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ISBN : 2812616350
Éditeur : Editions du Rouergue (22/08/2018)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Fleur et Harmonie : les prénoms des deux héroïnes du roman de Marie-Sabine Roger sont, disons... un peu trompeurs. Car Fleur, âgée de 76 ans, est une dame obèse et phobique sociale. Et Harmonie, 26 ans, est atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette. En clair, son langage est ordurier et elle ne peut retenir des gestes amples et violents. Bientôt rejointes par une bande de « bras cassés » émouvants et drôles, elles vont nous entraîner dans une série d'aventures. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 octobre 2018
Fleur Suzain ne quitte pratiquement jamais son appartement. Non pas seulement à cause de son obésité qui la met un tantinet mal à l'aise mais surtout parce qu'elle est agoraphobe, phobique sociale et constamment angoissée. Une angoisse qu'elle apaise à coup de Zenocalm, de Sérénix et Placidon. La seule sortie qu'elle s'autorise est lorsqu'elle se rend chez son thérapeute, le cher Fiodor Borodine. Mais, voilà, depuis que Mylord, son carlin chéri, a fait une crise cardiaque il y a peu, elle hésite à le laisser seul pour quelques heures. Aussi décide-t-elle de laisser une annonce chez Diego, l'épicier du coin...
Harmonie, une jeune femme de 29 ans, souffre du syndrome Gilles de la Tourette, en proie parfois à de nombreux gestes vifs et violents et de mots grossiers. Recherchant désespérément son parapluie qu'elle a perdu, c'est en consultant le panneau d'affiche chez Diego qu'elle tombe sur une annonce proposant une ou deux heures de ménage par semaine, suivant le cas. Ce boulot, il le lui faut ! Résolue et satisfaite, elle prévient Freddie, son petit ami, de son intention de postuler. Lui doute quelque peu.
La rencontre haute en couleurs entre ces deux femmes va bouleverser leur vie...

En flânant rue des Soupirs, on y croisera Fleur et Harmonie bien sûr mais aussi Elvire, aux yeux fébriles et vibrionnants, Tonton, la femme un brin baraquée aux sculptures modernes, monsieur Poussin, le photographe centenaire qui a passé sa vie à faire des clichés, le "docteur" Borodine qui cache bien des secrets et Mylord, le carlin obèse. Une galerie hétéroclite de personnages particulièrement attachants, réjouissants et qui, au contact des autres, va porter un regard différent sur le handicap. Qu'il soit obèse, atteint du syndrome Gilles Tabourette ou de nystagmus, chacun va apprendre sur les autres mais aussi sur soi. Marie-Sabine Roger nous offre, une fois encore, un très beau et émouvant roman, empreint de bienveillance, de gentillesse, de délicatesse, de tolérance, d'humour, d'amitié et de dépassement de soi. L'auteur manie avec dextérité la plume : elle écrit comme Harmonie s'exprime, avec ses mots grossiers et ses Ah Ah Ouh Ouh, et dépeint le quotidien de Fleur à travers son journal intime. Un roman tendre et cocasse et des bracassées que l'on quitte à regret...
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berni_29
  05 juillet 2018
Dans ce roman, il y a de la musique russe, un petit chien en surpoids, des gens un peu fêlés, des monstres improbables, de très beaux portraits en noir et blanc, de la traîtrise et du drame, des joies folles et pourquoi pas au détour de ces vies déboussolées, un peu de tolérance.
Les bracassées, ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas. C'est un néologisme inventé par un des personnages du dernier roman éponyme de Marie-Sabine Roger, pour désigner cette bande de « bras cassés » émouvants et drôles, qui vont nous entraîner dans une série d'aventures, à première vue cocasses...
Le roman débute par la rencontre improbable de Fleur et d'Harmonie qui en sont les deux principales héroïnes. Je vais vous les présenter.
Fleur est une vieille dame obèse qui vit seule avec son chien Mylord, un vieux carlin qui se traîne difficilement, mais dont Fleur ne se sépare jamais ou que très rarement. Autre signe particulier : Fleur est une phobique sociale. Son armoire à pharmacies, c'est sa bouée de sauvetage permanente... La vie lui paraît un danger permanent. Et ce territoire dangereux commence sur le palier de la porte de son appartement, une porte blindée, fermée à triple tour, qu'elle ne franchit que par nécessité vitale, aller faire ses courses, ou bien rencontrer son thérapeute. Pour Fleur, l'autre est un ennemi par définition, sauf ce cher docteur Feodor Borodine, par ailleurs écrivain d'ouvrages sur le mieux-être, dont il a déjà dédicacé vingt-sept exemplaires à la vieille dame. Et quelles dédicaces !...
Quant à Harmonie, il s'agit d'une jeune femme atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette. En clair, son langage est ordurier, elle envoie des jurons, des « gros mots » comme on dit, à la pelle et elle ne peut retenir des gestes amples et violents. Elle vit avec Freddy, à quelques amies, Elvire, Tonton, bien atypiques elles aussi, mais reconnaissons-le, sa maladie la rend totalement inapte à toute vie sociale.
Fleur, Harmonie, deux prénoms qui peuvent être bien trompeurs à première vue...
Ces deux -là ne devaient pas se rencontrer. Et on pouvait craindre le pire. D'ailleurs, leur première rencontre est un choc physique au premier sens du terme.
À la faveur d'une petite annonce déposée sur le panneau d'affichage d'une supérette, les deux femmes vont se rencontrer. Ouille ! me direz-vous ! Justement. Quand Harmonie vient sonner à la porte de Fleur, la fameuse porte blindée, la vieille dame s'attend à cette visite et en même temps la redoute. Et c'est là que le destin de ces deux femmes va basculer complètement... Une porte qui s'ouvre, qui se referme aussitôt, des gestes totalement désordonnés dans le fracas des voix, des cris, un langage de charretier, la peur, la différence qui s'affronte, qui ferraille,
Toutes deux sont bientôt rejointes par d'autres personnages drôles et attachants vivant en marge de la société.
Ils sont fous, ils font peur, ils sont laids, ils sont gros... Mais ils ne baissent pas les bras... Leurs bras cassés nous tendent des regards gros comme cela.
Autour d'elles, Elvire, Tonton, le merveilleux Monsieur Poussin, centenaire photographe. Autant de personnages singuliers, touchants et drôles.
Rien n'aurait dû les rassembler, si ce n'est leur étrangeté et le fait que la société fait d'eux des inclassables, incapables, déclassés, donc des bras cassés.
Tiens, parlons de ce Monsieur Poussin. Il a 103 ans et s'apprête dans quelques jours à fêter ses 104 ans. Il avance désormais avec un déambulateur, continue de ne voir la vie qu'en noir et blanc. Son regard est magnifique jeune, c'est un regard qui cherche à changer les regards. Je me suis pris d'affection pour ce personnage, non pas comme s'il était mon grand-père, mais plutôt comme un frère, un grand frère...
Il y aussi Tonton, qui se fabrique une famille en ferraille de récupération. Ses sculptures nous ressemblent. Elles sont belles et laides en même temps. Ou plutôt laides et touchantes.
Ici, dans cette communauté vivante et éphémère, on parle, on se contredit, on débat, on s'engueule, on s'embrasse, on existe quoi !
Tout a commencé par une porte qui s'est ouverte et puis refermée aussi vite et avec grand fracas. Tant d'autres portes qu'il nous faudrait fracasser... Nos voyages immobiles à travers les livres nous donnent cette envie à chaque instant. Quel est ce sentiment inachevé qui rejoint nos gestes d'aller plus loin ?
Ils rêvent de faire quelque chose ensemble, pas forcément de laisser une trace indélébile autour d'eux ou après eux.
C'est l'histoire d'une poche de résistance, remplie de cailloux blancs, qu'ils vont semer tout autour d'eux. Si les portes sont trop difficiles à ouvrir, avec des bras cassés c'est vrai que ce n'est pas facile... alors ils vont tenter d'ouvrir des fenêtres, faire entrer la lumière, les courants d'air aussi et puis peut-être que le rester viendra alors, l'essentiel...
Une fois encore, Marie-Sabine Roger traite avec tendresse, humour et humanité, de la différence. Ses mots font du bien.
Ce roman profondément humaniste donne une vision positive de la différence, refusant le regard excluant, mais prônant au contraire la chaleur du collectif. Mais, selon moi, ce serait trop réducteur de classer ce livre dans la catégorie « feel good book ». Ce roman va bien au-delà, il est jubilatoire et pose quasiment un acte de résistance et d'engagement pour faire accepter la différence dans nos sociétés lisses et changer le regard des autres, c'est-à-dire changer nos propres regards. Il est un plaidoyer chaleureux pour imaginer un nouveau vivre ensemble.
Peu à peu, nous sentons un chemin se dessiner, l'émotion prendre le pas, mais il y a toujours ce petit train d'humour et de dérision, juste là pour nous retenir de tomber dans le pathos et éviter de nous donner une leçon de morale...
Nous refermons la dernière page du livre, mais la porte reste entrouverte, ou peut-être les fenêtres. Cela suffirait...
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lucia-lilas
  11 septembre 2018
Permettez-moi de ne pas être objective.
Parce que Marie-Sabine Roger et moi, depuis plus de quinze ans maintenant, nous vivons une belle histoire d'amour. (Elle va être surprise en l'apprenant…)
Oui, Marie-Sabine Roger est pour moi comme… Philippe Jaenada, Antoine Bello, Jean-Paul Dubois, Emmanuelle Bayamack-Tam, Marie-Hélène Lafon, Martin Winckler, Gaëlle Josse et quelques autres encore...
Ce sont mes petits chéris, on n'y touche pas. Je les défendrais bec et ongles contre la terre entière si la terre entière venait à les égratigner.
En trois mots : je les aime. J'aime leur langue, leurs mots, leurs phrases, leurs personnages, leurs histoires. J'aime quand ils me parlent d'eux et des autres. Je suis comme un vieux chien fidèle : je reconnais leurs textes à dix kilomètres à la ronde. Ils me font rire, ils m'impressionnent par leur incroyable imagination, leur folle invention. Et surtout, je sens chez chacun d'entre eux une telle humanité qu'il me semble que leurs livres vivent d'une vie autonome.
Il m'arrive de les croiser, lors de salons littéraires, jamais, au grand jamais, je ne m'approche pour leur parler. Je risquerais de m'évanouir. Oui, je suis comme ça. Au dernier Salon du Livre de Paris, j'ai admiré de loin mon grand nounours de Jaenada. J'enviais tous ceux avec qui il discutait. Je suis incapable d'adresser un mot aux gens que j'admire. Ou alors, rouge comme une tomate et vacillante, je bafouille péniblement trois banalités et je m'en veux pour le reste de la journée.
Voilà.
Donc, Marie-Sabine Roger, je l'aime.
Et j'aime son dernier roman, bien sûr.
Parce que c'est du Marie-Sabine Roger pur jus.
Que je vous raconte (pas tout, évidemment!)
C'est l'histoire d'une fille aux « bras pantins nerveux » et aux « mains polichinelles » qui a perdu son parapluie - un parapluie auquel elle tenait beaucoup parce qu'il lui rappelait sa mère. Je vous le dis tout de suite, elle ne le retrouvera pas. Sur le tableau des petites annonces, à l'épicerie, aucun mot n'a été laissé pour signaler qu'un parapluie aurait été retrouvé. Aucun. Vous voyez, ça, c'est typique des personnages de Marie-Sabine Roger : ils sont du genre à penser que si quelqu'un retrouve leur parapluie, il va nécessairement prendre la peine de rédiger une petite annonce pour retrouver le propriétaire... En revanche, Harmonie, tel est son nom, tombe sur une affichette rédigée par une certaine madame Suzain, qui habite la même rue qu'elle. Cette dernière recherche « quelqu'un pour deux heures de ménage une ou deux fois par semaine suivant le cas. » Étrange ce « suivant le cas... »
Harmonie appelle et tombe sur … Fleur.
Comment vous décrire Fleur ? Fleur et sa porte blindée neuf points ? On ne peut pas dire qu'elle soit épanouie... Non pas vraiment. Fleur est une vieille dame de soixante-seize ans, à moins qu'elle ne soit en réalité une petite fille qui écrit tous les soirs dans son journal intime, on ne sait pas au fond. « Admirez sa rondeur de planète la courbe de ce bras plus dodu qu'un jambon observez sur sa lèvre supérieure cette fine rosée de sueur la douceur dans ses yeux d'enfant intimidée qui ne sait pas comme elle devait être belle à trente ans »
Lorsque Harmonie l'appelle pour le travail, Fleur entend comme des aboiements. Pourvu que cette femme n'ait pas l'idée d'amener son chien !… Comment peut-on imaginer faire du ménage dans ces conditions? Les gens sont fous à notre époque !... Surtout, si c'était le cas, ça risquerait de déplaire à Mylord...
En réalité, Fleur n'a besoin de personne pour son ménage, sa maison est tenue plus qu'impeccablement. Non, elle veut juste qu'on lui garde Mylord, son amour de petit chien, le temps d'aller…
Si vous saviez à qui Fleur rend visite….
Mais... le sait-elle elle même ?
Allez, ce roman est délicieux, il se déguste comme une belle part de gâteau au chocolat recouvert de crème fouettée faite maison : on salive quand on l'a devant soi, on l'entame avec une émotion sans nom, on se régale de chaque bouchée, on ne veut pas en perdre une miette, on regarde avec envie l'assiette de son voisin et une fois fini, on en reprendrait bien encore un peu !
Et, bien entendu, on se lamente de l'avoir avalé si vite !
Comme toujours, les personnages sont de pures merveilles : jamais je n'oublierai Fleur et Harmonie, mes deux cabossées, mes deux bracassées. Et je ne vous ai pas parlé du merveilleux Monsieur Poussin. Lui, j'ose à peine l'évoquer tellement mes mots ne sauront jamais restituer ce qu'il est. Non, il faut la délicatesse, la sensibilité et la poésie de Marie-Sabine Roger pour dire qui il est. Et c'est magique.
Lisez doucement, régalez-vous, lecteur chanceux de n'avoir pas encore parcouru la première page de ce roman…
Comme je vous envie !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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cathe
  22 septembre 2018
Comment parler d'un roman qui met en scène Fleur, une dame âgée, obèse, angoissée, névrosée et agoraphobe, et Harmonie, une jeune femme affligée du syndrome Gilles de la Tourette (mouvements anormaux, bruits et paroles incongrus). Harmonie va garder le chien de Fleur et la rencontre, d'abord explosive, va peu à peu se construire. Se comprendre mutuellement va leur permettre elles-mêmes d'aller mieux et même de s'ouvrir un peu au monde…
Marie-Sabine Roger fait un travail stylistique incroyable en donnant la parole à ces deux héroïnes. Le premier moment de surprise passé, on s'habitue à leurs tics, leurs manies, leur manière de parler, de se voir et de voir le monde. Bien sûr c'est, comme dans tous les romans de l'auteur, une vraie leçon de tolérance et on en ressort gonflé à bloc et plein d'espérance sur le genre humain. Bon, ce n'est pas non plus un livre tout rose, faut pas croire, mais quand même ça fait du bien !
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AugustineBarthelemy
  29 juillet 2018
Fleur est une vieille femme obèse, qui vit recluse dans son appartement de la rue des Soupirs, avec pour seule compagnie Mylord, son petit carlin obèse. Fleur est atteinte d'angoisse sociale, ou d'agoraphobie, selon les psys qu'elle fréquente. Sa journée ne peut commencer sans ses Zenocalm, Placidon ou Sérénix. La vie est un danger permanent pour cette vieille dame qui se méfie de tout et de tout le monde. Mais Fleur, malgré ses 76 ans, cache un caractère fleur bleue et une naïveté toute enfantine. Elle l'ignore, mais elle est un peu amoureuse de son docteur Borodine et de son accent russe.
Harmonie est une jeune femme de 29 ans, qui se sent inapte à intégrer la société. Elle est atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette (Tabourette, comme le nommera bientôt Fleur) : ses gestes sont désordonnés, elle aboie dans les moments de stress et est atteinte de coprolalie. le regard des autres est délicat à affronter. Heureusement, Freddie, son petit-ami, la couve et la protège. Peut-être un peu trop.
Rien ne destinait ces deux femmes à se rencontrer. Pourtant, c'est une petite annonce qui va provoquer cette rencontre -d'abord tout à fait catastrophique. Fleur cherche une aide qui surveillerait son chien pendant qu'elle se rend chez le docteur Borodine. Harmonie cherche depuis longtemps un petit emploi pour occuper ses longues journées d'ennui. Stressée, une crise se déclenche sur le palier de l'appartement de Fleur, qui paniquée, lui referme sur le bras sa porte blindée. Ce sera une double fracture pour Harmonie : celle de son bras et celle de son couple. Freddie aura un mot malheureux, s'emportera contre les « bras cassés », l'incluant bien malgré lui dans ce lot. Harmonie le quitte et finira par s'installer, par un concours de circonstances, chez la grosse Fleur.
Les bracassées offre ainsi toute une galerie de personnages secondaires décalés et touchants, mais déclassés à cause de leur singularité : M. Poussin, le voisin de 103 ans, extraordinairement laid, mais ayant un don inné pour la photographie, Tonton, une poissonnière et une sculptrice au physique de camionneur et au langage familier, qui s'invente une famille à travers ses sculptures monstrueuses et démesurées, Elvire, une jeune femme dont les yeux ne cessent de se déplacer d'un coin à l'autre et qui est affligée d'une mère mysophobe.
Les bracassées livre avec tendresse la même leçon (sans moralisme) que M. Poussin donne avec ses merveilleuses photographies : il suffit parfois de modifier un peu son angle d'observation, son point de vue, pour changer le regard que l'on porte sur soi, pour adopter un regard positif afin de s'accepter et de se faire accepter. Fleur est obèse, mais c'est aussi une danseuse de claquette américaine agile, Harmonie se découvre une certaine grâce dans son maintien, malgré tous ses gestes désordonnés et même la laideur de M. Poussin s'efface devant le regard bienveillant qu'il porte sur le monde, à travers sa petite fenêtre qui donne sur la rue des Soupirs.
Lien : https://enquetelitteraire.wo..
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critiques presse (1)
Actualitte   31 août 2018
Alors finalement l'on rit de tout dans ce roman, tant que le respect et l'empathie sont là. Cette constatation est d'une banalité confondante ? Absolument. Pourtant, on en ressort d'autant plus convaincu après cette lecture.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   15 octobre 2018
Nos manies nos folies nos délires nos craintes On en fait quoi Bordel de Pute on en fait quoi de vraiment constructif je veux dire. Si on tombe de cheval on remonte aussitôt Mais si on tombe de sa vie Si on se réveille un jour avec un handicap une crise d'angoisse une cicatrice horrible un membre ou deux en moins un terrible chagrin un amour de toujours qui se tarit s'épuise on fait quoi. On continue à vivre ce n'est pas le problème Vivre c'est mécanique il suffit de respirer de boire de manger de se nourrir Ce qui gêne ce qui tue c'est toujours le regard Celui qui vous détaille sans vergogne Celui qui vous évite par pudeur hypocrite mais vous file de loin Celui qui vous transperce ou pire celui qui ne vous regarde plus. Vivre n'est pas le problème C'est vivre ensemble qui.
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marina53marina53   17 octobre 2018
Quand les mots sont sortis comment les rattraper sitôt ouvert la cage ils se pressent au dehors chutent comme des corps tombant le long d'une façade prennent de la vitesse et à la fin s'écrasent. Parfois avant de toucher le sol le vent les soulève les porte vient les pousser sous l'aile Alors les mots s'en vont au gré des courants d'air ils s'élèvent s'éloignent on ne les entend plus ou bien ils restent là perchés sur le bord de l'oreille hirondelles posées sur le rebord d'un toit.
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marina53marina53   15 octobre 2018
Je suis ce qu'on appelle une agoraphobe ou, pour certains des nombreux praticiens que j'ai pu consulter, une phobique sociale. Il semblerait qu'ils ne soient pas tous d'accord sur ce point, ni sur d'autres. La seule chose sur laquelle ils se retrouvent sans problème et avec une belle harmonie, c'est sur la question de leurs honoraires.
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mosaique92mosaique92   08 novembre 2018
Je n’ai pas aimé l’école, jalousies, félonies, échantillons toxiques de ce que promet la vie. Avec mes Wouh-Ouh-Ah et tous mes parasites j’avais du mal. Du mal à m’intégrer vraiment. S’intégrer à un groupe c’est important, vital, tous les enfants le savent. Solitude, rejet, c’est ce qui fait le plus mal. Tout seul on n’est que soi, ce n’est pas suffisant. Je me faisais des copains au rabais, au rebut. Timides, disgracieux, rondouillards, loucheurs, bègues, étranges énergumènes, petits haltérophiles champions de l’arraché qui levaient haut, très haut au-dessus de leur tête le poids déjà trop pesant de leur vie. Ceux à qui rien n’est donné d’avance, qui ont bataillé double pour être et pour avoir. La volière des oiseaux rares.
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marina53marina53   16 octobre 2018
On se quitte en s'aimant encore c'est dommage ça arrive plus souvent qu'on ne croit vivre ensemble c'est corrosif on y laisse sa peau son âme. L'amour est nécessaire mais il ne suffit pas. Il faut qu'il y ait en plus des paillettes Du rêve.
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Idée lecture de Laurence Authentique | "Et tu te soumettras à la loi de ton père" de Marie-Sabine Roger
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