AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9780785912552
French&European Pubns (01/10/1992)
3.71/5   106 notes
Résumé :
Ce fut la tragédie préférée de Louis XIV. Mithridate, conquérant malheureux, vient mettre son cœur et sa gloire aux pieds de sa maîtresse, Monime. Il a pour rivaux ses deux fils Pharnace et Xipharès. Monime aime le second mais exige qu'il s'éloigne. Mithridate veut être aimé : c'est pourquoi il remettra Monime à son amant, après bien des soubresauts : il a voulu arrêter ses fils, empoisonner Monime. La pièce se déroule sur fond de guerre et d'héroïsme. Si Mithridate... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
3,71

sur 106 notes
5
5 avis
4
5 avis
3
2 avis
2
1 avis
1
0 avis

AMR_La_Pirate
  14 janvier 2022
Je fais partie d'une génération qui a étudié les tragédies de Racine au collège et au lycée. En cherchant bien, je connais encore des tirades par coeur. Je me souviens de Mithridate, qui n'est pourtant pas parmi mes préférées. Je l'ai redécouverte récemment grâce à un podcast sur France-Culture, l'occasion de re-feuilleter ce classique.
Mithridate serait, d'après les manuels de théorie littéraire, la plus cornélienne des tragédies de Racine… Dans cette pièce, il mêle habilement l'amour et les grands intérêts de l'État et voulait sans doute battre Corneille sur son propre terrain…
Petit rappel sur le sujet de la tragédie :
Nous sommes en Asie Mineure, aux temps de la guerre contre les Romains, lors d'un contexte historique avéré mais peu connu qui permet à Racine, ainsi qu'il le confie dans sa préface, certains écarts « par le droit que donne la poésie » …
Sur le faux bruit de la mort au combat du roi Mithridate, ses fils aspirent tous deux à la main de la jeune grecque Monime, qui était promise à leur père. L'un après l'autre, ils se déclarent et le conflit entre les deux frères, tandis que Rome avance toujours, semble inévitable.
Mais au moment où Monime vient de laisser voir à Xipharès qu'elle le préfère à Pharnace, Mithridate revient, plein de défiance contre ses fils dont il ne s'explique pas la présence auprès de celle qu'il destine à occuper le trône à côté de lui.
L'intérêt de cette tragédie réside essentiellement dans l'habileté de son auteur qui la rend captivante en passant sans cesse de la sphère privée à la sphère publique sans valoriser un enjeu plus qu'un autre. En effet, entre l'exposition et le dénouement, il ne se passe pas grand-chose ; encore une fois, comme souvent chez Racine, il y a peu de matière !
Xipharès partage le combat de son père contre l'invasion de Rome tandis que Pharnace est, au contraire, « romain de coeur ». Quand Mithridate fait arrêter Pharnace qu'il soupçonne de convoiter Monime, ce dernier, convaincu que son frère cadet l'a dénoncé, l'accuse à son tour. Ainsi, les deux frères sont doublement rivaux, non seulement en amour, mais également sur le terrain politique.
De même, les péripéties s'enchaînent au gré des contingences intérieures et extérieures… Mithridate agit par ruse pour avoir le fin mot de l'histoire ; il fait appeler Monime, feint d'avoir réfléchi sur leur différence d'âge et lui ordonne de se marier avec Xipharès. La joie de Monime est révélatrice de sa préférence et Mithridate, fou de jalousie, lui enjoint de l'épouser, lui, sur le champ. Mais alors que Monime lui résiste, l'arrivée des troupes romaines oblige Mithridate à retourner au combat…
Le théâtre de Racine est surtout psychologique autour de la passion.
Dans Mithridate, le seul véritable amour existe entre Monime et Xipharès car Pharnace est tout de même assez occupé par sa trahison au profit des romains. de plus, Monime le déteste. Quant à Mithridate, il est surtout humilié et mortifié par l'attitude de ses fils et jaloux des sentiments de Monime pour un autre. Il apparaît comme un vieillard rusé, perfide, torturé, capable du pire puisqu'il tente d'empoisonner la jeune femme.
Une fois n'est pas coutume, cela finit bien : Mithridate reconnaît ses erreurs. Mortellement blessé au combat, il apprend que Xipharès a réprimé la révolte de son frère et permet, enfin, l'union de Monime et Xipharès.

Lien : https://www.facebook.com/pir..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
cyan
  31 mars 2020
En pleine guerre avec Rome, la mort de Mithridate, roi du Pont, est annoncée à sa fiancée, Monime, et à ses deux fils, Xipharès et Pharnace, tous deux amoureux de la jeune femme. S'ensuit un triangle carré amoureux compliqué par le retour du roi, qui n'était finalement pas mort.
Ou pour résumer de façon plus contemporaine: un homme qui avait abusé de son pouvoir pour forcer une fille beaucoup trop jeune pour lui à l'épouser a la mauvaise surprise, en rentrant vaincu de la guerre, de découvrir que celle-ci lui préfère son fils. Et bien sûr crie à la trahison et cherche à se venger.
S'agissant d'une tragédie, je m'attendais à beaucoup plus de larmes et de sang. Même si ça ne se termine pas bien pour tout le monde, j'ai trouvé que c'était une fin plutôt heureuse, surtout si on compare aux autres pièces du genre produites par Racine ^^
Etant assez hermétique aux histoires d'amour contrariées et aux triangles amoureux, je n'ai pas trouvé l'histoire particulièrement intéressante pour elle-même. J'ai plus apprécié pour la découverte littéraire qu'autre chose.
Pour ce qui est de la plume, on est dans le dernier tiers du 17e siècle classique, ça ressemble plus ou moins à toutes les autres pièces de théâtre du genre, comme c'est le cas pour l'intrigue.
Une lecture intéressante, mais rien d'inédit ou d'inoubliable par rapport à d'autres tragédies de l'époque.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
raynald66
  12 décembre 2013
Bonne pièce de théâtre de Racine = l'histoire de Mithridate, roi d'un royaume près de la mer noire qui résiste aux romains avec l'histoire d'amour que l'on retrouve souvent dans les pièces de Racine. A lire ! (je mettrais des extraits en citation)
Commenter  J’apprécie          140
Cer45Rt
  04 novembre 2018
Ah, Mithridate !... Epique, grandiose ! Après les excellentes pièces qui se passent dans les sérails turcs ou dans les appartements de Pyrrhus, une pièce à la Corneille, avec moins d'amour et plus de grandeur... D'ailleurs, c'est un Racine au sommet de son art, qui crée Mithridate : la profondeur psychologique du personnage titre, le souffle épique, et puis le final, mon Dieu, le final !... Magnifique avec un grand M.
Commenter  J’apprécie          120
Soundandfury
  05 juillet 2011
Avis chrono'
Sans trop m'avancer, je pense pouvoir dire que je lirai de meilleures pièces. Tragédie, cinq actes. du sûr, du carré (Racine carrée... eh oui, avec les vacances et l'abus de kir breton, retour des blagues pourries). Non non, je me reprends. A un si grand auteur, je dois du respect.
__________________________
Il était une fois Mithridate, un roi qui vivait dans une lointaine contrée où la mer est Noire, dans des temps anciens, sans internet et sans blog - quelle pitié. du coup, pour s'occuper, il envisageait d'envahir Rome.
« Annibal l'a prédit, croyons-en ce grand homme,
Jamais on ne vaincra les romains que dans Rome »
C'était sans compter sur la famille!

Peut-être avez-vous entendu parler de Mithridate: il avait pour coutume d'ingurgiter de petites quantités de poison, histoire de s'habituer.
Suivant son noble exemple (et la subtile tyrannie du chef de cuisine) j'ai tenté la cuillèrée d'épinards aux amandes lundi midi... et j'ai survécu. Pas si bête ce Mithridate!
Acte I, le roi est mort. Ses deux fils, Pharnace et Xipharès prétendent épouser la même femme, laquelle était justement fiancée à leur père. Triangle amoureux qui devient un fâcheux carré lorsque le papa chéri revient finalement sain et sauf.
Acte II, III, IIII, IIIII - Ouille, il n'est pas très content.
Une petite intrigue politique là dessus, le tout en une seule journée, comme il se doit chez un honnête auteur de théâtre classique, quitte à tasser un peu les évènements.
Voilà pour la tragédie, qui, très honnêtement, n'est pas si tragique que ça puisque ça finit avec très peu de morts (Non, je ne vous gâche pas la fin! Et puis d'abord vous ne la lirez jamais!) c'est décevant je m'attendais à plus de sérieux de la part d'un drammaturge aussi célèbre.
Ai-je détesté? Non, du tout. Je l'ai juste trouvée sans relief, cette pièce, sans douloureux questionnement, sans émotion forte. Je n'arrive même pas à plaindre Mithridate. Sa jalousie ne sonne pas assez juste pour qu'on le méprise, pas assez sombre pour qu'on le plaigne.
A la rigueur, je me suis intéressée quelques minutes à son choix final. La femme ou le fils?
Je ne déconseille, ni ne vous somme de l'inscrire sur votre liste à lire. Je ne sais pas.
Sound lève le drapeau blanc. Esprit critique en vacances, revenir dans deux semaines.
Néanmoins, d'autres pièces du même auteur à venir très bientôt! Réjouissez-vous d'avance. Je le fais bien, moi... En grinçant un peu des dents.
Lien : http://talememore.hautetfort..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
raynald66raynald66   12 décembre 2013
Vous−même, d'un autre oeil me verriez−vous, Madame,
Si ces Grecs vos aïeux revivaient dans votre âme ?
Et puisqu'il faut enfin que je sois votre époux,
N'était−il pas plus noble, et plus digne de vous,
De joindre à ce devoir votre propre suffrage,
D'opposer votre estime au destin qui m'outrage,
Et de me rassurer, en flattant ma douleur,
Contre la défiance attachée au malheur ?
Hé quoi ! n'avez−vous rien, Madame, à me répondre ?
Tout mon empressement ne sert qu'à vous confondre.
Vous demeurez muette, et loin de me parler,
Je vois, malgré vos soins, vos pleurs prêts à couler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
raynald66raynald66   12 décembre 2013
Mithridate
Madame, enfin le ciel près de vous me rappelle,
Et, secondant du moins mes plus tendres souhaits,
Vous rend à mon amour plus belle que jamais.
Je ne m'attendais pas que de notre hyménée
Je dusse voir si tard arriver la journée,
Ni qu'en vous retrouvant, mon funeste retour
Fît voir mon infortune, et non pas mon amour.
C'est pourtant cet amour, qui de tant de retraites
Ne me laisse choisir que les lieux où vous êtes,
Et les plus grands malheurs pourront me sembler doux
Si ma présence ici n'en est point un pour vous.
C'est vous en dire assez, si vous voulez m'entendre.
Vous devez à ce jour dès longtemps vous attendre,
Et vous portez, Madame, un gage de ma foi
Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi.
Allons donc assurer cette foi mutuelle.
Ma gloire loin d'ici vous et moi nous appelle,
Et sans perdre un moment pour ce noble dessein,
Aujourd'hui votre époux, il faut partir demain.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
KahlanAmnellKahlanAmnell   09 décembre 2015
Seigneur, je viens à vous. Car enfin aujourd'hui,
Si vous m'abandonnez, quel sera mon appui ?
Sans Parents, sans Amis, désolée, et craintive,
Reine longtemps de nom, et en effet Captive,
Et Veuve maintenant sans avoir eu d'Epoux,
Seigneur, de mes malheurs ce sont là les plus doux.
Je tremble à vous nommer l'Ennemi qui m'opprime.
J'espère toutefois qu'un Coeur si magnanime
Ne sacrifiera point les pleurs des Malheureux
Aux intérêts du sang qui vous unit tous deux.
Vous devez à ces mots reconnaître Pharnace.
C'est lui, Seigneur, c'est lui dont la coupable audace
Veut la force à la main m'attacher à son sort
Par un hymen pour moi plus cruel que la mort.
Sous quel Astre ennemi faut-il que je sois née?
Au joug d'un autre hymen sans amour destinée,
A peine je suis libre, et goûte quelque paix,
Qu'il faut que je me livre à tout ce que je hais.
Peut-être je devrais plus humble en ma misère
Me souvenir du moins que je parle à son Frère.
Mais soit raison, destin, soit que ma haine en lui
Confonde les Romains dont il cherche l'appui,
Jamais Hymen formé sous le plus noir auspice
De l'Hymen que je crains n'égala le supplice.
Et si Monime en pleurs ne peut vous émouvoir,
Si je n'ai plus pour moi que mon seul désespoir;
Au pied du même Autel, où je suis attendue,
Seigneur, vous me verrez à moi-même rendue
Percer ce triste coeur qu'on veut tyranniser,
Et dont jamais encore je n'ai pu disposer.

(I, 2)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
KahlanAmnellKahlanAmnell   09 décembre 2015
J'ai vengé l'Univers autant que je l'ai pu.
La Mort dans ce projet m'a seule interrompu.
Ennemi des Romains, et de la Tyrannie,
Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie.
Et j'ose me flatter, qu'entre les Noms fameux,
Qu'une pareille haine a signalés contre eux,
Nul ne leur a plus fait acheter la victoire,
Et de jours malheureux plus rempli leur Histoire.
Le Ciel n'a pas voulu, qu'achevant mon dessein
Rome en cendre me vît expirer dans son sein.
Mais au moins quelque joie en mourant me console.
J'expire environné d'Ennemis, que j'immole.
Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains.
Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains.

(V, scène dernière.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
TibereTibere   17 avril 2012
Non, Princes, ce n'est point au bout de l'univers
Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers.
Et de près inspirant les haines les plus fortes,
Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes.
Ah ! s'ils ont pu choisir pour leur libérateur
Spartacus, un esclave, un vil gladiateur,
S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent,
De quelle noble ardeur pensez-vous qu'ils se rangent
Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux,
Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Jean Racine (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Racine
Jean RACINE – 'Mithridate' adapté par Mozart (France Musique, 2000) L'émission des "Chemins de la musique", par Gérard Mannoni et Marianne Manesse, diffusée le 15 novembre 2000. Présences : Anne Piéjus et Jean-Pierre Vincent
autres livres classés : théâtreVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus





Quiz Voir plus

Phedre

quelle est la relation entre Phedre et Ariane?

Mere/fille
soeur
confidente

10 questions
1037 lecteurs ont répondu
Thème : Phèdre de Jean RacineCréer un quiz sur ce livre