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EAN : 9782070327379
171 pages
Éditeur : Gallimard (16/03/1993)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Comme une étreinte, la prose de Réda enveloppe son lecteur, lui fait lever ou baisser la tête, fixer tel ou tel point du ciel, d'un toit, d'un carrefour. À sa suite, sous son bras rugueux il nous entraîne, nous signale ce qui l'arrête ou le ralentit. Voix mesurée, sobre à l'extrême, dont le grain répond à celui des pavés, de l'asphalte : ces rues, ces chemins qu'il semble avoir usés, adoucis de ses semelles. Mais lui ne s'use pas. Prose ou poésie, son écriture a les... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  24 octobre 2015
A lire ce recueil de proses poétiques, on se demande si le poème est dans l'écriture de Jacques Réda, ou bien si par hasard, le poème ne serait pas Paris lui-même. La magie des noms, l'atmosphère qui se dégage des descriptions de rues et de quartiers, le regard des passants, tout est poésie. Est-ce grâce à Baudelaire, ou même à Boileau ? Paris en effet est une ville-texte, une ville livresque, autant et plus que Rome ou Venise, et ce n'est pas seulement à son espace et à ses monuments, à ses rues, que l'auteur a dû se mesurer, mais aussi à tout le patrimoine littéraire que la ville porte inscrit dans ses murs. le sujet n'était pas facile, mais le recueil est à la hauteur de tous les défis techniques et littéraires que l'auteur a su relever.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   11 avril 2019
Aux environs


Extrait 1

À cette heure où comme avant le jour tout redevient calme et bleu,
j’ai le regret des champs et forêts qui devaient être si proches,
de l’endroit où cessaient dans la boue et l’herbe les gros pavés.
Après quoi le chemin roulait entre des carrés bleus de légumes,
sous les branches presque nues et basses des vergers bleus,
les mêmes nuages comme des chapeaux glissant aux ras des vignes,
le même ciel s’avançant en personne par les fourrés
(je veux dire une vraie personne que l’on salue),
comme dans ce rêve qui depuis deux ans m’est si souvent revenu,
où j’atteins une dernière petite place au flanc de Montmartre –
et le rêve même de la ville enfin se dévoile, et c’est ainsi :
des bois sombres, des chevaux rouges, des collines et des champs dorés –
on entrait dans la profondeur muette de la campagne,
Gentilly, Châtillon, Montreuil, Vanves, Clamart et Saint-Cloud.
Mais surtout le nord troublait à cause d’un fort regain d’espace,
toutes ces plaines étirant jusqu’aux mers leurs fins sillons
et, mal jointes au bord de l’Oise, au bord de l’Aisne, au bord de l’Ourcq,
vides le long des routes martelées par le fer et les étoiles,
gonflent et grondent encore comme d’immenses papiers d’emballage
  ‒ le nord.
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coco4649coco4649   11 avril 2018
Quand montant de la porte d’Orléans …


Extrait 2

Ainsi lorsqu’une turbulence de clartés
signale de très loin le large, dans l’espace en dilatation, mais que ce
qui paraît peut bien n’être qu’une gare de triage, avec ces jets en
éventail de rails étincelants. On est d’ailleurs ici tout près des
combinaisons de Montparnasse, et l’on aspire plutôt à des chemins de
terre accompagnant le ballast qu’à, cette chimère métaphysique de
vide et de plénitude, de fin et de recommencement, dont pourtant le
bout du trottoir, au niveau des nuages, surplombe l’immense vision.
mais bientôt la rue de l’Ouest, à gauche, puis encore la rue du
Château, les zincs arabisés et les épiceries juives, une foule de piétons
peu causants, qui flânent (ont du reste l’air en flanelle) et s’attardent
en longs attroupements : on signe la pétition contre le projet d’une
autoroute qui, sur ce vieux quartier sombre et pauvre mais doucement
replié sur soi, sur les gens qui l’habitent, s’abattrait en travers comme
une grande matraque de béton.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   23 octobre 2015
La bénédiction de Saint Serge

(...) Sur la façade en bois d'escalier découpé de l'église
grimpent obliquement les caractère slavons hâves et pointus,
et l'intérieur aussi ressemble au fond obscurci d'une lampe
que le vent balance avec nos deux mains jointes au-dessus de Paris.
J'interprète mal le symbolisme liturgique de ce théâtre,
quand l'officiant barbu surgit d'une isba dans un coin, tenant d'une main son livre et de l'autre une minuscule bougie.
Puis il rentre et les voix recommencent une psalmodie où rôdent
des cris d'alouette et des rondes d'amour dans les prairies...

p. 125
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   23 octobre 2015
Tout le monde sait que l'ancienne gare de la rue de Boulainvilliers est occupée par une dame dentiste, mais lui appartient-elle vraiment ? Un stand de tir a sa plaque aussi plus loin sur la grille, et je me perds en corrélations. Jamais je n'ai perçu les vrombissements de la fraise, des détonations de carabines ; tout se passe peut-être dans l'obscurité des tunnels...

p. 95
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coco4649coco4649   11 avril 2018
Quand montant de la porte d’Orléans …


Extrait 1

 Quand montant de la porte d’Orléans on arrive à peu près au milieu
de l’avenue du Maine, il y a ce replat vaste où le ciel s’enfle et roule
sans peser plus qu’une bulle contre la Tour. Encore moins de
cinquante mètres et la ville se reconstitue , on le sait depuis toujours.
Mais le savoir ne change pas grand-chose, s’en assurer non plus :
quelques pas en arrière et de nouveau c’est l’extrême limite,
l’interruption de tout au bord d’un néant lumineux. La Tour elle-
même n’a rien changé car elle pointe, comme en haut d’une jauge,
ses dernières graduations qui plongent dans l’inconnu. Cherchant une
figure plus concrète, on dirait que l’Océan s’annonce au-delà de ce
plan de goudron, cependant sans insistance et en quelque sorte sans
flots : réduit, après un infini de vase et de sables tendres, à ce léger
trait de feu qui palpite, qui va chavirer comme une barque sous un
excès de toile et de bleu.
+ Lire la suite
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Videos de Jacques Réda (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Réda
Jacques Réda Quel avenir pour la cavalerie ?
Rencontre animée par Alexandre Prieux
La poésie serait-elle une guerre ? le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français, aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel. du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.

À lire – Jacques Réda, Quel avenir pour la cavalerie ? – Une histoire naturelle du vers français, Buchet/Chastel, 2019.
Le jeudi 28 novembre 2019 à 19h
+ Lire la suite
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
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