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René Char (Préfacier, etc.)Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409007
Éditeur : Gallimard (14/05/1999)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 603 notes)
Résumé :
« Ce passant considérable. » Stéphane Mallarmé

« Rimbaud est un prophète de l'incurable négation. Le désert de feu est son lieu. » André Suarès

« Le conducteur intermittent de la foudre. » Julien Gracq

« Le génie de Rimbaud, cette énergie, cette hâte, aura été avant tout d'essayer d'accomplir la réinvention de l'amour avant que, terriblement vite, il ne soit toujours trop tard. » Yves Bonnefoy
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Jackiedream
  03 mai 2016
Après Verlaine, il était logique que je m'attaque à son fameux amant... Bon, je ne vais pas faire semblant : au début j'ai eu beaucoup de mal. J'ai l'habitude de lire des poésies où le sens est plus évident, où je comprends à peu près tous les mots... Autant dire qu'ici ce n'était pas le cas. J'ai mis beaucoup de temps à me laisser porter par la musicalité, par la beauté des images, par les mots tout simplement. Et là... quel enchantement, quel modernité, quel enfant terrible ! Parfois très sérieux, parfois d'humeur malicieuse... On ne sait jamais à quoi s'attendre avec ce Rimbaud. Je pense réellement que ce recueil mérite d'être lu, re-lu, et re-re-lu pour en saisir à chaque fois un peu plus la beauté. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir ce sentiment tout au long de ma lecture : "Ça doit être terriblement beau, tout le monde le dit... suis-je bête de ne pas comprendre ?" Mais j'ai finalement compris que là n'était pas la question, que chacun arrachait de ces pages ce qu'il voulait et laissait le reste, qu'on pouvait se laisser bercer sans forcément connaitre le sens de chaque mot. le fait que ce soit en grande partie écrit par un adolescent m'a, je pense, permis de me retrouver dans de nombreux poèmes. Cependant, je ne pense pas être tout à fait assez mature pour apprécier les textes (en prose souvent) les plus audacieux. Mais il faut dire qu'"on n'est pas sérieux quand on a 17 ans" ...
Lien : http://lantredemesreves.blog..
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Cyril34
  18 avril 2015
Je parlerai sans ambages : le sens de l'oeuvre de Rimbaud, à de trop rares exceptions près, m'échappe comme du mercure dans la main. Très rapidement, ses vers se densifient, se complexifient, se déstructurent ; sans parler de sa prose outrancièrement alambiquée. L'artiste, génie précoce (il n'avait pas 20 ans), me fascine. Sa création, suitant la colère, la révolte et l'exaltation, me frustre. Chaque texte me donne le sentiment d'être comme un visiteur indésirable : j'entrevois le foyer mais reste irrémédiablement sur le seuil. J'envie alors Champollion et sa pierre de Rosette ! En définitive, la poésie de « l'homme aux semelles de vent » est au lecteur ce que l'étoile est au poète : inaccessible mais ô combien désirable...
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Mondaye
  23 février 2016
Le génie d'un adolescent dans un petit ouvrage.
Car un génie on ne peut nier que Rimbaud l'était et adolescent non plus considérant que la majorité de son oeuvre fut écrite entre seize et vingt ans.
Je ne dirais pas avoir adoré tout les poèmes contenus dans ce livre ( j'ai par exemple moins apprécié Une saison en enfer) mais suffisamment pour classer Rimbaud parmi mes poètes préférés.
Ophélie, le dormeur du val, voyelles, sensation, roman, le buffet, autant de titres que je relis volontiers
Sans parler du bateau ivre...
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olivberne
  25 mars 2012
Entrer dans l'univers de Rimbaud c'est accepter de rentrer dans un monde obscur, aux frontières sans limites et indéterminées et aux contours difformes. Rimbaud est un rêveur, un voyageur, un poète qui transporte et même si on ne comprend pas toujours le sens, on est embarqué sur un long chemin d'évasion. Que ce soit le poète de l'adolesence, qu'on découvre et qu'on admire à dix-sept ans, ou l'homme aux semelles de vent du bateau ivre, on ne sort jamais indemne d'une lecture de Rimbaud.
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awei
  23 juin 2008
Que dire d'un monument pareil? je suis très sensible à bon nombre de ses poèmes du début, ceux qui sont également les plus accessibles, et donne à voir un Arthur encore rêveur et sensible. J'ai été bercée depuis longtemps dans les poèmes les plus connus et je les aime toujours autant. le bateau ivre, je l'ai découvert interprété par Léo Ferré, qui porte le texte avec intensité et m'a permis de réellement l'apprécier. Selon mon humeur, j'apprécie également poèmes grinçants et sarcasmes, ou je m'en dégoutte. Pour ses derniers poèmes, ceux des illuminations, c'est selon les jours, selon que mon humeur me porte à apprécier ces images décousues et fulgurantes ou à m'en trouver juste très agacée. Pas tous les jours facile de se laisser porter...
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
KarineBellocqKarineBellocq   04 mai 2010
Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.
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palamedepalamede   11 avril 2017
Bannières de mai

Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s’enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L’azur et l’onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu’on patiente et qu’on s’ennuie
C’est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l’été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
– Ah moins seul et moins nul ! – je meure.
Au lieu que les Bergers, c’est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m’usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s’il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m’illusionne ;
C’est rire aux parents, qu’au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien ;
Et libre soit cette infortune.
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seshat123seshat123   01 juin 2012
OPHÉLIE
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
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aweiawei   11 avril 2008
Rêvé pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras : "cherche!" en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup...

En wagon le 7 octobre [18]70
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CielvariableCielvariable   17 avril 2013
Il est l'affection et le présent puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été — lui qui a purifié les boissons et les aliments — lui qui est le charme des lieux fuyant et le délice surhumain des stations. — Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase.
Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, — lui qui nous aime pour sa vie infinie...
Et nous nous le rappelons et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa Promesse, sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !"
Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce pêché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé.
Ô ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action.
Ô fécondité de l'esprit et immensité de l'univers !
Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle !
Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite.
Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense.
Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions.
Ô Lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues.
Ô monde ! — et le chant clair des malheurs nouveaux !
Il nous a connus tous et nous a tous aimés, sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, — ses souffles — son corps, — son jour.
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