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Georges Leroux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080706535
Éditeur : Flammarion (15/02/2002)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 412 notes)
Résumé :
Référence obligée en philosophie politique, La République constitue à la fois une forme d'utopie, décrivant une cité idéale gouvernée par les sages, et une critique sans appel de la démocratie grecque. Le lecteur contemporain ne peut s'empêcher d'établir un rapprochement entre la représentation platonicienne du gouvernement des hommes, réservé aux plus savants, et la conception républicaine du recrutement des élites, exerçant des fonctions publiques dans le cadre de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Fabinou7
  09 mars 2018
Le legs de la Grèce Antique est sans conteste la démocratie. La démocratie Athénienne atteint son apogée aux V et IV siècles avant notre ère. C'est durant cette période que vont également s'élever les plus vives critiques envers elle.
Platon est un philosophe Athénien, issu d'une puissante lignée athénienne apparentée à Solon, qui dirigea Athènes avant la démocratie, il est également un fervent admirateur de Sparte, mais surtout, il se trouve être disciple de Socrate grand polémiste et philosophe de l'époque et virulent détracteur de la démocratie et ses sophistes. Platon retrace dans La République la pensée de Socrate dont l'oeuvre n'était qu'orale. Il est certain que l'auteur prend quelques libertés.
La République de Platon n'existe pas, il s'agit d'un ouvrage normatif et étiologique qui bâtit une cité idéale et en dévoile les rouages nécessaires.
Platon se fait l'épigone de son maitre, Socrate, esquissant les prérequis nécessaire à la formation d'une cité juste sous l'égide du Bien.

Pour que le Juste triomphe au sein de la cité utopique du philosophe, Socrate préconise à chaque citoyen de  persévérer dans son être, dans son art et de s'y consacrer entièrement et exclusivement. Il enjoint en outre les grecs, personnifiés par ses interlocuteurs Adimente & Trasymaque à vivre selon ce qui est juste plutôt l'inique. Et enfin, la recherche du Bien doit être constante pour les gouvernants.
Ainsi concernant le peuple, il doit prendre conscience que cette répartition des tâches au sein de la cité est « l'excellence de l'âme », se dessine déjà la notion de bien commun, et si ils s'attachent de surcroit à être juste, plutôt qu'injuste, ils seront bienheureux. du reste, chaque citoyen est lié au fonctionnement de la cité, comme l'abeille à la ruche, chacun forme un maillon indispensable à la condition qu'il se consacre à sa tâche.
Cette recommandation vaut aussi pour les gouvernants qui doivent se consacrer entièrement et exclusivement au Bien de la cité. Si le gouvernant à l'obligation de rechercher la vérité et le savoir, en revanche, le Bien est une entité qui reste insaisissable, elle s'offre à celui qui reste pur et juste dans sa quête du savoir et de la vérité.
A contrario, la cité et ses gouvernants ne pourront bien faire s'ils ne sont pas strictement concentrés sur ce qu'ils savent faire de mieux.

Au travers de ces métaphores filées du Bien et du Soleil ou encore des organes et leurs fonctions, Socrate, fils de Phainarète, use du dialogue et de la maïeutique pour faire aboutir le lecteur à ses assertions.
Mais au-delà se profile une critique acerbe de la démocratie. En effet, si Platon et Socrate ne sont pas pour une Grèce sous l'égide d'un tyran, ils attaquent sévèrement la démocratie qu'ils accusent, de par son égalitarisme endogène et farouche, de pousser de façon endémique à la médiocrité. Socrate ne comprend pas que le sort conduise des magistrats incompétents, au contraire, il considère que chacun doit faire ce qu'il sait faire de mieux et s'y atteler avec acuité. Cela vaudra à Platon d'être plus tard taxé de totalitaire en référence à la division du travail rigoureuse qu'il préconise pour le bien commun.
Le Bien et le juste ne doivent pas être relatifs aux citoyens, ils doivent être le fruit d'une recherche de la vérité et du savoir. Ils sont normatifs et non relatifs et appartiennent au ciel des idées, de l'intelligible.
Ainsi qui d'autre mieux que le philosophe, contemplateur des idées, ne peut se consacrer entièrement à cette quête et faire régner le juste et le Bien sur la cité. C'est la perspective de Platon, celle d'un philosophe roi corolaire intrinsèque du bon fonctionnement de sa République.
(#2014)
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Fx1
  16 juillet 2014
L'un des livres fondamentaux que chaque lecteur doit avoir lu dans sa vie . La thématique présente ici est tellement riche qu'on doit relire le texte plusieurs fois pour avoir une idée à peu prés précise du propos . L'utopie d'une socièté dirigée par des savants à hélas tendance à disparaitre â notre èpoque ou Pernaut fascine des millions de personnes avec les courses d'escargots ... Lire Platon en ce 21 éme siécle en France c'est comme si l'on ètait un E.T égaré . Et pourtant .... Que le propos est riche ici , riche d'enseignements et de sagesse , riche car ouvert au débat , riche car représentatif de ce que doit ètre la rèpublique ... L'on est plus la mème personne quand on à fini cet ouvrage qui représente en relativement peu de pages , ce qu'a était le réve républicain ... Immense tout simplement .
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Chri
  24 juin 2014
L'"inspecteur" Socrate et ses stagiaires mènent une enquête peu ordinaire qui nous amène sur les traces de Thrasymaque et de son insupportable provocation : ""l'homme juste est partout inférieur à l'injuste"".
Comment donner donner tort à Thrasymaque s'en s'énerver mais en suivant au contraire toutes les pistes sans craindre de s'enliser jusqu'à la constitution de la cité idéale. Rien n'arrête notre enquêteur. Revenant de l'Etat à l'individu, l'enquête débouche avec brio sur la nature de l'homme juste. Passant par l'allégorie de la caverne l'enquête débouche enfin sur l'idée du bien.
Platon, l'auteur, nous livre un magnifique essai philosophique. Et même si Socrate prouve que cette cité idéale est réalisable, ce n'est pas si important si nous ne pouvons que tendre vers elle pendant notre vie terrestre.
Dans la dernière partie, Socrate laisse la fin de sa démonstration aux dieux qui promettent finalement un sort terrible à l'homme injuste après sa mort.
Socrate partage avec Confucius son souci permanent de l'éducation d'une élite qui ne laisse qu'une place très théorique aux enfants des classes "inférieures". Manifestement la démocratie n'est pas sa tasse de thé et sa projection de la démocratie vers la tyrannie est assez piquante.
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Gast
  21 novembre 2010
Comment sortir intact d'un tel texte ? C'est impossible. L'esprit de Socrate est affûté et derrière lui, un Platon implacable nous entraîne dans cette quête de la justice et, au final, du sens de toute vie. Eloge critique de la philosophie par Socrate, ce dernier n'en est pas moins conscient de ses limites dans un monde comme celui des cités grecques, si semblable par certains aspects de sa vie politique à nos démocraties représentatives.
De même, son analyse des systèmes politiques et de ce qui les lie, et à travers cela des faiblesses de la démocratie, m'a semblé pleine de lucidité ; et déjà à l'époque Socrate constatait que la démocratie ne pouvait de par ses aspects qu'accoucher d'un despote. L'avènement de la Rome impériale ou plus récemment les élections allemandes de 1933 ont démontré ce que cette analyse avait de juste et de visionnaire.
Ce dialogue est aussi un plongeon, par moments, dans le coeur même de la pensée grecque d'alors. Parfois, cette plongée dépayse et là appraissent au grand jour les diférences fondamentales avec notre culture judéo-chrétienne : le rapport aux femmes, à l'enfance ou toutes ces relations du quotidien qui démontre combien, malgré le fait démocratique qui nous rapproche, nous sommes aussi spérarés par un fossé culturel important. Une manière donc, de démontrer leur erreur à ceux voulant nous faire croire que la démocratie ne peut s'adapter qu'à la pensée occidentale contemporaine, de montrer que ce système s'accomode facilement d'autre référents culturels.
Texte fondateur que ce fut ce livre... et sa lecture m'a montré pourquoi : sa richesse, la robustesse de l'argumentaire et son universalisme assumé ne pouvaient pas en faire autre chose.
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vincentf
  02 septembre 2013
Qu'est-ce que la justice? La question, quand elle est posée à Socrate, devient source d'un monde idéal, d'une cité parfaite, parce la justice, c'est le fait que chacun soit à sa place, à l'endroit qui lui convient. Elle est une harmonie à la fois interne à l'homme et externe, qui se manifeste dans l'organisation de la cité. Comment fonctionne cette cité juste? Platon, ou Socrate, car leurs voix se mêlent, en décrit les rouages avec précision : l'éducation, basée sur la musique et le sport, à l'inverse des conceptions modernes, puis le rôle des gardiens, à la fois chiens et philosophes, puis le pouvoir, qui ne sera pas désiré, mais que les philosophes, parce qu'ils connaissent la vérité et le bien, devront exercer contre leur gré. Socrate décrit ensuite les différents système politique, et là encore, les modernes sont surpris: la démocratie est le dernier pas avant la tyrannie, la liberté, valeur tellement centrale pour nous, est dangereuse quand elle est mise dans les mains des ignorants; il vaut mieux un gouvernement aristocratique où les meilleurs gouvernent, ceux qui savent où se situe le bien et la vérité. Peut-on, aujourd'hui, revenir à la cité idéale de Platon? Sans doute pas, parce que ni les philosophes ni les savants, ni les politiques ne peuvent prétendre avoir accès à la vérité, parce que la sortie de la caverne aux illusions est sans doute elle-même une illusion. Mais faire de la politique une tentative d'approche de l'harmonie, un bricolage de la justice, une volonté de donner à chacun la place qui lui est propre, demeure juste. Qui s'en soucie aujourd'hui?
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
PerdreUnePlumePerdreUnePlume   04 mars 2009
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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tynntynn   20 janvier 2015
Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.
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ChriChri   28 mai 2014
(Extraits des notes sur les théories communistes qui virent le jour au Vème siècle avant J.C.)
Nous examinerons successivement les constitutions de Phaleas de Chalcédoine et d'Hippodamos de Milet.
(Cette citation est limitée à celle de Chalcédoine, mais toutes les constitutions sont intéressantes)
I-CONSTITUTION DE PHALEAS DE CHALCEDOINE - Nous la connaissons par ce qu'en rapporte Aristote (Polit. B,6. 1266 a 29 sqq). De son auteur nous ne savons rien sinon qu'il vivait probablement au Vème siècle. Cette constitution, beaucoup moins hardie que celle de Platon, prévoit :
a/L'égalité des fortunes. Pour l'établir on procédera au partage des terres en lots égaux et inaliénables ; rien, toutefois, n'est spécifié quant aux biens mobiliers ;
b/L'égalité d'éducation. (...)
c/L'exercice de tous les métiers manuels par des esclaves appartenant à l'Etat.
En somme, il semble que cette constitution soit, d'une part, de principe démocratique, tandis que celle de Platon est de principe aristocratique, et, d'autre part, essentiellement utilitaire (au sens moderne du mot). En effet, elle vise surtout à établir un ordre nouveau dans la répartition des biens matériels : la constitution de Platon, au contraire, a pour double fin de réaliser ici-bas un idéal de sagesse, et de préparer les âmes à leur destinée immortelle.
Des trois systèmes communistes qu'analyse Aristote, celui de Phaléas est le seul qui s'apparente au socialisme moderne. De fait :
-Il admet implicitement le postulat irrationel d'égalité entre les hommes ;
-Il est le développement d'une conception purement matérialiste de l'intérêt social.
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ChriChri   21 mai 2014
(livre IV - constitution de la cité idéale)
Donc pour le dire en peu de mots, il faut que ceux qui ont en charge de la cité s'attachent à ce que l'éducation ne s'altère point à leur insu, qu'en toute occasion ils veillent sur elle et, avec tout le soin possible, prennent garde que rien de nouveau, touchant la gymnastique et la musique, ne s'y introduise contre les règles établies,

(livre VII - suite du programme éducatif de l'élite)
L'arithmétique, la géométrie, et toutes les sciences qui doivent servir de préparation à la dialectique, seront donc enseignées à nos élèves dès l'enfance, mais cet enseignement sera donné sous une forme exempte de contrainte.
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ChriChri   19 juin 2014
(livre VIII - à propos de la démocratie, et de l'impunité qui y régne)
Hé quoi ! la mansuétude des démocraties à l'égard de certains condamnés n'est-elle pas élégante ? N'as-tu pas déjà vu dans un gouvernement de ce genre des hommes frappés par une sentence de mort ou d'exil rester néanmoins dans leur patrie et y circuler en public ?

(livre VIII - à propos de la tyrannie, dernière étape de la décadence)
Dans les premiers jours, il sourit et fait bon accueil à tous ceux qu'il rencontre, déclare qu'il n'est pas un tyran, promet beaucoup en particulier et en public, remet des dettes, partage des terres au peuple et à ses favoris, et affecte d'être doux et affable envers tous, n'est-ce pas ?
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