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ISBN : B07WSF2PVD
Éditeur : Audible Studios (21/11/2019)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Votre vie est encombrée d'une ou plusieurs créatures malfaisantes ? Vous désirez surmonter cette odieuse expérience et savoir comment vous en défaire? Avec humour, bienveillance et sagesse, ce livre propose une nouvelle éthique pour penser et soigner ce fléau de notre temps, maladie du collectif et poison de nos vies individuelles.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   10 novembre 2019
Au même titre que l’existence des cons, l’existence de la haine, de la colère, etc., doit être accueillie non comme une erreur, mais comme un fait. Vous allez donc non seulement devoir faire avec l’existence du salopard qui refuse de récompenser vos efforts même par un geste qui ne lui coûterait rien, mais vous allez en plus devoir survivre aux émotions qu’il vous inspire. Pour travailler correctement, il faut d’ailleurs inverser les choses : d’abord régler leur compte à vos émotions ; ensuite, on s’occupera de ce salaud.
Une fois admise leur souveraine existence d’événements, on pourrait continuer à soutenir que les émotions sont presque toujours excessives, donc se situent bel et bien du côté du désordre. Mais à bien y regarder, cette idée ne tient pas la route. Car les émotions ne deviennent excessives (par définition) que lorsqu’elles passent un seuil ; or, pour qu’il y ait un seuil, il est nécessaire que quelqu’un ou quelque chose l’ait défini au préalable, sans tenir compte de l’émotion ; donc, ce seuil suppose lui-même une instance extérieure. Cela nous indique que les émotions deviennent excessives toutes les fois que (et si et seulement si) une instance de contrôle vient irriter et exacerber leur force souveraine.
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rkhettaouirkhettaoui   12 novembre 2019
La préférence pour la guerre que l’on décèle chez les cons ne révèle donc en aucun cas une mystérieuse pulsion de mort, car la violence qu’ils appellent et incarnent n’est pas seulement une forme de pouvoir qu’un sujet exercerait sur et contre quelqu’un d’autre. La violence de la connerie est plus cosmique que ça. Elle signale le fait que les humains sont les relais d’une force qui peut unir et désunir, s’auto-organiser et se désarticuler, pulvériser les humains et la planète Terre plus facilement qu’on souffle sur les pissenlits. Ce qui engendre la destruction véritable (la guerre, les morts, les désastres écologiques) n’est donc rien d’autre que la force sublime de l’existence qui tantôt s’auto-organise dans de merveilleuses combinaisons d’énergie – c’est vous, c’est la vie, la joie, c’est l’éternel printemps de l’Univers – tantôt se désorganise dans d’effrayantes fulgurances qui révèlent la fragilité de toute élaboration perspective. Oh, je sais ! Vous voudriez que les cons souffrent seulement en pleurant, qu’ils vous tendent la main, qu’ils soient souriants et pittoresques. Eh bien non. La force de l’existence les traverse en les détruisant, et pour cette raison, ils souffrent en haïssant. Et ils haïssent n’importe quoi, n’importe qui, parce que la force, à travers eux, détruit.
Plus immédiate, plus simple, moins coûteuse en moyens immédiats que le dialogue, la destruction est en définitive consubstantielle à la connerie. À cette étape, presque toute l’enquête philosophique se voit donc contrainte de s’inverser. Car, vous le comprenez, il n’est pas possible que la connerie soit détruite, puisqu’elle est elle-même le principe de toute destruction. Voilà pourquoi les cons les plus massifs sont pour les philosophes comme des vaches sacrées : ils savent qu’ils ne peuvent en aucun cas s’en faire comprendre, et pour cette raison, ils s’interdisent religieusement d’essayer.
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rkhettaouirkhettaoui   10 novembre 2019
J’accorde de bon cœur que nous sommes tous le con d’un autre ; mais cela ne signifie pas que tous les cons se valent. Au contraire, puisque chacun fournit sa propre évaluation de la connerie, la confrontation entre les évaluations produit nécessairement certains accords et désaccords. Donc, dans la situation locale et urgente qui fait l’objet de notre analyse, le con ou la conne est celui ou celle que le plus grand nombre d’autres s’accordent (malgré les variations) à estimer tel : cela signifie que la connerie objective n’est pas celle qui existe dans l’absolu et qui précède les évaluations subjectives, mais celle qui est produite par le recoupement de ces évaluations, de sorte que l’on peut dire que l’objectivité se définit à l’intersection de toutes les subjectivités, comme ce qui leur est commun.
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rkhettaouirkhettaoui   10 novembre 2019
Nous savons, nous sentons que nous valons mieux que le malpropre qui ne tire pas la chasse dans les lieux publics, ou que la baronne qui se croit tout permis parce qu’elle a de l’argent ; et pourtant notre valeur ne suffit pas à nous faire triompher de leur connerie. Au contraire ! C’est à proportion de notre exaspération pour eux, à proportion de notre désir de les planter là ou de les faire disparaître de notre monde, que nous les distinguons précisément comme un con ou une conne – des êtres qui créent autour d’eux un reflux de bienveillance et d’amour. Ainsi, exactement en même temps que la connerie repose sur un jugement moral formel, elle engage un rapport affectif – en d’autres termes, une émotion – par définition négatif, qui nous donne soif de renoncer à notre commune humanité par un réflexe épidermique, un excès d’impatience dont nous ne voulons même plus savoir s’il est salutaire ou suicidaire. Quoi qu’on y fasse, les cons, on les déteste – stultitia delenda est.
Alors s’enclenche un très étrange dispositif, que je compte décrire plusieurs fois, en employant différentes images, afin de déjouer différents pièges. Nous étions comme réunis en cercle autour de l’emmerdeuse ou du connard qui empoisonnent nos vies, et nous nous accordions à les placer plus bas que nous-mêmes… Mais au moment où ils se mettent à nous répugner, nous commençons à perdre à notre tour notre disposition à l’empathie.
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rkhettaouirkhettaoui   10 novembre 2019
L’une des principales caractéristiques de la connerie – d’où l’importance d’employer sa désignation argotique – est qu’elle absorbe en quelque sorte votre capacité d’analyse et, par une étrange propriété, vous contraint toujours à parler sa langue, à entrer dans son jeu, bref, à vous retrouver sur son terrain. Il s’agit d’un piège si difficile à déjouer que, pour y être confronté sous mon propre toit, ayant la chance (heureusement provisoire) de vivre en colocation avec l’un d’eux, j’ai résolu d’interrompre mes travaux universitaires les plus difficiles pour rendre ce service à moi-même et aux autres : éclairer cette difficulté, parmi les plus grandes de toutes, et, si possible, nous en sortir.
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