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Bertrand Marchal (Éditeur scientifique)Yves Bonnefoy (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070327167
Éditeur : Gallimard (17/09/1992)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 242 notes)
Résumé :
Né à Paris en 1842, bureaucrate, puis professeur d'anglais en province, Stéphane Mallarmé regagne Paris en 1871 où il devient le chef de file de la génération symboliste et l'ami des peintres impressionnistes. Il est mort à Valvins (en Seine-et-Marne) en 1898.

En lisant Hegel, Mallarmé a découvert que si "le Ciel est mort", le néant est un point de départ qui conduit au Beau et à l'Idéal. À cette philosophie devait correspondre une poétique nouvelle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
ThierryCABOT
  26 novembre 2012
Mallarmé : de l'impuissance au néant.
Les biographes de Stéphane Mallarmé s'accordent tous pour reconnaître que celui-ci dans son adolescence se signala par une abondante production.
Comme tout poète majeur, l'auteur de "Apparition" sentit vite les faiblesses de ses premiers vers et se tourna délibérément vers un art exigeant où bientôt le moindre mot allait être passé au crible, évalué, pesé et pensé dans son rapport avec les autres selon un subtil dégradé analogique.
Or très tôt l'impuissance, la malédiction des créateurs, qui "s'étire en un long bâillement" vint mettre à mal ses ambitieux projets. Cherchant la perfection formelle avec un acharnement surhumain, Mallarmé à brève échéance menaçait de se condamner à une forme de stérilité.
Quand tendu en effet vers un absolu terrorisant, rien ne semble trouver grâce à vos yeux, la page blanche, "le vide papier que la blancheur défend" reste hélas ! votre unique horizon, un horizon à la fois vierge et dévasté.
Eh bien, le trait de génie de Mallarmé, ce fut justement de faire de cette impuissance un des thèmes essentiels de son art, ainsi qu'en témoignent nombre de poèmes dont " le cygne" peut-être constitue l'illustration la plus saisissante. En véritable héros de l'esprit tourmenté par son idéal, ce délicieux poète sut forger des alexandrins inoubliables pour échapper au vide, à la vacuité.
"Seul, le silence est grand, tout le reste est faiblesse". Ce vers d'Alfred de Vigny s'applique admirablement bien au drame mallarméen ; tenté par le silence, l'écrivain oscille de plus en plus entre les démons de l'impuissance et les vertiges du néant.
Comme le relate Pierre-Olivier Walzer dans sa monographie consacrée à Mallarmé, le poète écrit même à Henri Cazalis, fin avril 1866 : "Le Néant, auquel je suis arrivé sans connaître le bouddhisme, et je suis encore trop désolé pour pouvoir croire même à ma poésie et me remettre au travail, que cette pensée écrasante m'a fait abandonner".
Tout est dit.
Mallarmé avait mis la barre si haut que la sclérose totale et la folie le guettaient à tout moment. Il se contentera ensuite, à défaut de poursuivre un absolu jugé inaccessible, de composer des poèmes uniquement teintés d'absolu.
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JacobBenayoune
  17 novembre 2013
Mallarmé, un nom qui est pour de moult lecteurs l'incarnation de l'hermétisme le plus arrogant. Hermétisme peut-être, mais arrogant non! Hermétique parce que fermé à la sentimentalité du romantique et de l'innovation baudelairienne, Mallarmé cherchait "autre chose". Toute sa poésie n'était qu'un exercice en vue d'écrire son "Livre". C'est cet exercice qu'on retrouve dans ce recueil, cet entraînement unique dans l'histoire de la littérature mondiale. Les entraînements d'un ascète (cela rime étrangement avec poète).
On sait très bien que Flaubert écrivait des phrases plutôt que des romans, cette petite unité était l'élément le plus important qu'il fallait travailler (je renvois ici à un excellent texte de Barthes). Pour Mallarmé c'était le mot. Il voulait mettre chaque mot devant le mot qui lui convenait le plus dans un agencement absolu (un coup de dés que lui seul savait la manière de jouait) . L'absolu poétique. Une syntaxe poétique nouvelle.
La lecture de la poésie de Mallarmé est un acte assez particulier. On retrouve une poésie parfaite (au sens mallarméen), pure, débarrassée des sentiments, du quotidien, du personnel et du compréhensible, c'est tout cela à la fois qui vient trouver refuge dans cette poésie, notre quotidien qui trouve un parallèle poétique, un miroir, cette autre chose! Bien entendu, on croise quelques poèmes de la tradition baudelairienne, un reste de l'admiration de Mallarmé. Les poèmes de Mallarmé sont la traduction qu'il a faite d'une oeuvre venue d'un ange.
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Henri-l-oiseleur
  18 février 2016
Il n'est guère nécessaire de relire Mallarmé : ses poèmes ont un tel pouvoir sonore et "imaginal" qu'ils se fixent tout seuls dans la mémoire à la première lecture. Ce poète m'a accompagné depuis mon adolescence, conduite à lui par Baudelaire qu'il continuait à sa façon, dans ses premiers poèmes. Je n'ai pas souvent rouvert Mallarmé depuis, car il m'est resté dans l'oreille et dans l'imagination frais comme au premier jour.
On peut s'intéresser au destin tragique de ce poète, et avec les théoriciens de la poésie ou de la psychologie des profondeurs comme Charles Mauron, considérer ses poèmes comme les traces d'un grand oeuvre raté, d'un naufrage poétique et personnel. On peut aussi, tout bien considéré, lire ses rares poèmes pour eux-mêmes et se laisser ensorceler par leur caractère orphique : le chant, le son, l'image sont fascinants.
Enfin, à propos de la fameuse obscurité, de l'hermétisme qu'il hérite de Lycophron ou de Gongora, et qu'il transmet aux poètes modernes ultérieurs, on ajoutera ceci : si le sens manifeste du poème résiste à la raison, ce n'est pas grave ; l'esprit, libéré de l'obsession de comprendre rationnellement, peut alors se livrer à l'enchantement du rêve, de la mélodie des mots, à une activité poétique du lecteur de laquelle les Surréalistes, en leur temps, ont magnifiquement parlé. Mallarmé rend son lecteur poète en le plaçant dans l'état poétique de sommeil de la raison et d'éveil des autres facultés de l'esprit.
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helhiv
  20 janvier 2016
Je ne sais pas au juste pourquoi j'aime les poésie ou la poésie de Stéphane Mallarmé car de toute évidence je n'y comprends rien et, pire, ses textes pris dans leur ensemble ne m'inspirent pas grand chose. En revanche, je trouve ses vers absolument magnifiques individuellement même si, bout à bout, ils cessent de me parler. Comme un tableau vu de très près qui paraîtrait somptueux et qui serait décevant vu de loin.
Encore davantage en ce qui concerne Mallarmé, la poésie gagne à être lue à voix haute et chaque vers devient alors une mélodie particulière dont les oreilles et l'âme se régale ! Sauf que la mélodie suivante n'est pas accordée et que l'ensemble me semble, hélas pour moi, être une cacophonie, je me répète.
Pierre Desproges nous proposait de déclamer trois vers de Verlaine à un quelconque guichet administratif, essayez donc avec du Mallarmé !
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Aurel82
  28 mars 2017
J'ai déjà fait une critique sur un recueil de Mallarmé et celle-ci va être très proche, je pense. Pour certains, Mallarmé, c'est le mal-aimé, ses poèmes ne touchant pas tout le monde. Pour ma part, ils me parlent et c'est toujours avec le même plaisir que je lis et relis son oeuvre. Effectivement, il n'a rien à voir avec Baudelaire par exemple, mais tant mieux, ils sont uniques, comme chaque poète d'ailleurs. Son style bien à lui mériterait d'être beaucoup plus reconnu. Lisez son oeuvre sans préjugé et jugez par vous même. Vous risquez d'être (agréablement) surpris.
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
TaltanTaltan   28 août 2011
Toast funèbre

O de notre bonheur, toi, le fatal emblème !

Salut de la démence et libation blême,
Ne crois pas qu'au magique espoir du corridor
J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or !
Ton apparition ne va pas me suffire :
Car je t'ai mis, moi-même, en un lieu de porphyre.
Le rite est pour les mains d'éteindre le flambeau
Contre le fer épais des portes du tombeau :
Et l'on ignore mal, élu pour notre fête
Très-simple de chanter l'absence du poète,
Que ce beau monument l'enferme tout entier :
Si ce n'est que la gloire ardente du métier,
Jusqu'à l'heure commune et vile de la cendre,
Par le carreau qu'allume un soir fier d'y descendre,
Retourne vers les feux du pur soleil mortel !

Magnifique, total et solitaire, tel
Tremble de s'exhaler le faux orgueil des hommes.
Cette foule hagarde ! elle annonce : Nous sommes
La triste opacité de nos spectres futurs.
Mais le blason des deuils épars sur de vains murs,
J'ai méprisé l'horreur lucide d'une larme,
Quand, sourd même à mon vers sacré qui ne l'alarme,
Quelqu'un de ces passants, fier, aveugle et muet,
Hôte de son linceul vague, se transmuait
En le vierge héros de l'attente posthume.
Vaste gouffre apporté dans l'amas de la brume
Par l'irascible vent des mots qu'il n'a pas dits,
Le néant à cet Homme aboli de jadis :
« Souvenir d'horizons, qu'est-ce, à toi, que la Terre ? »
Hurle ce songe ; et, voix dont la clarté s'altère,
L'espace a pour jouet le cri : « Je ne sais pas ! »

Le Maître, par un oeil profond, a, sur ses pas,
Apaisé de l'éden l'inquiète merveille
Dont le frisson final, dans sa voix seule, éveille
Pour la Rose et le Lys le mystère d'un nom.
Est-il de ce destin rien qui demeure, non ?
O vous tous ! oubliez une croyance sombre.
Le splendide génie éternel n'a pas d'ombre.
Moi, de votre désir soucieux, je veux voir,
A qui s'évanouit, hier, dans le devoir,
Idéal que nous font les jardins de cet astre,
Survivre pour l'honneur du tranquille désastre
Une agitation solennelle par l'air
De paroles, pourpre ivre et grand calice clair,
Que, pluie et diamant, le regard diaphane
Resté-là sur ces fleurs dont nulle ne se fane,
Isole parmi l'heure et le rayon du jour !
C'est de nos vrais bosquets déjà tout le séjour,
Où le poète pur a pour geste humble et large
De l'interdire au rêve, ennemi de sa charge :
Afin que le matin de son repos altier,
Quand la mort ancienne est comme pour Gautier
De n'ouvrir pas les yeux sacrés et de se taire,
Surgisse, de l'allée ornement tributaire,
Le sépulcre solide où gît tout ce qui nuit,
Et l'avare silence et la massive nuit.
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OrpheaOrphea   11 juillet 2010
Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l’ancre pour une exotique nature !
Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !
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OrpheaOrphea   11 septembre 2013
Le tombeau d’Edgar Poe

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.
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PhilippeMauricePhilippeMaurice   16 août 2012
Au seul souci de voyager
Outre une Inde splendide et trouble
- Ce salut soit le messager
Du temps, cap que ta poupe double

Comme sur quelque vergue bas
Plongeante avec la caravelle
Écumait toujours en ébats
Un oiseau d'annonce nouvelle

Qui criait monotonement
Sans que la barre ne varie
Un inutile gisement
Nuit, désespoir et pierrerie

Par son chant reflété jusqu'au
Sourire du pâle Vasco.
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Aurel82Aurel82   22 juillet 2017
Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Idumée !
Noire, à l'aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d'aromates et d'or,
Par les carreaux glacés, hélas ! mornes encor,
L'aurore se jeta sur la lampe angélique,
Palmes ! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.

Ô la berceuse, avec ta fille et l'innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance :
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour des lèvres que l'air du vierge azur affame ?
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Videos de Stéphane Mallarmé (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphane Mallarmé
"Les Mardis de Mallarmé", un documentaire de Jean-Paul Farguier réalisé en 1998. Lecteur : Christian Rist.
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