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EAN : 9782253150206
154 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/03/2001)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 90 notes)
Résumé :
Quelle est donc cette chimère illusoire et vide de sens que cette absurde quête du bonheur ? Le niais et débilitant contentement de soi est une fin suprême pour les frileux, les imbéciles dont la seule ambition consiste à contourner les obstacles, à se soustraire à la souffrance. À l'image de cette horde d'invertébrés léthargiques– l'humanité dans toute sa petitesse– ce fils renégat répondant aux critères de la moyenne exulte dans sa vie d'homme adapté au monde d'au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  09 mars 2019
Cette auteure et ce livre sont une révélation. Un grand merci à tous les amis babeliotes qui me font découvrir tant de livres avec lesquels je suis en parfaite adéquation. Petits chef-d'oeuvres !
Le récit de ce vieil homme qui s'adresse à son fils est d'une justesse incroyable. D'ailleurs, je me demande comment fait l'auteur, une femme, pour décrire les affres de cet homme qui fait un retour sur sa vie, se remet en question, analyse ses actes, ses pensées, ses désirs, ses erreurs passées… C'est un long récit d'environ 150 pages écrit d'une pièce, sans chapitres. Seule, la séparation du texte en paragraphes donnent un peu de répit au lecteur. Je me reconnais dans le discours de cet homme, bien que ma situation et mon âge soient complètement différents. Et celle de mon fils également. Mais comment ne pas s'identifier, au moins sur la différence générationnelle ? le monde change, et nous avec. On en revient toujours à cette difficulté à s'adapter et à suivre les aspirations des autres générations. Dès que l'on a un regard un peu aigu sur la société qui nous entoure, et notre façon de s'y mouvoir, on ne peut que s'interroger et se remettre en question.
C'est donc le constat d'une vie. Profession, sentiments, amours, quotidien, comportement… tout y passe et le constat est accablant. Cet homme se sent peu à peu mourir socialement, ne supportant plus rien, aigri, dénigrant tout ce qui l'entoure. Envahi par une solitude  qu'il a lui-même provoquée ; raison pour laquelle il fait cette auto-analyse. Il regrette son monde, le sien, figé sur ses principes. Incapable de faire un pas vers ce fils qu'il envie sans se l'avouer, fils qui le fuit en s'exilant autour du monde, résultat de leurs relations passées et d'une éducation particulièrement ratée. Ce père intransigeant n'a pas su ou voulu accepter les aspirations de ce fils, si différent de lui.
Je ne sors pas indemne de cette lecture. de la très grande littérature.
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LoloKiLi
  29 septembre 2011
Très loin des mièvreries ordinaires sur le sujet, Yasmina Reza livre ici une autre conception de la quête du bonheur.
J'ai aimé ce septuagénaire désenchanté, ce déballage cynique et politiquement incorrect, ce style incisif, rapide, presque essoufflé comme s'il s'agissait d'un testament rédigé dans l'urgence d'une fin proche.
Ce livre est en effet une friandise... qui arrache.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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kathy
  17 avril 2012
Une désolation est le monologue DESOLE et misanthrope, d'un vieil homme, Samuel, à son fils, parti vivre loin, pour « savourer des fruits exotiques chez les canaques ».
Joute verbale, introspective et dédaigneuse, entre lui et son fils absent.
Ce fils qui ne veut « ni bâtir, ni créer, ni inventer, ni changer l'ordre des choses », mais être peinard et profiter des petits bonheurs de la vie.
Cet homme qui, à l'aube de ses 73 ans, porte un regard désenchanté, cruel, cynique et dédaigneux sur les siens et le monde.
Mais, malgré tout, cette « comédie humaine » n'est-elle pas, pour Samuel, une façon de dire aux siens « vous pouvez compter sur moi malgré mes discours exécrables ; avec les gens qui me sont chers, j'aime frôler le précipice, j'aime le péril extrême, pour tester leur affection »….
Un livre sur le temps qui passe et ses repères qui, avec l'âge, se dérobent sous nos pieds.
Un livre sur la pudeur et la difficulté de dire ce qui nous appartient en propre : l'amour, la souffrance, la mort.
Et le bonheur dans tout ça ?
De prime abord des sujets toujours d'actualité, qui pourtant n'ont pas suffit à rendre cette désolation moins désolante… Autant l'avouer, je me suis ennuyée à lire ce récit de Yasmina Reza, moi qui avait pourtant tellement apprécié ses pièces de théâtre : « Art » et « le dieu du carnage ». Comme quoi !!!

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zabeth55
  06 juin 2014
Un homme vieillissant fait le point sur sa vie.
Le plus souvent en s'adressant par la pensée à son fils parti au bout du monde, parfois lors de conversations avec une amie.
Il n'est pas très en paix avec la société, ni avec ses enfants, sa deuxième femme, certains de ses amis. Il est amer, le bilan de sa vie est une désolation.
Tout cela paraît bien triste et déprimant, mais c'est tellement bien raconté, et en plus avec beaucoup d'humour, que l'on passe un excellent moment avec ce roman.
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CarnetsDuSousSol
  17 août 2014
Il y a trois ou quatre ans, lors d'une vente de livres organisée par une bibliothèque, j'avais dégoté un roman de Yasmina Reza, Une désolation. Connaissant l'auteur pour ses pièces les plus célèbres, les remarquables Art et le dieu du carnage, je prélevai ce petit livre avant qu'il ne soit détruit (ceux qui finissent dans ce genre d'endroits ne sont plus ou n'ont jamais été empruntés ; s'ils n'ont pas été vendus en fin de journée, ils sont généralement destinés au pilon). Outre le nom de l'auteur, la quatrième de couverture avait achevé de me convaincre : style oral, percutant, au service de réflexions qui sonnent juste.
(la suite sur le blog http://carnetsdusoussol.com )
Lien : http://carnetsdusoussol.com/..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
LoloKiLiLoloKiLi   29 septembre 2011
(4ème de couv)
"Tu me bravais avec cette ridicule soif d'absolu qu'ont les gens de cet âge et je me disais, le petit est véhément à souhait, il sortira du lot. Mais tu n'es sorti de rien. Les vapeurs de jeunesse passées, tu as repris ta place dans la moyenne. Plus trace d'insurrection. Plus trace de vengeance. Tu as si vite craint pour ta peau, mon pauvre enfant. Comme la cohorte de tes amis les veules, tu sais que tout geste se paye, aussi as-tu choisi d'emblée de ne plus te signaler. Ecarter la souffrance, tel est votre horizon. Ecarter la souffrance vous tient lieu d'épopée."
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kathykathy   17 avril 2012
Si tu ouvres le placard de la salle de bain de Nancy, tu as la plus parfaite vision du pathétique humain.
Nancy feint de vieillir avec courage. Un instant, j'ai même craint que forte de sa nouvelle spiritualité, elle n'accepte rides et moustache et se mette, canne en main, à battre les sentiers. Il n'en est rien. Ouvre son placard. Antre de la guerre secrète que Nancy a déclaré contre le temps. Tu tombes, ma dernière découverte en ce réduit de démence, sur "Exfoliating Force C Radiance". Nouveauté que je n'aurais jamais remarquée, ne fût-ce la taille de la boîte et la violence de son orangé. Tu sais que je n'ai jamais bien manié l'anglais. "Exfoliating !" Pauvre Nancy, me dis-je. Pauvre petite, qui veut plaire une heure ou deux encore avant d'en finir. Pauvre créature qui s'abrase la gueule, ivre d'arracher à la vie son petit reste de piment. "Mais pourquoi Nancy, lui dis-je, pourquoi tellement de produits? En faut-il autant?" Nancy hausse les épaules et met tout de suite la conversation sur le fait que j'ai osé m'aventurer dans sa salle de bain strictement privée, ouvrir son placard strictement privé pour m'intéresser, au mépris du plus élémentaire respect, à des objets strictement privés. Tandis qu'elle énonce pour la quatre cent douzième fois les principes de son intimité, j'observe son visage abreuvé de toutes les conneries du placard interdit, visage gentiment effondré, visage tremblant de bien faire, visage en route calme vers sa fin.
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ChristwChristw   11 août 2013
Parle-moi du voyage. Moi aussi je partais, souviens-toi, lorsque vous étiez enfants. Mon voyage annuel dans le "far east". Pendant des années, j'ai dit "far east" pour dire Corée. Ensuite, les affaires se sont étendues à tout le Sud-Est asiatique, quand je me suis mis à faire de la confection, j'allais à Hong Kong, Singapour, Macao bref... quelle différence ? Hôtels, usines, bureaux, déjeuners d'affaires, aéroports, hôtels, palmiers, voitures américaines, usines, avions, soirées offertes par les fournisseurs, tu danses en chaussettes avec des genres de geishas qui t'ont nourri avant comme un enfant avec des petits bâtons, pas des putes, mais pas des vierges non plus, tours des villes, monuments dont tu te fous, tu reviens la valise bourrée de conneries, babioles et compagnie, et quel monde as-tu vu, où es-tu allé, il y avait dans ce simple mot "far east" tellement plus de confins, plus de rêve, tellement plus de voyage !
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LoloKiLiLoloKiLi   29 septembre 2011
Il n’y a qu’une chose de vraiment triste dans tout ça, c’est que je puisse en parler avec cette indifférence. J’aurais préféré être une inconsolable. Je me fie aux inconsolables, eux seuls me rassurent sur l’éternité.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   08 mars 2019
Le monde est à la portée de n'importe qui maintenant. Et tout est connu, tout est parcouru. Plus un lieu intouché. Je finis par avoir une certaine sympathie pour les Afghans et tous les fous de Dieu en général. Chez eux, au moins, tu n'iras pas. Vous n'irez pas en troupeau saloper les flancs du Pamir.
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Videos de Yasmina Reza (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasmina Reza
TÉLÉRAMA DIALOGUE – Il vient tout juste de remporter deux Oscars pour son premier long métrage, “The Father”. À la fois écrivain, scénariste et réalisateur, Florian Zeller nous livre un entretien de près d'une heure. Incontournable.
Il était déjà, avec Yasmina Reza, l'auteur de théâtre français contemporain le plus joué et le plus traduit à l'étranger (en 35 langues). Voilà que Florian Zeller, 41 ans, vient de remporter à Hollywood deux Oscars – meilleur scénario, et meilleure interprétation masculine pour Anthony Hopkins – dès son premier film, The Father. Coup d'essai, coup de maître, pour cette adaptation sur grand écran de l'une des pièces de notre ambitieux surdoué – le Père –, composée en 2012 pour Robert Hirsch. Zeller affirme en effet n'écrire que pour des acteurs : Catherine Hiegel (La Mère, en 2010), Pierre Arditi (La Vérité, en 2011, le Mensonge, en 2015), Fabrice Luchini (Une heure de tranquillité, en 2013), Daniel Auteuil (L'Envers du décor, en 2016). Pour leur voix singulière, leur timbre unique, leur musique. Comme pour un livret d'opéra.
Il rêvait de l'inquiétant Anthony Hopkins et a su le convaincre d'incarner un malade d'Alzheimer livré aux enfers de l'absence et du doute. C'est que celui à qui tout réussit connaît étrangement le royaume de l'incertitude. N'a-t-il pas composé une douzaine de pièces-puzzles où la vérité n'est jamais sûre, ni le mensonge…? Où tout peut être vrai et faux à la fois ? Où le réel s'avère incohérent ? Drôles de labyrinthes à la Pinter, sous une écriture apparemment si banale.
L'énigmatique Florian Zeller nous explique le tournage du film et évoque sa carrière, de ses débuts de romancier – il publie à 22 ans Neiges artificielles, son premier roman – au triomphe de sa dernière pièce, le Fils, en 2018. Il s'apprête justement à adapter en film, encore avec Christopher Hampton, cette drôle d'histoire plus autobiographique que les autres, où percent bien des souffrances. Florian Zeller avec pudeur et discrétion se raconte…
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