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Julia Richard (Autre)
EAN : 9782918541707
320 pages
Éditeur : L'Homme sans nom (18/06/2020)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
OK GOOGLE, ÇA CORRESPOND À COMBIEN DE CALORIES UN CORPS HUMAIN ?

Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête.
Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte ave... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Saiwhisper
  25 juin 2020
Vegans, âmes sensibles ou lecteurs anti-zombies, je vous déconseille de manger cette viande ! Non pas qu'elle soit avariée, mais cette carne vous fera frémir de dégoût ! Voilà un livre mettant en scène des mangeurs de chair humaine comme je n'avais jamais lu ! Julia Richard a proposé une sauce délicieuse pour accompagner sa barbaque : humour noir, scènes dérangeantes et sanglantes, narrateur confus luttant contre l'envie de se faire des knacki avec les doigts de pied de sa femme, horde de zombies revisitée, … Ce fut une bonne découverte qui ne manque pas de mordant, mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains ! Je remercie les éditions de L'homme sans nom qui a accepté de me laisser goûter à ces pages. Merci également à l'auteure pour sa petite griffe !
L'ouvrage met en scène Simon, un père de famille lambda qui va réaliser qu'il est devenu un horrible carnassier après avoir boulotté son chien Wurst. La tension monte assez vite, notamment une fois la première victime croquée. D'ailleurs, j'ai trouvé que les pages se tournaient toutes seules, car l'intrigue devient rapidement prenante. Pourtant, il y a de quoi dérouter le lecteur, car l'auteure joue avec la démence de son narrateur et la mise en page. En effet, on constate rapidement que la numérotation des chapitres n'est pas respectée. J'ai d'abord cru à une lecture déstructurée comme avec « le vide » de Patrick Senécal où on peut lire de façon chronologique en se référant au glossaire ou selon l'impression de l'ouvrage… Mais non ! « Carne » mélange volontairement le chiffre de ses chapitres dans tous les sens ! Ainsi, on peut très bien découvrir le chapitre -6, pour ensuite aller au chapitre 21, puis 5 ou 404 ! Ce nombre 404, qui revient d'ailleurs plusieurs fois au fil des pages, rappelle volontairement le message d'erreur sur les ordinateurs. Tromper avec les repères est très déconcertant et inhabituel. La typographie est également originale, car on distingue du texte en gras, des répétitions volontaires et beaucoup d'onomatopées. Julia Richard s'amuse aussi à entrecroiser certains passages, donnant alors l'impression d'être aussi confus que Simon. Qu'est-ce qui a eu lieu ? Que s'est-il passé entre temps ? Est-ce un cauchemar, de la démence ou la réalité ? On a la sensation de partager le trouble du héros qui ne sait malheureusement plus où il en est. Même si j'ai mis du temps à m'y habituer, ce procédé m'a plu, car je l'ai trouvé atypique et bien géré. Néanmoins, je peux comprendre que cela puisse déranger les lecteurs habitués à des récits plus classiques.
Habilement, l'auteure s'amuse avec le monde des zombies. On remarquera quelques clins d'oeil à des chansons (ex : The cranberries), à de la littérature Z ou encore à des films du genre (ex : « Shaun of the dead » avec le Winchester). Il y a aussi d'autres références culturelles (« Un indien dans la ville », « Les bras de Morphée », etc.). Elle va également revisiter l'idée de horde avec le groupe des Apôtres, dont l'humour et le mode de vie m'ont rappelé « le club des punks contre l'apocalypse zombie » de Karim Berrouka. Simon et ses congénères ne sont pas comme les goules de la plupart des ouvrages : ils ne sont pas des carcasses marchant lentement, la bave aux lèvres. Au contraire : Simon semble être encore très humain et a conscience de ses actes ! Certes, il a des pensées glauques, malsaines, incestueuses, cannibales et sordides… Cependant, il éprouve des regrets, utilise la carte de l'ironie, tente régulièrement de réfréner ses envies et continue d'essayer d'avoir une vie « normale » en allant au bureau ou en passant du temps avec sa famille. C'est un anti-héros complexe, pas forcément attachant (j'ai eu du mal avec les réflexions sur sa fille), qui va évoluer progressivement. D'une certaine manière, il m'a rappelé le personnage principal de « Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l'amour » T1 de S. G. Browne, mais en plus taré ! Les protagonistes gravitant autour de Simon sont troubles. Jessica, la fille du narrateur, en est un parfait exemple. Sa froideur, sa vulgarité, sa détermination, son franc-parler, sa violence et son envie de vengeance m'ont fait vaciller. Certes, on comprend ses motivations, car ce qu'elle a vécu est horrible toutefois, son évolution ne m'a pas laissé insensible.
Derrière cette histoire de zombies et son humour noir, Julia Richard s'attaque à plusieurs thématiques comme les médias, la télé-réalité, le gouvernement, la justice et la société. C'est très intéressant, en particulier durant la dernière partie. « Carne » fut donc une découverte captivante, singulière, déroutante et originale qui fait réfléchir en cette période de pandémie… Mention spéciale pour le travail apporté au livre-objet, avec l'intérieur façon viande rouge. Êtes-vous prêts à plonger dans cette boucherie et à participer au festin ?
Lien : https://lespagesquitournent...
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sossocha
  28 juin 2020
Et si une apocalypse zombie se déclarait soudainement…. Et que vous aviez envie de grignoter un grand brun au petit déjeuner ? Avec Carne, vivez l'expérience d'un cerveau parasité !

Pour commencer, Carne n'est clairement pas à mettre dans toutes les mains. Ce livre est une vraie boucherie, totalement dérangeante et à ne clairement jamais faire lire à un enfant !
Maintenant que cette précision est faite, passons à ce qui fait que ce roman est super addictif !
Je tiens tout d'abord à saluer le travail effectué sur l'objet livre. Tous les détails sont là pour nous donner envie de continuer d'avancer, de lire, de découvrir et de recoller les bouts de l'histoire, que ce soit la couverture qui est juste parfaite, ou encore la mise en page qui m'a tordue le cerveau pour mon plus grand bonheur. En effet, vous découvrirez vous aussi un livre où vous perdez pied et dans lequel vous ne contrôlez rien. A l'image du cerveau de Simon, ils sont totalement sans dessus-dessous… et je trouve que c'est vraiment un coup de génie car j'ai vraiment eu l'impression d'être à sa place, de ne rien comprendre à ce qu'il m'arrivait jusqu'à ce que différents protagonistes m'orientent (les Apôtres notamment). Plusieurs fois, je suis même retournée en arrière en ayant l'impression de devenir folle parce qu'il me semblait avoir déjà lu ce que je lisais. Mais ce n'est pas tout ! J'ai eu plaisir à trouver en gras les pensées douteuses de Simon, ça m'a aidé à comprendre ses craquages et toute la difficulté qu'il avait à contrôler ses pulsions. Je suis juste un peu chagrinée car il manque un ou deux mots dans certaines phrases qui n'étaient pas des moments de folie. Au-delà de ça, c'est un vrai bonheur.
Au niveau de l'histoire maintenant, pendant ma lecture, je suis devenue Simon – un père de famille lambda qui bosse dans le marketing et dont la vie de famille et la vie de bureau se passent au mieux – puis Phil, son alter ego diabolique né le jour où une pulsion violente lui a fait dévorer son chien.
Le travail d'écriture est vraiment super bien mené. J'ai vraiment senti un rythme différent entre le début, où Simon cafouille et ne comprends pas ce qui lui arrive, puis le centre du livre où la folie le prend totalement et laisse ses pulsions s'exprimer à leur apogée. Mais même dans ses moments les plus troubles, Simon fait tout ce qu'il peut pour préserver sa part d'humanité et continue à espérer que tout ce qui lui arrive n'est que temporaire.
Carne est un livre envoutant. Personnellement, je n'avais jamais imaginé une apocalypse zombie comme celle que j'ai découverte ici – on est loin des créatures dénuées d'humanité et d'intelligence qui attaquent en grognant. J'ai vraiment aimé ce que j'ai lu… et le sarcasme du personnage principal n'y est pas étranger. La violence, que dis-je… la boucherie, présente dans ce livre est totalement logique et colle parfaitement au thème… mais j'ai eu beaucoup plus de mal avec les pensées de Phil envers sa fille (qui trouvent aussi leur sens… mais quand même !). D'ailleurs le personnage de Jessica, la fille de Simon, est vraiment particulier. Jessica est une figure centrale du livre. Brisée, elle ne se laisse pas démonter malgré tout ce qui lui arrive et fait face avec énormément de caractère. Elle sait ce qu'elle veut, elle se perd, elle est humaine, jeune et malgré tout ce qu'elle affirme, elle aussi est dépassée. C'est un personnage très bien construit.
Dans ce roman, l'auteure nous présente une vision très critique de la société notamment à propos des réseaux sociaux, des médias, des politiques, des émissions de télé-réalité mais aussi de la tolérance… ou encore à propos d'horreurs comme le viol.
Vous l'aurez compris, j'ai pris un sacré plaisir à dévorer ce livre, et je le recommande à tous les adultes qui ont l'estomac bien accroché !
Lien : https://leshistoiresdesolene..
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Livrepoche
  06 juillet 2020
Voila un roman de genre, en l'occurence du genre zombie, qui retourne les codes intelligemment et permet une lecture plus stimulante par son originalité. On a déjà lu et vu 1000 fois des histoires de zombies mais rarement ou jamais en ce qui me concerne avec le point de vue choisi par Julia Richard dans Carne.
Je remercie Les éditions de l'Homme Sans Nom (HSN) pour cette découverte car en plus de l'originalité, je découvre une maison d'édition qui soigne son travail par un souci graphique en adéquation avec son oeuvre. La couverture de Carne est hautement dégoutante.
Pour ce qui est de l'histoire, j'ai l'impression que Julia Richard se lâche totalement. L'humour est omniprésent et dédramatise certaines scènes pouvant être choquantes. L'équilibre se trouve dans l'exagération de tout. Carne est un pur roman de genre, sans limite, et pourtant, il y a un gros travail de structure qui stimule la lecture et fait naviguer le lecteur entre plusieurs moments du récit. Un peu de concentration suffit à ne pas se perdre. Et j'apprécie qu'on me sorte un peu d'une classique linéarité chronologique.
La suite sur le blog…
Lien : http://livrepoche.fr/carne-j..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   07 août 2020
Wurst met une éternité à démouler un Mont-Saint-Michel au pied d’un arbre. Dieu qu’il est lent ce chien ! Tiens, ça c’est pareil ! Je suis bien le seul à la promener ! Personne n’en a rien à faire de ma tronche, dans cette famille. Je ne suis là que pour payer les factures et me taper les corvées ! J’ai systématiquement le rôle du méchant. Je suis celui qui est sérieux, qui reproche, qui en demande trop et qui pourtant n’a jamais le temps d’être là. Mais ils croient quoi ? Que ça m’amuse de bosser pendant des heures avec des gens qui ne m’aiment pas et me respectent à peine ? Que ça m’épanouit de ne pas voir mes enfants grandir et de quand même me faire un sang d’encre pour eux ? Que c’est l’éclate de rentrer du boulot et d’avoir encore à régler leurs disputes futiles ?
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SaiwhisperSaiwhisper   24 juin 2020
Louise, Anna et Nils ont presque fini de se décomposer. Il leur reste encore un peu de peau putréfiée sur le scalp et autour des tibias, c'est assez crade mais les vers de terre se font bien plaisir. :)
Amaryllis a survécu, mais comme ce n'était qu'une stagiaire et que tout le monde s'en fout, la RH avait déjà oublié qui c'était. Dans le doute, elle a préféré annoncer le décès à Simon. Amaryllis n'aura jamais eu sa lettre de recommandation, mais elle ne comptait pas vraiment en demander une de toute façon. On ne sait pas ce qu'elle est devenue. Tout le monde s'en fiche. À nouveau, une stagiaire reste une stagiaire, dans l'imaginaire collectif.
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SaiwhisperSaiwhisper   23 juin 2020
Wurst ne bouge toujours pas. Sans m'en rendre compte, je lève mon bras et lui fracasse le crâne dans un craquement rude et creux. Il couine. J'ai déjà jeté la pierre dans un buisson sur le côté. Il glougloute et gémit. Je lui mords le ventre jusqu'à ce que la peau cède. Je tire sur l'orifice, recrache du poil, dévore le solide, engloutis le mou et mâche l'élastique. Je ronge ses pattes pour découvrir l'extase de cette fine couche souple de peau et de chair qui enrobe un tibia robuste et pourtant si fragile. Je racle ses côtes. J'aspire ses viscères. je bois son jus.
Je commence à être rassasié. Je suçote mollement ses entrailles puis lèche langoureusement sa gueule tiède.
J'aimerais pouvoir me rappeler que je n'ai pas pris mon pied dans cette activité, mais ça serait mentir.
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SaiwhisperSaiwhisper   25 juin 2020
le pour ne pas faire de bruit. Il n’y a pas de lumière. Si Cathy est réveillée, elle m’attend dans le noir. Non. Ce n’est pas son genre. J’attrape mon téléphone au fond de ma poche. J’ai les doigts noirs d’hémoglobine, mais tant pis. Pas d’appel en absence. Ma femme et mon fils dorment, et j’ai un cadavre sur les bras. La ville entière roupille pendant que je vais devoir me débarrasser du corps. La totalité du pays pionce, et je l’ai planqué dans un buisson en attendant de creuser une tombe. C'est dingue. Et je vais même pas pouvoir le raconter à mes collègues demain.
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SaiwhisperSaiwhisper   25 juin 2020
- Tu en es un, n'est-ce pas ?
Elle tourne la tête et me présente une expression neutre maîtrisée. Elle n'est pas à l'aise, et son cœur bat la chamade encore plus que le mien. Ses doigts sont crispés au bord du patio, son corps est légèrement penché en avant, et elle bande les muscles de ses mollets. Elle est prête à tenter de s'échapper en courant si le besoin se présente. Disons son daron qui se jette sur elle comme un castor dans un magasin de bonbons, ou un Somalien sur un bol de riz.
Et elle croit qu'elle s'en sortirait ? Qu'elle est mignonne !
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