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Béatrice Vierne (Traducteur)
EAN : 9782702434024
380 pages
Le Masque (05/01/2011)
3.92/5   369 notes
Résumé :
Situé dans les Smoky Mountains de Caroline du Nord, Serena allie, selon l’auteur, "drame élisabéthain, problèmes environnementaux et richesse de la langue".
L’héroïne, sorte de Lady Macbeth des années 1930, est l’épouse de George Pemberton, riche et puissant exploitant forestier. Ces deux-là sont des prédateurs, prêts à tout pour faire fructifier leur entreprise dont l’objectif est de couper tous les arbres à portée de leur main.
Une ambition que vien... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
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Après avoir lu Plus bas dans la vallée de Ron Rash, ouvrage composé de six nouvelles et d'une novella dans laquelle il reprend un personnage de son roman précédent, Serena Pemberton, j'ai voulu en apprendre davantage sur cette héroïne implacable et me suis donc plongée dans la lecture de Serena.
Le récit se déroule dans les années 1930 dans les Great Smoky Mountains.
Après trois mois passés à Boston, Georges Pemberton, riche exploitant forestier, regagne les montagnes de Caroline du nord accompagné de Serena qu'il vient d'épouser.
Sur le quai de la gare l'attendent ses deux associés. Est également présent pour lui demander des comptes, Abe Harmon accompagné de sa fille Rachel, 17 ans, qui attend un enfant de Pemberton. Dans le duel au couteau qui les opposera, Harmon perdra la vie.
La belle et cynique Serena et son puissant mari forment un couple vorace à qui rien ne résiste. Portés par une ambition illimitée, ils sont déterminés à abattre tous les arbres à leur portée pour accroître leur fortune. Un projet d'aménagement d'un parc national, pour lequel l'État convoite leurs terres les contrarie quelque peu.
Ils n'épargnent personne, parviennent à leur fin faisant plier à leur volonté, sans aucun scrupule, aussi bien les ouvriers que les banquiers ou les politiciens concernés, et le shérif lui-même. Fusil, couteau, poison et un homme de main dévoué dont la mère est voyante sont utilisés sans état d'âme par la séduisante et effrayante Serena. Leur projet est de continuer leur juteux commerce que représente l'abattage des arbres, au Brésil, un pays où les ressources sont encore vierges et où l'attitude vis-à-vis des hommes d'affaires est très permissive.
Le roman situé au lendemain du Krach de 1929, rend compte avec une extrême réalité du chômage massif qui s'est installé dans le pays avec un flot d'hommes affamés qui erre sur les routes, en quête d'un travail et des patrons encore plus avides de faire fortune et qui se lancent dans une exploitation frénétique et violente de la forêt. Ron Rash n'en oublie pas pour autant les ruraux, les paysans qui vivent dans ces contrées.
Comme dans tous les romans de Ron Rash, les descriptions des paysages grandioses et sauvages des Appalaches sont de véritables et somptueux tableaux que malheureusement ce prédateur qu'est l'homme ne songe qu'à s'approprier.
C'est avec beaucoup de talent que l'auteur nous fait partager son amour de la nature.
Chaque arbre abattu a été pour moi comme un coup au coeur et pourtant j'ai frémi et eu du mal à supporter les conditions effroyables dans lesquelles travaillaient ces bûcherons, dangerosité à laquelle s'ajoutaient le froid et les crotales. Et pourtant, crise économique oblige, si l'un des hommes était estropié, ou mourrait, ils étaient nombreux en bas, à espérer être celui qui le remplacerait…
Le personnage de Rachel, évoqué au début de roman va rapidement lui donner une allure de thriller. En effet, la machiavélique Serena va poursuivre de sa haine implacable l'enfant que son mari a engendré avant leur rencontre et que lui, semble vouloir protéger.
Avec cette course-poursuite, Ron Rash réussit à nous tenir en haleine tout au long du récit. le machiavélisme de Serena opposé à la modestie et à l'innocence de Rachel prête à tout cependant pour sauver son enfant rendent le roman très addictif.
Serena de Ron Rash est un roman passionnant mais très dur qui met en exergue les pires recoins de l'âme humaine.

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“Ce que femme veut, Dieu le veut”.
Il n'est pas rare de rencontrer des personnages romanesques à l'opiniâtreté proverbiale ; peu d'entre-eux réussissent toutefois à rivaliser dans ce registre avec Serena, l'héroïne éponyme du roman de Ron Rash publié en 2008.

Cette jeune et belle femme, au passé un peu flou, séduit un soir un colosse trentenaire de passage à Boston qui lui passe la bague au doigt quelques jours plus tard.
Serena est issue d'une famille d'exploitants de bois et de scieries du Colorado et ses connaissances dans le domaine forestier sont peu ou prou équivalentes à celles de son époux George Pemberton.
La société que dirige ce dernier avec deux associés, participe à la déforestation à grande échelle des Monts Great Smoky situés dans la partie méridionale des Appalaches.

Nous voici donc au coeur de l'Etat de la Caroline du Nord, parmi les centaines de bûcherons qui abattent des pans entiers de forêts et construisent dans la vallée une voie de chemin de fer par laquelle partiront de la scierie les planches débitées.
Les conditions de sécurité sommaires et les crotales qui infestent ces étendues montagneuses, entraînent une forte mortalité ouvrière mais en ce début des années trente, où sévit la Grande Dépression, la main-d'oeuvre afflue de toutes parts.
Associés, contremaîtres et ouvriers apprennent rapidement à leurs dépens ce qu'il en coûte de contrarier Serena qui dirige d'une poigne de fer ces hommes habitués à vivre à la dure. Chevauchant un magnifique hongre arabe de couleur blanche, un aigle royal perché sur un bras, elle supervise à longueur de journée l'avancement des travaux et malheur à ceux qui ne filent pas droit...

Serena est obsédée par l'idée d'amasser suffisamment de fonds pour s'installer et acquérir au Brésil d'immenses étendues de forêts, un pays où paraît-il la fortune sourit aux audacieux.
Mais le chemin qui conduit à cet Eldorado est semé d'embûches à commencer par cette décision prise en haut lieu de construire un parc national à proximité des terres des Pemberton, avec les expropriations que cela sous-tend.
Qu'importe l'adversité, le destin de Serena est tracé d'avance et les personnes gênantes sont systématiquement envoyées ad patres par son homme de main.
Le mari de Serena, quelque peu porté sur la bouteille, ferme les yeux sur ces crimes à répétition. Il devrait pourtant lui aussi se méfier : Serena ne supporte pas la contrariété, d'où qu'elle vienne !

Ce roman au rythme époustouflant, avec des personnages à foison, devrait enthousiasmer les lecteurs en recherche de dépaysement.
Les bêtes sauvages (serpents, ours, aigle, puma...) tiennent une place de choix dans ce récit où la cruauté est omniprésente, où l'homme n'a pas toujours le dessus sur l'animal.
Les nombreux dialogues entre bûcherons sont souvent drôles et truffés d'erreurs de syntaxe. Coup de chapeau à la traductrice, Béatrice Vierne, qui a parfaitement restitué les subtilités linguistiques de l'écrivain !

Serena”, par son ambiance western, disposait de tous les ingrédients pour une adaptation cinématographique. La réalisatrice danoise Susanne Bier s'y est récemment attelée et la sortie du film en novembre prochain, avec Jennifer Lawrence dans le rôle principal, devrait bientôt faire parler d'elle.
N'hésitez pas cependant à devancer dès à présent ce futur plaisir automnal, la prose de Ron Rash est un vrai régal !
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Huuuuuumpf, pfiouuuuuu, respirez,vous êtes au coeur des Smoky Mountains, millésime 1930.

Vous allez en prendre plein les yeux tant cette magnificence naturelle en impose.
Mais attention, on touche avec les yeux, pas avec le portefeuille spéculatif car les Pemberton pourraient bien vous faire passer le goût de la balade.

George et Serena, heureux propriétaires de ce petit paradis semblant échapper à la Grande Dépression qui sévit, n'ont qu'une seule ligne de conduite, protéger leurs biens puis, si possible et quels que soient les moyens usités, étoffer leur capital déjà conséquent. Aussi, lorsque l'Etat en vient à convoiter leurs terres dans le but d'aménager un parc national, n'imaginez pas une seule seconde ce couple fusionnel courber l'échine et rendre les armes sans avoir livrer bataille...
Celle de la Terre du Milieu est encore dans toutes les mémoires. le combat des Pemberton pourrait bien marquer les corps et les esprits !

Grandiose et flamboyant.
Un décor fantastique propice à moult scènes d'anthologie.
Une trame larvée permettant à deux prédateurs terriens de donner libre cours à leurs penchants les plus sombres.
Le tout magistralement narré par un Rash que je découvre et m'empresserai de retrouver.

Serena est de la trempe de ces héroïnes que l'on admire autant que l'on exècre.
Charismatique et manipulatrice en diable, à l'instar du cobra, elle hypnotise ses proies puis les exécute froidement, son appétit étant à l'image de sa soif de pouvoir, sans limites.

Serena, tout sauf la balade des gens heureux...
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Serena, c'est un récit démoniaque au coeur des montagnes américaines, les Smoky Mountains de Caroline du Nord.
Nous sommes en 1930, dans une riche exploitation forestière tenue par le jeune George Pemberton.
Il s'est absenté pendant trois mois pour affaire à Boston. Il revient marié à la très belle Serena.
Serena, c'est un prénom doux... Ne vous y fiez pas. Serena est belle, ne vous en approchez pas, je vous en conjure, elle est sans état d'âme et elle ne va pas tarder à passer aux manettes...
Sur le quai de la petite gare de Waynesville, un père et sa jeune fille attendent George Pemberton, la jeune fille s'appelle Rachel, elle est enceinte des « oeuvres » du riche propriétaire.
Le père est armé d'un couteau de chasse, il a passé toute la matinée à l'affûter, à penser à ce moment aussi, j'imagine...
La scène d'ouverture porte déjà la dramaturgie qui nous saisira au col pour ne plus nous lâcher jusqu'aux dernières pages.
Il y a dans ce roman ample tous les ingrédients d'une oeuvre romanesque puissante, il y a toutes les images aussi...
Serena, c'est en effet un personnage romanesque haut en couleurs, comme tout droit sorti d'un conte gothique, qui allie la beauté aux ténèbres. Dès chaque matin, elle traverse le domaine, telle une amazone sur son étalon noir, un aigle perché sur son poing serré, c'est elle finalement qui semble régner ici sur les forêts des Great Smoky Mountains...
George Pemberton et son épouse Serena sont des prédateurs, rien moins que cela. Les serpents à sonnettes qui pullulent dans les buissons, les aigles que Serena élève ou la panthère qui rôde dans les montagnes plus haut, ne sont pas plus dangereux qu'eux deux. Mais elle est peut-être plus dangereuse que lui, à telle point que je retenais mon souffle à chaque fois qu'ils faisaient l'amour, oui c'est un couple qui s'aime, un couple fusionnel, je me disais elle va finir par le dévorer comme une mante religieuse...
Mais ils ont tant besoin l'un de l'autre pour tenir leur dessein commun...
Les arbres tombent, tombent, tant que tant, comme un jeu de quilles, ils tombent et parfois les hommes avec... le métier de bûcheron est souvent un lourd tribut à payer, surtout lorsqu'on travaille pour les Pemberton... Mais il y a la crise économique. Rappelez-vous, on est en 1930... Alors, on ne se plaint pas, on courbe l'échine...
Et comme pour mieux porter cette histoire âpre et brutale, il y a les paysages grandioses et sauvages de cette région de Caroline du Nord. La nature ici est un personnage à part entière comme sait si bien la décrire Ron Rash, la nature et ceux qu'elle contient comme espèces dangereuses pour l'homme...
Mais comme espèce dangereuse, vraiment dangereuse pour l'homme, moi je n'en connais qu'une, vraiment...
Ils sont déterminés à couper tous les arbres de la région pour faire fortune et quand il n'y aura plus d'arbres sur les Smoky Mountains , ils iront faire la même chose au Brésil... Et quand ils auront fait la même chose au Brésil, ils iront ailleurs, rien ne peut arrêter leur ambition, surtout elle, car le Brésil c'est son idée...
Mais brusquement, un obstacle vient, le grain de sable qui peut faire bloquer la belle mécanique si bien huilée : le projet d'aménagement d'un parc national, pour lequel l'État convoite leurs terres, menace leurs ambitions. Putain d'écolos ! Bon, on ne disait pas cela, - pas encore cela, en 1930 aux States ou ailleurs... Cela n'émeut guère les Pemberton. Qu'à cela ne tienne : il y a les arrangements en tous genres, les spéculations, les combines politiques, les banquiers qu'on se met dans la poche, les dessous de table... Tous les moyens sont bons... Et si cela ne suffit pas...
On suffoque, on espère, on craint sans cesse pour ceux qui sont la proie de ce couple machiavélique, déterminé à ne pas se laisser embêter par les obstacles qu'ils rencontrent sur le chemin de leur ambition.
On court à perdre haleine avec eux, on voudrait les prendre par la main, les protéger, tandis que le sort leur tient des embuscades...
Le sort, c'est cet homme de main dévoué jusqu'au sang à la belle et dangereuse Serena...
Pas de doute, Ron Rash sait nous rendre l'atmosphère irrespirable.
Je pense à cette jeune femme Rachel et son petit qui vient de naître un peu plus tard, Jacob. Elle est la bonté, la candeur par excellence... Elle m'a touché au coeur. Elle est tout ce que ne sera pas, ne sera jamais Serena. Elle a cet enfant qu'elle protège... Cet enfant dont l'existence est insupportable aux yeux de la belle et terrible Serena. Rachel et son fils Jacob, fuyant plus tard d'une gare à l'autre, c'était comme si je voyais sous mes yeux Fantine et sa petite Cosette, fragiles, bousculées dans le fracas du monde et la méchanceté des hommes...
Oui, parce que la belle et terrifiante Serena n'arrête pas de penser à cet enfant engendré par cette Rachel, ce maudit enfant, « l'oeuvre » de son époux... Cela en devient une obsession...
La richesse de ce récit dense et prenant du début jusqu'à la dernière page, mêle tous les genres, le western, le thriller implacable, la tragédie antique, le pamphlet écologique...
Je ne sais pas ce qui est le plus dangereux, mettre le pied sur un crotale par inadvertance, déloger de sa tanière une panthère ou bien rencontrer sur son chemin la belle et intrépide Serena lorsqu'on ne partage pas avec elle la même vision du monde.
Et puis il y a ce style inimitable dans l'écriture de Ron Rash, poétique, parfois lyrique, magnifique, d'une beauté crépusculaire.
La force créatrice de ce récit, c'est aussi le talent qu'a l'écrivain à certains moments du récit, de déplacer la narration et de la confier aux voix des bûcherons. Les Pemberton leur donnent du travail, ils ne vont pas cracher dans la soupe, surtout en temps de crise économique, cependant voici que des voix s'étonnent peu à peu, évoquant la disparation d'une personne, le suicide d'une autre personne qui s'est défenestrée... Tout de même, ces coïncidences...
Ici l'horreur est subtilement traitée comme dans un procédé théâtral où nous regardons la scène, les acteurs qui s'y déploient, parfois surgissant des coulisses, quelqu'un rapporte un drame nouveau survenu. Je dois avouer que ces pages sont écrites également avec beaucoup d'effet.
Du grand art !
L'écriture poétique de Ron Rash rend cette brutalité somptueuse, comme le vertige abyssal d'une tragédie grecque dans toute sa splendeur.
Du grand Ron Rash ! Ce roman est pour moi un véritable coup de coeur.
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Dans une interview, Ron Rash déclarait vouloir que la Nature soit un personnage, à part entière, dans son roman...


Smoky mountains, Caroline du Nord, 1930.
Serena, madame Georges Pemberton, est grande et belle! Elle n'a pas de fard, comme les femmes de la ville et ne porte pas de robe. Mais, sous sa veste, ce sont des jodhpurs, ainsi que des bottes noires.
Serena a un visage d'ange...


Mais quel ange ?
Lady Macbeth poussait son époux à la trahison et au meurtre. Serena, à peine descendu du train, pousse son mari à tuer le père de Rachel. Georges a engrossé Rachel, avant d'épouser Serena...


Le shérif McDowell est là, mais ne peut rien faire. C'est le premier mort d'une longue série !


Serena a un passé compliqué, elle fait encore, encore des cauchemars terribles. Mais, refuse toujours de parler de ce qui était arrivé à sa famille dans le Colorado. Rien d'autre ne comptait que l'instant présent!


L'abattage des arbres est dangereux: à cause des guêpes et des frelons, des lames de hache, aux dents de scie, des branches cassées et pointues qui tombaient vers le sol, comme des javelots.
Et, à cause des crotales!


Un serpent à sonnette peut être dangereux, mais il vous prévient... Serena est belle, venimeuse, et impitoyable...


Cinq hommes périssent, à cause des crotales. Serena va apprivoiser un aigle royal pour chasser les serpents, comme elle dompté son cheval blanc " gigantesque et plein de fougue ".
Comme elle dompte les bêtes, elle dompte les ouvriers qui en ont peur. Peur depuis que Serena a abattu un ours énorme, qui menaçait son mari.
Peur depuis qu'elle a sauvé la vie de Galloway...


La hache d'un débutant sectionne la main de Galloway... Sans crainte, Serena fait un garrot autour de l'avant bras de l'homme, stoppant l'hémorragie. Puis, le ramène jusqu'à l'infirmerie!


Depuis, Galloway marche à la hauteur du cheval de Serena, l'escortant comme un chien soumis.
Elle a son âme damnée, et Galloway ne refusera rien à sa patronne...
Georges est fasciné par sa femme!


C'est ce qu'avait prédit la vieille mère de Galloway. Rachel a donné naissance à un fils, alors que Serena va perdre le sien...
La femme de Pemberton devient folle, car Georges a une photo de Jacob, son fils illégitime.


Les ouvriers meurent beaucoup sur les chantiers, certains disent que c'est une tragédie. Mais, malgré les risques, les bûcherons continuent à abattre les arbres. " Des acres de souches, qui, de loin, ressemblaient à des pierres tombales sur un champ de bataille". Un merveilleux paysage dévasté, des arbres millénaires détruits par cupidité.


C'est la crise, il y a du chômage...
Mais, les Pemberton n'ont aucune pitié, pour leurs travailleurs.


Si Lady Macbeth manifestait des remords, Serena n'en a aucun... Georges commence à avoir peur?
" Une main capable de saisir le monde, dans sa poigne." Christopher Marlowe.
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critiques presse (1)
LePoint
14 juin 2011
Rash mêle un style riche et poétique avec la langue populaire des ouvriers forestiers des années trente et réussit une véritable oeuvre littéraire après le prometteur Un pied au paradis, son premier roman.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
(...) ce qui permettait de supporter la perte de quelqu'un qu'on aimait, ce n'était pas ce qu'on se rappelait, mais ce qu'on oubliait. Au début, elle avait oublié les petits détails, l'odeur du savon qu'avait utilisé sa mère, la couleur de la robe qu'elle mettait pour aller à l'église, puis, au bout de quelques temps, elle avait oublié le son de sa voix, la couleur de ses cheveux. Rachel était stupéfaite de voir tout ce qu'on pouvait oublier, et tout ce qu'on oubliait ainsi rendait la personne en question moins vivante au-dedans de vous, jusqu'au moment où on pouvait enfin supporter son absence. Quand on avait laissé passer davantage de temps, on pouvait prendre le risque de s'abandonner à ses souvenirs, on pouvait même chercher à les provoquer. Mais même alors, on pouvait voir revenir les sentiments éprouvés au cours des premiers jours et se rappeler que le chagrin était toujours là, comme un vieux fil de fer barbelé enfoui au coeur d'un arbre.
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- J'ai assez de gadoue collée au cul pour y faire pousser un picotin de maïs, déclara-t-il d'un ton lugubre.
- Et moi j'en ai assez rien que dans mes cheveux pour boucher toutes les fentes d'une cabane en rondins, renchérit Henryson.
- Ça me fait regretter de ne pas être un gros verrat, pasqu'au moins je serais heureux de me vautrer d'dans, soupira Stewart. Y peu pas exister un pire métier dans le monde entier.

De la tête, Dunbar indiqua le camp où plusieurs chômeurs en quête d'un travail étaient assis sur les marches du magasin, prêt à supporter la pluie dans l'espoir de prouver une force d'âme qui leur vaudrait d'être embauchés.
- Et pourtant, y a des gars qui courent après.
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- Depuis que le froid, il s'est installé, [les rats] y z'ont carrément envahi ma baraque. À les voir débarquer en rangs serrés, on pourrait croire qu'y viennent assister à la messe de minuit.
- [...] Moi, j'ai mis une bonne dose de ce vert de Scheele, dans ma baraque, vu que c'est ce qu'il y a de plus fort en guise de poison. Ben, les rats, y me l'ont bouffé comme si que c'était une friandise.
- Et ces pièges qu'on trouve au magasin et qu'on appâte avec un bout de fromage ? demanda Dunbar. Y a quelqu'un qui les a essayés ?
- Ces des coriaces, ces rats-là, dit Ross. Je parie qu'y z'iraient rendre les pièges au magasin en réclamant l'remboursement, comme pour une bouteille consignée.
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Rachel était stupéfaite de voir tout ce qu’on pouvait oublier, et tout ce qu’on oubliait ainsi rendait la personne en question moins vivante au-dedans de vous, jusqu’au moment où on pouvait enfin supporter son absence. Quand on avait laissé passer davantage de temps, on pouvait prendre le risque de s’abandonne à ses souvenirs, on pouvait même chercher à les provoquer. Mais même alors, on pouvait voir revenir les sentiments éprouvés au cours des premiers jours et se rappeler que le chagrin était toujours là, comme un vieux fil de fer barbelé enfoui au cœur d’un arbre.
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Elle se déshabilla, sans même regarder les affaires qu’elle dégrafait ou déboutonnait et laissait choir sur le sol.
Pas un seul instant ses yeux ne quittèrent Pemberton. Elle retira ses sous-vêtements et se tint devant lui.
Les femmes qu’il avait connues avant Serena n’étaient pas à l’aise avec leur nudité, elles attendaient que la pièce baigne dans la pénombre ou que les draps soient remontés, mais ce n’était pas le cas de sa femme.
À l’exception de ses yeux et de ses cheveux, elle
n’était pas d’une beauté classique, ses seins et ses hanches étaient menus, ses jambes un peu longues pour son torse. Ses épaules étroites, son nez mince et ses hautes pommettes préludaient à l’anguleuse sévérité du reste de son corps.
Ses pieds étaient petits et, par rapport à tous les autres aspects de sa personne, ils paraissaient curieusement délicats et vulnérables.
Son corps et celui de Pemberton allaient bien ensemble, la souplesse de Serena s’adaptant parfaitement à la lourde charpente et à la puissante musculature de son mari.
Quelquefois, la nuit, ils s’unissaient si férocement que le lit se creusait et bondissait sous leur poids.
Pemberton entendait leurs souffles haletants, sans être capable de distinguer celui de Serena du sien.
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