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EAN : 9782246537113
347 pages
Éditeur : Grasset (06/09/2000)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 195 notes)
Résumé :
Cette jeune femme en noir, au bouquet de violettes, aux yeux profonds, que peint Manet dans les années 1870, c'est Berthe Morisot. Elle garde sur son visage altier comme un secret. Un modèle parmi d'autres? Non: la seule femme du groupe des Impressionnistes. Berthe Morisot, née dans la province française en 1841, fille de préfet, peint et expose parmi ce clan d'hommes, ceux qui sont encore des réprouvés sans public, des réfractaires à l'art officiel : Manet, Degas, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  30 décembre 2018
Lorsque je rentre dans l'univers des peintres, je m'aperçois que j'ai toujours du mal à le quitter. Il se dégage toujours une atmosphère riche, foisonnante d'idées, de culture mais aussi un grand goût de liberté. Loin d'être un monde cependant serein, car il faut se battre pour faire sa place, pour être reconnu, ici c'est encore plus le cas car Berthe Morisot est une femme et au 19e siècle les peintres femmes sont très rares, c'est un monde masculin.
Avec Berthe Morisot, Manet, Monet, Degas, Renoir, .. on entre dans l'impressionnisme et c'est un véritable régal que de découvrir leurs tableaux respectifs et les influences des uns sur les autres. Leurs relations mais aussi le caractère de chaque peintre nous est dévoilé, ce qui satisfait ma curiosité mais aussi qui me permet de mieux les identifier et, je l'espère, de mieux retenir la genèse de leursoeuvres.
Plaisir est vraiment le mot qui caractérise ma lecture de "Berthe Morisot". Au-delà des mots lus, j'ai eu également plaisir à regarder sans cesse sur internet les nombreux tableaux décrits ou évoqués dans cette biographie.
Une fois de plus un grand merci à toi visages pour ce beau cadeau.
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nadejda
  06 juillet 2012
Une belle femme en noir qui croise votre regard et le retient, dont vous avez envie de découvrir ce qu'il cache derrière cette douceur apparente, dont Dominique Bona dit «Il y a du feu dans ces pupilles, mais un feu maîtrisé, un feu qui brûle en dedans et communique au-dehors, malgré une grande réserve, beaucoup d'ardeur, beaucoup d'intensité.»
Cette femme c'est Berthe Morisot peinte par Manet dont elle aura été le modèle préféré, une femme aux yeux en réalité verts qu'il a voulu noirs pour ce tableau à propos duquel Paul Valéry écrira à l'occasion de la rétrospective à l'Orangerie en 1932 : "Je ne mets rien, dans l'oeuvre de Manet, au-dessus d'un certain portrait de Berthe Morisot, daté de 1872".
Cette biographie de Dominique Bona, née de la contemplation de ce tableau qui donne envie d'en savoir plus, est passionnante parce qu'elle nous permet de découvrir Berthe Morisot, belle femme secrète dont elle pénètre délicatement le caractère intime, mais aussi toute la vie mouvementée, tant sur le plan artistique que politique et social, qu'elle traverse en demeurant fidèle à elle-même, de cette deuxième moitié du XIXème siècle avec le second empire, la guerre de 1870, la Commune de Paris et les débuts de la IIIe République.
p 184 «Sans hausser le ton elle suit sa voie qui n'est ni classique ni conventionnelle, mais cherchant depuis toujours à être elle-même, elle se reconnaîtra dans ce groupe d'Indépendants qui, comme elle, suivent la voie de leur différence. Elle ne se veut pas seulement solidaire de ces peintres, qui ne vendent pas (ou mal) leurs toiles et sur lesquels la presse s'acharne, elle est l'une d'eux.
(...) Elle ne cède ni aux pressions ni aux arguments. Elle maintient le cap. Et elle se passe d'encouragements. Ce qui l'intéresse, c'est la vérité --- non pas une vérité objective, mais celle que l'on doit à soi-même. Elle y sera fidèle toute sa vie. Toute sa vie, droite et sereine.»
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jvermeer
  15 mai 2020
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Mon ami, Henri Fantin-Latour, un des copistes du Louvre, me présenta Edouard Manet un jour de l'hiver 1868 alors que j'étais occupée à peindre dans la Galerie Médicis au Louvre les formes sensuelles des robustes flamandes figurant au premier plan du « Débarquement de Marie Médicis à Marseille » de Rubens. J'avais déjà 27 ans et la peinture était ma vie depuis une petite dizaine d'années. Je peignais des paysages sous les conseils du maître Camille Corot. Mon admission pour la première fois au Salon officiel de1864 avec deux paysages des bords de l'Oise fut un grand jour pour moi.
Troublée par le charme qui se dégageait du dandy Edouard Manet j'avais écouté révérencieusement ses quelques conseils distraits de maître à élève. Je n'arrivais pas à croire que j'avais devant moi le peintre qui révolutionnait régulièrement le Salon depuis ses scandaleux « Déjeuner sur l'herbe » et « Olympia ». « Il faudra que l'on se revoie mademoiselle » m'avait-il dit avant de repartir d'un pas rapide. Edouard Manet n'avait pas été sans remarquer le charme de la jeune femme, son regard sombre et son teint pâle qui s'accorderait si bien avec sa couleur préférée : le noir.
Rapidement, Edouard me demanda de poser pour lui. L'année suivante, en 1869, il m'installa au premier plan du « Balcon » engoncée dans une robe en mousseline blanche, le regard perdu dans une rêverie intérieure. J'allais devenir son modèle préféré. Il m'appelait « la beauté du diable » et me peignait constamment, trouvant toujours de nouveaux angles pour me croquer : allongée sur un canapé, en tenue de soirée noire, le visage caché par un éventail ou une voilette… Mon tableau préféré, et le plus beau qu'il ait fait de moi « Portrait de Berthe Morisot au bouquet de violettes », était un chef-d'oeuvre à mes yeux : dans un contre-jour, quelques mèches de cheveux fous sous un chapeau noir, une expression lointaine se découpant entre ombre et lumière. Un bouquet de violette accroché à mon corsage se perdait dans le noir de la robe. Les noirs de Manet… Des noirs puissants comme ceux de Vélasquez et Goya…
Je prenais du plaisir dans notre intimité amicale avec Edouard qui m'inspirait une grande affection. Je l'admirais. J'aimais mes longues séances de pose en tête à tête avec lui et les odeurs de peinture de son atelier se mêlant aux parfums d'autres femmes venant poser pour ce grand séducteur.
Le vrai début de ma carrière commença l'année 1874 où Edouard me peignit pour la dernière fois avec un éventail et une alliance au doigt. J'étais devenue sa belle-soeur par mon mariage avec son frère Eugène Manet. Au printemps j'avais participé à la première exposition du groupe des futurs impressionnistes chez Nadar à Paris. J'étais la seule femme et tous ces hommes m'intimidaient. Ils me respectaient comme peintre car nous parlions le même langage. Ils étaient l'avenir de la peinture : Monet, Pissarro, Sisley, Degas, Renoir, Cézanne, Guillaumin.
Une charmante toile de Claude Monet avec un gros soleil rouge s'infiltrant au milieu des brumes et se reflétant dans l'eau fut appelée par Monet « Impression, soleil levant ». Un critique se moqua et titra « L'exposition des impressionnistes ». Nous étions catalogués : « impressionnistes ». Mon « Berceau » fut remarqué.
Malgré mon indépendance, je serai de toutes les expositions du groupe des impressionnistes jusqu'à la dernière en 1886. Ma palette s'éclaircissait, mes toiles présentaient une impression d'inachevé. Je réalisais l'oeuvre nouvelle et singulière que j'avais toujours souhaité obtenir.
Berthe Morisot était une passionnée et son art lui interdisait toute facilité. Dès le début des années 1880, elle recevra les éloges des critiques et amateurs influents qui reconnaitront son originalité : « son pinceau effleure la toile de traits vifs, spontanés ». « Elle est l'impressionnisme par excellence … disaient certains. Son ami Stéphane Mallarmé lui fit ce beau compliment : « C'est peut-être la plus délicate des peintres impressionnistes ».
Installés au milieu de ses amis peintres, elle apportait une touche de charme, de distinction qui faisait son originalité. Dans son « Salon » de 1877, la vision d'Emile Zola était la bonne : « Ils peignent le plein air, révolution dont les conséquences seront immenses. Ils ont des colorations blondes, une harmonie de tons extraordinaires, une originalité d'aspect très grand. D'ailleurs, ils ont chacun un tempérament très différent et très accentué. »
Jusqu'à son décès en 1895, à seulement 54 ans, la vie de Berthe s'écoulera lentement, heureuse, entre ses trois amours : la peinture, son mari Eugène Manet et la petite Julie, sa fille, qu'elle ne cessait de peindre.
J'ai lu l'excellent livre de l'académicienne Dominique Bona comme un roman. Celui-ci m'a inspiré cette présentation sur le ton de la fiction.
Le secret de la femme en noir Berthe Morisot, celui de cette femme peintre d'un immense talent, ne serait-il pas la modeste ambition de sa vie d'artiste : « Fixer quelque chose de ce qui passe ».
Il s'agit de la meilleure des biographies sur Berthe Morisot qui recevra en 2000 le Goncourt de la biographie.
***

Lien : http://www.httpsilartetaitco..
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deuxmotspassant
  29 septembre 2020
Berthe Morisot est née le 14 janvier 1841 dans une famille bourgeoise établie dans le Cher. Son père est préfet de ce même département et occupe tour à tour des postes importants dans l'administration française. Il est, entre autres, un descendant du célèbre peintre Fragonard. Elle est la cadette de trois filles, Yves l'ainée née en 1838, Edma nait quant à elle en 1839. Les filles Morisot sont très tôt initiées à la musique et prennent des cours de piano chez un grand professeur : Stamaty fils. C'est là que Berthe éprouve sa première émotion d'artiste peintre en tombant sur un dessin de Ingres qui la fascine bien plus que les notes de musique.
Sa mère va lui permettre ainsi qu'à sa soeur Edma de prendre des cours de dessin en privé d'abord avec Chocarne puis avec Guichard qui reconnait de vrais talents d'artistes dans le travail des deux soeurs. L'entrée aux Beaux-Arts est alors encore interdite aux femmes et ce jusqu'en 1897. L'étape suivante permettant aux filles de sortir de leur huit clos est le musée du Louvre où il est permis aux jeunes artistes de s'adonner à la reproduction d'oeuvres exposées, au copiage. C'est là que Berthe et sa soeur vont rencontrer des peintres qui s'exercent tout comme elles à la copie de grandes oeuvres. Néanmoins, une parole de Gustave Courbet reste ancrée en Berthe, cette jeune fille assoiffée de liberté et de créativité : « Fais ce que tu vois, ce que tu sens, ce que tu voudras ». Les deux soeurs continuent de peindre ensemble, comment ne pas alors devenir rivales ou chercher à se comparer?
Au salon exposition de 1865, les toiles exposées sont rejetées pour la plupart. Manet est moqué, on rit de ses toiles telles que « Olympia » ou « le déjeuner sur l'herbe ».
En 1868, Berthe expose et les impressionnistes sont davantage pris au sérieux. En hiver de cette année, Berthe fait la connaissance d'Édouard Manet. Celui-ci vit alors chez sa mère avec son épouse hollandaise : Suzanne et son beau-fils Léon 16 ans. Ce dernier fera plus tard fortune dans le domaine bancaire.
Edma, la soeur de Berthe se marie en 1870 et laisse sa soeur seule à peindre dans leur atelier. Elle devient de plus en plus proche de Manet. La peinture « le balcon » place Berthe au centre de l'oeuvre. Elle sera néanmoins rivalisée par d'autres femmes, notamment Eva Gonzales en 1869, peintre elle aussi et bien d'autres encore.Elle continue de peindre et d'exposer, ses toiles se vendent.
En 1874, elle épouse Eugène Manet, le frère d'Édouard et ils auront ensemble une fille Julie en 1878. Sa peinture évolue, elle excelle et se plait à peindre l'aquarelle. Elle participe à plusieurs expositions. le couple Manet côtoie les artistes de leur temps tels que Renoir, Monet, Degas, Mallarmé. Berthe peint son entourage, sa soeur, son époux et sa fille. Les coups de pinceau sont maitrisés, le rendu donne l'impression d'inachevé, d'esquisse ce qui rend les tableaux de Berthe Morisot uniques.
Une exposition temporaire qui vallait le détour a été organisée au musée d'Orsay l'an dernier. Il n'a pas été aisé de rassembler les oeuvres de Berthe Morisot car elles sont, pour une grande partie, possédées par des particuliers.
Berthe décède en 1895 et laisse derrière elle toute une vie de peinture, d'art du ressenti, de l'expression de la mélancolie sur le visage des femmes de son époque.
Une grande artiste qui a marqué son temps, une femme parmi les hommes qui a su tracer son chemin par sa féminité et sa sensibilité.
Dominique Bona décrit parfaitement ce parcours, un livre riche en anecdotes, en détails précis, un travail érudit.
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Bigmammy
  25 mars 2012
Découvrir la rétrospective des oeuvres de Berthe Morisot au musée Marmottan m'a furieusement donné envie d'en apprendre plus sur cette femme dont l'art illumine l'école des Impressionnistes par sa douceur, son élégance, la spontanéité de son trait, sa lumière. Une vie qui aurait pu aussi être un roman, aussi courte que dense, toujours tendue vers la perfection, sans aucune complaisance devant son art, pourtant si éclatant aujourd'hui.
Cependant, en cette époque « collet-monté » du Second Empire, devenir peintre professionnel n'est pas évident pour une jeune fille. Berthe doit à sa mère d'avoir été encouragée dans cette voie. Avec ses deux soeurs, Yves et Edma. Elle recevra une solide formation sans pouvoir entrer à l'Ecole des Beaux-Arts, réservée aux garçons. Mais elle copiera les grands Maîtres au Louvre. Inséparable de sa soeur aînée Edma, elle aussi peintre talentueuse, Berthe Morisot est une mince jeune fille au regard sombre, à la chevelure rebelle, mystérieuse, farouche, un peu brusque. Elle va pourtant s'intégrer pleinement à ce groupe des peintres « Refusés » par le Salon académique et fréquenter Beaudelaire, Cezanne, Degas, Renoir, Fantin-Latour, Whistler, Thiers, Nadar, Puvis de Chavannes, Mallarmé, Monet, Mary Cassat, et surtout Edouard Manet. Surtout lui, qui refuse l'étiquette « impressionniste », qui veut qu'on le reconnaisse au point de payer de ses deniers une exposition où ses oeuvres font scandale comme le déjeuner sur l'herbe et Olympia. Berthe le tient en grande admiration, et pose pour lui, le regarde peindre. Il fera d'elle quatorze portraits, dont l'extraordinaire Berthe Morisot au bouquet de violettes et le Balcon. Mais, pendant les séances de pause, la mère de Berthe sert toujours de chaperon…
Berthe Morisot appartient à la grande bourgeoisie. C'est une jeune fille comme il faut, et elle est animée d'une ardeur au travail extraordinaire. Manger ne l'intéresse pas, se marier non plus. Elle souffre d'anorexie, il lui arrive de tomber d'inanition devant son chevalet, elle n'est jamais satisfaite de son travail. Sa mère désespère lui trouver un époux convenable. Elle a éconduit Pierre Puvis de Chavannes, mais elle acceptera finalement d'épouser, à 33 ans, Eugène, le frère cadet d'Edouard Manet. Mystérieusement, ce mariage de raison se transformera en amour profond et leur unique enfant, Julie, deviendra le modèle absolu pour sa mère.
Au-delà de cette tranche de vie si représentative des changements majeurs de cette période agitée, qui voit la fin d'un Empire, le siège de Paris, l'insurrection de la Commune, l'éclosion en France d'un style pictural jamais égalé depuis, Dominique Bona décrit les émois et les attentes d'une femme complexe, talentueuse mais fermée, qui meurt prématurément d'une grippe compliquée d'une pneumonie, à 54 ans , dans la plénitude de son art, et ayant enfin acquis, si ce n'est la gloire, du moins une certaine sérénité. Une vie de femme exceptionnelle, si féminine parmi ce monde d'hommes, parfois si brutes…
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   15 avril 2019
Ce qu’elle peint, c’est un monde idéal. Un monde dont elle rêve. Un monde serein et doux, préservé des duretés de la vie. Un monde féminin et comme à fleur de peau, concentré dans le bonheur des instants, dans le mirage d’une éphémère plénitude. Berthe Morisot ne peint pas ce qu’elle est, cette femme passionnée et combative, tendue vers un improbable et douloureux accomplissement. Elle peint ce qu’elle voudrait être : la femme paisible et détachée de tout, capable de se fondre dans le sourire d’un enfant, ou dans la caresse d’un rayon de lumière. Capable d’union, d’extase.
Sa propre vie lui pèse. Et il est probable que le bonheur - ce bonheur qu’elle sait si bien décrire - lui a toujours échappé.
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PiatkaPiatka   17 avril 2019
Par les couleurs et par le coup de pinceau, bien des Morisot des années 1880-1890, ceux qui représentent des cygnes blancs glissant à la surface d’un lac, ou les effets du vent dans une futaie au bord de l’eau, annoncent les dernières toiles de Monet - ces Nymphéas qu’il ne commencera à peindre qu’après sa mort mais dont elle aura elle-même, dans ses pastels et ses aquarelles, pressenti ou préfiguré les sensuelles abstractions. Le premier nénuphar, c’est elle : « un nénuphar blanc », aujourd’hui disparu, mais dont Stéphane Mallarmé et Claude Monet ont eu entre les mains un exemplaire. Un nénuphar au crayon de couleur, suggéré en quelques volutes à peine, simples et douces. Elle l’avait imaginé pour illustrer un poème en prose de son ami Mallarmé, ainsi intitulé dans le recueil du Tiroir de laque ; or, ce dernier a toujours raconté combien ce dessin avait fasciné Monet.
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PiatkaPiatka   13 avril 2019
Avec son caractère absolu, son goût de la perfection et sa recherche exaltée de la vérité, de l’harmonie, de la touche juste, Berthe Morisot apparaît comme un être que tend une volonté extrême. La vie ne cesse de la décevoir. Elle se déçoit plus souvent elle-même, incapable qu’elle est encore de transmettre ce qu’elle possède au fond de soi. Des trésors de sensibilité peinent à jaillir à la lumière. (..)
Au quotidien, elle exprime peu ses sentiments.
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evannaevanna   03 mai 2017
Les spécialistes donnent souvent Claude Monet comme figure de proue de l'Impressionnisme. Non seulement parce que son tableau "Impression, soleil levant", à la première Exposition, fut, par accident, éponyme du mouvement. Mais parce que sa manière de peindre, par touches allusives, incarne le mieux la rupture de ces artistes : leur volonté de voir et de dire autrement. Si Manet conserve un culte pour le dessin classique et une volonté de respecter les Anciens, Monet innove, Monet bouscule les idées reçues, Monet est révolutionnaire. Ces deux presque homonymes, qui appartiennent à la même confrérie et sont amis de longue date, s'opposent dans leur art aussi radicalement que leurs vies, leurs sentiments les rapprochent. Manet aime le noir, Monet surtout les couleurs vives ou tendres. Manet peint lisse et fort, Monet tremblé ou irisé. Manet exprime une vision simple et puissante. Chez Monet, elle est multiple et plutôt suggérée. Manet, quoique ses contemporains en aient dit, est encore un classique. Il aime et copie des maîtres - Goya, Velasquez, Le Titien - , dont ses toiles portent toujours l'influence : il a le génie du regard et celui de l'interprétation. Tout ce qu'il peint est original et révèle un don magistral de la représentation. Monet navigue vers l'inconnu. Le sujet qui l'inspire a moins d'importance que ce qu'il ressent. L'extérieur n'est qu'un prétexte à un envol vers l'imaginaire ou vers les tréfonds intérieurs. Homme, femme, jardin, nénuphar ou cathédrale sont des débauches de couleurs, des vibrations mystérieuses, des coulées vertes ou bleutées d'émotions. Manet incarne. Monet désincarne. Le premier construit. Le second envoûte. L'un est architecte ou sculpteur. Le second, magicien de la couleur. (p. 216-217)
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feanorafeanora   11 décembre 2014
Elle fait poser sa soeur debout devant son chevalet. La palette sur le bras, Berthe tient de la main droite un pinceau, aussi long et fin que ses doigts. Comme un sixième doigt. De la main gauche, un chiffon blanc et un bouquet de pinceaux de rechange. Elle a alors vingt-deux ans. Une belle gravité baigne cette figure de femme, distante, inaccessible, fermée sur un rêve. Edma ne montre aucune sécheresse, aucune intellectualité chez sa soeur.
Ce qu'elle a représenté, ce sonr les noces de Berthe avec la peinture. Une espèce de scène sacrée.
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