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ISBN : 2130504124
Éditeur : Presses Universitaires de France (01/12/1999)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 14 notes)
Résumé :

A première vue, Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese n'ont rien en commun. Et pourtant : tous deux sont orphelins de père, tous deux ont grandi dans un entourage exclusivement féminin, tous deux n'ont jamais su se faire aimer d'une femme, tous deux ont eu une vie brève, solitaire et émouvante. Et puis, tous deux ont été inspirés par Turin, et son atmosphère terriblement "psychique". De cette ville, qui fut un t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
fanfanouche24
  19 janvier 2019
Lecture mai 2007 - remanié cette chronique janvier 2019
Je suis depuis un long moment une inconditionnelle du travail de cet artiste original et si complet [texte et Dessins ]...
"Cesare Pavese, lui, contemple la ville (Turin ) presque du seul oeil de la neurasthénie, comme s'il aimait s'attarder dans sa part d'ombre : les usines, les ouvriers exténués, la tristesse poisseuse des quartiers d'industrie- d'une mélancolie funeste."
A première vue, Friederich Nietzsche et Cesare Pavese n'ont rien en commun. Et pourtant !
Tous deux sont orphelins de père. Tous deux ont grandi dans un entourage exclusivement féminin. Tous deux n'ont jamais su se faire aimer d'une femme. Tous deux sont également poètes...Tous deux deux ont eu une vie brève,solitaire et poignante... Et tous deux ont amplement écrit sur la ville de Turin; et son atmosphère si particulière !
De cette ville, qui fut un temps la capitale de l'italie, Nietzsche n'en a dit que l'abord exaltant, aristocratique et baroque, tandis que Pavese en a recraché toute la tristesse, avec ses vastes quartiers industriels, ses usines qui noircissent le ciel, ses ouvriers exténués.
C'est à Turin que Nietzsche perd définitivement la raison. Il a 44 ans. Et c'est à Turin que Pavese se suicide dans une chambre d'hôtel. Il a 42 ans. le philosophe allemand meurt le 25 août 1900. L'écrivain piémontais meurt le 26 août 1950. Un demi-siècle plus tard, à un jour près...
En cherchant des rapprochements entre ces deux artistes exceptionnels, l'auteur pénètre , dans leur drame intime, dans les blessures inguérissables de leur enfance; et l'on revit, à travers les extraordinaires dessins en noir et blanc de Pajak, les derniers instants tragiques qui les ont conduit tous deux, à la folie et à la mort !
"Je ne sais plus où poser les yeux afin de trouver un moi-même qui soit un peu moins misérable" [Pavese]
Friedrich Nietzsche vivra ses dix dernières années comme un enfant, et même pire, de façon végétative !
A la fin de ma lecture, un passage fort intéressant nous apprenait que le peintre Georgio de Chirico était captivé par l'oeuvre de Nietzsche...
Deux artistes, deux êtres en profonde souffrance dont Frédéric Pajak retrace le mal-être de façon incroyable par les mots et par son talent de dessinateur Il exprime au plus près...leurs détresses !!
"Je scribouille, je vomis des poésies, pour avoir un terrain, un point sur lequel m'arrêter et dire "c'est moi". Afin de me prouver à moi-même que je ne suis pas rien." [Pavese]

© Soazic Boucard- Janvier 2019
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alouett
  11 octobre 2011
Cet ouvrage est une relecture que l'auteur a faite plus de 10 ans après la première publication en 1999. Il a senti le besoin de modeler le contenu pour corriger certains détails graphiques et retoucher quelques textes. le recueil raconte l'histoire de quatre personnes : celle de Frédéric Pajak (l'auteur de cet ouvrage), de Cesare Pavese (le poète italien), de Friedrich Nietzsche (le philosophe allemand) et de Turin, ville à la croisée des chemins des trois autres personnages.
Frédéric Pajak explique sa démarche en préambule. le projet est né à l'aube de ses 40 ans. Il lui faudra 4 années pour le finaliser. Pourquoi lui, Pavese et Nietzsche ? Parce que tous trois ont en commun le fait d'avoir été orphelins de père dans la prime enfance. L'occasion de reprendre leurs destinées et les suivre dans leurs parcours torturés, leurs renaissances sous le ciel turinois et leur descente vers la mélancolie pour l'un, la folie pour l'autre. Quant au troisième, l'auteur de cet ouvrage, il refuse qu'on de définisse biographe ; il introduit et clôt discrètement cette exploration.
Si je me suis tournée vers cet ouvrage, c'est parce qu'en grande amatrice de BD, je voulais profiter d'un autre support où verbe et visuel sont les deux facettes d'un même langage. Pourtant, force est de constater que si les auteurs de bande dessinée savent créer un tout cohérent entre dessin et narration, cet auteur de roman n'en est pas capable. Sur chaque page de cet ouvrage de 312 pages, figurent une illustration qui s'étale sur les deux tiers de l'espace et un texte traitant de Pavese, de Nietzsche, citant leurs correspondances ou leurs oeuvres, présentant des réflexions personnelles de Frédéric Pajak
Graphiquement, le dessin est sombre, fin et torturé. Les encarts graphiques de chaque page créent une atmosphère lourde et mélancolique, les aplats sont trop soutenus rendant parfois les illustrations illisibles. Ce traitement graphique me fait penser à celui qu'Eddie Campbell avait réalisé sur From Hell (un scénario signé d'Alan Moore) : des expressions figées, un jeu de hachures trop lourd et, en revanche, une architecture urbaine très fouillée et lumineuse, servant agréablement le côté imposant des bâtiments. Dans l‘ensemble, ces portraits et paysages manquent de vie, de spontanéité et de profondeur.
Si dessins et propos ont parfois l'occasion de se compléter, c'est à de trop rares occasions. Je sors fortement déçue de cette lecture car cette absence d'écho (entre l'écriture et les illustrations) est dommageable. L'impression qui domine est qu'il n'y a aucune transition entre l'un et l'autre, ce qui nécessite un effort de concentration non négligeable tout au long de la lecture. de plus, la narration est saccadée, elle est carencée en transitions. Cet ouvrage m'a donné l'impression d'une grande cacophonie, un fourre-tout mal agencé de diverses informations. La longue présentation de la ville de Turin (architecture, art de vivre, climat…) est assommante. L'ensemble crée une réelle lassitude lors de la lecture. Les inconditionnels de Nietzsche et Pavese trouveront certainement quelques plaisirs à partager un moment en leur présence mais, en simple amateur, cet ouvrage m'effleure à peine.
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LydiaB
  09 octobre 2011
Difficile de faire la critique de cet ovni littéraire inclassable. L'auteur le dit lui-même : « Ce livre n'est pas une biographie, ni les deux biographies, et encore moins une autobiographie. Ce n'est pas un livre d'histoire, ni d'histoires, ce n'est pas un livre de géographie, ce n'est même pas un roman et ce n'est pas une bande dessinée. » Composé de dessins illustrant les propos – souvent courts – de l'auteur, cet ouvrage est pour le moins original. En effet, avoir l'idée d'établir une comparaison entre deux auteurs que rien ne rapprochait a priori est curieux. Mais là où l'on voit tout le talent et le génie de l'auteur, c'est que le thème est précis et les liens nombreux : mettre ainsi en exergue des points négatifs vécus à la fois par Nietzsche et par Pavese, il fallait oser et, surtout, avoir matière. le lecteur découvre ainsi, au fil de la rêverie de l'auteur les multiples tragédies des deux personnages concernés. Et même si tout est noir, le graphisme étant au service du texte, il n'en reste pas moins que cet ouvrage est terriblement intéressant. Frédéric Pajak réussit à rendre son oeuvre suffisamment fluide et attrayante pour que le lecteur se laisse emporter dans sa pérégrination spirituelle.
Un grand merci à toute l'équipe de Babelio et à son opération Masse Critique ainsi qu'aux Editions Noir sur Blanc pour cette belle découverte.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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LaLo
  11 novembre 2011
Je ne peux pas affirmer que je n'ai pas aimé. Ce ne serait pas vrai. Il y a ces illustrations magnifiques, ces immersions dans l'univers de Nietzsche, dans les poèmes de Pavese. Ces quelques moments de bonheur en pleine lecture. Mais je ne peux pas non plus dire que j'ai aimé. Il y a ce texte décousu, cette absence de fil conducteur, ces longueurs à répétition. Cet ennui du lecteur. Ce livre est assurément un ovni. Comme le dit l'auteur lui-même, il se place au carrefour des genre, ne revendique aucune identité. Mais c'est ce qui lui fait perdre en intensité. Frédéric Pajak se mélange, perd pied et en fait un livre sans aucun sens et décousu. Sûrement une belle réussite pour les inconditionnels de Nietzsche ou Pavese, mais juste un ovni pour moi.
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critiques presse (1)
Lexpress   20 septembre 2011
Frédéric Pajak explore le thème de la solitude à travers différents auteurs, figures de la philosophie ou écrivains méconnus. Un mélange réjouissant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   17 janvier 2019
Portrait de Pavese par Natalia Ginsburg

Il était , parfois, très triste; mais nous avons cru, pendant longtemps , qu'il guérirait de cette tristesse, lorsqu'il se serait décidé à devenir adulte; parce que sa tristesse nous semblait celle d'un enfant, la mélancolie voluptueuse et rêveuse d'un enfant, qui n'a pas encore touché terre et qui se meut dans le monde aride et solitaire des songes.
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fanfanouche24fanfanouche24   17 janvier 2019
Cesare Pavese, lui, contemple la ville (Turin ) presque du seul oeil de la neurasthénie, comme s'il aimait s'attarder dans sa part d'ombre : les usines, les ouvriers exténués, la tristesse poisseuse des quartiers d'industrie- d'une mélancolie funeste.
Commenter  J’apprécie          140
LydiaBLydiaB   09 octobre 2011
P170 :

« Première neige, chic !!! »
En ce mois de décembre 1888, Nietzsche est dans un état de nervosité particulièrement vif. Comme presque chaque année, à l'approche de Noël et du premier janvier, il souffre de partout et plusieurs jours de suite, perd d'un coup connaissance, traverse de violentes dépressions.

P171 :

Dans la nuit du 23 décembre, en Arles, un inconnu s'est tranché le lobe de l'oreille avec un rasoir. Il a offert le morceau de chair sanguinolent à sa putain préférée. Quelques jours plus tôt, il avait écrit ces mots étranges dans une lettre à son frère Théo : « Tout ce que j'ai fait sur nature, c'est des marrons pris dans le feu. »
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   17 janvier 2019
Je scribouille, je vomis des poésies, pour avoir un terrain, un point sur lequel m'arrêter et dire "c'est moi". Afin de me prouver à moi-même que je ne suis pas rien. [Pavese]
Commenter  J’apprécie          20
alouettalouett   05 octobre 2011
J'ai vu Turin, je suis devenu Turin, et plus jamais je n'ai dormi comme avant
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Videos de Frédéric Pajak (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frédéric Pajak
A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Frédéric Pajak autour de son ouvrage "Manifeste incertain. Volume 8, Cartographie du souvenir : Suisse, Chine, Paul Léautaud, Ernest Renan" aux éditions Noir sur blanc . Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2337397/frederic-pajak-manifeste-incertain-volume-8-cartographie-du-souvenir-suisse-chine-paul-leautaud-ernest-renan
Notes de musique : Youtube Audio Library
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