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Christophe Claro (Traducteur)Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782020327923
766 pages
Seuil (23/12/2000)
3.61/5   55 notes
Résumé :
Publié aux États-Unis en 1997, Mason & Dixon fut accueilli par la critique comme l'un des plus grands romans de ce siècle finissant. L'ouvrage, diablement déroutant et burlesque, est une plongée exploratoire au cœur d'un XVIIIe siècle totalement chaotique. Sans crier gare et dès la première page, Pynchon désoriente son lecteur qui vient tout juste de chavirer au beau milieu d'une terra incognita peupl&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
bobfutur
  28 août 2021

Un castor-garou, passant par là nonchalamment, vous dirait bien que nous avons là un Pynchon plutôt accessible, une grande ligne droite connaissant ses méandres, mesmérisant à dessein d'en conter l'Histoire Secrète, celle d'un fabuleux duo du 18ème siècle.

De courts chapitres, toujours emprunts de sophistication et d'érudition; d'aventures, d'humour et de chansons, laissant l'espace au lecteur attentif d'y garnir ses rêves d'une culture gourmande et enfumée, l'engageant à naviguer entre le vrai et le supposé, osant les fantaisies les plus débridées.

Un travail exceptionnel de traduction, par Brice Matthieussent et Christophe Claro, évoquant cet autre chef-d'oeuvre, le Courtier en Tabac de John Barth, comme Marylandiade et Pennsylvaniade, devenues chansons de geste modernistes.
Ils conseillent aux plus demandeurs de se référer au lexique en ligne ( https://masondixon.pynchonwiki.com/wiki/index.php?title=Main_Page ) pour une totale compréhension des termes et des nombreux personnages. Je n'ai ressenti le besoin d'autres documents qu'une bonne carte de la région, de cette frontière tracée qui deviendra plus tard la ligne Nord-Sud de la Guerre de Sécession, et, muni d'une solide attention baladeuse, me suis plongé avec une joyeuse admiration dans ces pages qui débordent, décrochant par moment, pour mieux se rattraper ensuite, de surprises en surprises.

Peuplé de savants et de bûcherons, de golems et de pirates, entourés de la soyeuse menace de jeunes filles nubiles et de conspirateurs jésuites, ce monde ébouriffant s'aborde tranquillement par tout aventurier volontaire et méritant.
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JimmyCz
  04 mars 2014
L'un des meilleurs romans que j'ai lus. Fait partie de mon top 5 voire mon top 3. C'est tout simplement un monument de la littérature et je pense que l'on s'en rendra compte quand Pynchon sera mort.
Sa qualité de la description est fascinante, il détaille si bien les lieux, les personnages, que l'on se croirait équipé d'une caméra (quelque peu anachronique) avec pour honneur la permission d'assister au récit en spectateur privilégié.
Langage très riche et très pointu il faut des fois faire appel au dictionnaire et l'on ne va pas s'en plaindre. il y'a tant de livres qui rabaissent notre niveau de vocabulaire, pour une fois je tombe sur un qui m'en apporte une richesse considérable.
Les dialogues sont très bien organisés, ils sont drôles, apportent un rythme, une cadence intéressante, un peu poétique et théâtrale. Et quel humour, quand il n'est pas absurde, il est ironique et subtile. C'est magnifique un roman qui sait allier ces deux formes d'humour, ils sont si rares.
Et quelle histoire, c'est une superbe odyssée, une aventure où se mêlent beaucoup de genres littéraires. le livre est long, pas assez à mon goût, trop pour beaucoup, mais j'aurais voulu que jamais il ne finisse.
J'aime et je déteste ce sentiment d'ailleurs quand j'ai l'impression de me sentir orphelin à la fin du livre que j'ai pris plaisir à lire. Là ce fut le cas. J'ai adooooooré !!!
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antoinebours
  06 mars 2018
Alors qu'on se demandait si Pynchon avait toujours la niak, la fin des années 90 et début 2000 le voit sortir deux briques coup sur coup. Est-ce l'apparition d'internet qui, soudain, facilite ses recherches (que l'on devine énormes) ? "Mason & Dixon", c'est du Terry Gilliam, c'est "Master & Commander" version Aardman, c'est l'histoire des States par l'équipe de "Day of The Tentacle" ou encore les Sfar & Trondheim de Donjon ; des images folles, une terre encore en découverte, trois idées par pages minimum (et il y en a 800 environs), le tout basé sur l'histoire vraie de la création de la démarcation entre le Maryland et la Pennsylvanie. On y voyage énormément (c'est le Pynchon le plus exotique) et on y croise des personnages et des créatures toutes pynchoniennes et absolument abracadabrantes. La palme revient à une version inédite du canard de Vaucanson (mais je n'en dirai pas plus).
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gigi55
  07 juin 2013
Bon j'en suis à la page 157 et je vais arrêter car j'ai déjà bien sué sur ce roman. C'est très difficile de suivre car il n'y a pas de narration, de progression, sans même parler de d'histoire. C'est une belle prose, certes, qui se déverse, un peu comme une lave visqueuse d'un volcan en éruption.
Peut-être aurai-je envie un jour de le reprendre ....
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
bobfuturbobfutur   25 août 2021
Pour régner perpétuellement, continue le Chinois, il importe seulement de créer, parmi le Peuple sur lequel on veut régner, ce que nous appelons... une Histoire Néfaste. Rien ne produira cette Histoire Néfaste aussi directement et aussi brutalement que le tracé d'une Ligne, en particulier une Ligne droite, la Force même du Mépris, au sein même d'un Peuple, — afin d'ainsi créer entre nous une distinction, — c'est le premier coup à porter. — Tout le reste s'ensuivra, comme prédestiné, jusqu'à la Guerre et la Dévastation.
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MaloneMalone   09 avril 2018
Comment cela se peut-il ? Si l'on attribue à tout miroir un coefficient d'Indulgence, - appelons le μ, - aucun, parmi ceux qu'il a jusqu'alors contemplés, y cherchant tout sauf ce qu'il sait y trouver, n'a approché d'avantage de, disons, 0,5, compte tenu du regard propre aux astronomes, de son inclination et, surtout, de la taille d'un certain hémisphère frontal, aux fluctuations quotidiennes, source continuelle de Préoccupation, dont l'horizon l'empêche parfois d'observer son pénis.
Entre Greenwich et le Cap, toutefois, il a eu le plaisir de constater une diminution provisoire de sa circonférence, due au mal de mer et à l'aversion conséquente pour la simple Mention de nourriture, bien qu'il ait fini par s'accoutumer au biscuit de mer, - Dixon, quant à lui, ayant entre-temps acquis un Goût particulier pour la soupe ambulante de M. Cookworthy, dont le moindre relent, cela va de soi, donnait la nausée à son collègue, l'expédiant aussitôt à la lisse.
A l'unanimité, les femmes de la colonie évitent Dixon, comme si celui-ci était descendu à terre tout harnaché d'aliments convenables quoiqu'écœurants. Non seulement il a été bientôt jugé excentrique, - il n'ignore rien des regards que s'attirait Emerson toutes fois qu'il se rendait à Darlington Market, - comme ses étudiants volaient fougueusement à son secours ! - mais, ce qui est plus curieux encore, les Hollandais, au premier regard, ont estimé qu'on ne pouvait se confier à Dixon dans les affaires concernant les Blancs. Ils ont noté son penchant affiché pour les esclaves Malaises et Nègres, - pour leur nourriture, leur mise, leur musique, et, par conséquent, pour leur désir d'être affranchi de toute oppression. "Le Quaker Anglais, opine Mme Bosch, doyenne de l'arbitrage urbain, est grossier, désobéissant, quasi semblable à un Hindou, tantôt sujet à des transes et bondissant, tantôt avide de la moindre rumeur qu'il peut saisir entre deux oreilles. T.S.I, mes enfants" - Tout Simplement Inconvenant. Mais Mason est une autre affaire. Mason le veuf avec son air mélancolique, un exalté, un jeune sot désireux de traverser les océans et de livrer des batailles navales, au seul dessein de voir vénus, la déesse de l'Amour même, passer devant le Soleil, - exotique en ces contrées jusqu'en ses rudes intonations continentales, débarqué le ventre vide avec toutes ces étranges machines, et manifestement très-désireux de s'offrir un bon repas sur la terre ferme. Rien de tout cela n'est apparu à Mason dans les miroirs qu'il a pu contempler.
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NikolasdeparisNikolasdeparis   02 février 2016
Les villes commencent le jour où on élève les mûrs des Abattoirs, pour dissimuler le sang et les effusions de sang, les cris des animaux, les odeurs et les souillures, au Citadins déjà fragiles devant les Réalités de la campagne. Les mieux lotis habitent le plus loin possible de ce Carnage concentré. Bientôt les Mélancoliques de la campagne convergent vers la ville, tels des corbeaux obscurcissant le Soleil. Les viandes apprêtées font leur apparition au marché, - les saucisses pendent sur fond de Ciel, formant des Lignes de Texte, un Commentaire intestinal cryptique.
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MaloneMalone   03 août 2016
Étroitement lové, comme à l'intérieur d'hémisphères de Magdebourg, gît l'Inexprimé, cette concentration de Terreur et de Mort remontant à deux après-midi à peine, exhalée sans un mot, avec un mépris brutal pour tout autre Langage que celui des vents et des masses, des cris et du sang. Impénétrable, il soulève des questions dont la gêne ne fait qu'augmenter à mesure que les astronomes comprennent qu'il n'y aura peut-être jamais aucun moyen d'y apporter des réponses.
"Le Capitaine a-t-il envoyé des signaux ? Les ont-ils reçus et ont-ils attaqué malgré ces signaux ?
- Ou bien, à cause d'eux...?"
L'événement avait tout d'une aberration dans leur existence.
"Y a-t-il eu une erreur dans le déroulement de cette journée ? Avons-nous écopé d'un fragment de l'Histoire d'autrui, d'un éclat arraché à quelque événement d'importance, - peut-être le récent Engagement dans la Baie de Quiberon, - tels ceux qui parfois croisent les chemins d'existences moins dramatiques ? Et nous voilà maintenant avec nos perruques de travers.
- Possible, renchérit Dixon, que nous ne devions jamais aller à Bencoulen, - que quelqu'un avait besoin de deux Martyrs et nous avons eu l'inélégance de survivre...?
- Quelle chose horrible à dire.
- Horrible ? Eh bien, pour ce qui est de l'horreur..."
Et ce qu'ils ne peuvent dire, soit pour l'instant, soit à jamais, retrouve sa Souveraineté mortelle dans les pièces éclairées par les bougies.
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MaloneMalone   12 avril 2018
Veillant tard parmi les Étoiles, Mason écoutait les hiboux qui chassaient et tuaient au bas de la colline, lui-même sombrant dans une sorte de présence hébétée, seulement à un pas et demi de ce côté-ci du rêve...Dans le tournant maléfique de l'époque, attendant son retour assuré, il crut une nuit passer de l'autre côté d'un Seuil, de quelque membrane, et comprendre que les prédateurs au visage macabre en contrebas ne gémissaient pas ainsi pour une raison quelconque, - que bien plutôt c'était le Son lui-même qui les possédait, une Force indépendante, qui se servait d'eux comme d'un passage vers l'Air Séculier, ses desseins ici-bas à milles lieues des rongeurs de la colline, mystérieux à tous.
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Videos de Thomas Pynchon (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Pynchon
Comme souvent dans les récits de David Grann, un homme est dévoré par son idéal. Ce personnage d'un autre temps sorti tout droit d'un film de Werner Herzog, se nomme Henry Worsley. "The White Darkness" raconte son extraordinaire histoire. Celle d'un militaire britannique fasciné par l'exemple d'Ernest Shackleton (1874-1922) et par ses expéditions polaires ; un homme excentrique, généreux, d'une volonté exceptionnelle, qui réussira ce que Shackleton avait raté un siècle plus tôt : relier à pied une extrémité du continent à l'autre. Une fois à la retraite, il tentera d'aller encore plus loin en traversant l'Antarctique seul, sans assistance. Il abandonne tout près du but, dans un état de santé tel qu'il meurt quelques heures après son sauvetage. Édifiant destin d'un homme perdu par une quête d'impossible, qui n'est pas sans rappeler Percy Fawcett, autre explorateur guidé par une obsession, dont David Grann avait conté l'histoire dans "La Cité perdue de Z". “Tout le monde a son Antarctique”, a écrit Thomas Pynchon, rien n'est moins vrai dans ce récit magnifique qu'on ne peut lâcher avant de l'avoir accompagné jusqu'à son terme.
Pour en savoir plus : https://bit.ly/39JJJdM
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