes, et comme souvent avec Yoko Ogawa, emprises avec l'étrangeté, l'originalité et parfois subrepticement l'insolite. L'extravagance se mêle au naturel et la vie ne reste pas aussi ordinaire que l'on pourrait s'y attendre.
Les courtes nouvelles pourraient amener une certaine frustration de s'arrêter en si bon chemin, mais lorsque la page blanche marque la fin d'un chapitre, l'imagination prend le relai et poursuit l'histoire au-delà du sommeil. Car Yoko Ogawa s'amuse de sa plume à nous faire frémir mais aussi à prolonger nos rêves, à aiguiser nos sens vers le monde extérieur et ouvrir nos papilles vers les bonnes odeurs de cuisine. Il y est beaucoup question de sens et de regard, de la perception du silence et de la lumière. Un Yoko Ogawa n'est jamais aussi simple qu'il n'y parait... A travers quelques mots, elle nous fait parvenir toute une palette de couleurs, d'odeurs et de sonorités ; ainsi dans chaque roman se trouve une telle richesse que je n'ai pas envie de m'en séparer car je sais qu'à chaque relecture, des émotions nouvelles renaîtront, et « Les Paupières », même closes, ne feront pas exception à la règle.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   07 mars 2014
Quand j'ai réussi à bien dormir en avion, je ressens un immense bonheur. C'est curieux, vous ne trouvez pas ? C'est comme si je flottais au fond d'un marais tiède ou si je baignais dans l'air d'une forêt saturée par l'odeur de la végétation. Je ne suis gêné par personne, je suis seul et pourtant je ne suis pas triste et je n'ai pas peur...c'est une sensation que je ne peux savourer que lorsque je dors dans un avion.
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PiatkaPiatka   08 mars 2014
Où donc mon sommeil avait-il disparu ? Lorsque je réfléchissais au sommeil, je ne sais pourquoi, je pensais toujours à la mort. Pas parce que j'étais inquiète à l'idée que si je continuais ainsi à rester éveillée, mon corps affaibli finirait par mourir. Tout le monde avait un messager du sommeil. Dans la journée, il se retirait quelque part au fond d’une forêt lointaine d'où il sortait la nuit pour visiter son maître. Et il frappait sur les osselets au fond de nos tympans. En entendant ce signal, les gens tombaient dans le sommeil. Le messager remplissait fidèlement sa mission. Qu'il neige ou qu'il vente, il réitérait ses visites sans se reposer. Mais un jour il s'affaiblissait. Il restait de plus en plus souvent anéanti dans sa petite cabane entourée de conifères. Toutefois, il n'oubliait pas ses visites. Il partait même en rampant. Un après-midi, à l'abri des regards, le messager rendait son dernier soupir. Le sommeil ne venait plus. C'était la mort...
Voici ce que je pensais
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le_Bisonle_Bison   07 mars 2012
Quand arrivait l’heure de me coucher, je me brossais soigneusement les dents, vérifiais à plusieurs reprises que les rideaux étaient bien fermés, pliais les vêtements que je devais porter le lendemain et les posais sur le sofa, tirais sur la couverture du lit impeccablement fait, et m’allongeais après avoir éteint toutes les lumières de la chambre. Je répétais chaque soir l’opération dans le même ordre. Je craignais qu’en sauter une seule étape ne provoque la formation d’une cavité dans le cours du temps entraînant une torsion de l’obscurité qui m’aspirerait dans un monde où le sommeil n’existerait pas.
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WictorianeWictoriane   08 novembre 2009
- Quoi qu'il arrive, je ferme les yeux. Je me renferme dans l'obscurité.
Il recroisa ses jambes dans l'autre sens, lissa sa couverture. Il ne regardait pas dans ma direction et parlait en fixant un point dans la pénombre.
- Et dans l'obscurité se déroule le récit qui me conduit au sommeil.
- Le récit ? répétai-je.
- Oui, le récit, me répondit-il. Tout le monde a un récit pour dormir qui lui appartient en prore. Une sorte de guide qui le conduit dans le monde du sommeil en lui disant de se détendre, qu'il n'a rien à craindre.
Je me retournai légèrement vers lui et arrangeai mon oreiller de manière à mieux pouvoir l'écouter.
(C'est difficile de dormir en avion)
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OscarSandmanOscarSandman   21 juillet 2013
Des étiquettes étaient collées sur les flacons de verre, qui mentionnaient le nom de l'odeur et l'endroit où elle avait été récoltée. Ils étaient fermés par un bouchon de liège.
Baume "Parc de la forêt T", mimosa "Jardin des plantes S", roche calcaire "Flanc de la falaise Y", thallium "Centre scientifique A", rat musqué "Animalerie E", mandarine "Vergers I", poil de mouton des hauts plateaux "Magasin de tapis M", chêne tsurubami "Trottoir de la gare de K"...
Les odeurs avaient toutes sortes de formes. Certaines avaient l'apparence de petits fossiles desséchés, d'autres de liquide trouble, d'autres encore de masse floconneuse. Elles dormaient toutes sagement au fond des flacons de verre.
- C'est une magnifique collection, lui dis-je et elle eut un sourire plein de fierté.
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Second épisode de l'instant lecture consacré au roman Cristallisation secrète de Yôko Ogawa.
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