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ISBN : 2070128652
Éditeur : Gallimard (11/03/2010)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Ces nouvelles ont été choisies à dessein pour dévoiler un aspect Inconnu de Pirandello, un Pirandello régionaliste, tout nourri du folklore de son île, hanté par les récits entendus dans son enfance - légendes garibaldiennes, évocations de brigands. La Sicile de Pirandello se réduit d'ailleurs à un coin bien localisé, son pays natal, le pays d'Agrigente, son port, ses soufrières, sa campagne semi-tropicale, ses populations croupissant dans la misère, la superstition... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
DanD
  07 février 2019
Pirandello. Un des grands tenors a avoir chante l'insularite si particuliere de la Sicile (avec Verga, Lampedusa, Sciascia, Camilleri, et d'autres peut-etre qui m'echappent).
Ce court recueil collecte quelques nouvelles ecrites au debut du XXe siecle. Je n'ai pu m'empecher de les comparer a celles de Verga. Elles sont moins apres, moins brutales, mais la durete de la vie insulaire n'y est pas moins presente. Pirandello presente ses personnages avec une certaine ironie et continue de les traiter avec douceur. Mais assez rapidement ils les confronte a des situations qui les font agir d'une maniere qui semblerait, hors de Sicile, invraisemblable, farfelue ou carrement folle, et qui, il faut croire, decoulerait de l'austerite du paysage sicilien et des traces qu'ont laisse sur ses habitants autochtones les nombreux et differents envahisseurs de l'ile, depuis les grecs et les arabes jusqu'aux piemontais. Une nature et une histoire qui auraient faconne un peuple d'individualistes mefiants, orgueilleux, severes avec eux-memes comme envers leurs prochains, d'une religiosite ou affleure un paganisme de bon aloi, considerablement leste de superstitions.
Pirandello est ne dans un village pres d'Agrigente. Il a fait ses etudes universitaires dans le continent, ou il a reside et travaille depuis. Mais sa famille est restee en Sicile, ou il repasse assez souvent. Ses nouvelles siciliennes constituent donc pour moi une vue de l'interieur, et traduisent, sinon une certaine realite sociale, tout au moins un imaginaire folklorique authentiquement autochtone.
Pirandello decrit, avec un humour tres debonnaire, avec une certaine candeur et une genereuse dose de bienveillance, mais sans compassion ni critique, la dure vie dans les villages et les petits bourgs. Et il se plait a mettre un accent sur la debrouillardise, sur l'energie et la joie de vivre, sur l'humour dont il enveloppe les agissements de ses personnages. Des comportements ou j'ai senti comme un expressionisme d'inspiration fantastique de l'auteur, et en aucun moment une quelconque ebauche de psychologie pathologique. Ses personnages sont pittoresques. Ils sont savoureux. Meme quand ils cotoient (ou provoquent) le tragique. Ce qui rend ces quelques nouvelles plaisantes a souhait. Un vrai plaisir de lecture. C'est en tous cas ce que ce livre a ete pour moi.
P.S. Pour un resume des nouvelles, voir le livre; il est court; c'est un resume.
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le-mange-livres
  06 avril 2012
Où un jeune prêtre défroqué regarde l'herbe pousser ;
Où Dom Ravana cherche à contourner les prescriptions de son médecin mais son sacristain veille à ce qu'il consomme du bouillon (ou du moins essaye) ;
Où les fils partis au loin sont parfois ingrats ;
Où un marin norvégien échoue dans un petit port sicilien ;
Où les invitations à dîner de la fratrie Borgianni sont pour le moins redoutables.

L'incipit
« - Et vous aviez pris tous les ordres ?
- Non, pas tous. Je n'étais arrivé qu'au sous-diaconat.
- Ah, ah ! Vous étiez sous-diacre … Et que fait un sous-diacre ? »

Comment en suis-je arrivée là ?

Je connaissais Six personnages en quête d'auteur (du théâtre), mais j'ignorais que Pirandello avait écrit beaucoup de nouvelles … et celle-ci sont publiées chez Gallimard, dans la collection « L'imaginaire » dont j'aime beaucoup les choix éditoriaux.

De quoi s'agit-il ?

Difficile de résumer l'intrigue d'un recueil de nouvelles ; on peut néanmoins dire que celles-ci concernent toutes la Sicile au début du XXe siècle, ses fatalismes, ses tempéraments entiers et impulsifs, ses superstitions, le poids encore prégnant de l'Eglise, ses brigands qui battent la campagne, son émigration, ses paysages et sa pauvreté enracinée.

La citation

« N'avoir plus conscience d'être, comme une pierre, comme une plante ; ne plus même se rappeler son nom ; vivre pour vivre sans savoir qu'on vit, comme les bêtes, sans passions, sans désirs, sans mémoire, sans idées, sans rien qui donne encore un sens, une valeur à la vie. Etendu sur l'herbe, les mains croisées derrière la nuque, regarder dans le bleu du ciel la blancheur aveuglante des nuages, gonflés de soleil ; écouter le vent comme un bruit de mer dans les châtaigniers, et dans la voix du vent, dans cette rumeur marine percevoir, comme venue d'une infinie distance, la vanité de tout, l'angoisse et le poids mortel de l'existence. » (p. 20)

Ce que j'en ai pensé :

Ce mois italien prend de plus en plus l'allure d'un mois sicilien ! Je n'avais jamais remarqué la densité ded grands auteurs issus de cette grande île …
Je redoutais en revanche les nouvelles, que je ne goûte d'ordinaire pas particulièrement – quoique j'idolâtre Buzzati. Mais en fait Pirandello a véritablement le sens de la nouvelle.

Ce qui est frappant et particulièrement intéressant, c'est la manière dont Pirandello multiplie les points de vue des différents personnages, en démontrant la relativité – très frappante dans « L'autre fils ».

Les personnages ont donc une véritable épaisseur, ainsi de l'oncle bourru qui est vice-consul de Suède, ou encore de Lars, support d'une belle réflexion sur l'étranger qui souligne encore un peu plus la fermeture de la société sicilienne. Un bien joli recueil, plein d'humanisme … et d'ironie.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Nikoz
  22 mai 2015
Une poésie nostalgico-humoristique, et au final une poésie tendre. Belle écriture et belle lecture.
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Esorlecram
  15 mars 2015
Quelques nouvelles sans prétention mais agréables à lire, basées sur des légendes siciliennes.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
le-mange-livresle-mange-livres   06 avril 2012
N’avoir plus conscience d’être, comme une pierre, comme une plante ; ne plus même se rappeler son nom ; vivre pour vivre sans savoir qu’on vit, comme les bêtes, sans passions, sans désirs, sans mémoire, sans idées, sans rien qui donne encore un sens, une valeur à la vie. Etendu sur l’herbe, les mains croisées derrière la nuque, regarder dans le bleu du ciel la blancheur aveuglante des nuages, gonflés de soleil ; écouter le vent comme un bruit de mer dans les châtaigniers, et dans la voix du vent, dans cette rumeur marine percevoir, comme venue d’une infinie distance, la vanité de tout, l’angoisse et le poids mortel de l’existence.
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RolienneRolienne   30 juin 2013
"Toutes les illusions, toutes les déceptions, les douleurs et les joies, les espoirs et les désirs des hommes lui paraissaient vains et transitoires comparés au sentiment qui s'exhalait des choses, - des choses qui ne changent pas et survivent aux sentiments, impassibles.
Les gestes humains au milieu de l'éternité de la nature lui semblaient pareils aux jeux des nuages. Pour s'en convaincre, il suffisait de regarder, au-delà, au loin, les montagnes s'effacer à l'horizon toutes légères dans les vapeurs roses du couchant.
ô ambition des hommes! Quels cris de victoire parce que l'homme s'est mis à voler comme un petit oiseau : quelle facilité native, légère, que des trilles joyeux accompagnent spontanément.... comparez ce vol au monstrueux appareil qui vrombit, à l'anxiété, à l'angoisse mortelle de l'homme qui veut faire l'oiseau! Ici un envol et un chant ; là un moteur pétaradant et puant, et la mort aux aguets. Une panne, le moteur s'arrête : adieu, bel oiseau ! " page 21
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RolienneRolienne   30 juin 2013
"Il y a cent mille façons de perdre la foi. En général, celui qui la perd est convaincu, pendant quelque temps tout au moins, qu'il a gagné quelque chose au change, ne fût-ce que la liberté de dire ou de faire certaines choses qui, jusque là, ne lui paraissaient pas compatibles avec la religion.
Mais quand on n'est pas détourné de sa croyance par la violence des appétits terrestres, mais parce le calice de l'autel et la fontaine d'eau bénite ne suffisent plus à désaltérer votre âme, ni à l'apaiser, on se persuade moins facilement qu'on a gagné quelque chose au change. C'est tout au plus si, pour ne pas regretter ce qu'on a perdu, on réussit à se persuader qu'en définitive on a renoncé à une chose sans aucune valeur." page 18
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NikozNikoz   22 mai 2015
- Ah, ah ! Vous étiez sous-diacre … Et que fait un sous-diacre ?
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le-mange-livresle-mange-livres   06 avril 2012
- Et vous aviez pris tous les ordres ?

- Non, pas tous. Je n’étais arrivé qu’au sous-diaconat.

- Ah, ah ! Vous étiez sous-diacre … Et que fait un sous-diacre ?
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