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EAN : 9782370552709
153 pages
Le Tripode (20/05/2021)
3.79/5   89 notes
Résumé :
Monsieur Ka, Monsieur Ron et Monsieur Petit s’ennuient. Ils trainent leurs rêves de jour en jour, sans trop y croire. Une nuit, leur errance les rassemble dans le bar d’une ville minuscule. C’est le moment que vont choisir les trois hommes, dans une montée d’ivresse, de frustration et de rage, pour basculer dans une folie barbare.

Inspiré d’un simple fait divers, Ritournelle est un livre sur la banalité de la violence, l’histoire d’un procès qui se t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Réussir son deuxième livre : l'obstacle le plus difficile pour tout écrivain et l'indicateur de confirmation pour nombre de lecteurs. Dont moi.

Réussir son deuxième livre : challenge encore plus compliqué pour Dimitri Rouchon-Borie après le récent, fulgurant et mérité succès du Démon. Et challenge encore plus difficile pour lui quand ce deuxième livre est en fait le premier. Mais intégralement repris ces derniers mois pour que ce qui était initialement plus proche du compte-rendu d'audience romancé devienne un roman inspiré d'un compte-rendu d'audience. Nuance. Et de taille !

Réussir son deuxième livre : c'est ne pas céder à la tentation, humaine, un peu compréhensible mais généralement vouée à l'échec, de réécrire un ersatz du premier. Et bonne nouvelle, Dimitri Rouchon-Borie n'est pas tombé dans le piège avec Ritournelle, qui s'il partage avec le Démon la thématique de la violence, s'en démarque par tous les autres aspects, style compris.

Réussir son deuxième livre : c'est raconter comment 3 personnages, les sieurs Ron, Ka et Petit, vont croiser la route du couple que forment Vouté et Esmeralda. Une rencontre, un bar, de l'alcool, une fin de soirée qui dégénère, un mot, un regard, la violence qui démarre, s'intensifie et la beuverie qui tourne au drame. Horrible, scabreux, inhumain.

Réussir son deuxième livre : c'est trouver les mots simples pour décrire cette chronique de la misère sociale qu'une étincelle, un lieu, un concours de circonstances vont transformer en violence gratuite et mortelle, en fait divers dont les petites lignes de la PQR ne peuvent suffire à témoigner des ressorts qui l'ont enclenché. C'est utiliser habilement les échanges du procès en mettant le lecteur dans la peau du magistrat appelé à se faire un avis entre les témoignages froids et techniques, et ceux emplis d'émotions, d'incompréhension et, parfois, de remords.

Alors oui, Dimitri Rouchon-Borie a assurément réussi son deuxième livre, et haut la main ! Ritournelle poursuit l'étude de l'âme humaine et de ses travers entamée dans le Démon et vécue quotidiennement par l'auteur dans les prétoires. Et si cette réécriture du premier jet est bien un roman, rappelons-nous que, malheureusement, comme dans le film éponyme, c'est arrivé, près de chez nous…
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Seulement quelques mois après l'excellent "Le Démon de la Colline aux Loups", les éditions du Tripode nous proposent de découvrir un texte écrit en 2018 par Dimitri Rouchon-Borie et publié à La Manufacture, mais repensé et réécrit à l'occasion de cette sortie.

Alors qu'en est-il de ce Ritournelle?
A la découverte de la quatrième de couverture, deux impressions.
La première était une excitation à l'idée de lire si rapidement un nouveau texte de Dimitri Rouchon-Borie, tant son Démon m'avait plu et retourné. Encore plus en voyant que c'était un texte déjà publié, mais repensé. L'occasion de voir si ce talent était déjà là, où s'il a émergé avec le Démon.
La deuxième était la peur de relire la même chose. J'ai eu ce genre de pincement de lèvres, en voyant qu'il s'agissait d'un procès. Enfin pas vraiment la peur, mais l'ennui de relire un procès difficile, dérangeant, comme celui du Démon, qui était extrêmement bien fait, et donc qui me semblait difficilement égalable.
Puis j'ai ouvert le livre.

Je l'ai lu d'une traite.
Aucun temps mort. Les dialogues fusent, sont impeccables et implacables. Ils servent parfaitement le propos, en donnant le réalisme, le dynamisme et le suspens nécessaires à une oeuvre pareille. L'histoire est accrochante, l'écriture resserrée, pas de fioriture, beaucoup d'efficacité.
Mais en refermant le livre, j'étais dubitatif. C'est rare qu'un livre que je lis si rapidement et avec autant de plaisir me laisse dans cet état. J'avais notamment été une nouvelle fois retourné par cette escalade de violence lors de la scène dans l'appartement notamment. Révolté par l'attitude inconsciente de Ka, Ron et Petit qui rient de leurs horribles comportements, qui restent dans leur rôle de petites frappes essayant de serrer une meuf, et s'amusant à massacrer un inconnu, juste pour un concours et un coup de bite. Ce passage m'a réellement gêné, et je me suis demandé pourquoi raconter cela, de cette manière. Etait-ce nécessaire d'écrire un tel déferlement de violence? Dans une "folie barbare" comme il est écrit en quatrième. Je ne sais toujours pas vraiment. Evidemment cela fait écho au tout premier "chapitre", qui est écrit avec beaucoup de détachement, qui n'est que factuel, froid, où je n'ai senti aucune barbarie, aucune émotion. Non, on ne tombe pas dans le gore, dans les descriptions sanguinolentes et de tortures gratuites, mais cet accès de violence m'a vraiment perturbé. Cependant cela permet d'ouvrir une réflexion intéressante sur la violence, ses accès soudains, de voir qu'elle peut être sans borne ; comment elle se matérialise sous prise de stupéfiants ; comment elle semble neutralisée et dénaturée par la présence d'un groupe, où chaque participant y voit l'occasion d'en remontrer aux autres, de s'imposer comme le leader... Même si, au premier abord, ce passage est difficile à digérer et métaboliser.

Mais! Il y a beaucoup d'intelligence dans ce livre, et Dimitri R-B est bien un écrivain!

Premièrement, la façon qu'il a de jouer avec les temporalités du récit. Cette façon si naturelle qu'il a de faire basculer le temps de l'audience vers ceux - déjà passés de plus de 2 ans (mais qui restent entièrement dans le présent!) -, des moments clefs conduisant du vol de l'American Express aux actions les plus abjectes. Très habile!

Deuxièmement, les questions-réponses entre la présidente exacerbée, au calme plein de sagesse, et les trois accusés qui, même s'ils essayent de garder la tête haute et le torse bien bombé, perdent toute contenance et toute substance devant les accusations horribles et terrifiantes qu'elle leur présente. Je trouve que ces échanges esquissent drôlement bien la personnalité des personnages, et toutes leurs insolentes contradictions. Et globalement les dialogues sont vraiment très bons. Ca m'a fait penser à ce que j'ai pu lire dans "Cinq dans tes yeux" de Hadrien Bels. On sent une vraie spontanéité, mais surtout une proximité avec la façon dont les gens parlent/causent en 2021. Ce n'est pas propret, c'est oral, ça fuse, c'est mélodique. On est dans de la joute constante, la moquerie, la taquinerie, et à qui aura le dernier (bon) mot. Gros point fort de ce texte!

Et en jetant un dernier coup d'oeil au livre, je (crois) comprends pourquoi cette oeuvre pour la couverture. Là j'y vois un visage de profil boursouflé, gonflé d'hématomes, la bouche tuméfiée à l'extrême, une fracture ouverte au nez, laissant apparaitre l'arête osseuse, du sang partout, des giclures, des traces, et, étrangement, un tracé au crayon autour de ce visage, comme pour marquer l'endroit où sera retrouvé le cadavre...

Pari réussi !
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Dans son premier roman, Le démon de la colline aux loupsDimitri Rouchon-Borie avait utilisé une langue brute, sans tournures ni effets afin d'être au plus près de son personnage, Duke, et lui donner à la fois chair et mots pour restituer au plus près sa vie, ses pensées. C'était audacieux mais réussi.

Après un tel roman, il est périlleux parfois de sortir un deuxième ouvrage, de façon en plus si rapprochée, tellement l'empreinte du précédent est présente chez les lecteur(rice)s mais aussi de trouver un autre style pour narrer une confession d'un crime en n'utilisant pas les mêmes techniques. Pour se faire, Dimitri Rouchon-Borie a ressorti de ses tiroirs un texte écrit préalablement et l'a remanié pour nous offrir une chronique sur la violence banale, ordinaire et gratuite, pour peu, pour rien, presque par amusement.

Il nous offre les minutes d'un procès : celui de trois hommes : Messieurs Ka, Ron et Petit, trois compères qui se sont retrouvés un soir dans un bar où ils vont croiser leur victime, Vouté et sa compagne Esméralda. Les trois individus vont s'échauffer et la violence va peu à peu tourner à la torture gratuite, monter crescendo, une sorte de surenchère idiote, pour rien, pour s'amuser, pour passer le temps, pour combler les frustrations de toutes sortes, sans même avoir conscience de la portée de leurs actes.

Il y a à la fois la narration de la part du chroniqueur judiciaire, profession de l'auteur, mais également la restitution des minutes du procès avec les questions-réponses entre la présidente et les accusés ainsi que les faits eux-mêmes, commençant par une soirée dans un bar et qui peu à peu vont devenir glaçants, terrifiants et avec un art de la chute pour faire la démonstration de la bêtise humaine dans sa plus pure expression.

J'ai commencé ma lecture en ne sachant pas très bien où je mettais les pieds. Je dois vous avouer que je tournais les pages, un peu méfiante en sentant que la soirée entre les trois hommes et leurs victimes n'allait pas être des plus douces. Et je n'avais pas tort : plus j'avançais et plus les trois monstres me répugnaient à la fois par leurs actes mais également par le manque de conscience qu'ils en avaient.

On a du mal à croire à la réalité de ce genre de récit et pourtant l'auteur s'est inspiré d'un simple fait divers, un parmi d'autres, la banalité de la violence du mal comme moyen de s'affirmer, les hommes se transformant en bourreaux, en tortionnaires pour combler le vide de leurs vies, le vide d'une soirée.

C'est la restitution d'un crime ordinaire avec une écriture froide, au plus près des faits dans ce qu'ils ont de plus sidérants parfois avec en introduction de chaque chapitre le ressentis du chroniqueur face aux accusés, aux témoins ou intervenants, à l'ambiance dans la salle du tribunal, contrebalançant avec les échanges vifs entre la présidente et les trois lascars, celle-ci devant régulièrement recadrer les débats donnant ainsi une idée de la légèreté intellectuelle des accusés.

Ritournelle n'est pas une chanson plaisante mais dépeint une humanité dans ce qu'elle a de plus abjecte, de plus gratuite, elle nous propose de nous pencher sur ce que l'homme peut avoir de plus sombre, quand il redevient une sorte de bête assouvissant ses plus bas instincts, comme cela, un soir, presque par jeu, pour assouvir un pouvoir qu'il ne possède pas dans la vie de tous les jours. 

J'ai beaucoup aimé même si cela me révolte, me révulse, m'horrifie et parce qu'il est nécessaire parfois de nous mettre face à ce que les hommes ne se croient pas capables de faire et dans ce qu'ils ont de plus bas.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Avant toute chose,je vous souhaite en cette nouvelle année qui commence ,bonheur et santé.

Dernière lecture de l'année et pas des moindres dans le domaine de l'atrocitė
2ème roman que je lis de cet écrivain (Le 1er étant:: le démon de la colline aux loups voir ma critique).
J'ai récidivé mais dans l'innomable,l'intolérable.
Étant journaliste dans les faits divers ,Dimitri Rouchon-Borie s'est inspiré d'un fait divers qu'il avait déjà publié en 2018 sous forme de chronique,pour nous en faire un roman.L'histoire d'un procès :
Jusqu'où va la folie des hommes,de trois hommes et d'une femme ,quand imbibés d'alcool et de drogue ils vont s'en prendre au compagnon de cette femme,et commettre d'affreux actes de barbarie.
En phrases courtes,l'auteur nous décrit une descente en enfer où leur folie va nous donner la nausée jusqu'à l'écoeurement !
Une histoire brute, sans complaisance où " le tragique tourne à l'absurde".Trois paumés,trois êtres " creux" ,qui vont se venger de leur vie terne et morne en plongeant dans une folie barbare et meurtrière.
À conseiller pour les amateurs de romans noirs où l'histoire n'est pas une fiction .
Personnellement j'ai préféré son 1er roman.
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« Ritournelle » de Dimitri Rouchon-Borie (2021, le Tripode, 162 p.) avec des superbes illustrations couleur de Delphine Rivals en couverture et rabats. L'histoire est en partie reprise de « Au Tribunal » (2018, La Manufacture de Livres, 308 p.), comme l'annonce une Note de l'Editeur en début de livre. Mais c'est une histoire fortement remaniée qui est présentée.

Un trio formé par un monsieur Ka, un monsieur Ron et un monsieur Petit, auquel il faut ajouter une demoiselle Esmeralda, accompagné de Vouté, son compagnon du moment. Les trois premiers s'ennuient à ne rien faire.

C'est donc une chronique judiciaire un peu améliorée ou romancée, peu importe. Il faut dire que Dimitri Rouchon-Borie a tenu celle de « le Télégramme » de Brest et a donc accumulé de la matière. Son précédent livre reprend en partie ces chronique. Tout comme Dominique Simonnot avait sa chronique dans « le Canard Enchainé » dont elle a tiré « Coup de Barre. Justice et Injustices en France » (2019, le Seuil, 304 p.). de même Pascale Robert-Diard, chroniqueuse pour « le Monde » a tiré « Dans le Ventre de la Justice » (2006, Librairie Académique Perrin, 204 p.) dans lequel elle relate les scènes souvent tragiques, cruelles mais aussi parfois drôles et touchantes de la Justice telle qu'elle se pratique. Puis, elle passe à des procès plus retentissants du point de vue médiatique avec « La Déposition » (2018, Folio, 208 p.) de l‘affaire Agnelet dans laquelle Maurice Agnelet comparait pour le meurtre de sa maitresse Agnès le Roux, riche héritière du casino « le Palais de la Méditerranée » à Nice.

Dans « Ritournelle », c'est plutôt une affaire banale qui, comme souvent dérape et finit en monstruosité sur fond d'alcoolisme et de fumette. Tout commence par une très banale embrouille, avec « emprunt » de carte bancaire. Une carte « American express » parce que celà situe tout de suite là où est la vraie richesse, avec le « billet vert » par procuration. Même pas une vraie arnaque car ce n'est que projet d'achat de bijouterie de fantaisie au supermarché local. Et faire la fête ensuite au « Palace » là où ils achètent leurs sandwichs. le grand jeu, presque tout de suite. Pour séduire, rien de tel qu'un bouquet de roses rouges. Grande scène où le bouquet passe de 132 « le nombre de jours que je pense à elle depuis notre première rencontre » puis 150, ou même 50 (question de coût), mais « 50 ça fait deux fois moins romantique. / - Trois fois » lui répond la vendeuse. Bref, des héros aux pieds nickelés. La suite est du même tonneau, mais je préfère ne pas dévoiler les dialogues.

C'est surtout là que le livre est intéressant. Dialogues entre la présidente du tribunal et les protagonistes. A qui on finira par faire dire tout ce qui s'est passé. Comment cette arnaque banale, même pas réalisée, tourne au mauvais trip, le tout sur fond de reggae, alors que la victime subit vraiment les délires des prévenus, devenus accusés. Scène également quasi comique que celle des experts pour qualifier la dérive alcoolisée de la piteuse bande.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Il y a un silence dans la salle. De ces silences qui n’appartiennent qu’aux cours d’assises. On ne sait pas bien s’ils soulagent. S’ils pèsent trop. On ne sait pas bien s’ils sont une fin. Ou s’ils sont un seuil.
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--L'enquête de voisinage.....Les commerçants nous ont donné un signalement assez précis des deux individus.Nous récupérons des images de vidéosurveillance. À la banque.Et au supermarché .Nous avons des photos.Reste à leur trouver une identité. En fait ,il a suffi de retrouver les tickets correspondants aux achats que monsieur Ka a payé avec sa carte bancaire.(Page155).
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Dernier livre de l'année 2021
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Le corps est parfaitement allongé dans un recoin de la ruelle.La tête tournée vers le ciel.Le menton dans une posture volontaire. Au sommet du crâne, sous l'effet d'une brise légère, une mèche de cheveux ,dressées à l'oblique,vient caresser la vitrine d'une boutique.A la manière d'un feu follet signalant une âme dans la nuit.(Page 11).
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Il y a dans la salle. De ces silences qui n’appartiennent qu’aux cours d’assises. On ne sait pas bien s’ils soulagent. S’ils pèsent trop. On ne sait pas bien s’ils sont une fin. Ou s’ils sont un seuil. Mais leur densité nous oblige. Personne ne murmure. Personne ne renifle ni ne tousse. Les escortes sont figées. Les jurés statufiés. L’accusé, debout, tête basse, n’ose pas lever la tête.
La voix de la présidente sonne comme un retour à la réalité.
- Vous ne sentez pas que c’est là que tout bascule ?
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Incipit :
Le corps est parfaitement allongé dans un recoin de la ruelle. La tête tournée vers le ciel. Le menton dans une posture volontaire. Au sommet du crâne, sous l’effet d’une brise légère, une mèche de cheveux, dressée à l’oblique, vient caresser la vitrine d’une boutique. A la manière d’un feu follet signalant une âme dans la nuit.
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