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Isabelle Reinharez (Traducteur)
ISBN : 2253133825
Éditeur : Le Livre de Poche (05/01/2011)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 261 notes)
Résumé :
Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, années 50.
Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee et qui bientôt sera définitivement enlevée à ses habitants: la compagnie d’électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée pour construire une retenue d’eau, un immense lac qui va recouvrir les fermes et les champs. Ironie du sort: une sécheresse terrible règne cet été-là, maïs et tabac grillent sur pied dans les champs arides.
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Critiques, Analyses & Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
andman
01 mars 2015
Au milieu du siècle dernier les techniques de procréation médicalement assistée étaient balbutiantes et inopérantes si bien que la plupart des couples infertiles vivaient très mal cette injustice de la vie.
Amy et Billy Holcombe cultivent un lopin de terre avec l'aide précieuse de Sam le cheval de labour. Malgré la sécheresse qui cette année encore sévit au coeur de la Caroline du Sud, la plantation de tabac à proximité de la rivière pourrait bien compenser en rendement les autres cultures déjà en partie grillées par le manque de pluie estivale.
Les questions de subsistance ne préoccupent pas outre mesure ce jeune couple besogneux qui du matin au soir travaille l'un pour l'autre. Un mal insidieux risque pourtant de ronger petit à petit leur amour qu'ils croyaient indéfectible : d'après le médecin de famille les spermatozoïdes de Billy sont défaillants.
Le ventre de la jolie Amy commence pourtant à s'arrondir quelques temps plus tard au moment même où leur plus proche voisine, la veuve Winchester, appelle le shérif pour lui signaler la disparition de son fils, un colosse bagarreur récemment rentré de Corée avec dans sa bourse en cuir huit oreilles asiatiques en guise de trophées.
Voilà un fait divers à priori facile à élucider pour le brave officier de police d'autant que le pick-up de l'ancien soldat est resté garé devant la maison familiale depuis la veille !
Ainsi commence “Un pied au paradis”, le premier roman de Ron Rash publié en 2002. Une vallée, condamnée tôt ou tard à la destruction en raison du barrage en construction à flanc de montagne, est le théâtre de ce thriller choral dont les cinq voix attisent tour à tour la curiosité du lecteur.
Majestuosité des paysages appalachiens aux vastes écosystèmes forestiers mais aussi superstitions et croyances rurales sont omniprésentes dans ce policier. Le lecteur se sent tout petit dans cet environnement quelque peu déstabilisant et, à l'image du shérif, éprouve une certaine mansuétude à l'égard des protagonistes fussent-ils innocents ou coupables.
“Un pied au paradis” est un pénétrant mélange de suspense et de poésie, un petit voyage en terre autrefois Cherokee que l'on effectue d'une seule traite tant le bonheur littéraire semble d'une page à l'autre à portée de main.
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marina53
17 août 2015
Oconee, comté rural au nord des Appalaches, dans les années 50. Dans un bouiboui, une bagarre éclate entre de jeunes gaillards de Salem et Jocassee et des gars de la Caroline du Nord. le shérif Alexander, accompagné de son adjoint, se rend sur les lieux en pleine nuit. Holland Winchester, encore traumatisé par la guerre de Corée et en partie responsable de cette rixe, devra s'acquitter des dégâts causés. le shérif ne sait pas encore que ce sera la dernière fois qu'il verra ce brave Holland vivant. En effet, 15 jours plus tard, il disparaît. Sa mère est persuadée que Billy Holcombe, son voisin, l'a tué, d'autant plus qu'elle a entendu un coup de feu, que son fiston n'est pas rentré manger à midi et que son pick-up est toujours à la ferme. le shérif décide alors d'aller rendre une petite visite à ce Billy Holcombe, affairé, comme à son habitude, à sarcler ses rangs de tabac...
C'est dans cette nature aride, au coeur de cette vallée bientôt recouverte par un immense lac, que Ron Rash plante le décor de ce drame avec la tragique disparition de ce vétéran décoré. Billy Holcombe, son voisin, est de suite désigné comme le coupable. Mais, encore faudra-t-il que le shérif Alexander trouve le corps et le mobile. Dans ce roman à cinq voix où entrent en scène le shérif, Billy, Amy, sa femme, Isaac, leur fils et l'adjoint, Ron Rash dévoile peu à peu les secrets familiaux, les misères et les rancoeurs. Jalousie et vengeance sont au coeur de cette tragédie humaine. Bien plus qu'un simple polar, l'auteur fait la part belle à cette nature environnante et aux sentiments humains. Tous les personnages recèlent bien des mystères mais tous sont attachants dans leur désir de vivre et de survivre.
L'on a presque Un pied au paradis...
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jeranjou
13 novembre 2013
Près de cent pages englouties. Fin du premier chapitre. Oui, oui… et alors ?
C'est ainsi que j'ai tourné la page pour découvrir le second chapitre : « La femme ». Et puis, comme par miracle, je suis passé d'un scepticisme profond à l'illumination la plus totale. Un peu comme si j'avais déjà un pied au paradis
Vous vous demandez surement pourquoi un tel revirement de situation en quelques lignes seulement ?
Comment une femme, non, non, « La femme » peut-elle avoir eu autant d'effet sur moi ?
Serait-ce une grande blonde aux yeux verts ? Ou plutôt une petite brune aux yeux bleus ?
Et bien détrompez-vous tout de suite ! Cessez d'imaginer des scènes passionnelles ou encore torrides ! Même si, à un moment, nue dans une bassine...
Non, non, cela n'a rien à voir avec le personnage féminin comme cela peut survenir, je vous le concède, dans certains romans… Je pense (ou j'espère) qu'une lectrice aura eu autant de plaisir que moi à quitter un roman quelconque et sans saveur particulière pour basculer vers une oeuvre maitrisée, fluide et passionnante. Un passage éclair de l'ombre à la lumière en quelques pages …
Une fois ébloui par l'écriture de Ron Rash, je suis revenu au titre du premier chapitre qui m'avait complètement échappé : « le shérif du comté ».
Effectivement. Au début du roman, Will Alexander, shérif expérimenté, est appelé par une habitante de son comté pour enquêter sur la disparition d'un parent, son fils en l'occurrence Holland Winchester. Sa mère suspecte très fortement son voisin Billy Holcombe de l'avoir tué et caché sur son terrain pour des histoires de tromperie avec sa femme. Et, qui plus est, elle dit avoir entendu un ou plusieurs coups de feu provenant du champ de son voisin.
Ainsi pendant quelques jours, le shérif va donc mener son enquête à la recherche du disparu dans une vallée de Jocassee vouée à disparaitre tôt ou tard comme ses habitants car la compagnie d'électricité Carolina Powers a décidé d'immerger toutes les terres en érigeant un barrage hydraulique.
Contrairement à un roman policier classique, l'auteur va alors prendre la main d'une certaine manière sur cette enquête et nous délivrer les mystères de cette vallée au compte-gouttes au travers le récit de différents personnages.
Pour conclure, après la lecture du remarquable « Voleurs » de Cook, j'ai eu la grande chance d'enchainer avec cet excellent roman noir à plusieurs voix (1) dont Ron Rash en tire la quintessence grâce une construction magistrale et sans faille.
Si vous n'êtes pas encore totalement convaincu, j'ajoute comme dernier argument que j'ai oublié un matin pour la première fois depuis huit ans de descendre à la station « Chatelet les Halles » à cause de ce roman complètement captivant. Rassurez-vous ! Je me suis arrêté avant d'avoir terminé « Un pied au paradis » !

(1) J'avais déja été convaincu par cette technique dans un livre jeunesse « Une histoire à quatre voix » dont les somptueux dessins d'Anthony Browne retranscrivaient remarquablement l'humeur de chacun des personnages.
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koalas
01 mai 2016
Z'auriez pas vu le un certain Holland(e) ?
Visez le décor en technicolor
Années 50, à Oconee, ancienne terre et réserve des Cherokees, le shérif du comté recherche un certain Holland, un héros de guerre décoré de la Gold Star. Sa subite disparition inquiète sa maman qui est persuadée qu'il a été tué par ses proches voisins. Pas au bout de sa peine, le shérif un peu boiteux va remuer la terre aride avoisinante pour le retrouver vivant ou mort...
La construction est habile et la bile n'est pas amère !
Ron Rash a découpé son polar en cinq chapitres. Et a donné la parole à cinq voix bien du terroir qui racontent ou cherchent au fil du temps et des années la vérité et leurs secrets. A travers eux, transparait également l'histoire de ce village condamné à disparaître englouti par les eaux d'un barrage en cours de construction....
L'auteur retrace la vie rude des paysans qui survivent ici de récoltes du tabac . On sent qu'il a de l'empathie pour ses personnages peu bavards et laborieux qui en bavent. La fertilité de la terre et de leur corps est au coeur de leur combat quotidien et pour cause...Mais rien ne peux justifier l'indicible.
Ron Rash sait rentrer dans la tête des personnages
Nombreuses sont les métaphores de la terre qui nous ancrent dans le récit et dans la psychologie des individus.
Au final, un roman polyphonique corsé, un sujet qui tire sur la corde sensible, un décor qui laisse sans voix, des personnages taiseux et une sorcière du village d'un autre âge, une écriture imagée qui nous plonge au coeur des Appalaches, c'est époustouflant !
Verdict
J'ai pris un pied infernal, j'ai lu un pied au paradis !
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lehane-fan
12 juillet 2015
Un Pied Au Paradis, une vie en enfer...
Présenté comme policier, ce récit s'affirme plutôt comme un drame psychologique d'une rare intensité.
Oconee, Appalaches du Sud, années 50.
Si les Winchester et les Holcombe vivent en bon voisinage, ils ne sont finalement que des sursitaires.
Voués à l'exode par la compagnie d'électricité Carolina Power bien décidée à noyer toutes ces terres arides une fois celles-ci rachetées. Mais avant que ce déluge biblique ne survienne, il faudra surmonter le traumatisme d'une disparition. Celle d'Holland Winchester fraîchement revenu de la guerre de Corée. Sa mère en est sûre, elle en mettrait son dentier et son oeil de verre au feu, il y a bien eu une détonation. Et si elle ne balance pas franco, il suffit de suivre son regard borgne en direction de la propriété des Holcombe.
Le shérif Alexander est sur le coup. Le désormais célèbre coup de Winchester...
Rash arrache et c'est rien de le dire.
Ici, l'enquête stérile se voit réglée en trois coups de cuiller de Nutella saturée en huile de palme, est-il besoin de le rappeler. Tout l'intérêt réside désormais en ces différents chapitres présentés comme autant de témoignages délivrés par tous les protagonistes de ce drame par trop longtemps inexplicable. Difficile d'étayer quoi que ce soit sans cadavre.
Le procédé est audacieux, original et fonctionne à plein.
Le voile de la vérité se soulève posément, chaque nouveau personnage apportant sa pierre à l'édifice.
Un Pied Au Paradis est un récit addictif qui vous fera prendre le vôtre.
D'une noirceur absolue et porté par une écriture hypnotique, l'écho de ce drame vaudevillesque devrait résonner en vous bien longtemps après que l'épilogue, certes légèrement convenu, mais s'inscrivant pleinement dans la droite ligne de cette tragédie, n'ait délivré sa vérité.
Très beaucoup bon!
4.5/5
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Citations & extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou19 novembre 2013
- Où est-il ?
- Je n’en sais rien, m’a-t-elle avoué. Mais j’ai bon espoir de le découvrir un jour.
- Alors il est vivant.
- Non. Il est pas vivant.

Je n’ai pas compris, mais il y a des tas de choses que racontent les grands qu’on ne pige pas quand on est gamin.

(un fils qui parle de son père qu'il n'a jamais connu et qui a disparu)
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kathelkathel26 juin 2010
J’ai quitté la route en arrivant devant le magasin de Roy Whitmire, pour aller me garer à côté du panneau annonçant DERNIÈRE POMPE À ESSENCE AVANT TRENTE KILOMÈTRES. Je suis passé devant des types assis sur des caisses de Cheerwine et de Double Cola. Avec leurs crânes chauves et leurs cous ridés, ils ressemblaient à des tortues d’eau se chauffant au soleil sur des souches. Les types m’ont salué d’un signe de tête familier, mais la canicule les avait vidés de tout bavardage. J’ai farfouillé dans la glacière installée sur la galerie, les doigts engourdis par l’eau et la glace, avant de tomber enfin sur une petite bouteille. Je n’avais pas soif, mais il n’était pas convenable de ne rien acheter. Je suis entré dans une vaste pièce, plus sombre que l’extérieur, mais pas plus fraîche.

La boutique n’avait guère changé, la première étagère était chargée de toutes sortes d’articles allant des hameçons Eagle Claw aux poudres contre les maux de tête Goody, et sur le comptoir se trouvait un grand bocal où nageaient dans une saumure trouble des oeufs durs plaqués contre la paroi de verre tels d’énormes yeux. Près de la caisse enregistreuse, un autre bocal, celui-ci rempli de rubans de réglisse.

— Ça va-t-y, étranger ? a lancé Roy, en sortant de derrière le comptoir pour me serrer la main.

On a bavardé de tout et de rien quelques minutes. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité et j’ai aperçu le lynx empaillé sur le mur du fond – la patte levée prête à frapper, les yeux jaunes et luisants – toujours aux abois après trois décennies. Des sacs de vingt kilos de semences de maïs Delkab étaient empilés par terre en dessous.

— Je suppose que tu n’as pas vu Holland Winchester ces deux derniers jours ? ai-je fini par demander, en en venant à la raison pour laquelle je m’étais arrêté.

— Non, a répondu Roy. C’est pas que je l’aie cherché partout, note. J’ai assez d’ennuis comme ça pour pas aller m’en dénicher d’autres.
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marina53marina5319 août 2015
Rien n'est solide ni permanent. Nos existences sont élevées sur les fondations les plus précaires. Inutile de lire des manuels d'histoire pour le savoir. Il suffit de connaître l'histoire de sa propre existence.
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jeranjoujeranjou13 novembre 2013
Autrefois, nous avions été bien plus proches que je ne l'ai jamais été de mon autre frère et de ma sœur.

« Vous êtes tellement pareils, les garçons, que vous pourriez bien partager la même ombre », disait maman quand nous étions plus petits.
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marina53marina5322 août 2015
J'apprenais que quitter un lieu n'était pas aussi simple que de faire ses valises et partir. On en emportait une partie avec soi, qu'on le veuille ou non.
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