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ISBN : 2234081998
Éditeur : Stock (11/04/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Vivant une histoire d'amour impossible, la narratrice s'invente un double littéraire, Madame X, pour partir à la recherche de son véritable désir. Dans ce voyage initiatique qui nous transporte de Paris à Istanbul, de New York à Venise, le personnage demande à des femmes qu'elle admire : philosophes, actrices, psychanalystes, artistes, écrivains ou encore une nonne et une hermaphrodite, de lui confier des tâches qui lui ouvrent les portes vers des mondes secrets et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
lucia-lilas
  27 juillet 2018

Un projet d'écriture qui tient de la performance - au sens artistique du terme, bien sûr - quoique…
Afin d'échapper à une histoire d'amour qui s'essouffle un peu, la narratrice décide d'aller jusqu'au bout de ses désirs via un personnage littéraire qu'elle nomme Madame X. Elle va confier à certaines de ses amies, devenues des muses, l'action même de son roman en leur demandant de lui donner des missions que son personnage mettra en oeuvre. Enfin, pour que tout ceci devienne un récit, elle décide de rencontrer un psychanalyste auquel elle racontera dans le détail les tribulations de son personnage.
Comme je vous le disais en ouverture, un projet qui tient de la performance...
Le but ? : vivre par procuration des choses qu'on n'oserait peut-être pas réaliser dans la vraie vie, autrement dit, aller au bout de ses désirs par le truchement d'un être de fiction, explorer l'inconscient féminin à travers un personnage, une espèce de double qui finira, vous l'imaginez bien, par se confondre complètement avec le je de la narratrice - je certainement très autobiographique…
Alors, concrètement, ça donne quoi tout ça ?
J'ai vécu ce texte comme une rencontre, une étrange rencontre même : celle d'une femme, Sinziana Ravini, critique d'art, commissaire d'exposition, enseignante en esthétique. Des références, elle en a. Dans tous les domaines, semble-t-il. Elle a lu Freud, Lacan, Sade, Goethe, Mann et tant d'autres... Elle fréquente des auteurs, des philosophes, des artistes (Pierre Huygues qu'elle admire beaucoup), des professeurs, des chercheurs, des musiciens. Elle voyage sans cesse, revient, repart, se livre à une multitude d'expériences, se déguise, se bande les yeux, se déshabille, se masque, jouit, fabrique du pain, vole une Bible, expérimente l'hypnose, se masturbe, lit Sainte Thérèse, participe à des soirées étranges, se parfume, prépare des cours qui ont pour sujet : « L'art d'errer dans l'inconscient à travers l'art», se fait enchaîner, part élever des chèvres, rit, pleure, s'initie aux rites francs-maçons, achète un crocodile empaillé, fait une retraite spirituelle dans l'abbaye de Sénanque, organise des dîners-performances...
Elle se plie aux suggestions de celles qu'elle nomme ses « marionnettistes », des femmes qui sont écrivains, philosophes, psychanalystes, artistes, des Jean de Berg, Fabiola, Titania, Jade, Frida, Héméra, Méphistophéline (qui se cache derrière ces pseudos ? Des Catherine Millet / Robbe-Grillet ?) … Elles lui disent ce qu'elle doit faire. « On n'a peut-être pas le droit de tout faire, mais on a quand même le droit de tout imaginer » lui rappelle l'une d'entre elles. Vers quels mondes ces guides vont-elles la mener ? Vont-elles l'émanciper ou la manipuler, lui ouvrir la voie vers l'accomplissement de son désir ou bien la retenir prisonnière ?
Elle résume sa situation en deux mots : « Je désire tout, donc rien » et est tentée (pour lui donner un sens?) de transformer sa vie en oeuvre d'art. Il y a du Sophie Calle chez Sinziana Ravini à tel point que son psychiatre lui dit : « Ce n'est pas ce que vous vouliez ? Abolir la différence entre le vrai et le faux ? » Oui, c'est exactement cela mais l'entreprise est plutôt risquée !
On la sent fragile, sensible, perdue, s'interrogeant devant la tapisserie de la dame à la Licorne qui porte l'inscription « à mon seul désir ». Elle est comme cet oiseau tombé de son nid qu'elle ramasse et finit par enterrer. On sent qu'elle a peur, qu'elle frôle sans cesse le vide, chute, se relève, repart. Elle a peur du vide mais ne peut s'empêcher de s'approcher du bord de la falaise. Encore une fois, l'expérience est risquée. On peut se perdre à vouloir mieux se retrouver.« J'ai peur de devenir ce personnage que j'ai inventé», personnage qui devient une espèce de « compagnon de voyage », toujours présent pour rassurer celle qui part, qui fuit mais revient toujours.
Elle qui est si différente de son mari, Vincent. Celui qu'elle cherche, quand elle rentre dans l'appartement. Quelle association ! Elle, si romanesque, fantasque, plongée dans un monde irréel peuplé de femmes préraphaélites aux cheveux longs et de boudoirs éclairés à la bougie, elle du côté du clair-obscur, lui qui s'épanouit dans la lumière du monde. Très carré, très pragmatique, très terre à terre. Deux univers.
Quand elle se plaint de la panne de son ordinateur, il lui dit : « C'est très bien. Cela te permettra de revenir à la réalité.» Il m'a fait rire, Vincent. « Avec toi, plus rien ne m'étonne» lui répète-t-il souvent. Et ses remontrances perpétuelles : «Vincent commente ma manière de manger un croissant : « En France, on ne met pas du beurre et de la confiture sur un croissant sans l'avoir d'abord coupé en deux », mes chaussures : « On ne se promène pas en talons dans les montagnes », ma nouvelle robe en cuir noir : « Ce n'est pas un peu ... trop ? », ma nausée dans la voiture lorsqu'on visite trois maisons avec un agent immobilier qui conduit comme s'il avait volé le véhicule : « On ne partage pas son mal-être avec les autres », la distance trop courte entre ma chaise longue et la piscine de l'hôtel : « Tu n'es pas seule sur terre », mon souhait de manger bien cuit au restaurant le soir : « Tu ne vis plus en Roumanie » (elle est suédoise, d'origine roumaine), ma réflexion sur les peintures de Gainsborough auxquelles les marronniers de la vallée me font penser : « Tu ferais bien de revenir un peu à notre temps » et mes livres sur la sexualité féminine : « Est-ce qu'il t'arrive de penser à autre chose qu'au sexe? Je ne comprends pas pourquoi tu t'y intéresses autant. Tu t'y connais aussi bien qu'en volley-ball suédois. » Terre de contrastes...
Comme lui dit très justement son psy : « Votre monde imaginaire a du mal à s'accorder avec votre monde réel, mais votre mari vous ramène toujours à la réalité. » L'empêcheur de rêver en rond, l'empêcheur vers lequel elle revient sans cesse. L'amour ? Car il faut bien que cet attachement porte un nom...
Il la traite d'hystérique, la rabaisse constamment, va jusqu'à lui dire qu'elle « n'existe pas ». Ne souhaite-t-elle pas, par cette folle agitation, lui prouver le contraire ? Est-il celui qu'elle cherche ou bien celui qu'elle fuit ?
Souhaite-t-elle échapper à la figure littéraire qui l'effraie certainement le plus, celle de Madame Bovary, celle d'une femme qui n'est pas allée jusqu'au bout de ses désirs et n'a trouvé comme échappatoire que la mort ?
Quelles douleurs de l'enfance veut-elle oublier, elle qui a vécu chez ses grands-parents paternels pendant que ses parents « fitzgeraldiens » faisaient la fête ou voyageaient...
Où va la mener cette errance, ce tourbillon, cette folle agitation ? « Je ne suis pas à la recherche d'une chambre à soi, cela ne me suffit pas, mais à la recherche d'un monde à moi.»
À force de s'éparpiller, va-t-elle se perdre ou se retrouver ? À force de demander aux autres des tâches à accomplir, va-t-elle se libérer ou au contraire s'enfermer ? « La soumission à laquelle je me suis pliée est-elle compatible avec ma quête de liberté? » s'interroge-t-elle. Où est ce monde qu'elle recherche où « spiritualité et extase physique ne feraient qu'un » ? Existe-t-il ? Où vont la mener ces vies parallèles, ces transgressions ? Vont-elles l'aider à se retrouver ou vont-elles mieux la perdre ?
Oui, j'ai fait une belle rencontre et me suis attachée à ce personnage fantasque et fragile, avide d'assouvir ses désirs. Je l'ai suivie dans des sentiers escarpés où je sentais qu'à tout moment elle risquait de chuter (m'entraînant peut-être avec elle!) J'ai eu peur pour elle (et pour moi!) Elle m'a, le temps d'une lecture (pour plus longtemps?), conduite dans des mondes fascinants et dangereux où je n'étais pas forcément prête à aller (n'est-ce pas là la définition même de la séduction?) Tandis qu'elle avançait dans l'ombre de son personnage, je m'aventurais sous sa protection dans ces contrées inconnues… Belle mise en abyme…
Suivre le chemin qui mène à la liberté et le montrer aux autres alors que l'on a peur de s'y perdre soi-même… Il faut être femme pour avoir autant de courage et prendre autant de risques, n'en déplaise à monsieur Vincent qui ferait bien de lâcher prise lui aussi pour tenter de trouver un peu de vérité. Il a un guide de choix, qu'il en profite !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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ivre_de_livres
  14 juin 2018
En plein dans l'écriture de son nouveau roman, une femme s'interroge sur le désir féminin. le désir est l'envie, le fait de vouloir quelque chose mais il est également synonyme d'appétit, d'attirance sexuelle. Vaste sujet, surtout lorsqu'elle-même semble avoir relayé ses propres envies au second plan. La relation qui s'essouffle avec son mari ne semble rien arranger.
Pour le bien de son roman, elle prend la décision de se créer un double en la personne de Madame X et y voit là une manière de reprendre les rênes de sa vie.
Le choix du surnom reflète la personnalité de ce double plus libérée, plus entreprenante, plus érotique. Afin que l'expérience soit totale, Madame X est suivie par un psychologue. C'est d'ailleurs sur leur première séance que s'ouvre La Diagonale du désir. Par la suite, ces séances seront un moyen habile de rendre compte au lecteur des dernières péripéties de cet alter ego.
Dans sa réflexion sur le désir féminin, elle va demander à des femmes – connaissances ou amies – de lui donner des tâches à réaliser. Pour vous donner une idée, ces « gages » peuvent aller de l'observation d'un tableau au musée du Louvre jusqu'à la participation à une soirée BDSM. En y venant à bout, elle espère se rapprocher de son désir profond et peut-être de découvrir qui elle est vraiment.
Comme souvent lorsqu'il est question de double, les deux personnalités vont finir par se confondre et ne faire qu'une.
Le postulat de base avait tout pour me plaire mais plusieurs points m'ont dérangée dans cette lecture. Tout d'abord, c'est l'étalage de références culturelles qui m'ont rebutée. Elles alourdissent le récit, lui confèrent un côté pompeux et c'est dommage. Alors oui, le parcours de Sinziana Ravini est impressionnant ! Critique d'art, éditrice, chargée de cours en esthétique, commissaire d'exposition et écrivain, son écrit s'en ressent et c'est souvent passionnant. Au risque de perdre le lecteur…
Ensuite, je n'ai pas trouvé la narratrice attachante et le manque d'empathie à son égard a sans doute joué sur mon ressenti global. L'autrice joue cependant de cela en comparant son personnage à la célèbre Scarlett O'Hara du film Autant en emporte le vent. Celle-ci ne devient attachante qu'à la fin du film, une fois que nous avons assisté à plusieurs de ses échecs. Il aurait pu en être de même pour l'héroïne de la Diagonale du désir, malheureusement ça ne prend pas ! Il est difficile de comprendre ses choix même si ses réflexions et décisions font partie de son processus d'introspection qui la conduira au bout de son voyage initiatique.
Enfin, je trouve regrettable qu'une femme délaissée par un conjoint froid et distant et qui part à la recherche de son propre désir en essayant de se le réapproprier ne dirige sa quête finalement qu'en fonction des hommes… Une fin plutôt ouverte vient toutefois nuancer ce propos.
Pour son premier roman, Sinziana Ravini nous offre une oeuvre sensuelle inclassable entre le roman, l'autobiographie et l'essai. Si je n'ai pas été touchée par La Diagonale du désir, je retenterai cependant l'expérience en suivant de près sa carrière de romancière !
Lien : http://ivredelivres.com/diag..
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eemmaabooks
  28 août 2018
Imaginez-vous pouvoir enfin répondre à Freud « que veut la femme ? » Souhaitant écrire un roman sur la recherche du désir féminin mais n'ayant ni beaucoup de courage ni beaucoup d'imagination, Sinziana fait appel à des femmes qu'elle admire et leur demande de déterminer l'action du roman en lui confiant des missions. C'est là que naît Madame X et à travers elle la narratrice part à la conquête de son inconscient féminin. Personnage pudique et chaste elle mène alors une vie libertine.
Entre alternance de soirées sadomaso, visites chez son psychanalyste et rencontres aux musées, de Paris, à Istanbul, de New-York à Venise, la narratrice nous trace le parcours vers son désir inconscient. En ce raccrochant à son personnage de Madame X elle tente de dépasser ses peurs. La peur de mourir, d'être abandonné, de ne plus désirer et surtout la peur d'aimer. Elle cherche la clef de ses souffrances amoureuses.
Ces rencontres vont la guider dans ses choix et dans ses rapports avec Vincent son mari. Depuis un moment le couple bat de l'aile. Vincent, qui déteste le théâtre des sentiments et rapprochement corporels sans but précis, qui déclare à tout bout de champs et surtout lorsqu'elle tente un rapprochement que c'est une véritable hystérique qui ne sait pas ce qu'elle veut, m'a exaspéré. Il lui reproche sans cesse son comportement, ses enfantillages, son caractère lunatique. le couple ne sait plus communiqués, ne sait plus se retrouver et nous donne une suite de scènes de ménages toutes plus incongrues que les autres. Ils enchainent les dialogues de sourd pendant lesquels on ne comprend pas les états d'âme impossible et incompréhensibles de Vincent.
On ne sait pas vraiment ce que cherche à nous faire partager l'auteur, l'échec de son mariage, la recherche du désir féminin, de son propre désir, une réponse à son couple, une échappatoire à sa solitude. Un livre tout de même sexy, intriguant et énigmatique.
Sinziana Ravini est critique d'art, commissaire d'exposition et enseignante à la Sorbonne. La Diagonale du Désir est son premier roman.
Un grand merci aux éditions Stock pour cette découverte!
Lien : https://eemmabooks.wordpress..
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clement_M
  20 août 2018
Le projet m'a attiré vers ce livre : explorer le désir des femmes en enquêtant auprès d'elles. Malheureusement, ce projet tombe rapidement à l'eau (malgré de vagues retours au fil du livre). L'auteur se perd en dialogues, en références culturelles (souvent assez obscures pour moi, désolé...), en personnes connues cachées derrière des pseudonymes (je pense avoir reconnu Yannick Haenel). Il est aussi malheureux d'avoir voulu se cacher derrière Madame X/auteur/narrateur car ce dispositif est trop brouillon pour être intéressant.
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Francois-Tabourot
  07 septembre 2018
France culture de bonne heure. Sinziana Ravini est interviewée à l'occasion de la sortie de son livre « La Diagonale du Désir ». Je suis séduit par le charme et l'intelligence de cette femme. J'achète le livre.
Je dévore les premiers chapitres avec l'excitation d'une promenade chez un brocanteur. J'aime découvrir chaque pépite cachée au détour des pages : les citations, les références, les puissantes images qui nourrissent l'émotion des tableaux sensuels qui se succèdent. On se sent bien sur cette « rive droite » où l'expression du désir sait s'affranchir des contraintes. Mais en tournant les pages on se sent aussi entrainé par le courant d'une vie qui nous emporte en diagonale sur « l'autre rive ». Celle de la raison, de nos peurs, de nos contraintes; de la vraie vie?
Jusqu'aux dernières pages, j'ai voulu croire que la maitrise de cette oscillation entre rêve et réalité, entre désir et contrainte ne dépend que de nous. Je ne suis pas certain que ce soit la conclusion de l'auteur et de son personnage finalement échoué sur les sables de la raison. Quel roman! à lire absolument comme une méthode d'introspection, comme un baromètre de notre liberté.
Lien : http://tabourot.fr/la-diagon..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
eemmaabookseemmaabooks   28 août 2018
Le secret le mieux gardé de la psychanalyse, c’est qu’au fond de nous-mêmes nous savons tous très bien ce que nous désirons vraiment. C’est juste que nous n’avons pas assez de courage pour nous l’avouer.
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