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René Char (Préfacier, etc.)Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409007
Éditeur : Gallimard (14/05/1999)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 632 notes)
Résumé :
« Ce passant considérable. » Stéphane Mallarmé

« Rimbaud est un prophète de l'incurable négation. Le désert de feu est son lieu. » André Suarès

« Le conducteur intermittent de la foudre. » Julien Gracq

« Le génie de Rimbaud, cette énergie, cette hâte, aura été avant tout d'essayer d'accomplir la réinvention de l'amour avant que, terriblement vite, il ne soit toujours trop tard. » Yves Bonnefoy
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  09 avril 2018
Rimbaud et Verlaine... Van Gogh et Gauguin... toute la démesure de caractères passionnés, s'exaltant en cette deuxième moité de XIXème siècle ! Une démesure qui semble devoir paralyser le commentaire du sage lecteur étreint par tant de flamme...
On peut en étudier l'expérimentation toujours plus poussée des enjambements à la césure ou à l'entre-vers, mais perdrait raison qui s'imaginerait analyser l'art de Rimbaud dans les échos sonores volontairement anarchisants de ses vers irréguliers.
Tout simplement parce que cet art est celle du "voyant", qui s'ingénie à déformer images et perceptions : son "raisonné déréglement de tous les sens" déstructure la parole bien plus que chez Baudelaire, et ne se peut reconstruire que dans l'esprit de révolte, ou d'illumination du poète affranchi.
Surréaliste avant l'heure, Rimbaud ne lâche rien et se consume en quelques années, comme un gaz trop pur ou un bois trop sec.
L'esprit de révolte qui emplit ses poèmes m'a fait apprécier, ado, ses recueils, et ressentir ses images. L'identification est plus difficile 20 ans après, mais la force des suggestions reste, et la rupture radicale avec les cadres poétiques antérieurs fait souffler un tel vent sur l'esprit que, même des années après, l'appréciation d'une beauté prométhéenne désespérée persiste et marque les poètes ultérieurs.
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Jackiedream
  03 mai 2016
Après Verlaine, il était logique que je m'attaque à son fameux amant... Bon, je ne vais pas faire semblant : au début j'ai eu beaucoup de mal. J'ai l'habitude de lire des poésies où le sens est plus évident, où je comprends à peu près tous les mots... Autant dire qu'ici ce n'était pas le cas. J'ai mis beaucoup de temps à me laisser porter par la musicalité, par la beauté des images, par les mots tout simplement. Et là... quel enchantement, quel modernité, quel enfant terrible ! Parfois très sérieux, parfois d'humeur malicieuse... On ne sait jamais à quoi s'attendre avec ce Rimbaud. Je pense réellement que ce recueil mérite d'être lu, re-lu, et re-re-lu pour en saisir à chaque fois un peu plus la beauté. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir ce sentiment tout au long de ma lecture : "Ça doit être terriblement beau, tout le monde le dit... suis-je bête de ne pas comprendre ?" Mais j'ai finalement compris que là n'était pas la question, que chacun arrachait de ces pages ce qu'il voulait et laissait le reste, qu'on pouvait se laisser bercer sans forcément connaitre le sens de chaque mot. le fait que ce soit en grande partie écrit par un adolescent m'a, je pense, permis de me retrouver dans de nombreux poèmes. Cependant, je ne pense pas être tout à fait assez mature pour apprécier les textes (en prose souvent) les plus audacieux. Mais il faut dire qu'"on n'est pas sérieux quand on a 17 ans" ...
Lien : http://lantredemesreves.blog..
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Cyril34
  18 avril 2015
Je parlerai sans ambages : le sens de l'oeuvre de Rimbaud, à de trop rares exceptions près, m'échappe comme du mercure dans la main. Très rapidement, ses vers se densifient, se complexifient, se déstructurent ; sans parler de sa prose outrancièrement alambiquée. L'artiste, génie précoce (il n'avait pas 20 ans), me fascine. Sa création, suitant la colère, la révolte et l'exaltation, me frustre. Chaque texte me donne le sentiment d'être comme un visiteur indésirable : j'entrevois le foyer mais reste irrémédiablement sur le seuil. J'envie alors Champollion et sa pierre de Rosette ! En définitive, la poésie de « l'homme aux semelles de vent » est au lecteur ce que l'étoile est au poète : inaccessible mais ô combien désirable...
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Mondaye
  23 février 2016
Le génie d'un adolescent dans un petit ouvrage.
Car un génie on ne peut nier que Rimbaud l'était et adolescent non plus considérant que la majorité de son oeuvre fut écrite entre seize et vingt ans.
Je ne dirais pas avoir adoré tout les poèmes contenus dans ce livre ( j'ai par exemple moins apprécié Une saison en enfer) mais suffisamment pour classer Rimbaud parmi mes poètes préférés.
Ophélie, le dormeur du val, voyelles, sensation, roman, le buffet, autant de titres que je relis volontiers
Sans parler du bateau ivre...
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olivberne
  25 mars 2012
Entrer dans l'univers de Rimbaud c'est accepter de rentrer dans un monde obscur, aux frontières sans limites et indéterminées et aux contours difformes. Rimbaud est un rêveur, un voyageur, un poète qui transporte et même si on ne comprend pas toujours le sens, on est embarqué sur un long chemin d'évasion. Que ce soit le poète de l'adolesence, qu'on découvre et qu'on admire à dix-sept ans, ou l'homme aux semelles de vent du bateau ivre, on ne sort jamais indemne d'une lecture de Rimbaud.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   12 juillet 2018
Bonne pensée du matin

À quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bosquets l'aube évapore
L'odeur du soir fêté.

Mais là-bas dans l'immense chantier
Vers le soleil des Hespérides,
En bras de chemise, les charpentiers
Déjà s'agitent.

Dans leur désert de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la richesse de la ville
Rira sous de faux cieux.

Ah ! pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! laisse un peu les Amants,
Dont l'âme est en couronne.

Ô Reine des Bergers !
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Pour que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer, à midi.
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KarineBellocqKarineBellocq   04 mai 2010
Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié !
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.
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palamedepalamede   11 avril 2017
Bannières de mai

Aux branches claires des tilleuls
Meurt un maladif hallali.
Mais des chansons spirituelles
Voltigent parmi les groseilles.
Que notre sang rie en nos veines,
Voici s’enchevêtrer les vignes.
Le ciel est joli comme un ange.
L’azur et l’onde communient.
Je sors. Si un rayon me blesse
Je succomberai sur la mousse.

Qu’on patiente et qu’on s’ennuie
C’est trop simple. Fi de mes peines.
je veux que l’été dramatique
Me lie à son char de fortunes
Que par toi beaucoup, ô Nature,
– Ah moins seul et moins nul ! – je meure.
Au lieu que les Bergers, c’est drôle,
Meurent à peu près par le monde.

Je veux bien que les saisons m’usent.
A toi, Nature, je me rends ;
Et ma faim et toute ma soif.
Et, s’il te plaît, nourris, abreuve.
Rien de rien ne m’illusionne ;
C’est rire aux parents, qu’au soleil,
Mais moi je ne veux rire à rien ;
Et libre soit cette infortune.
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candlemascandlemas   09 avril 2018
Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde, j’ai illustré la comédie humaine. Dans un cellier j’ai appris l’histoire. À quelque fête de nuit dans une cité du Nord, j’ai rencontré toutes les femmes des anciens peintres. Dans un vieux passage à Paris on m’a enseigné les sciences classiques. Dans une magnifique demeure cernée par l’Orient entier j’ai accompli mon immense œuvre et passé mon illustre retraite. J’ai brassé mon sang. Mon devoir m’est remis. Il ne faut même plus songer à cela. Je suis réellement d’outre-tombe, et pas de commissions.
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seshat123seshat123   01 juin 2012
OPHÉLIE
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
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Videos de Arthur Rimbaud (153) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arthur Rimbaud
Valérie Garcia est professeur de lettres modernes au collège La Vanoise à Modane. Avec sa classe de 3e, elle a utilisé l'application de lecture numérique Glose (https://glose.com) pour proposer la lecture de quatre recueils de poésies sur le thème "Visions poétiques du monde". Les élèves devaient lire et étudier, un corpus de poèmes sur le thème du voyage poétique, qui comprenait par exemple "Le Bateau ivre" de Rimbaud, "Zone" d'Apollinaire ou "La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" de Cendrars, avec en contre-point des poésies plus contemplatives de Jaccottet. Hormis ces points d'étape imposés, les élèves étaient libres de dégager leur propre parcours de lecture personnel dans chacun des recueils. On part de la lecture subjective et collaborative des élèves pour construire une lecture littéraire des poèmes.
Voici les avantages de Glose sur cette séquence de travail : * Glose favorise la continuité entre le travail à la maison et le travail en classe. * La lecture collaborative est facilitée par le dialogue dans les marges du livre. La démarche d'analyse s'appuie sur les réceptions individuelles des poèmes. * Les matériaux de lecture recueillis par les élèves au fil de leurs lectures ont débouché sur des écritures individuelles et collaboratives, de réflexion et de création, pour une appropriation plus personnelle des textes. * La lecture sur Glose offre une vue privilégiée sur la lecture réelle des élèves et facilite un suivi différencié. C'est aussi un retour sur sa propre activité enseignante pour vérifier les acquisitions et prévoir les ajustements didactiques nécessaires.
Vous enseignez ? Vous cherchez un outil pour vous aider à transmettre le goût de la lecture à vos élèves ? Glose est fait pour vous :) Dans notre librairie en ligne, vous trouverez plus d'un million de livres en français et en anglais : fiction, essais, éducation, sciences humaines, philosophie, etc. Des dizaines de grands classiques gratuits au programme des collèges et lycées sont disponibles. N'hésitez pas à nous contacter, nous pouvons vous accompagner dans la mise en place de l'outil au sein de votre classe ou de votre établissement. Pour nous écrire, c'est par ici : hello@glose.com Vous pouvez nous suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/GloseFrance Et sur Twitter : https://twitter.com/Glose_France
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