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ISBN : 2848931647
Éditeur : Les Deux Terres (19/02/2014)

Note moyenne : 2.94/5 (sur 32 notes)
Résumé :
A Hexam Place, rue chic de Londres, se côtoient plusieurs employés affairés à des activités plus ou moins secrètes. Le jardinier Dex, considéré comme un demeuré, voue un culte à son téléphone. Le chauffeur Henry entretient une double relation amoureuse avec la femme et la fille de son patron. Fille au pair, Montserrat serait la maîtresse d'un acteur. Celui-ci disparaît brutalement...
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  16 mars 2015
Hexam place, l'une des rues les plus huppées de Londres et peut-être du monde entier. Dans de splendides maisons bourgeoises vivent des gens aisés : une princesse auto-proclamée, un médecin entiché d'un malade psychiatrique qu'il a jugé apte à la réinsertion sociale bien qu'il entende encore quelques voix qui lui désignent des Moloch ou Mephisto, via son téléphone portable, un couple dans lequel madame s'étiole en trompant son mari avec une vedette de série télé, un lord dont l'épouse et la fille partagent le même amant, mais pas en même temps, faut pas exagérer non plus, leur stricte éducation leur a appris à savoir se tenir.

Pour que tout ce monde vive sans trop se préoccuper des contingences bassement matérielles, il y a à leur service tout un personnel indispensable à leur bien-être, nurse, chauffeur, femme de ménage, jardinier, jeune fille au pair, qui logent dans les "basements" des grandes habitations imposantes de leurs patrons. Dans un élan de solidarité de classe, ils créent la société de Sainte-Zita, “sainte patronne des serviteurs et des domestiques qui donnait sa nourriture et ses vêtements aux pauvres” (p.13), pour se retrouver, s'entraider, évoquer les problèmes inhérents à leur condition, envisager des sorties communes, tout ça en buvant quelques pintes dans un pub.

Penser que Ruth Rendell va nous livrer un traité sur l'exploitation des masses laborieuses par leurs employeurs, c'est mal la connaître, ce n'est pas son genre de sombrer dans les clichés usés jusqu'à la corde, elle aime trop s'amuser à tordre le cou aux idées reçues et aux préjugés de toutes natures.

Dans “Bon voisinage”, les méchants ne sont pas ceux que l'on croit, les victimes non plus, oeuf corse. Quel intérêt peut bien avoir Montserrat, jeune fille au pair, à aider Mr Still à se débarrasser d'un mort ? Henry, chauffeur de Lord Studley, amant de sa femme et sa fille, a l'impression d'être propriétaire de la Béhème qu'il conduit mais pas que... Pourquoi June, qui a largement dépassé l'âge de la retraite continue-t-elle à supporter sa princesse et son chien si elle n'espère pas un héritage ? Et même Rabia... Pourtant, Rabia, si douce, si maternelle avec les enfants des Still dont elle est la nurse...

Je m'attarde un instant sur Rabia, l'un des plus beaux personnages créés par Ruth Rendell dans ses romans les plus récents. Jeune femme d'origine pakistanaise, de confession musulmane, elle a, après un mariage arrangé, perdu deux jeunes enfants des suites d'un gêne lié à la consanguinité, avant que son mari décède à son tour. Effacée, réfléchie, courageuse, respectueuse des traditions autant anglaises que pakistanaises, elle reporte sur Thomas, le plus jeune des enfants Still tout l'amour qu'elle n'a pu donner aux siens et n'a pas du tout intérêt à voir ses patrons divorcer.

Rabia qui lors d'un week-end dans une résidence secondaire de ses patrons, croise le jardinier (p.94) :
“Le jardinier, lui, elle l'avait croisé lors de sa visite précédente. Il avait alors fixement contemplé sa longue robe noire et son hijab, mais cette fois, il s'était fait à son apparence et semblait comprendre qu'elle parlait l'anglais, qu'elle n'était ni folle ni sauvage, et il l'accueillit avec un “Bon après-midi, madame””.
Quel discours politique pourrait mieux que cette simple phrase, dire que l'autre, différent par sa couleur ou ses origines, n'est pas un ennemi ?

Merci Ruth Rendell.
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AgatheDumaurier
  29 octobre 2016
Encore un très bon moment passé avec Mrs. Rendell !!
J'espère qu'elle a beaucoup beaucoup écrit !
On devrait donner le prix Nobel posthume à toutes ces Anglaises qui ont consacré leur vie à essayer de nous divertir avec leurs histoires délicieuses !!!!
Veuillez suivre notre Shéhérazade en tweed dans un des quartiers les plus selects de Londres, sur une place où se dressent ces maisons particulières blanches collées les unes aux autres, avec une espèce de perron et un escalier. Sous l'escalier, le basement, pour les domestiques. Au-dessus de l'escalier, l'entrée principale, pour les très riches propriétaires. Devant, les Béhèmes, les Audis, les chauffeurs. Derrière les portes d'entrée, le grand n'importe quoi.
C'est l'histoire des riches propriétaires de de ceux qui les servent, mais version 2014. Pas Downtown Abbey, donc. Les choses ont changé plus ou moins. Pas non plus une critique sociale, mais du croustillant.
Alors pêle-mêle et sans vous révéler :
-le fou schizophrène qui parle à Peach dans son portable (il y a des dieux dans les portables, Apple, Blackberry (mûrs), Orange etc...) C'est le jardinier.
-Mylord, Mylady, l'Honorable Huguette et Henry le chauffeur. Il couchent tous ensemble, mais pas en même temps.
-Mr. Still, Mrs Still, leurs enfants, leur nounou, leur jeune fille au père, l'amant de madame (docteur House) . S'évitent, mais pas toujours. A cause de la rambarde.
-La Princesse, sa dame de compagnie, Gussie le chien ...mettent leur nez partout.
-Damian et son mec, leur locataire esclave Théa et mrs. Grieves qu'il ne faut pas négliger...
Toute une ribambelle de personnages très peu recommandables, absolument désespérants, parfois très très méchants, et qui n'agissent vraiment pas comme on s'y attendrait...
Bonne lecture !
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aaahhh
  13 mars 2014
Un peu déçue je dois l'avouer, par ce dernier opus de Ruth Rendell, qu'on m'avait présentée comme l'une des grandes reines du suspense, car si je n'ai rien à redire sur sa plume ni sur sa capacité à créer des ambiances, pour ce qui est du suspense, je cherche encore... A vrai dire, le problème tient tout simplement au fait que "Bon voisinage" n'est pas un roman policier ni un thriller mais bien plus une étude de moeurs et une satire sociale... Il n'y a pas de mal à ça me direz vous! Et je suis bien d'accord! Sauf que moi, en lisant le nom de l'auteur et le quatrième de couverture alléchant, je m'attendais à du mystère, à une bonne intrigue à vous triturer les méninges, à du crime sordide avec des suspects à gogo… et du coup je l'ai mal lu ce roman… Je l'ai lu en cherchant des indices, des alibis et des mobiles, et j'ai bien entendu été déstabilisée et frustrée en réalisant au bout de 300 pages qu'il n'y en avait pas ! Enfin si un peu, j'exagère, un crime se place bien au centre de l'histoire, avec son coupable, sa victime et ses témoins, mais le récit n'en fait pas un mystère ni une énigme, mais plutôt un prétexte pour se plonger dans les affres de ce petit groupe de personnes de la bonne société anglaise qui, quand on creuse un peu, est loin d'être aussi bonne qu'elle s'en donne l'air.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit ici, d'une immersion très réussie au sein de la petite communauté d'Hexam place, rue huppée de Londres, où deux mondes cohabitent sans vraiment se mêler puisque lords et princesses côtoient sans toujours les rencontrer leurs chauffeurs, femmes de ménage et jeunes filles au pair. Mais qu'on soit domestique ou patron, des passions, des querelles et des rêves, on en a tous, et à Hexam place, la vie est moins tranquille que les belles façades géorgiennes ne le laisseraient penser… Entre Henri qui couche à la fois avec la femme et la fille de son employeur, Rabia la gentille nounou, que son sens moral pousse à dévoiler la relation adultère de sa patronne et Dex, l'étrange jardinier qui entend la voix de Dieu dans son téléphone portable, il y a fort à faire et beaucoup à épier pour les commères qui zieutent derrières les rideaux de dentelle… Et plus encore quand un célèbre acteur de séries B qui traînait toujours dans le coin, disparait sans laisser de trace… Qui venait-il voir en fait ? Et où peut-il bien avoir disparu ?
Si je l'avais lu pour ce qu'il est, ce roman, et sans y chercher une intrigue qu'il ne promettait pas, sans doute l'aurais-je apprécié un peu plus. Quoi que… Trop de longues descriptions, un plantage de décors qui n'en fini pas, un manque d'action et des personnages peu attachants m'auraient sans doute aussi parus rédhibitoires. Sans compter un défaut qui parait anodin mais qui rend la lecture peu crédible et un peu ennuyeuse : Ruth Rendell ne semble pas avoir clairement choisi à quelle époque se jouait son histoire, en effet, si un téléphone portable n'était pas au coeur de l'intrigue, comme pour nous rappeler qu'on est bien au XXIème siècle, on pourrait souvent se croire un ou deux siècles en arrière ! Les exemples foisonnent et je suis entre autre à peu près sure que si une jeune femme de 22 ans comme Montserrat souhaitait se tenir informée des avancées d'une enquête sur un meurtre, elle n'attendrait pas avec impatience l'ouverture du kiosque à journaux du quartier, mais chercherait plutôt des informations sur Internet, mais de manière générale, le thème même du livre qui tourne autour du club des domestiques de la société Sainte Zita et qui définit les gens uniquement selon leur classe sociale comme des maîtres ou des domestiques, me parait quelque peu dépassé et incongru...
Bon je suis un peu sévère et malgré ces défauts, « Bon voisinage » est un livre qu'il m'a été plutôt agréable de lire. Les qualités d'écriture certaines de l'auteur y sont pour beaucoup ainsi que son talent à créer une vraie psychologie pour la plupart de ses personnages. Je garde donc quelques réels bons souvenirs de cette lecture, même si malheureusement, je ne parviens pas à me défaire d'une impression de platitude et d'ennui…
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Bigmammy
  28 mai 2015
Avec Ruth Rendell (1930 – 2015), ce n'est pas tant l'intrigue qui passionne mais la description d'un monde, d'un milieu, d'un microcosme. Mais, ainsi que le déclarait Stephen King « Dès qu'il est question d'histoires d'obsession, de paranoïa et de coïncidences malheureuses, personne ne peut rivaliser avec Ruth Rendell ! ". Dans ce livre, il faut tout de même attendre le neuvième chapitre pour voir un premier cadavre. La construction est très classique, selon un schéma déjà utilisé par Zola dans "Pot-Bouille" ou "l'immeube Yakoubian" de l'égyptien Alaa al-Aswany ... le personnage principal est cette rue typiquement britannique !
Qui, visitant les beaux quartiers comme Belgravia, n'a pas imaginé pénétrer en restant invisible dans ces demeures de style géorgien, ces orgueilleuses maisons bâties de briques mordorées, aux portes flanquées de colonnes de stuc peintes en blanc vernis, avec leur soubassement et leur petit jardin derrière les grilles ouvragées ?
Entrons dans Hexam Place et faisons connaissance avec chacun des habitants. Dans les appartements de grand luxe, on trouve un lord héréditaire (sa femme et sa fille couchent avec son chauffeur), un pédiatre unanimement respecté pour sa gentillesse, un banquier (son épouse le trompe avec l'acteur vedette d'une série télévisée), un couple gay, une vieille princesse de pacotille et sa dame de compagnie depuis plus de 60 ans … et surtout, la foule des gens de maison qui les « servent ».
Dans les appartements semi-enterrés (basements) et les combles, voici les chauffeurs, factotum, jardiniers, jeune fille au pair espagnole, femme de ménage rêvant de retourner à Antigua, nounou d'origine pakistanaise follement attachée au bébé qui lui rappelle ses deux enfants morts en bas âge, jeune femme préposée à des tâches de secrétariat ... Ils se retrouvent au pub du coin de la rue pour parler de leurs patrons, nouer des idylles, faire des projets. Celui de June – la vénérable assistante de la Princesse - est de créer une société d'entraide réservée au personnel domestique, la société de Sainte Zita.
Et puis, il y a Dex, un marginal sorti d'un hôpital psychiatrique. le docteur certifie qu'il est guéri mais entend des injonctions de Peach, son Dieu, qui lui parle dans son téléphone portable. Il travaille ici et là, sur la recommandation du bon docteur Jefferson, dans les jardins ou comme homme à toutes mains… ou à toutes oeuvres.
Relations interdites, coïncidences malencontreuses, malentendus en tous genres, crimes inexpliqués et inexplicables : le roman retrace une année de cette société disparate, où les barrières sociales sont plus poreuses qu'on pourrait le supposer a priori. Secrets, effets secondaires de crimes pouvant s'avérer bénéfiques … le destin frappe où il veut. Mais la vie s'écoule, sans que la police, ici bien démunie, n'y décèle aucun indice. Pas d'inspecteur clairvoyant … ce qui pourra dérouter le lecteur.

Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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rulhe
  15 septembre 2017
a hexam place, rue chic de Londres entre employés de maison et employeurs
les affaires des uns et des
autres n'ont pas de secret.
ruth rendell nous raconte
leurs galères sentimentales , qui donne
lieu à de nombreuses situation cocasses.
côté scénario, rien de vraiment inoubliable mais
on passe un bon moment
sans avoir besoin de se creuse les méninges.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   14 mars 2015
Pourquoi les enfants chrétiens aimaient-ils contempler un sapin Nordmann chargé de boules de verre, de guirlandes argentées serpentant entre les branches, avec une fée miniature piquée à son sommet et des cadeaux entassés à ses pieds, elle ne l'avait jamais compris.

Page 221 - Le Livre de Poche
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namelessnameless   15 mars 2015
Et, alors que la fillette courait vers lui, Rabia s'émerveilla de voir, et ce n'était pas la première fois, que les enfants aiment les mauvais pères autant que les bons, tant est grand leur besoin d'un parent.

Page 351 - Le Livre de Poche
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aaahhhaaahhh   13 mars 2014
Quelqu'un avait raconté à Dex que la reine vivait du coté de Victoria. Lui aussi, mais elle avait un palais et lui, une chambre dans une rue en retrait de Warwick Way. N'empêche, il aimait bien l'idée qu'elle soit sa voisine.
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namelessnameless   12 mars 2015
Un souvenir de l'unique fois où elle avait vu Macbeth lui revint. C'était à la télé. Il était question d'une femme qui expliquait à son faiblard de mari comment il fallait se conduire quand on avait assassiné quelqu'un, non ?

Page 125 - Le livre de poche
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namelessnameless   13 mars 2015
Un autre parlait dans son portable. Peut-être qu'ils avaient des divinités à demeure dans les leurs, eux aussi, ou alors c'était juste des fruits, des Orange, des Blackberry (autrement dit, des mûres) et des Apple.

Page 51 - Le Livre de Poche
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Vidéo de Ruth Rendell
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