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Lloyd James Austin (Autre)
EAN : 9782080244277
352 pages
Éditeur : Flammarion (03/03/2021)
4.01/5   288 notes
Résumé :
Né à Paris en 1842, bureaucrate, puis professeur d'anglais en province, Stéphane Mallarmé regagne Paris en 1871 où il devient le chef de file de la génération symboliste et l'ami des peintres impressionnistes. Il est mort à Valvins (en Seine-et-Marne) en 1898.

En lisant Hegel, Mallarmé a découvert que si "le Ciel est mort", le néant est un point de départ qui conduit au Beau et à l'Idéal. À cette philosophie devait correspondre une poétique nouvelle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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JacobBenayoune
  17 novembre 2013
Mallarmé, un nom qui est pour de moult lecteurs l'incarnation de l'hermétisme le plus arrogant. Hermétisme peut-être, mais arrogant non! Hermétique parce que fermé à la sentimentalité du romantique et de l'innovation baudelairienne, Mallarmé cherchait "autre chose". Toute sa poésie n'était qu'un exercice en vue d'écrire son "Livre". C'est cet exercice qu'on retrouve dans ce recueil, cet entraînement unique dans l'histoire de la littérature mondiale. Les entraînements d'un ascète (cela rime étrangement avec poète).
On sait très bien que Flaubert écrivait des phrases plutôt que des romans, cette petite unité était l'élément le plus important qu'il fallait travailler (je renvois ici à un excellent texte de Barthes). Pour Mallarmé c'était le mot. Il voulait mettre chaque mot devant le mot qui lui convenait le plus dans un agencement absolu (un coup de dés que lui seul savait la manière de jouait) . L'absolu poétique. Une syntaxe poétique nouvelle.
La lecture de la poésie de Mallarmé est un acte assez particulier. On retrouve une poésie parfaite (au sens mallarméen), pure, débarrassée des sentiments, du quotidien, du personnel et du compréhensible, c'est tout cela à la fois qui vient trouver refuge dans cette poésie, notre quotidien qui trouve un parallèle poétique, un miroir, cette autre chose! Bien entendu, on croise quelques poèmes de la tradition baudelairienne, un reste de l'admiration de Mallarmé. Les poèmes de Mallarmé sont la traduction qu'il a faite d'une oeuvre venue d'un ange.
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Henri-l-oiseleur
  18 février 2016
Il n'est guère nécessaire de relire Mallarmé : ses poèmes ont un tel pouvoir sonore et "imaginal" qu'ils se fixent tout seuls dans la mémoire à la première lecture. Ce poète m'a accompagné depuis mon adolescence, conduite à lui par Baudelaire qu'il continuait à sa façon, dans ses premiers poèmes. Je n'ai pas souvent rouvert Mallarmé depuis, car il m'est resté dans l'oreille et dans l'imagination frais comme au premier jour.
On peut s'intéresser au destin tragique de ce poète, et avec les théoriciens de la poésie ou de la psychologie des profondeurs comme Charles Mauron, considérer ses poèmes comme les traces d'un grand oeuvre raté, d'un naufrage poétique et personnel. On peut aussi, tout bien considéré, lire ses rares poèmes pour eux-mêmes et se laisser ensorceler par leur caractère orphique : le chant, le son, l'image sont fascinants.
Enfin, à propos de la fameuse obscurité, de l'hermétisme qu'il hérite de Lycophron ou de Gongora, et qu'il transmet aux poètes modernes ultérieurs, on ajoutera ceci : si le sens manifeste du poème résiste à la raison, ce n'est pas grave ; l'esprit, libéré de l'obsession de comprendre rationnellement, peut alors se livrer à l'enchantement du rêve, de la mélodie des mots, à une activité poétique du lecteur de laquelle les Surréalistes, en leur temps, ont magnifiquement parlé. Mallarmé rend son lecteur poète en le plaçant dans l'état poétique de sommeil de la raison et d'éveil des autres facultés de l'esprit.
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helhiv
  20 janvier 2016
Je ne sais pas au juste pourquoi j'aime les poésie ou la poésie de Stéphane Mallarmé car de toute évidence je n'y comprends rien et, pire, ses textes pris dans leur ensemble ne m'inspirent pas grand chose. En revanche, je trouve ses vers absolument magnifiques individuellement même si, bout à bout, ils cessent de me parler. Comme un tableau vu de très près qui paraîtrait somptueux et qui serait décevant vu de loin.
Encore davantage en ce qui concerne Mallarmé, la poésie gagne à être lue à voix haute et chaque vers devient alors une mélodie particulière dont les oreilles et l'âme se régale ! Sauf que la mélodie suivante n'est pas accordée et que l'ensemble me semble, hélas pour moi, être une cacophonie, je me répète.
Pierre Desproges nous proposait de déclamer trois vers de Verlaine à un quelconque guichet administratif, essayez donc avec du Mallarmé !
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Baudelaire13
  27 mai 2021
Si le concept de "poésie pure" signifie quelque chose, alors, nul doute qu'il convient parfaitement à l'oeuvre de Mallarmé. Celui-ci, en effet, ne veut retenir des mots, non leurs sens précis, mais leur musicalité, leurs vibrations - ce qu'ils peuvent évoquer dans l'esprit du lecteur: d'où le fameux "hermétisme" mallarméen! "Nommer un objet, dit-il, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu; le suggérer, voilà le rêve."
Peu lui importe donc, à la limite, que ses poèmes aient une quelconque signification littérale; il suffit que, par leur beauté formelle, ils fassent naître un état d'âme, éveillent des sensations, inspirent des images, un peu comme le feraient formules magiques ou incantations... Bien qu'étant agnostique, il y a dans sa conception de la poésie un côté religieux, voire mystique.
"Sait-on ce que c'est qu'écrire? Une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du coeur."
À chaque lecteur de plonger dans ce mystère!
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Aurel82
  28 mars 2017
J'ai déjà fait une critique sur un recueil de Mallarmé et celle-ci va être très proche, je pense. Pour certains, Mallarmé, c'est le mal-aimé, ses poèmes ne touchant pas tout le monde. Pour ma part, ils me parlent et c'est toujours avec le même plaisir que je lis et relis son oeuvre. Effectivement, il n'a rien à voir avec Baudelaire par exemple, mais tant mieux, ils sont uniques, comme chaque poète d'ailleurs. Son style bien à lui mériterait d'être beaucoup plus reconnu. Lisez son oeuvre sans préjugé et jugez par vous même. Vous risquez d'être (agréablement) surpris.
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Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   11 juillet 2010
Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !
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OrpheaOrphea   11 septembre 2013
Le tombeau d’Edgar Poe

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.
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Aurel82Aurel82   02 mai 2017
Renouveau

Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
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PhilippeMauricePhilippeMaurice   16 août 2012
Au seul souci de voyager
Outre une Inde splendide et trouble
- Ce salut soit le messager
Du temps, cap que ta poupe double

Comme sur quelque vergue bas
Plongeante avec la caravelle
Écumait toujours en ébats
Un oiseau d'annonce nouvelle

Qui criait monotonement
Sans que la barre ne varie
Un inutile gisement
Nuit, désespoir et pierrerie

Par son chant reflété jusqu'au
Sourire du pâle Vasco.
+ Lire la suite
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Aurel82Aurel82   22 juillet 2017
Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Idumée !
Noire, à l'aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d'aromates et d'or,
Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor,
L'aurore se jeta sur la lampe angélique,
Palmes ! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.

Ô la berceuse, avec ta fille et l'innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance :
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour des lèvres que l'air du vierge azur affame ?
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Videos de Stéphane Mallarmé (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphane Mallarmé
Extrait du livre audio "Poésies" de Stéphane Mallarmé lu par Jean-Pierre Malo. Parution CD et numérique le 17 février 2021.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/poesies-9791035404437
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