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EAN : 9782226087089
168 pages
Éditeur : Albin Michel (22/08/1996)

Note moyenne : 3.07/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Un bruit. Harcelant. Jusqu'à la folie. Le bruit de l'avion kamikaze qui, un jour d'avril 1945, a semé la mort sur le porte-avions Maryland, à Okinawa.
Ce bruit, Laura Carlson en souffre comme elle souffre de ne pas avoir connu son père. Le vrombissement du chasseur Zéro la poursuit jour et nuit. Ses études brillantes, l'amour de Bruno, rien ne l'apaise. Le chasseur Zéro ne lâche jamais sa proie... Orpheline d'un étranger mythique, la jeune Laura ira jusqu'au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  19 octobre 2016
La jeune Laura n'a pas une vie très amusante. La jeune fille, coincée entre des grands-parents austères et une mère profondément dépressive, ne voit pas le bout du tunnel que constitue son enfance. Timide et renfermée elle n'a personne à qui confier sa tristesse et sa révolte. Pourtant un jour, dans son école, elle fait une rencontre qui va changer sa vie. Poussée par cette nouvelle amie, elle a l'audace de questionner sans relâche sa famille sur les circonstances de la mort du grand absent, son père, un officier de marine américain mort pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais de révélations en découvertes, la vérité se révèle un piège. Obsessionnelle et souvent déconnectée de la réalité, Laura devient incapable de construire sa vie.
Ce premier roman, couronné par le prix Goncourt, est déroutant et singulier. La révolte et l'obsession proche de la folie, exprimées simplement, y sont très fortes et dérangeantes. Malgré tout, on s'interroge sur le sens que Pascale Roze a voulu donner à son récit - le secret et ses conséquences, une page d'Histoire sur les kamikazes japonais, la névrose obsessionnelle, l'adolescence et ses pulsions morbides sont peut-être les trop nombreux sujets qui perdent le lecteur et brouillent le message. Le Chasseur zéro, bien qu'original et puissant, reste, à mon avis à cause de cela, une demi-réussite.
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Commenter  J’apprécie          692
Malaura
  05 décembre 2012
Laura Carlson n'a jamais connu son père américain. Officier de marine, celui-ci est mort à Okinawa en 1945, abattu par un avion kamikaze, le "chasseur zéro".
Entre une mère dépressive et des grands-parents sinistres, Laura vit le manque de la figure paternelle avec beaucoup de difficultés, dans la confusion, la douleur et l'affliction.
La chape de silence et de secret qui recouvre le drame est d'autant plus accablante qu'elle tourmente et obsède de plus en plus la jeune fille.
Elle entreprend alors des recherches sur la Guerre du Pacifique afin d'appréhender un peu de l'univers de ce père qu'elle a sacralisé. Mais incapable de supporter un climat familial lourd et pernicieux, Laura finit par développer en grandissant de troublants acouphènes.
Déchirant le silence, emplissant le vide d'un grondement menaçant et continu, le vrombissement du bombardier ennemi vient jour après jour rugir à ses oreilles, altérant sa conscience, son comportement, son rapport aux autres.
Sa vie entière est dominée par ce bruit obsédant que rien ne peut apaiser.
Les somnifères l'engourdissent et la minent. Et si les boules Quiès amortissent quelque peu les décibels du moteur, elles ont aussi pour effet de l'enfermer dans la prison ouatée de la surdité en l'isolant du reste du monde.
La passion de la musique et l'amour que lui voue un compositeur de talent n'y changent rien.
Toute fuite est impossible.
Vrombissant à plein régime, le kamikaze revient sans cesse hanter son esprit dans un fracas de turbines et de pales.
Il est l'incarnation du néant, la figure exaltée de la mort, le symbole de l'autodestruction.
Entre elle et lui, c'est une passion qui se joue désormais à la vie à la mort.
Pascale Roze, va au bout de l'obsession de son héroïne dans ce livre tendu, au souffle court, à la détresse rentrée, au souvenir destructeur.
L'auteur, dont le père était officier de marine à l'instar de celui de son personnage, semble avoir mis beaucoup d'elle-même dans ce roman où s'inscrit en continu la souffrance de l'absence et du non-dit. La narration à la première personne renforce encore cette impression de proximité entre auteur et personnage en même temps qu'elle propulse le lecteur dans un récit tourmenté très intime et personnel, le faisant le témoin de la débâcle existentielle de la jeune femme, une déroute relationnelle et amoureuse dont le caractère désespéré et sans issue imprime un sentiment de malaise et de trouble assez éprouvant et dérangeant.
L'on assiste, impuissant, à la progression de la folie de Laura. Une hallucination au départ auditive qui se transforme peu à peu en amour passionnel, fantomatique et morbide pour l'aviateur japonais ; un fantasme de mort dévorant, bouleversant irrémédiablement son existence, et qui l'amène à se séparer des rares êtres encore disposés à la soutenir.
Se fermant totalement aux autres et au monde extérieur, désocialisée, repliée sur elle-même, alimentant son obsession, la cultivant comme un jardinier prendrait soin d'une fleur rare, l'héroïne se laisse totalement submerger par sa hantise suicidaire.
La passion morbide qu'elle entretient avec le kamikaze japonais a la saveur délétère des amours impossibles, de celles qui ne peuvent se nouer et se dénouer que dans un pacte de sang et de mort.
Ce singulier premier roman avec lequel Pascale Roze a obtenu le prix Goncourt 1996 est un livre fort, dur, âpre, étouffant, duquel on ressort opprimé, oppressé, avec - tout au moins pour un temps - l'irrépressible besoin de fuir les lectures « commando-suicide ». Banzaï !
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carre
  05 octobre 2012
Encore une preuve si besoin, du fossé entre les gouts des critiques et ceux des lecteurs, parce que ce « Chasseur zéro » à tout de même obtenu le Goncourt, rien que ça !! Et ce pour un premier roman. Si l'histoire de Laura, avait sur le papier de quoi intéresser, Pascale Roze parvient rarement à nous émouvoir et encore moins à nous passionner. le chasseur zéro c'est ce célèbre avion kamikaze qui provoqua d'énormes pertes à la flotte américaine. C'est aussi le bruit de cet avion qu'entend notre héroine, insupportable et qui l'oblige à aller sur les pas de son père disparu (victime dudit chasseur) alors que Laura avait trois mois. Folie ? ( la mère est déjà à l'Ouest), maladie ? Laura tente de percer l'histoire familiale et de rester dans la vie, mais le lecteur s'ennuie profondément et pout tout dire s'en fiche pas mal aussi. Remercions tout de même Pascale Roze d'avoir fait court. Mais franchement le Goncourt, pincez-moi, je rêve.
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Jean-Daniel
  24 août 2017
Prix Goncourt en 1996 pour un premier roman, ce n'est pas fréquent, et celui-ci ne ressemble en rien aux romans traditionnels. Le jury du Goncourt renoue avec sa vocation première qui est de couronner des écrivains en début de carrière, bien que cela soit rarement le cas.
Le personnage principal, Laura Carlson, souffre de ne pas avoir connu son père et part à la recherche de son passé, même avant sa naissance.
Dès les premiers mots, la scène est envahie d'un bruit sourd et répété. Laura Carlson va se trouver confrontée d'une façon obsédante à l'avion japonais qui en 1944 est à l'origine du décès de son père et cette obsession va tourner à l'hallucination auditive.
« Dès le matin, avant même que le soleil se lève, le chasseur se met en route. Tout habillé de noir, sa charge mortelle arrimée au ventre, il démarre. Le moteur vrombit dans le silence de l'aube. L'hélice tourne. L'avion s'ébranle, feux éteints, roule sur la piste, lève le nez, commence son ascension. D'une poussée régulière, il monte jusqu'à cinq mille mètres, se stabilise. le jour est levé. de la mer et du ciel, des quatre bords de l'horizon le chasseur est en vue. Je m'appelle Laura Carlson. »
Laura Carlson grandit à Paris dans un monde de silence entre une mère alcoolique, dépressive, et repliée dans ses souvenirs depuis la mort de son mari, et des grands parents autoritaires et austères. Son père, qu'elle n'a pas connu, est un sujet tabou qu'il est interdit d'évoquer. Laura va devoir découvrir par elle-même la vérité en se livrant à des lectures sur la guerre du Pacifique et le journal intime d'un kamikaze japonais.
L'héroïne, Laura Carlson, est la narratrice de ce récit, le lecteur est donc au coeur de ses pensées et de ses gestes. La narration à la première personne conforte l'impression d'intimité entre l'auteur et le personnage.
Mais c'est également l'histoire d'un kamikaze, responsable de la mort de son père. Laura lit fiévreusement son témoignage qui l'envoute au point d'entrer dans sa vie et de sans cesse la pourchasser jusqu'à installer en elle un bourdonnement quasi permanent, une forme d'acouphène qui symbolise la mort qui rode. Ce bruit lancinant est celui de l'avion suicide plongeant sur le cuirassé. Il envahira les oreilles de Laura au point de l'anéantir et de la plonger dans une sorte de folie.
La recherche d'elle-même, à travers l'identité de son père absent, tourne à l'obsession du chasseur zéro avec qui Laura s'invente malgré elle une relation hallucinatoire passionnelle, envoutante et destructrice. Il est toutefois compliqué pour le lecteur d'adhérer à cette passion amoureuse morbide et malsaine. Nous assistons au naufrage de cette jeune femme, mais il parait difficile d'avoir de la compassion ou un semblant d'affection pour Laura tant il est malaisé de comprendre sa folie. Mais peut-on comprendre et expliquer la folie ?
Ce court roman, aux phrases brèves et au vocabulaire simple, à l'ambiance lourde et jalonnée d'obsessions, est assez sombre et dur ; l'auteur avait rencontré quelques difficultés pour se faire publier.
François Nourissier, qui venait de succéder à Hervé Bazin à la présidence de l'académie Goncourt, avait fait pencher la balance afin que "Le Chasseur Zero" l'emporte. Le style concis rend la lecture facile, souvent fluide et parfois agréable. Est-ce suffisant pour se voir décerner le Goncourt ?
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LAP2016
  22 mai 2016
Le personnage principal et l'héroïne du roman est une jeune femme s'appelant Laura Carlson. La narration est originale dans le sens où c'est le personnage qui est narrateur et où le point de vue de celui-ci est donc interne. On assiste ainsi à la vie, aux sentiments, aux peurs les plus extrêmes, et même aux doutes de Laura et plusieurs fois elle nous fait part de souvenirs, quelquefois fragmentés, qui nous en apprennent un peu plus chaque fois sur son entourage... L'intérêt de ce personnage est qu'il raconte son histoire comme dans un journal intime, avec un vocabulaire simple, presque enfantin (ce qui est logique puisque au départ il s'agit d'un enfant), ce qui donne une sorte de malaise puisque ce vocabulaire ne change pas au cours du roman alors que Laura, elle, grandit. On ne pourrait pas qualifier Laura de personnage banal car ce qui la rend intéressante, c'est son « anormalité » face à la société qui l'entoure ! On pense aux bruits qu'elle entend alors qu'il n'y a rien autour, la menant à la folie. Et c'est cette folie qui est la cause de son anormalité. Cela nous fait réfléchir sur la société qui nous entoure : l'anormalité de Laura peut nous faire relativiser nos codes et nos valeurs..
Sa mère est aussi un personnage intéressant car elle permet déjà de créer un malaise dû à son traumatisme : elle est traumatisée par la mort de son mari à la guerre. L'histoire se déroule dans un cadre réel, et même précis : le père de Laura est mort à Okinawa contre les Japonais sur le Maryland pendant la Seconde Guerre Mondiale et on a même des lieux précis, des adresses (Rue de la Bienfaisance) rendant son histoire plausible, et le malaise encore plus présent ! C'est ce que j'ai ressenti en lisant ce roman : un malaise. Un malaise qui obsède le lecteur, qui veut savoir comment cette jeune femme va finir ! Aussi cette jeune fille cherche son père absent pour combler le manque « d'affection » dans son enfance :
-Sa mère est malade, traumatisée, n'arrive presque pas à parler. 
-On peut qualifier sa grand-mère d'antagoniste car d'après l'enfant elle est stricte, méchante, laide... C'est le personnage dont Laura a peur dans son enfance. 
-Enfin son grand-père qui n'est pas très présent sauf pour l'éducation de Laura (en période scolaire).
En cherchant des traces de son père elle finit par rencontrer l'un des personnages les plus intéressants du roman : le kamikaze Tsurukawa, un japonais racontant son histoire dans un journal. Celui-ci est très présent dans le roman malgré qu'il est mort car il est imaginé par Laura elle-même, dans sa vie quotidienne et elle en tombe presque « amoureuse ». le but étant de montrer l'ampleur de la folie de Laura. C'est un sentiment de malaise qui accompagnera le lecteur ,si proche de Laura puisque c'est elle qui raconte son histoire. Au final ce qui a causé la folie de Laura c'est la mort de son père et on aurait pu très bien imaginer une histoire très différente si le père était présent. Ce personnage nous fait alors réfléchir sur la question du père : Est-ce que la présence du père et de la mère est indispensable pour la bonne éducation de l'enfant ? Peut-être que oui, l'histoire de Laura nous le prouve.
Enfin l'un des sujets principaux du roman est la guerre, ce qui nous fait réfléchir sur l'impact de la guerre sur la population, son absurdité aussi, ce qui permet entre autre de mettre en avant un autre sujet principal du roman : le drame familial. Il est, ici, mis en avant par le malaise ressenti par le lecteur, et nous fait réfléchir sur la manière dont la perte d'un être cher nous affecte, mettant en avant l'importance de l'amour chez le genre humain..
Anthony Flament
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   23 août 2017
Au fil des jours, en un style enfantin, il décrit minutieusement les quatre mois d’entraînement de sa compagnie composée exclusivement d’étudiants des universités impériales. Quatre mois pour apprendre à mourir, au lieu de devenir géographe, physicien ou philosophe, avec un consentement sans réserve, un sens aigu du tragique. Puis il rend compte du départ de ses camarades pour l’unique assaut dont ils ne reviendront pas, évoque l’attente impatiente et anxieuse de son tour. Il note et renote comme pour se rassurer le scénario de son sacrifice. Il n’a qu’une mort à offrir à son empereur. Il s’agit de ne pas la gâcher.
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ChimereChimere   24 août 2014
"Son manteau était ouvert. Et je m'aperçus que, malgré ses vilaines chaussures plates et le vieil imperméable de grand-mère, ma mère était belle, grande, mince, la peau lisse, les yeux couleur d'eau, ses longs cheveux châtains coulant sur ses épaules. Je ne connaissais rien du désir, si ce n'est celui des yeux de Nathalie, mais je devinai quelque chose à fleur de sa peau, quelque chose qui s'échappait d'elle et la transfigurait, quelque chose qu'elle avait volontairement souligné sur ses lèvres. Je reculai et m'assis sur un banc, les jambes coupées".
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ChimereChimere   24 août 2014
p. 90: "Je me répétais: quand il fondra, je lui rirai au nez, je penserai sans relâche à une vulgaire sirène d'usine. Mais soit que le faux plafond lui fût impossible à traverser, soit qu'il tînt à ne se manifester qu'à l'improviste, j'eus beau tendre l'oreille, je n'entendis jamais rien d'autre que le ronronnement habituel et perpétuel par lequel il me signalait son existence."
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ChimereChimere   24 août 2014
"Un jour, elle m'enferma dans le cagibi parce que j'avais cassé un vase en cristal. Je restai dans le noir parmi les balais et la cireuse. Je pensai à Hänsel et Gretel, aux petits enfants de saint Nicolas dans leur saloir. La peur se fit telle que je me mis à hurler. Il n'y avait jamais de bruit dans l'appartement de la rue de la Bienfaisance. Crier me soulagea."
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totototo   10 janvier 2010
Là-bas, la mer plate, métallique, le ciel entièrement dégagé, le soleil net, comme découpé au ciseau, à peine encore au-dessus de l'horizon. L'aube des temps, l'éclat de la Création. Et dans la lumière virginale, la petite masse compacte du chasseur qui avance, qui avance.
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