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ISBN : 2081386690
Éditeur : Flammarion (22/06/2016)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 351 notes)
Résumé :
Référence obligée en philosophie politique, La République constitue à la fois une forme d'utopie, décrivant une cité idéale gouvernée par les sages, et une critique sans appel de la démocratie grecque. Le lecteur contemporain ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre la représentation platonicienne du gouvernement des hommes, réservé aux plus savants, et la conception républicaine du recrutement des élites, exerçant des fonctions publiques dans le cadre de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Gast
21 novembre 2010
Comment sortir intact d'un tel texte ? C'est impossible. L'esprit de Socrate est affûté et derrière lui, un Platon implacable nous entraîne dans cette quête de la justice et, au final, du sens de toute vie. Eloge critique de la philosophie par Socrate, ce dernier n'en est pas moins conscient de ses limites dans un monde comme celui des cités grecques, si semblable par certains aspects de sa vie politique à nos démocraties représentatives.
De même, son analyse des systèmes politiques et de ce qui les lie, et à travers cela des faiblesses de la démocratie, m'a semblé pleine de lucidité ; et déjà à l'époque Socrate constatait que la démocratie ne pouvait de par ses aspects qu'accoucher d'un despote. L'avènement de la Rome impériale ou plus récemment les élections allemandes de 1933 ont démontré ce que cette analyse avait de juste et de visionnaire.
Ce dialogue est aussi un plongeon, par moments, dans le coeur même de la pensée grecque d'alors. Parfois, cette plongée dépayse et là appraissent au grand jour les diférences fondamentales avec notre culture judéo-chrétienne : le rapport aux femmes, à l'enfance ou toutes ces relations du quotidien qui démontre combien, malgré le fait démocratique qui nous rapproche, nous sommes aussi spérarés par un fossé culturel important. Une manière donc, de démontrer leur erreur à ceux voulant nous faire croire que la démocratie ne peut s'adapter qu'à la pensée occidentale contemporaine, de montrer que ce système s'accomode facilement d'autre référents culturels.
Texte fondateur que ce fut ce livre... et sa lecture m'a montré pourquoi : sa richesse, la robustesse de l'argumentaire et son universalisme assumé ne pouvaient pas en faire autre chose.
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Fx1
16 juillet 2014
L'un des livres fondamentaux que chaque lecteur doit avoir lu dans sa vie . La thématique présente ici est tellement riche qu'on doit relire le texte plusieurs fois pour avoir une idée à peu prés précise du propos . L'utopie d'une socièté dirigée par des savants à hélas tendance à disparaitre â notre èpoque ou Pernaut fascine des millions de personnes avec les courses d'escargots ... Lire Platon en ce 21 éme siécle en France c'est comme si l'on ètait un E.T égaré . Et pourtant .... Que le propos est riche ici , riche d'enseignements et de sagesse , riche car ouvert au débat , riche car représentatif de ce que doit ètre la rèpublique ... L'on est plus la mème personne quand on à fini cet ouvrage qui représente en relativement peu de pages , ce qu'a était le réve républicain ... Immense tout simplement .
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Chri
24 juin 2014
L'"inspecteur" Socrate et ses stagiaires mènent une enquête peu ordinaire qui nous amène sur les traces de Thrasymaque et de son insupportable provocation : ""l'homme juste est partout inférieur à l'injuste"".
Comment donner donner tort à Thrasymaque s'en s'énerver mais en suivant au contraire toutes les pistes sans craindre de s'enliser jusqu'à la constitution de la cité idéale. Rien n'arrête notre enquêteur. Revenant de l'Etat à l'individu, l'enquête débouche avec brio sur la nature de l'homme juste. Passant par l'allégorie de la caverne l'enquête débouche enfin sur l'idée du bien.
Platon, l'auteur, nous livre un magnifique essai philosophique. Et même si Socrate prouve que cette cité idéale est réalisable, ce n'est pas si important si nous ne pouvons que tendre vers elle pendant notre vie terrestre.
Dans la dernière partie, Socrate rencontre ses propres limites en laissant la fin de sa démonstration aux dieux qui promettent finalement un sort terrible à l'homme injuste après sa mort.
Socrate partage avec Confucius son souci permanent de l'éducation d'une élite qui ne laisse qu'une place très théorique aux enfants des classes "inférieures". Manifestement la démocratie n'est pas sa tasse de thé et sa projection de la démocratie vers la tyrannie est assez piquante.
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vincentf
02 septembre 2013
Qu'est-ce que la justice? La question, quand elle est posée à Socrate, devient source d'un monde idéal, d'une cité parfaite, parce la justice, c'est le fait que chacun soit à sa place, à l'endroit qui lui convient. Elle est une harmonie à la fois interne à l'homme et externe, qui se manifeste dans l'organisation de la cité. Comment fonctionne cette cité juste? Platon, ou Socrate, car leurs voix se mêlent, en décrit les rouages avec précision : l'éducation, basée sur la musique et le sport, à l'inverse des conceptions modernes, puis le rôle des gardiens, à la fois chiens et philosophes, puis le pouvoir, qui ne sera pas désiré, mais que les philosophes, parce qu'ils connaissent la vérité et le bien, devront exercer contre leur gré. Socrate décrit ensuite les différents système politique, et là encore, les modernes sont surpris: la démocratie est le dernier pas avant la tyrannie, la liberté, valeur tellement centrale pour nous, est dangereuse quand elle est mise dans les mains des ignorants; il vaut mieux un gouvernement aristocratique où les meilleurs gouvernent, ceux qui savent où se situe le bien et la vérité. Peut-on, aujourd'hui, revenir à la cité idéale de Platon? Sans doute pas, parce que ni les philosophes ni les savants, ni les politiques ne peuvent prétendre avoir accès à la vérité, parce que la sortie de la caverne aux illusions est sans doute elle-même une illusion. Mais faire de la politique une tentative d'approche de l'harmonie, un bricolage de la justice, une volonté de donner à chacun la place qui lui est propre, demeure juste. Qui s'en soucie aujourd'hui?
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Famillesenaffaires
23 décembre 2012
La République est la réponse platonicienne à la condamnation à mort de Socrate par la démocratie directe d'Athènes. L'apologie de Socrate fait remarquer que ce ne sont pas les lois qui ont condamné Socrate mais bien les hommes. Quelques soient la pertinence de notre organisation politique, tout se termine par la dikaiôsûnè (une traduction possible étant la Justice) des hommes. Elle est le savoir être dans un tout, un savoir-être dans une démocratie.
Ce guide est d'une densité extraordinaire. Rien que les premières lignes signifient beaucoup sur la démocratie : oui dira Socrate à l'esclave envoyé par son groupe d'amis qui veulent le voir chez eux, je suis obligé de vous suivre car vous êtes la majorité. Ce livre est donc particulièrement fascinant car il est le seul exercice connu dans l'humanité où un auteur s'amuse à construire une cité. Il faut en connaître toutes les ficelles pour tout défaire et refaire. Exemples : tout d'abord changer de religion pour une religion plus humaine, seul le lien d'utilité crée une cité saine, se méfier des arts mercenaires, ne pas donner le pouvoir à ceux qui veulent le prendre, l'élite politicienne doit se débarrasser de tout bien et famille pour servir la cité...
La lecture du livre est passionnant mais mérite un travail acharné de compréhension : 6 mois pour les trois premiers livres est un minimum car il faut à chaque fois assimiler avant de continuer.
Reste que l'ensemble de la cité platonicienne repose sur une postulat qui ne tient pas : les gouvernants se soucient du bien des gouvernés. Personne sur Terre ne peut savoir ce qui est bien pour l'autre encore moins pour 60 millions d'habitants...Mais c'est peut-être cela que Platon a voulu nous faire comprendre en concevant une élite chimérique politicienne : les gardiens philosophes seuls à même de savoir ce qui est bien pour nous.
Donc s'il n'y a pas de personnels politiques compétents, alors seul l'avis d'une majorité pratiquant la justice (dikaiôsûnè) peut être la moins pire des solutions quand il s'agit de poursuivre comme but : le bien commun.
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Citations & extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
PerdreUnePlumePerdreUnePlume04 mars 2009
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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tynntynn20 janvier 2015
Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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ChriChri28 mai 2014
(Extraits des notes sur les théories communistes qui virent le jour au Vème siècle avant J.C.)
Nous examinerons successivement les constitutions de Phaleas de Chalcédoine et d'Hippodamos de Milet.
(Cette citation est limitée à celle de Chalcédoine, mais toutes les constitutions sont intéressantes)
I-CONSTITUTION DE PHALEAS DE CHALCEDOINE - Nous la connaissons par ce qu'en rapporte Aristote (Polit. B,6. 1266 a 29 sqq). De son auteur nous ne savons rien sinon qu'il vivait probablement au Vème siècle. Cette constitution, beaucoup moins hardie que celle de Platon, prévoit :
a/L'égalité des fortunes. Pour l'établir on procédera au partage des terres en lots égaux et inaliénables ; rien, toutefois, n'est spécifié quant aux biens mobiliers ;
b/L'égalité d'éducation. (...)
c/L'exercice de tous les métiers manuels par des esclaves appartenant à l'Etat.
En somme, il semble que cette constitution soit, d'une part, de principe démocratique, tandis que celle de Platon est de principe aristocratique, et, d'autre part, essentiellement utilitaire (au sens moderne du mot). En effet, elle vise surtout à établir un ordre nouveau dans la répartition des biens matériels : la constitution de Platon, au contraire, a pour double fin de réaliser ici-bas un idéal de sagesse, et de préparer les âmes à leur destinée immortelle.
Des trois systèmes communistes qu'analyse Aristote, celui de Phaléas est le seul qui s'apparente au socialisme moderne. De fait :
-Il admet implicitement le postulat irrationel d'égalité entre les hommes ;
-Il est le développement d'une conception purement matérialiste de l'intérêt social.
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ChriChri21 mai 2014
(livre IV - constitution de la cité idéale)
Donc pour le dire en peu de mots, il faut que ceux qui ont en charge de la cité s'attachent à ce que l'éducation ne s'altère point à leur insu, qu'en toute occasion ils veillent sur elle et, avec tout le soin possible, prennent garde que rien de nouveau, touchant la gymnastique et la musique, ne s'y introduise contre les règles établies,

(livre VII - suite du programme éducatif de l'élite)
L'arithmétique, la géométrie, et toutes les sciences qui doivent servir de préparation à la dialectique, seront donc enseignées à nos élèves dès l'enfance, mais cet enseignement sera donné sous une forme exempte de contrainte.
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ChriChri19 juin 2014
(livre VIII - à propos de la démocratie, et de l'impunité qui y régne)
Hé quoi ! la mansuétude des démocraties à l'égard de certains condamnés n'est-elle pas élégante ? N'as-tu pas déjà vu dans un gouvernement de ce genre des hommes frappés par une sentence de mort ou d'exil rester néanmoins dans leur patrie et y circuler en public ?

(livre VIII - à propos de la tyrannie, dernière étape de la décadence)
Dans les premiers jours, il sourit et fait bon accueil à tous ceux qu'il rencontre, déclare qu'il n'est pas un tyran, promet beaucoup en particulier et en public, remet des dettes, partage des terres au peuple et à ses favoris, et affecte d'être doux et affable envers tous, n'est-ce pas ?
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