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EAN : 9782812616358
Éditeur : Editions du Rouergue (22/08/2018)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 165 notes)
Résumé :
Fleur et Harmonie : les prénoms des deux héroïnes du roman de Marie-Sabine Roger sont, disons... un peu trompeurs. Car Fleur, âgée de 76 ans, est une dame obèse et phobique sociale. Et Harmonie, 26 ans, est atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette. En clair, son langage est ordurier et elle ne peut retenir des gestes amples et violents. Bientôt rejointes par une bande de « bras cassés » émouvants et drôles, elles vont nous entraîner dans une série d'aventures. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 octobre 2018
Fleur Suzain ne quitte pratiquement jamais son appartement. Non pas seulement à cause de son obésité qui la met un tantinet mal à l'aise mais surtout parce qu'elle est agoraphobe, phobique sociale et constamment angoissée. Une angoisse qu'elle apaise à coup de Zenocalm, de Sérénix et Placidon. La seule sortie qu'elle s'autorise est lorsqu'elle se rend chez son thérapeute, le cher Fiodor Borodine. Mais, voilà, depuis que Mylord, son carlin chéri, a fait une crise cardiaque il y a peu, elle hésite à le laisser seul pour quelques heures. Aussi décide-t-elle de laisser une annonce chez Diego, l'épicier du coin...
Harmonie, une jeune femme de 29 ans, souffre du syndrome Gilles de la Tourette, en proie parfois à de nombreux gestes vifs et violents et de mots grossiers. Recherchant désespérément son parapluie qu'elle a perdu, c'est en consultant le panneau d'affiche chez Diego qu'elle tombe sur une annonce proposant une ou deux heures de ménage par semaine, suivant le cas. Ce boulot, il le lui faut ! Résolue et satisfaite, elle prévient Freddie, son petit ami, de son intention de postuler. Lui doute quelque peu.
La rencontre haute en couleurs entre ces deux femmes va bouleverser leur vie...

En flânant rue des Soupirs, on y croisera Fleur et Harmonie bien sûr mais aussi Elvire, aux yeux fébriles et vibrionnants, Tonton, la femme un brin baraquée aux sculptures modernes, monsieur Poussin, le photographe centenaire qui a passé sa vie à faire des clichés, le "docteur" Borodine qui cache bien des secrets et Mylord, le carlin obèse. Une galerie hétéroclite de personnages particulièrement attachants, réjouissants et qui, au contact des autres, va porter un regard différent sur le handicap. Qu'il soit obèse, atteint du syndrome Gilles Tabourette ou de nystagmus, chacun va apprendre sur les autres mais aussi sur soi. Marie-Sabine Roger nous offre, une fois encore, un très beau et émouvant roman, empreint de bienveillance, de gentillesse, de délicatesse, de tolérance, d'humour, d'amitié et de dépassement de soi. L'auteur manie avec dextérité la plume : elle écrit comme Harmonie s'exprime, avec ses mots grossiers et ses Ah Ah Ouh Ouh, et dépeint le quotidien de Fleur à travers son journal intime. Un roman tendre et cocasse et des bracassées que l'on quitte à regret...
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Ladybirdy
  01 mars 2019
Zut de zut ! Je n'ai pas réussi à accrocher à ces bracassées de Dame Roger.
Avez-vous déjà essayé de lire un roman debout sur une seule jambe, un bras en l'air et un verre d'eau glacée en équilibre sur la tête? Voici mon état après plus de cent pages... J'ai des crampes partout et mal à la tête !
J'aurai certainement trouvé une position plus confortable si Marie-Sabine avait parsemé son roman de ponctuation (points, virgules,... !). J'ai trouvé cette narration insupportable. Au départ, on est auprès de Fleur, une dame âgée agoraphobe et plutôt attachante. Merci pour la ponctuation qui jusque là me laisse confortablement assise dans mon divan. S'en suit Harmonie, qui souffre du syndrome de Gille de la Tourelle. Et là je me raidis, le bras se lève, la jambe aussi, je cherche le sens, je me creuse à mettre la ponctuation pour déchiffrer les pages. Il y a des gros mots mais bon, on s'y fait, elle n'a pas de bol la fille, s'exprimer comme une vache meuglante des insanités. Il y a aussi quelques fous rires alors je reprends mon souffle. Quand l'agoraphobe rencontre la gille de Tabourette, c'est hilarant. Puis, patatra, quand on revient du côté d'Harmonie, je souffre le martyr à suivre cette narration sans ponctuation.
Dans Réparer les vivants, on retrouve cette narration de logorrhée sans souffle qui témoigne d'une urgence à exprimer avant que le coeur ne s'arrête mais ici, quel est l'interêt de cette narration sans forme ? Elle doit quand même respirer la jeune fille atteinte du syndrome.
Vraiment dommage, ce fut une lecture trop éprouvante. J'en attendais beaucoup et ce roman m'a fatiguée. Pas le but quand même ?! Zut de zut.
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si-bemol
  21 janvier 2019
Lorsque la vie et le handicap (visible ou non) vous malmènent, vous rendent inapte aux relations sociales et à la vie dite normale, qu'il y a à l'évidence quelques petits trucs qui clochent dans votre manière d'être et que le regard d'autrui, généralement peu amène, vous enferme dans votre différence, vous avez vite fait de vous dire que vous faites partie de la vaste bande des “bras-cassés” de la vie. Et si vous mettez deux “bras-cassés” ensemble, et plus si affinités, il est plus que probable que le bateau va faire eau de toutes parts avant de s'échouer sur les rives du grand n'importe quoi… A moins, justement, que ce ne soit le contraire !
C'est précisément l'expérience, passablement aventureuse, que tente Marie-Sabine Roger avec son dernier roman délicieusement foutraque, "Les bracassées".
Dans un monde à peu près raisonnable - ce que la littérature, heureusement, n'est pas - Fleur, la vieille dame obèse, agoraphobe et phobique sociale, et Harmonie, la jeune fille atteinte du syndrome de la Tourette, n'auraient jamais dû se rencontrer, et encore moins se lier d'amitié. Sans parler des autres : Elvire et ses yeux qui chavirent, Tonton et sa ferraille, Monsieur Poussin, le photographe centenaire au monde en noir et blanc… Tout une galerie de personnages cabossés, hauts en couleurs et terriblement attachants que Marie-Sabine Roger traite avec infiniment de respect et de tendresse. Comme à son habitude, elle met sa bienveillance et son humanité au service d'une histoire sensible, touchante et quelque peu déjantée où le rire et la drôlerie sont comme un masque de pudeur posé avec tendresse sur la douleur et sur les larmes. Et j'ai beaucoup aimé.
J'ai beaucoup aimé ce roman résolument optimiste et plein de tolérance sur l'art difficile de l'acceptation de soi et du vivre ensemble dans la différence, avec au passage cette petite morale qui n'a rien d'imbécile : “S'il y a une chose à apprendre dans la vie c'est à rire de soi avant que les autres ne s'en chargent.” J'ai aimé le style, vif, alerte et plein d'esprit, j'ai aimé la construction, efficace et pertinente, de ce roman choral qui alterne avec habileté les récits des deux narratrices. Et j'ai aimé enfin, profondément, les différents personnages auxquels je me suis beaucoup attachée.
Un excellent moment de lecture… et un remède efficace à l'intolérance et la morosité !
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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latina
  21 janvier 2020
« Je me suis changée un jour en petit animal agité, bondissant, et elle est devenue cette vache énorme et lente, cette grosse hippopodame aux yeux tristes et craintifs.
Toutes les deux nous sommes une espèce en voie de progression, l'espèce de ceux et celles qui nichent dans des caches, se terrent dans des trous de hobbit, vivant dans des bocaux étiquetés Obésité morbide, Syndrome de Machin ou Maladie de Truc.
Nous sommes de l'espèce des paumés inclassables, condamnés pour survivre à se faire oublier ».
Evidemment, pour que tout le monde comprenne bien cet extrait, je l'ai ponctué. Car la narratrice ne ponctue pas, pas du tout ! Elle jette ses phrases en logorrhée continue, bouscule les mots, y intercale des jurons incongrus. Il faut dire qu'elle souffre du syndrome de Gilles de la Tourette, ce syndrome qui condamne les gens qui en sont atteints à des soubresauts, des tics, des mouvements incontrôlés, et même à sortir des injures.
Harmonie – eh oui, elle s'appelle Harmonie – fait la connaissance de Fleur – eh oui, elle s'appelle Fleur – une dame âgée, obèse et agoraphobe.
Jamais elles ne se seraient rencontrées s'il n'y a avait eu une petite annonce, un « médecin » russe et un chien cardiaque.
Mais cette rencontre fait des étincelles, et en provoque bien d'autres, que je me garderai de vous dévoiler.
Je vous révèlerai juste que ce livre suscite des éclats de rire et des moments d'émotion intense.
Il nous projette dans le quotidien de ces gens affligés d'un syndrome quelconque, d'une particularité physique ou mentale exposée au regard des autres, regard dont ils se passeraient bien.
Il nous fait découvrir la tendresse.
Il nous force à être pleins d'empathie.
Il nous rend humains.
Et le style de cette auteure s'adapte à chacun. Pour moi, c'est tout simplement remarquable.
L'absence de ponctuation de l'une nous plonge en apnée dans son vécu plein de soubresauts inopportuns.
Les phrases bien ponctuées mais tellement digressives de l'autre nous obligent à épouser ses obsessions.
Par le biais de ces deux narratrices, Marie-Sabine Roger m'a encore une fois séduite.
Cette auteure raconte le quotidien, mais aussi les actes particuliers et pleins de sens de quelques personnes « bracassées », avec un tel brio, un tel sens du vocabulaire, un tel emploi imagé que j'en ai été totalement subjuguée. Ici, point de cliché, point de leçon de morale, rien que du « rentre-dedans ».
Une petite leçon d'empathie, de réalité crasse, de poésie, de rires et de larmes ?
Prenez-la auprès de ces bracassées, vous en sortirez meilleurs !
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berni_29
  05 juillet 2018
Dans ce roman, il y a de la musique russe, un petit chien en surpoids, des gens un peu fêlés, des monstres improbables, de très beaux portraits en noir et blanc, de la traîtrise et du drame, des joies folles et pourquoi pas au détour de ces vies déboussolées, un peu de tolérance.
Les bracassées, ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas. C'est un néologisme inventé par un des personnages du dernier roman éponyme de Marie-Sabine Roger, pour désigner cette bande de « bras cassés » émouvants et drôles, qui vont nous entraîner dans une série d'aventures, à première vue cocasses...
Le roman débute par la rencontre improbable de Fleur et d'Harmonie qui en sont les deux principales héroïnes. Je vais vous les présenter.
Fleur est une vieille dame obèse qui vit seule avec son chien Mylord, un vieux carlin qui se traîne difficilement, mais dont Fleur ne se sépare jamais ou que très rarement. Autre signe particulier : Fleur est une phobique sociale. Son armoire à pharmacies, c'est sa bouée de sauvetage permanente... La vie lui paraît un danger permanent. Et ce territoire dangereux commence sur le palier de la porte de son appartement, une porte blindée, fermée à triple tour, qu'elle ne franchit que par nécessité vitale, aller faire ses courses, ou bien rencontrer son thérapeute. Pour Fleur, l'autre est un ennemi par définition, sauf ce cher docteur Feodor Borodine, par ailleurs écrivain d'ouvrages sur le mieux-être, dont il a déjà dédicacé vingt-sept exemplaires à la vieille dame. Et quelles dédicaces !...
Quant à Harmonie, il s'agit d'une jeune femme atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette. En clair, son langage est ordurier, elle envoie des jurons, des « gros mots » comme on dit, à la pelle et elle ne peut retenir des gestes amples et violents. Elle vit avec Freddy, à quelques amies, Elvire, Tonton, bien atypiques elles aussi, mais reconnaissons-le, sa maladie la rend totalement inapte à toute vie sociale.
Fleur, Harmonie, deux prénoms qui peuvent être bien trompeurs à première vue...
Ces deux -là ne devaient pas se rencontrer. Et on pouvait craindre le pire. D'ailleurs, leur première rencontre est un choc physique au premier sens du terme.
À la faveur d'une petite annonce déposée sur le panneau d'affichage d'une supérette, les deux femmes vont se rencontrer. Ouille ! me direz-vous ! Justement. Quand Harmonie vient sonner à la porte de Fleur, la fameuse porte blindée, la vieille dame s'attend à cette visite et en même temps la redoute. Et c'est là que le destin de ces deux femmes va basculer complètement... Une porte qui s'ouvre, qui se referme aussitôt, des gestes totalement désordonnés dans le fracas des voix, des cris, un langage de charretier, la peur, la différence qui s'affronte, qui ferraille,
Toutes deux sont bientôt rejointes par d'autres personnages drôles et attachants vivant en marge de la société.
Ils sont fous, ils font peur, ils sont laids, ils sont gros... Mais ils ne baissent pas les bras... Leurs bras cassés nous tendent des regards gros comme cela.
Autour d'elles, Elvire, Tonton, le merveilleux Monsieur Poussin, centenaire photographe. Autant de personnages singuliers, touchants et drôles.
Rien n'aurait dû les rassembler, si ce n'est leur étrangeté et le fait que la société fait d'eux des inclassables, incapables, déclassés, donc des bras cassés.
Tiens, parlons de ce Monsieur Poussin. Il a 103 ans et s'apprête dans quelques jours à fêter ses 104 ans. Il avance désormais avec un déambulateur, continue de ne voir la vie qu'en noir et blanc. Son regard est magnifique jeune, c'est un regard qui cherche à changer les regards. Je me suis pris d'affection pour ce personnage, non pas comme s'il était mon grand-père, mais plutôt comme un frère, un grand frère...
Il y aussi Tonton, qui se fabrique une famille en ferraille de récupération. Ses sculptures nous ressemblent. Elles sont belles et laides en même temps. Ou plutôt laides et touchantes.
Ici, dans cette communauté vivante et éphémère, on parle, on se contredit, on débat, on s'engueule, on s'embrasse, on existe quoi !
Tout a commencé par une porte qui s'est ouverte et puis refermée aussi vite et avec grand fracas. Tant d'autres portes qu'il nous faudrait fracasser... Nos voyages immobiles à travers les livres nous donnent cette envie à chaque instant. Quel est ce sentiment inachevé qui rejoint nos gestes d'aller plus loin ?
Ils rêvent de faire quelque chose ensemble, pas forcément de laisser une trace indélébile autour d'eux ou après eux.
C'est l'histoire d'une poche de résistance, remplie de cailloux blancs, qu'ils vont semer tout autour d'eux. Si les portes sont trop difficiles à ouvrir, avec des bras cassés c'est vrai que ce n'est pas facile... alors ils vont tenter d'ouvrir des fenêtres, faire entrer la lumière, les courants d'air aussi et puis peut-être que le rester viendra alors, l'essentiel...
Une fois encore, Marie-Sabine Roger traite avec tendresse, humour et humanité, de la différence. Ses mots font du bien.
Ce roman profondément humaniste donne une vision positive de la différence, refusant le regard excluant, mais prônant au contraire la chaleur du collectif. Mais, selon moi, ce serait trop réducteur de classer ce livre dans la catégorie « feel good book ». Ce roman va bien au-delà, il est jubilatoire et pose quasiment un acte de résistance et d'engagement pour faire accepter la différence dans nos sociétés lisses et changer le regard des autres, c'est-à-dire changer nos propres regards. Il est un plaidoyer chaleureux pour imaginer un nouveau vivre ensemble.
Peu à peu, nous sentons un chemin se dessiner, l'émotion prendre le pas, mais il y a toujours ce petit train d'humour et de dérision, juste là pour nous retenir de tomber dans le pathos et éviter de nous donner une leçon de morale...
Nous refermons la dernière page du livre, mais la porte reste entrouverte, ou peut-être les fenêtres. Cela suffirait...
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critiques presse (1)
Actualitte   31 août 2018
Alors finalement l'on rit de tout dans ce roman, tant que le respect et l'empathie sont là. Cette constatation est d'une banalité confondante ? Absolument. Pourtant, on en ressort d'autant plus convaincu après cette lecture.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   15 octobre 2018
Nos manies nos folies nos délires nos craintes On en fait quoi Bordel de Pute on en fait quoi de vraiment constructif je veux dire. Si on tombe de cheval on remonte aussitôt Mais si on tombe de sa vie Si on se réveille un jour avec un handicap une crise d'angoisse une cicatrice horrible un membre ou deux en moins un terrible chagrin un amour de toujours qui se tarit s'épuise on fait quoi. On continue à vivre ce n'est pas le problème Vivre c'est mécanique il suffit de respirer de boire de manger de se nourrir Ce qui gêne ce qui tue c'est toujours le regard Celui qui vous détaille sans vergogne Celui qui vous évite par pudeur hypocrite mais vous file de loin Celui qui vous transperce ou pire celui qui ne vous regarde plus. Vivre n'est pas le problème C'est vivre ensemble qui.
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ssstellassstella   02 juin 2019
Les guerres les conflits que certains présidents malhonnêtes déclenchent au nom de la démocratie mais dont les origines sont comme les gouttières situées largement en amont à l'emplacement précis de leur portefeuille d'actions. Je tiens mon bras meurtri je suis partie bien loin de la blessure initiale je ricoche d'une idée à l'autre je pense aux vente d'armes aux fantoches assassins que l'on place à la tête de pays puis que l'on exécute au gré des intérêts de multinationales qui dansent leur quadrille de folie sur le grand toit du monde sans se préoccuper de la fragilité évidente des tuiles et tant pis si ça casse et tant pis si ça plie et tant pis si ça fuit trois étages plus bas. Je pense au pétrole qui nous tue aux semences stériles vendues par Monsanto aux industries pharmaceutiques qui empoisonnent la planète à cet apiculteur de Chine ou du Mexique qui voit mourir ses ruches par dizaines est-ce qu'il sait d'où vient la gouttière Non bien sûr il ne le sait pas.
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marina53marina53   17 octobre 2018
Quand les mots sont sortis comment les rattraper sitôt ouvert la cage ils se pressent au dehors chutent comme des corps tombant le long d'une façade prennent de la vitesse et à la fin s'écrasent. Parfois avant de toucher le sol le vent les soulève les porte vient les pousser sous l'aile Alors les mots s'en vont au gré des courants d'air ils s'élèvent s'éloignent on ne les entend plus ou bien ils restent là perchés sur le bord de l'oreille hirondelles posées sur le rebord d'un toit.
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marina53marina53   15 octobre 2018
Je suis ce qu'on appelle une agoraphobe ou, pour certains des nombreux praticiens que j'ai pu consulter, une phobique sociale. Il semblerait qu'ils ne soient pas tous d'accord sur ce point, ni sur d'autres. La seule chose sur laquelle ils se retrouvent sans problème et avec une belle harmonie, c'est sur la question de leurs honoraires.
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mosaique92mosaique92   08 novembre 2018
Je n’ai pas aimé l’école, jalousies, félonies, échantillons toxiques de ce que promet la vie. Avec mes Wouh-Ouh-Ah et tous mes parasites j’avais du mal. Du mal à m’intégrer vraiment. S’intégrer à un groupe c’est important, vital, tous les enfants le savent. Solitude, rejet, c’est ce qui fait le plus mal. Tout seul on n’est que soi, ce n’est pas suffisant. Je me faisais des copains au rabais, au rebut. Timides, disgracieux, rondouillards, loucheurs, bègues, étranges énergumènes, petits haltérophiles champions de l’arraché qui levaient haut, très haut au-dessus de leur tête le poids déjà trop pesant de leur vie. Ceux à qui rien n’est donné d’avance, qui ont bataillé double pour être et pour avoir. La volière des oiseaux rares.
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