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R. Baccou (Traducteur)Georges Leroux (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080706539
801 pages
Flammarion (15/02/2002)
3.86/5   561 notes
Résumé :
Référence obligée en philosophie politique, La République constitue à la fois une forme d'utopie, décrivant une cité idéale gouvernée par les sages, et une critique sans appel de la démocratie grecque. Le lecteur contemporain ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre la représentation platonicienne du gouvernement des hommes, réservé aux plus savants, et la conception républicaine du recrutement des élites, exerçant des fonctions publiques dans le cadre de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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CasusBelli
  21 juin 2020
Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours aimé la philosophie : qui n'a jamais rêvé d'un monde idéal ?
"La république" fait partie des livres qu'il faut avoir lus, je pense, si l'on aime la philosophie, je vais oser une analogie qui vous fera peut-être sourire, mais c'est un peu comme lire "le Seigneur des anneaux" si l'on doit affirmer que l'on aime la littérature fantasy, c'est un passage obligé, dans les deux cas je les ai lus trois fois chacun, il y a longtemps il est vrai.
C'est une lecture ardue et exigeante, très exigeante en fait, le style et les tournures de phrases d'il y a 2500 ans ne rendent pas la lecture aisée, il sera souvent nécessaire de relire certaines phrases pour s'assurer d'avoir saisi le sens de l'argumentation.
Si j'ai gardé un bon souvenir de "La république" ce n'est pas tellement pour les brillantes argumentations qui nous sont offertes, pour être honnête j'en ai oublié l'essentiel même si je me rappelle quand même qu'il y est question de la supériorité du bien sur le mal, l'un des acteurs défendant le bien et l'autre essayant de démonter ses arguments.
Ce qui m'a marqué durablement et me sert encore aujourd'hui, c'est la préparation de la "dispute", une bonne partie du récit va voir les protagonistes se mettre d'accord sur l'utilisation et la signification de chaque mot ou presque qui sera employé de façon à éviter les quiproquos et les mauvaises interprétations, c'est la première et la seule fois que j'ai vu cette façon de préparer une joute verbale avec une telle rigueur.
Grâce à cette lecture, il m'arrive de m'assurer lors d'une discussion que le sens des mots est le même pour tous, en ce sens ce livre m'a laissé quelque chose de durable dans mon quotidien.
L'une de mes rares lectures classiques, sans passer par la case lecture imposée à l'école ;)
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Denis_76
  12 décembre 2020
400 ans avant JC, en philosophie, et même peut-être en politique, c'est un des ouvrages fondamentaux.
C'est une démonstration magistrale, sur 300 pages, en passant par la construction « virtuelle » d'une cité, qu'un homme injuste ne peut pas être heureux.
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Le thème principal de la lutte théorique de Socrate est de s'opposer à l'injustice et aux apparences, et il développe en exemple le mythe de la caverne, le semblant de justice des gouvernements, et même la « fausseté » de la poésie d'Homère ou de la peinture. La vérité peut parfois se voir avec les yeux, pour ce qui est des « objets réels », mais en ce qui concerne les « idées », seule l'âme dans le bien, ce qui est rare chez l'humain, peut approcher de la vérité, seul credo de Socrate.
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Le gros avantage de cet ouvrage, malgré la richesse des propos de Socrate, est la lisibilité, la clarté de la plume de Platon, son disciple, qui retrace l'intégralité de la dialectique, de la maïeutique de Socrate. 😊.
Socrate invente « la cité de justice ».
Socrate engage une maïeutique avec Thrasymaque sur la justice, l'injustice, le bon et le méchant. Socrate a du mal à convaincre son interlocuteur qui, de guerre lasse, finit par accepter ce que dit Socrate. Mais Glaucon reprend l'argumentaire de Thrasymaque, et se pose la question :
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»Ne vaut-il pas mieux être fort et injuste, quitte à faire semblant d'être juste, que d'être vraiment juste et recevoir les coups ? »
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La réponse de Socrate viendra 300 pages après, car il a du mal à s'opposer à cette théorie.
Lui vient alors la possibilité de contourner le problème en envisageant l'idée de créer dans leurs têtes une cité idéale, de sa naissance à son développement, avec tous les travailleurs nécessaires qui la composent.
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La cité de Socrate devra avoir des agriculteurs pour nourrir les citoyens, et des artisans.
Mais surtout, elle devra avoir des « gardiens » qui défendent la cité. Comment seront ces gardiens ? Ils devront être moralement éduqués pour donner l'exemple, et créer une cité heureuse, avec 4 qualités : Sagesse, Tempérance, Courage et Justice.
Pour cela leur éducation devra être sage, tempérante, pousser au courage et aller vers la justice.
Socrate compte sur la gymnastique pour entraîner au courage, et l'éducation à la musique pour marquer l'harmonie et la tempérance.
Alors ses interlocuteurs lui demandent ce que sera la place des femmes.
Socrate, sans se démonter, propose que les femmes aient les mêmes fonctions que les hommes.
Ses compagnons de dialogue approuvent.
Puis il aborde les relations interindividuelles. Tous les citoyens étant pauvres à la base, et n'ayant aucune propriété, pour garder leur sens moral et ne pas rentrer dans la cupidité, l'entraide devrait être importante, puisqu'ils sont correctement éduqués.
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Bref, après avoir décrit sa cité idéale, qu'il appelle « royale », il la fait comparer aux autres systèmes politiques. Il amène Glaucon et ses comparses à classer comme lui, par ordre de justice et de bonheur :
1 ) La cité royale et juste, recherchant la vérité par la philosophie et non la « philodoxie » ;
2 ) La cité Lacédémonienne ( Sparte ) ou timocratique
3 ) La cité oligarchique, où les riches sont au pouvoir ;
4 ) La cité démocratique, où, d'après lui, règnent liberté-égalité-« bigarité » ( c'est-à-dire, en gros, le « bazar » ), je me rappelle de la Révolution Française, qui eut lieu plusieurs siècles plus tard ;
5 ) Enfin la tyrannie, dirigée par un malade, esclave de ses vices, dit-il, qui met la cité en esclavage, qui vient après la démocratie ( pour moi, Robespierre et Bonaparte, Hitler, Staline, et Castro à la fin de la révolution ou de la démocratie socialiste ).
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La réponse de Socrate au bonheur supposé des injustes, l prôné par Glaucon, vient après ce large détour politique : une cité juste est préférable à une cité injuste, et des hommes justes sont plus heureux que des hommes injustes. 😊
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Ce livre me fait réfléchir, ce qui est aussi le but d'une lecture, non ?
1 ) D'abord le titre. Pourquoi intituler cet ouvrage « La république » ? En effet, « res publica », désigne la chose publique, mais en latin, quatre siècles après Socrate et Platon … Même si c'est un concept qui se réfère à un état gouverné selon le bien du peuple. Ce terme n'existait donc pas au temps de Platon.
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2 ) La vision de Socrate est étonnante, c'est à très long terme, ce qui en fait d'ailleurs un classique !
Je trouve Socrate très moderne, les femmes n'étant les égales des hommes que quelques… 24 siècles après sa proposition ( et encore, l'égalité n'est pas encore là ), la « religion » étant passée par là.
Je trouve Socrate très moderne sur un deuxième point : son système « communautariste » ou « communiste » me fait penser aux phalanstères de Charles Fourier :
Un phalanstère est un regroupement organique des éléments considérés nécessaires à la vie harmonieuse d'une communauté appelée la Phalange. le concept, très en faveur dans les milieux intellectuels au XIXᵉ siècle, fut élaboré par Charles Fourier.
Sur le point des changements de régimes politiques, j'ai noté que sa vision pouvait me convenir pour interpréter la Révolution Française ou autre.
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3 ) Socrate, avant le pauvre Thomas Moore exécuté par Henry VIII, se rend compte que sa cité théorique ne peut s'appliquer sur le plan pratique, sauf, il est possible, avec Marc Aurèle qui s'est peut-être inspiré de cet ouvrage.
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4 ) Je comprends maintenant à quoi Socrate faisait allusion en buvant la cigüe quand il était pressé de discourir avec Homère, décédé quelques siècles avant lui. En effet, Socrate critique vivement Homère, les poètes et les peintres, alléguant qu'ils déforment la réalité, la vérité, dada de Socrate et des philosophes ! Ensuite, sa façon de voir l'âme et « l'après-mort », proche de celle des spirites actuels, vient peut-être du récit d'Er, fils d'Arménios, qui ressuscita douze jours après sa mort, et raconta ce qu'il vit là-haut.
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Bref, il y a encore des choses à dire sur ce livre….. 😊…comme par exemple, que « la vision de l'âme », aidée par l'intelligence, l'entendement, la vertu et le soucis de la vérité, est beaucoup plus performante que celle des yeux, souvent trompés par l'apparence…idée qui est expliquée par le mythe de la caverne, et qui nous rapproche de ce que dira le Renard dans « le Petit Prince » plusieurs siècles plus tard 😊.
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Fabinou7
  09 mars 2018
Le legs de la Grèce Antique est sans conteste la démocratie. La démocratie Athénienne atteint son apogée aux V et IV siècles avant notre ère. C'est durant cette période que vont également s'élever les plus vives critiques envers elle.
Platon est un philosophe Athénien, issu d'une puissante lignée athénienne apparentée à Solon, qui dirigea Athènes avant la démocratie, il est également un fervent admirateur de Sparte, mais surtout, il se trouve être disciple de Socrate grand polémiste et philosophe de l'époque et virulent détracteur de la démocratie et ses sophistes. Platon retrace dans La République la pensée de Socrate dont l'oeuvre n'était qu'orale. Il est certain que l'auteur prend quelques libertés.
La République de Platon n'existe pas, il s'agit d'un ouvrage normatif et étiologique qui bâtit une cité idéale et en dévoile les rouages nécessaires.
Platon se fait l'épigone de son maitre, Socrate, esquissant les prérequis nécessaire à la formation d'une cité juste sous l'égide du Bien.

Pour que le Juste triomphe au sein de la cité utopique du philosophe, Socrate préconise à chaque citoyen de  persévérer dans son être, dans son art et de s'y consacrer entièrement et exclusivement. Il enjoint en outre les grecs, personnifiés par ses interlocuteurs Adimente & Trasymaque à vivre selon ce qui est juste plutôt l'inique. Et enfin, la recherche du Bien doit être constante pour les gouvernants.
Ainsi concernant le peuple, il doit prendre conscience que cette répartition des tâches au sein de la cité est « l'excellence de l'âme », se dessine déjà la notion de bien commun, et si ils s'attachent de surcroit à être juste, plutôt qu'injuste, ils seront bienheureux. du reste, chaque citoyen est lié au fonctionnement de la cité, comme l'abeille à la ruche, chacun forme un maillon indispensable à la condition qu'il se consacre à sa tâche.
Cette recommandation vaut aussi pour les gouvernants qui doivent se consacrer entièrement et exclusivement au Bien de la cité. Si le gouvernant à l'obligation de rechercher la vérité et le savoir, en revanche, le Bien est une entité qui reste insaisissable, elle s'offre à celui qui reste pur et juste dans sa quête du savoir et de la vérité.
A contrario, la cité et ses gouvernants ne pourront bien faire s'ils ne sont pas strictement concentrés sur ce qu'ils savent faire de mieux.

Au travers de ces métaphores filées du Bien et du Soleil ou encore des organes et leurs fonctions, Socrate, fils de Phainarète, use du dialogue et de la maïeutique pour faire aboutir le lecteur à ses assertions.
Mais au-delà se profile une critique acerbe de la démocratie. En effet, si Platon et Socrate ne sont pas pour une Grèce sous l'égide d'un tyran, ils attaquent sévèrement la démocratie qu'ils accusent, de par son égalitarisme endogène et farouche, de pousser de façon endémique à la médiocrité. Socrate ne comprend pas que le sort conduise des magistrats incompétents, au contraire, il considère que chacun doit faire ce qu'il sait faire de mieux et s'y atteler avec acuité. Cela vaudra à Platon d'être plus tard taxé de totalitaire en référence à la division du travail rigoureuse qu'il préconise pour le bien commun.
Le Bien et le juste ne doivent pas être relatifs aux citoyens, ils doivent être le fruit d'une recherche de la vérité et du savoir. Ils sont normatifs et non relatifs et appartiennent au ciel des idées, de l'intelligible.
Ainsi qui d'autre mieux que le philosophe, contemplateur des idées, ne peut se consacrer entièrement à cette quête et faire régner le juste et le Bien sur la cité. C'est la perspective de Platon, celle d'un philosophe roi corolaire intrinsèque du bon fonctionnement de sa République.
(#2014)
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Tannen
  07 décembre 2021
Bon… Comment parler d'un tel édifice ? Je fais le choix d'une critique hybride, mêlant avis et ressenti personnels et "humble tentative de re-formulation dans la limite de mes moyens à partir de notes prises tout au long de ma lecture". Il sera préférable en effet, si le besoin se fait sentir un jour de me remémorer quelque peu la démonstration, de me contenter simplement de parcourir ces quelques paragraphes, plutôt que de me replonger corps et âme dans l'oeuvre tout entière depuis le début. Et puis, cela sera aussi peut-être utile à quelqu'un. J'espère ne pas dire trop de bêtises ou d'approximations.
La note maximale s'impose. Il s'agit moins cependant d'une note que moi je donne sur le contenu, qu'au regard de la portée philosophique, politique, historique d'un tel ouvrage fondateur. Certaines idées sont choquantes pour le lecteur "sain" d'aujourd'hui (et j'ose m'enorgueillir d'en être) : par exemple l'expulsion de la cité des "mauvais artistes", le choix de "laisser mourir" les natures les plus fragiles pour qu'elles ne nous encombrent pas inutilement, celui de "faire mourir" les "inguérissables de l'âme" (on dirait aujourd'hui peut-être les "irrécupérables"), etc. J'ignore si on peut parler de totalitarisme, si ce n'est pas complètement anachronique, tant le pouvoir politique chez Platon l'emporte sur tout, se mêle de tout, de la vie quotidienne, de l'éducation, de la moindre activité de chacun, veut imposer d'écouter telle musique, de chanter tel chant, dicte le régime alimentaire, refuse tout changement dans la loi. Jusqu'à organiser la reproduction par la pratique de l'eugénisme… J'ai lu en tout cas que la question avait été soulevée et ne cessait de diviser les universitaires.
Ce n'est pas ça que je note, mais, je l'ai dit, la portée, et l'exercice intellectuel. Il faut évidemment lire Platon avec recul et prendre son ouvrage comme une réflexion sur la cité idéale "théorique", rationalisée, optimisée. Et sur ce point, je dois dire que cette lecture m'a procuré un bonheur intellectuel indescriptible !
De très nombreux questionnements sont totalement précurseurs. Sur le rôle de chacun dans la cité, sur la nécessité d'une redistribution des richesses, sur le sens, ou le non-sens, d'être riche, sur les causes de l'injustice, sur l'euthanasie, l'importance de l'éducation, les principes de service public, de "commun", sur le rôle des artistes, l'égalité des sexes et leurs rapports entre eux, sur l'utilité du "noble mensonge" dès lors qu'il va dans l'intérêt de la cité, sur le sentiment d''appartenance à la communauté. Et encore, sur les dérives des sophistes, des beaux parleurs, des démagogues, qui ne veulent que flatter la foule pour arriver à leurs fins de pouvoirs et d'honneurs, attentifs à ses attentes et à ses désirs, pour qui la sagesse est, non pas la connaissance de ce qui est, mais "la connaissance de l'instinct et des plaisirs de la multitude hétéroclite"… Sur le danger d'une foule souveraine qui serait soumise à ces gens-là…
La grande question de la République : qu'est-ce que la justice, la justice dans la cité et la justice dans l'homme ? En quoi est-elle "en soi" si supérieure par rapport à l'injustice ? Pourquoi l'homme juste, même s'il doit passer aux yeux des hommes pour le plus injuste, est-il malgré cela plus heureux que l'homme injuste, même s'il reçoit quantité d'honneurs et de richesses ? En quoi donc la réalité de la justice l'emporte-t-elle toujours sur son apparence ?
L'ouvrage est un long dialogue entre Socrate et trois ou quatre interlocuteurs successifs, Socrate mène l'entretien. Ils tentent ensemble de répondre à ces questions, en entreprenant de fonder en pensée la cité idéale, la plus juste qui soit, d'établir la constitution politique parfaite. On ne comprend évidemment pas tout, mais ce n'est pas le but, on prend ce qu'on peut prendre. Sur la forme de l'entretien, elle a un nom : la maïeutique. Elle consiste à se mettre d'accord au fur et à mesure de la discussion, de poser de bonnes questions, de convenir ensemble de réponses sensées et logiques, et d'avancer ainsi jusqu'à dégager des conclusions satisfaisantes pour les parties, qui doivent être proches évidemment de la vérité car faisant consensus. En fait, ce n'est pas un simple échange d'idées comme on en voit aujourd'hui, où on se contente à la fin de compter les points et où chacun reste sur ses positions.
Socrate commence par donner de premiers éléments de réponse, dont un m'a assez plu : la justice est d'une nature supérieure à l'injustice en ceci, déjà, qu'elle est nécessaire même dans l'accomplissement d'actes injustes : la répartition équitable d'un butin au sein d'une bande de pillards, reposant sur une relation de confiance entre eux ; une âme individuelle qui doit être cohérente et déterminée au moment de commettre tel méfait. S'il n'y a pas justice, il y a désordre, dissension, conflit, et on ne peut rien faire du tout.
Ensuite, tout au long de l'entretien, on assiste à la fondation en pensée de la "cité idéale" et de son équivalent dans l'âme individuelle. Comme principe fondamental, Socrate fait ressortir trois éléments constitutifs de l'une et l'autre :
- Pour la cité : la classe des gouvernants qu'il appelle les gardiens ; celle des auxiliaires (armée) ; celle de la multitude, des producteurs.
- Pour l'homme, et qui correspondent aux précédents : le principe de raison ; l'ardeur morale ou le coeur ; les désirs.
Chaque élément se voit associer une vertu. Dans l'ordre : la sagesse, le courage et la modération. L'ardeur du coeur, au milieu, en penchant vers l'un ou l'autre des deux opposés, fait que nos actions sont plutôt bonnes, quand elle va du côté de la sagesse, ou mauvaises, quand elle se soumet à nos désirs. La justice apparaît comme un équilibre entre tout ça. Cette structure tripartite permet la compréhension de l'ensemble de l'oeuvre et revient très souvent.
Plus loin, Socrate expose les conditions de réalisation de la cité idéale. Cela passe par l'établissement d'un programme d'éducation rigoureux des futurs gardiens : apprentissage de la (bonne) poésie et de la musique, de la gymnastique, étude des sciences, de la dialectique, qui rend capable de "rendre raison" et de suivre un raisonnement.
Socrate préconise aussi la mise en place d'une communauté (communisme) au sein de la cité, tant pour les richesses que pour les femmes et les enfants, de manière à ne rien posséder que les autres ne possèdent aussi. Pour limiter les dissensions, les jalousies et les procès. Ainsi, tout le monde est concerné par tout le monde, se sent le proche de tout le monde. Cela suppose de retirer dès la naissance les enfants à leurs parents, et de les élever à part. Ils deviennent de la sorte les fils et les filles et les frères et les soeurs de la communauté entière. Seuls les gardiens connaissent les vrais arbres généalogiques et organisent à partir d'eux, en secret (notion de "noble mensonge"), la reproduction, en autorisant ou non les unions.
Mais la grande idée de Socrate dans La République, c'est l'avènement des philosophes-rois, condition qu'il juge la plus nécessaire à la réalisation de sa cité. Il fait noter l'impuissance actuelle, c'est-à-dire dans l'Athènes démocratique du Ve siècle, et le martyre des philosophes en face de la multitude corrompue par les orateurs usant de rhétorique, de violence et d'intimidations ; en face des sophistes également, adeptes de la flatterie, qui s'abaissent à des attaques personnelles au lieu de discuter des questions les plus fondamentales. Tous ceux-là décrédibilisent les philosophes et l'exercice de la philosophie. Platon, par l'intermédiaire de Socrate, et connaissant le sort qui sera le sien…, exprime son désespoir devant cette inutilité de fait du philosophe dans la cité démocratique. Mais, peut-être, "par chance", qui sait, ce règne des philosophes, littéralement ceux qui sont amoureux de la sagesse, pourra advenir un jour…
Une partie que j'ai trouvée particulièrement intéressante est celle où Socrate fait la distinction entre ce qui relève de la connaissance, c'est-à-dire ce qui est connaissable (par exemple le beau en soi, qu'il appelle la "forme" du beau), et ce qui relève de l'opinion, "sur quoi on opine" (la multiplicité des choses, qu'on peut trouver belles, mais qui ne sont que semblables au beau lui-même, puisqu'on pourrait tout aussi bien les trouver laides). La première, la connaissance des formes, correspond à l'éveil et est le but de la philosophie. La seconde correspond à l'état de rêve, quand on croit que ce qui est semblable à quelque chose constitue la chose même. C'est là aussi que se distingue le visible (les choses multiples, vues) et l'intelligible (les formes, pensées).
C'est aussi sur cette base que Socrate rejette et condamne la poésie, en tant qu'elle est imitative, qu'elle ne produit pas le réel mais des apparences. Elle se trouve au troisième rang par rapport à l'Être, après la forme, donc, et la multiplicité des choses, la concrétisation, l'artisanat, dont elle ne reproduit qu'un aspect, un point de vue. La poésie est donc dangereuse car elle peut abuser les gens naïfs. Les poètes se font passer pour des experts, ils imitent par exemple le langage médical mais n'en possèdent pas la science, Homère décrit la guerre mais il n'a jamais commandé à aucune armée. Leurs compositions jouent avec l'émotion, éloignent de la raison. de plus, en entretenant notre compassion pour des personnages, ils nous rendent ensuite, par une sorte de transfert, moins maîtres de nous-mêmes pour ce qui nous arrive personnellement, notre principe rationnel se relâche, et on s'autorise plaintes et gémissements.
Le but suprême de l'exercice de la philosophie est d'accéder au "bien", qui est au monde intelligible ce que le soleil est au monde visible, il permet à l'intellect de voir. Sur ce thème, sans doute le passage le plus célèbre de cette République, l'allégorie dite de la caverne : une fois en possession de cette connaissance, qu'il a acquise, grâce au programme d'éducation et à ses dispositions naturelles, en s'échappant de la caverne où est enfermé le reste de l'humanité ignorante, le devoir du philosophe est d'y "redescendre", de libérer les autres hommes qui sont prisonniers des ombres et de l'obscurité, d'en être les gardiens, de les guider vers l'extérieur et la lumière. Socrate insiste sur le fait que c'est son devoir d'agir ainsi, car lui, pour lui, n'a aucune raison d'agir de la sorte, préférant de loin s'adonner pour toujours à la recherche de la connaissance. Ainsi, selon Socrate, un bon gouvernant est celui qui ne tient pas à gouverner mais qui le fait, en tant que juste, pour le bien de tous, contre ses intérêts et la recherche des honneurs.
Ce gouvernement idéal par les philosophes, Socrate l'appelle aristocratie, "le pouvoir des meilleurs", de la raison. La même structure et les mêmes mécanismes existent dans l'âme individuelle. L'exposé qu'il dresse ensuite concerne les principales sortes de cités dont les constitutions sont défectueuses, découlant les unes des autres et formant un genre de cycle, et leurs équivalents chez l'individu :
- la timocratie (modèle de Sparte) : recherche de la victoire et des honneurs, goût pour la richesse mais "en secret". Naît de la discorde parmi les dirigeants de l'aristocratie, qui ne sont pas infaillibles dans la pratique de l'eugénisme et peuvent se tromper. Manque d'homogénéité, perte d'harmonie. Correspondant à la partie intermédiaire de l'âme, l'ardeur morale, le coeur. Tiraillé entre aristocratie (raison) et oligarchie (désir).
- l'oligarchie : pouvoir des riches, goût public, assumé pour la richesse. On dépense pour soi, contre les lois idéales qui nous disent de ne rien posséder, mais pas encore de manière frivole, plutôt parcimonieuse. Les riches deviennent des fléaux car ils ne gouvernent pas, mais s'occupent uniquement de leurs richesses. Cité désunie, double : celle des riches et celle des pauvres. Intérêts opposés, dissensions. Domination du principe de désir. L'homme individuel correspondant vit pareillement en discorde avec lui-même, conflits de désirs.
- la démocratie (modèle d'Athènes) : naît de la négligence de la modération, incompatible avec l'appétit de richesse. La liberté au centre de tout, chacun fait ce qu'il veut. Volonté des pauvres d'un régime nouveau. Extermination et bannissement des riches, partage égal du pouvoir. Manque de cohérence et d'unité. Agréable mais privée de gouvernement réel. L'homme démocratique, oubliant la parcimonie, est en conflit intérieur entre satisfaction des désirs nécessaires (oligarchie) et celle des désirs non nécessaires. Tend à la liberté de tous les assouvir, illusion d'équivalence. Aujourd'hui, on parlerait sans doute de "caprices".
- la tyrannie : naît de l'appétit insatiable de la liberté démocratique. le peuple, aspirant à une entière liberté, se sentant contraint, se choisit un protecteur pour défendre ses intérêts. Celui-ci, promettant le partage, "prenant goût au sang", devient tyran. Il déclare des guerres pour asseoir son autorité, supprime les opposants, qui ont de la valeur, et cohabite donc avec la masse des médiocres, qui le haïssent en raison des guerres qui les ruinent. Importante garde personnelle composée d'anciens esclaves qu'il a affranchis : le peuple devient soumis à des esclaves… Parricide, il use de violence contre le peuple qui l'a engendré comme un père. L'homme tyrannique est dominé par un désir bestial, impératif ; soumission, aliénation aux émotions ; folie. Il passe du "côté obscur"... ! Lui-même tyrannisé de l'intérieur. Dans la vie privée, ou bien on le flatte, ou bien il s'abaisse pour obtenir ce qu'il veut : donc toujours maître ou esclave de quelqu'un. Ignore la liberté et l'amitié. Homme le plus injuste.
Cet exposé renvoie à la question initiale du bonheur du juste et à l'intérêt de la justice en soi, et y répond. le tyran est le plus malheureux des hommes car, au-delà des apparences, de sa prestance, il est asservi tout entier, il n'a plus de bon en lui, il est toujours pauvre car jamais rassasié, et il vit dans la crainte et la souffrance perpétuelles. Par peur, vu qu'il est entouré de gens hostiles ou flattés, il est enfermé chez lui, lui qui est torturé de désirs innombrables. L'homme royal, au contraire, le philosophe, est le plus heureux, exerçant la royauté sur lui-même et sur la cité. Il est l'être le plus libre qui soit. Ses plaisirs liés à la recherche de la connaissance sont les plus agréables. Ils sont en plus les plus "réels" car ce sont ceux qui nourrissent l'âme, et non ces illusions de plaisirs que sont les simples comblements nécessaires de manques du corps, comme la faim et la soif, qui ne font parvenir qu'à un état intermédiaire de tranquillité, et non à un état supérieur comme celui où mène la philosophie.
La justice est donc le bien suprême de l'âme. L'injuste, même s'il agit impunément, même s'il possède l'Anneau de Gygès qui rend invisible et dissimule ses actes, est toujours plus malheureux que le juste. À quelqu'un qui ne sait s'il doit agir de telle manière qui lui paraît mauvaise, le sophiste dirait : "Ne t'en fais pas, tu peux mal agir, personne ne verra rien". Ce à quoi Socrate répondrait : "Oui mais toi-même, en ton for intérieur, tu le sauras …" Par conséquent, l'homme bon n'est pas bon par contrainte, à cause des lois ou d'un dieu qui le regarderait et voudrait le juger, mais parce que l'homme bon reconnaît la nature supérieure de la justice par rapport à l'injustice, laquelle rend malheureux en corrompant l'âme, en nous rendant avides et méprisables.
Pour finir, Socrate parle de l'immortalité de l'âme et de la récompense des justes après la mort, comme quoi l'homme juste ne peut qu'être aimé des dieux, qui ne se méprennent pas, qu'il peut être malade ou pauvre dans sa vie mortelle mais que son âme immortelle recevra la faveur des dieux. Il dit que dans la société humaine, le juste finit toujours par jouir d'une meilleure réputation, et l'injuste par se faire démasquer et devenir la risée de tous. J'ai du mal pour ma part à être d'accord avec ça : beaucoup d'injustes à mon avis triomphent et continuent de triompher même longtemps après leur mort… Beaucoup de rois, d'empereurs sont encore adulés qui ont été en réalité de véritables bouchers. le mythe final d'Er soutient que la vie mortelle engage également les vies futures de l'âme, en ceci qu'au moment de se choisir une nouvelle existence (métempsycose), celle-ci, sachant déjà distinguer la vie bonne et la vie mauvaise, saura mieux choisir une vie faite de vertu. Elle ne connaîtra pas alors les tortures que réserve l'Hadès aux mauvaises âmes pendant mille ans, durée entre deux réincarnations, mais plutôt les douces délices de la vie céleste… Jolie promesse.
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Klasina
  02 septembre 2018
La République de Platon, sans doute, un des livres qui m'a beaucoup marqué. Imposant, il est le fondement de la philosophie politique, mais il délivre aussi une brillante réflexion sur la justice, sur le juste. En plus, il met en scène le développement de l'argumentation et l'apparition de la vérité chez Socrate : seul le juste est sage et heureux.
La République se veut être un paradigme, modèle des autres cités. Celle-là sera gouvernée par la raison, et ses trois fonctions correspondront aux trois parties de l'âme (détaillées plus loin). Bien sûr, Platon fait détailler l'organisation de cette cité, en partant de son origine : l'homme n'étant pas autosuffisant. Les gardiens doivent avoir des qualités propres, une éducation particulièrement adaptée et avoir pour intérêt la cité même.
Des thématiques peuvent converger autour de :
La justice et l'intérêt.
Socrate doit répondre à la thèse sophiste de Thrasymaque : «  la justice est l'intérêt du plus fort ». Laquelle sera réfutée plus loin. le livre II met en lumière que derrière toute action humaine se cache un intérêt. L'anneau de Gygès est le parfait exemple. Quand l'homme invisible, se pense en totale impunité, il fait ce que bon lui semble, il ne craint pas la sanction. En effet : «  personne n'est juste de son plein gré mais y est contraint ».
La justice et l'injustice.
Socrate va chercher le juste et l'injuste d'abord à l'échelle de la cité, puis dans l'âme humaine. Postulant que les valeurs traditionnelles de la cité sont la sagesse attribuée aux gardiens, le courage aux guerriers, la modération à la multitude, le peuple ; Platon va montrer que ce qui a été découvert à l'échelle de la société politique, s'applique à l'âme individuelle. Ainsi, dans l'âme : la raison doit être la classe dirigeante soit celle qui commande. L'ardeur, le guerrier soit celui qui a le courage et le désir, la multitude, soit la modération. Toutes ces parties doivent se trouver en harmonie, auquel cas, elles ne tendent pas à la justice. S'il y a « dissension interne entre les 3 principes », il y aura injustice dans la cité.
Les modèles politiques ou les «  maladies de la cité », avec la cause, le symptôme et les individus qui leur sont associés.
La timocratie qui repose sur les honneurs. Son origine : la discorde à partir de l'aristocratie. le corps militaire est développé. L'homme timocratique est avare et convoite la richesse des autres. Il a une ambition de victoire accrue ainsi que le goût des richesses. Il est indifférent à l'art des muses.
L'oligarchie a pour cause : le pouvoir de l'argent. Les riches commandent aux pauvres et ont le monopole des propriétés. Sa loi : le cens qui divise le corps social. L'homme oligarchique a "sur le trône de son âme" la fortune et l'avidité.
La démocratie : ses origines, les inactifs sous l'oligarchie complote contre ceux qui se sont appropriés leurs biens. Sa caractéristique : la liberté, notamment d'expression. L'homme démocratique ne distingue plus les désirs nécessaires des non nécessaires. Les désirs inutiles poussent les hommes à la tyrannie.
La tyrannie a pour cause l'insatiable appétit de richesse. La liberté pousse ses limites à l'extrême. le tyran se fait passer pour non tyran. le tyran, selon la thèse socratique n'est pas heureux car il est asservi aux passions, c'est un homme qui se gouverne mal lui-même.
La philosophie platonicienne :
Par exemple, on peut évoquer l'allégorie de la caverne. Les objets sensibles sont trompeurs et incertains. En effet, je peux dire que x degré est chaud, alors qu'un autre peut m'affirmer le contraire. Partant de là, les objets sensibles ne peuvent pas être source de vérité. Ce ne sont que des reflets du haut ( monde intelligible). Celui qui veut parvenir à la connaissance, au monde des Idées, doit affronter la lumière douloureuse du soleil ( le Bien) qui lui est inconnue. Les Idées ou formes sont l'être tel qu'il est réellement, ou l'essence des choses. le cheminement philosophique est douloureux.
La métempsycose ( résurrection des âmes qui se réincarnent) - la République se clôt sur un mythe d'Er le Pamphylien : où les âmes passent à un tribunal qui les jugent en attribuant soit récompense soit châtiment. Par la vie des âmes, est choisi le type d'existence. Par là, il y a croyance en l'immortalité de l'âme
La République a bien d'autres thèmes, c'est en cela qu'elle est riche. Elle complète la philosophie de Platon. Lire la République, c'est se confronter à la réflexion des systèmes politiques et à l'idée de justice, qui de nos jours, est loin d'être acquise. Certes, Platon défendait le régime aristocratique, mais il n'en a pas moins peint les différents régimes ainsi que leur dérives possibles. Il montre tout de même que le corps civique/et ou/ politique décide du sort de la cité. le régime politique n'est pas indépendant de l'homme.
Cette oeuvre de l'Antiquité grecque n'a pas vieilli, elle vient à nous comme un précieux joyaux qu'on a su préserver. Ses rayons n'ont pas terni.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
PerdreUnePlumePerdreUnePlume   04 mars 2009
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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tynntynn   20 janvier 2015
Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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ChriChri   28 mai 2014
(Extraits des notes sur les théories communistes qui virent le jour au Vème siècle avant J.C.)
Nous examinerons successivement les constitutions de Phaleas de Chalcédoine et d'Hippodamos de Milet.
(Cette citation est limitée à celle de Chalcédoine, mais toutes les constitutions sont intéressantes)
I-CONSTITUTION DE PHALEAS DE CHALCEDOINE - Nous la connaissons par ce qu'en rapporte Aristote (Polit. B,6. 1266 a 29 sqq). De son auteur nous ne savons rien sinon qu'il vivait probablement au Vème siècle. Cette constitution, beaucoup moins hardie que celle de Platon, prévoit :
a/L'égalité des fortunes. Pour l'établir on procédera au partage des terres en lots égaux et inaliénables ; rien, toutefois, n'est spécifié quant aux biens mobiliers ;
b/L'égalité d'éducation. (...)
c/L'exercice de tous les métiers manuels par des esclaves appartenant à l'Etat.
En somme, il semble que cette constitution soit, d'une part, de principe démocratique, tandis que celle de Platon est de principe aristocratique, et, d'autre part, essentiellement utilitaire (au sens moderne du mot). En effet, elle vise surtout à établir un ordre nouveau dans la répartition des biens matériels : la constitution de Platon, au contraire, a pour double fin de réaliser ici-bas un idéal de sagesse, et de préparer les âmes à leur destinée immortelle.
Des trois systèmes communistes qu'analyse Aristote, celui de Phaléas est le seul qui s'apparente au socialisme moderne. De fait :
-Il admet implicitement le postulat irrationel d'égalité entre les hommes ;
-Il est le développement d'une conception purement matérialiste de l'intérêt social.
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ChriChri   21 mai 2014
(livre IV - constitution de la cité idéale)
Donc pour le dire en peu de mots, il faut que ceux qui ont en charge de la cité s'attachent à ce que l'éducation ne s'altère point à leur insu, qu'en toute occasion ils veillent sur elle et, avec tout le soin possible, prennent garde que rien de nouveau, touchant la gymnastique et la musique, ne s'y introduise contre les règles établies,

(livre VII - suite du programme éducatif de l'élite)
L'arithmétique, la géométrie, et toutes les sciences qui doivent servir de préparation à la dialectique, seront donc enseignées à nos élèves dès l'enfance, mais cet enseignement sera donné sous une forme exempte de contrainte.
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Denis_76Denis_76   10 décembre 2020
-- Si donc il y a cinq espèces de cités, les caractères de l'âme chez les individus, seront aussi au nombre de cinq.
-- Sans doute.
-- Celui qui répond à l'aristocratie, nous l'avons déjà décrit, et nous avons dit avec raison qu'il est bon et juste.
-- Nous l'avons décrit.
-- Ne faut-il pas, après cela, passer en revue les caractères inférieurs : d'abord celui qui aime la victoire et l'honneur, formé sur le modèle du gouvernement de Lacédémone, ensuite l'oligarchie, le démocratique et le tyrannique ?
Quand nous aurons reconnu quel est le plus injuste, nous l'opposerons au plus juste, et nous pourrons alors parachever notre examen, et voir comment la pure justice et la pure injustice agissent respectivement sur le bonheur ou le malheur de l'individu, afin de suivre la voie de l'injustice, si nous nous laissons convaincre par Thrasymaque, ou celle de la justice si nous cédons aux raisons qui se manifestent déjà en sa faveur.
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