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EAN : 9782710369707
272 pages
La Table ronde (05/09/2013)
3.76/5   78 notes
Résumé :
Peu de temps après la disparition de sa mère, Richard Russo, l'écrivain couronné du prix Pulitzer et auteur d'une dizaine de romans traduits dans le monde entier, prend la plume pour décrire la vie de cette femme autoritaire mais fragile qu'il adora autant qu'il la subit. À chaque étape de l'existence de son fils, de son enfance dans la banlieue industrielle de New York à sa carrière dans les universités américaines, à travers les différents seuils de son mariage, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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gonewiththegreen
  01 mars 2021
Richard Russo est incontestablement un des mes écrivains préférés, prouvant, si besoin en était, que les Etats Unis engendrait autre chose que des fous dangereux menaçant la planète.
Je me suis lancé dans ce Ailleurs sans en connaître le moindre contenu.
Grande fut donc ma surprise de tomber sur un livre retraçant le parcours de sa mère, mais également celui de R.Russo. Et quand on est un adepte de l'auteur, on ne peut qu'apprécier.
Russo est égal à lui même . Il écrit divinement bien, est réservé dans ses propos et nous plonge dans ses personnages comme personne.
Il s'agît ici des relations avec sa mère, la construction de sa vie avec son épouse et ses filles en parallèle. Mais on plonge aussi dans le comté de Fulton, celui des tanneries , celui du merveilleux déclin de l'empire Withing, de Mohawk.

Sa mère , tout d'abord. Malade , bourrée de toc, indépendante mais aussi accroché à son fils dont elle ne peut se passer. Elle s'est sacrifiée pour l'élever. L'auteur, fils unique, s'est habitué "aux délires"de sa maman qui le suivra en Arizona ou en Illinois .
Le livre revient sur l'état de la mère et son évolution.Avec beaucoup de pudeur, sans 'pathos', livrant l'auteur à une introspection honnête et remarquablement retranscrite. Il dresse un portrait émouvant de cette femme courageuse qui a livré toute sa vie un terrible combat contre elle même et a usé son temps à se "passer des savons".
Et puis il y a Gloversville, la ville de l'enfance, soumise aux déclins des tanneries. Ce livre éclaire complètement l'oeuvre de Richard Russo .On le suit dans sa construction d'écrivain .
Pour ceux qui connaissent l'oeuvre de Russo, il y a un roman un peu dissonant, les sortilèges du Cape Cod. ... Tout va s'éclairer ici!
C'est un livre essentiel pour les afficionados de Richard Russo . Il ajoute à son talent l'histoire de sa vie , avec toute la retenue dont il est coutumier.
Il est humble, réaliste, émouvant, un peu masochiste presque, précis.
Il rend un hommage original à sa maman, mais sans doute juste et honnête.
Il est surtout un immense écrivain qui s'est positionné en fils et s'est servi de son talent pour nous narrer "son" histoire, qui se lit comme un roman.
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carre
  06 novembre 2016
Richard Russo fait de sa mère l'héroïne de ce « Ailleurs », récit intime de l'auteur de « Quatre saisons à Mohawk ». Mère indépendante, au caractère bien trempée, elle suit au gré des déménagements un fils qui commence à être reconnu. Avec sa femme Barbara, Russo doit obligatoirement prévoir un logement pour cette mère un brin manipulatrice. Mais derrière ces traits de caractère se cache surtout une femme en souffrance, maniaco-dépressive non descellée, obligée de prendre sa vie en main par la force des choses.
Russo revient sur son enfance à Gloversville, sur sa vie d'homme intimement liée à la présence maternelle, jusqu'à sa disparition.
Russo raconte cet amour filial avec une sincérité remarquable, conscient que l'homme, le mari et le père qu'il est devenu vient de ce lien (la plupart du temps plus subit que souhaité) maternel intrusif et compliqué. Son témoignage sensible, sans faux semblants est des plus réussit. Un grand auteur.
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tynn
  25 février 2014
Quand Richard Russo évoque le souvenir de sa mère, c'est d'abord l'image d'une femme orgueilleuse, courageuse qui lui revient en images dans l'Amérique prospère et gaie des années 50.
Une femme divorcée donc indépendante par nécessité, élevant seule son fils avec des problèmes financiers récurrents, et une autonomie fragile qui la maintient "en cage" dans une petite ville de l'état de New York.
Une mère qui, à 45 ans, ne lâche pas son fils étudiant d'une semelle pour tenter un nouveau départ improbable en Arizona, dans des conditions d'impréparation frisant l'inconscience. Un fils qui va devoir constater puis assumer qu'il représente l'unique pilier familial d'une femme sans avenir et de peu de ressources. Lourde charge quand on sort de l'adolescence avec une mère maniaco-dépressive non diagnostiquée.
Et des nouveaux départs pour elle, il y en aura beaucoup d'autres, souvent sans réussite, et le fils devenu homme, mari et père de famille, universitaire écrivain reconnu, sera toujours retenu par le lien filial de cette mère pathologiquement instable, la "trimbalant" dans ses bagages dans de multiples déménagements.
Une biographie familiale réaliste et minutieuse reconstituée par un fils attentif et aimant, assez fier des prouesses maternelles remportées contre l'adversité et la maladie mentale. Richard Russo, en romancier adroit avec les mots, analyse, décrypte des modes de fonctionnement passionnants, avec une fine compréhension de la manipulation maternelle et de son propre ressenti.
S'est-il autorisé à en soustraire arbitrairement ses propres moments de lassitude, de découragement et d'énervement ? Ils sont assez peu évoqués. Au constat de la pérennité de la relation, on peut saluer un vrai courage (ainsi que pour son épouse!) pour n'avoir pas jeté l'éponge avec une mère continuellement insatisfaite et culpabilisante.
Richard Russo, lucide, revisite donc avec tendresse et sans pathos le destin d'un des femmes de sa vie, nous offrant généreusement une intimité difficile, une complicité attachante mais dévorante, un témoignage d'amour pour une mère qui avait une araignée au plafond.
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palamede
  18 avril 2014
Entre autobiographie et biographie, Richard Russo raconte sa vie avec Jean, sa mère. Dans un essai pour la comprendre et pour se comprendre, il analyse leurs rapports de son enfance à l'âge adulte.
Après le départ de son père, ils vivent dans la maison de ses grands-parents, à Gloversville, petite ville industrielle en déclin de l'État de New York. Mais quand Richard part à l'université, Jean, aspirant à plus d'indépendance vis à vis de ses parents, le suit en Arizona. L'auteur doit désormais gérer seul l'impulsivité de Jean ; c'est le début d'un tête-à-tête où, progressivement, le fils devient le soutien de sa mère.
Plus tard, professeur d'université, marié et père de deux filles, Russo choisit ses postes en fonction de Jean et les rares fois où il essaie de ne pas se préoccuper de ses états d'âme, il est rongé par un sentiment de culpabilité.
Partagé entre l'amour filial, le sens du devoir et la préservation de sa vie personnelle, Russo poursuit son désir de devenir écrivain contre l'avis maternel. Il s'interroge sur la genèse de cette envie d'écrire et l'attribue paradoxalement à Jean ; elle a toujours aimé lire et lui a transmis son amour de la lecture : « c'est grâce à ma mère que j'ai appris que lire n'était pas un devoir, mais une récompense… ».
Avec une écriture fluide et authentique, Richard Russo nous entraîne dans son histoire familiale sans tenter de l'enjoliver. Il tire les enseignements de ce retour en arrière pour voir les aspects positifs de son éducation, le plus important d'entre eux étant d'avoir fait de lui un écrivain.
Il aime cette mère possessive, obsessionnelle et égocentrique ; mieux il se reconnaît en elle. Ce livre, qui commence et s'achève par la dispersion des cendres de celle qu'il n'a jamais vraiment quittée, est une véritable déclaration d'amour filial.
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pyrouette
  24 décembre 2013
C'est une petite ville qui se meurt, la misère fait son apparition. Jean a un travail, vit avec son fils au premier étage de la maison familiale. Elle a son indépendance, du moins le croit-elle. Elle rêve de partir, étouffe dans sa famille, son travail, sa ville, sa vie. Malgré le manque d'argent elle met un point d'honneur à s'habiller correctement, ne jamais se laisser aller, ne pas avoir de dettes, elle garde sa dignité, son orgueil. Elle partira quand son fils s'inscrira dans une université à l'autre bout du pays. Son ailleurs commence, celui de son fils aussi. de ville en ville et avec de nombreux retours dans sa ville d'origine, Jean suit son fils comme son ombre. Rick ne se questionne pas, malgré les avertissements de son beau-père. Il comprendra à la fin de la vie de sa mère que cet ailleurs est dans la tête et juste là, qu'il ne sert à rien de sillonner l'intégralité du pays puisque ce mot, cette envie, tôt ou tard refera surface. Cet ailleurs pour fuir leurs angoisses, ils l'ont vécu tous les deux comme une entité et non comme deux individus distincts. Mais la normalité pour un enfant est un concept étrange et Rick devra faire un travail sur lui et plonger dans ses souvenirs pour réaliser que plusieurs membres de sa famille, y compris lui, souffre ou souffrait d'une maladie angoissante, cyclique. le mot de la fin revient à Rick : Être son pire ennemi, c'est une chose que je comprends.
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critiques presse (3)
Telerama   18 décembre 2013
De ce récit signé Richard Russo, on ne saurait mieux dire qu'il est une autobiographie et une biographie mêlées – enchevêtrées, dangereusement inextricables, l'autobiographie de l'écrivain et la biographie de Jean Russo, sa mère [...] un lien inextricable, contraint et tendre, fusionnel et hautement toxique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   01 octobre 2013
Russo s'est littéralement flagellé pour sortir de ses tripes ce récit tout aussi tourmenté où, au fil d'anecdotes souvent tragiquement drôles, il brosse le portrait d'une mère toxique, castratrice, méfiante, obsessionnelle, autoritaire, bourrée de tocs, constamment shootée au Valium.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   19 septembre 2013
Ailleurs n’est pas que la formidable description d’une femme et du pays que sa vie maladive traverse et révèle. C’est le récit d’une transmission. Ecrire sa mère, pour Russo, c’est aussi parler de son travail : la nature du lien qui l’unit à elle définit la distance et le regard qu’il porte sur le monde.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   06 février 2014
Elle lisait. Tous les soirs. (...) C'est grâce à ma mère que j'ai appris que lire n'était pas un devoir, mais une récompense, grâce à elle que j'ai eu l'intuition d'un vérité essentielle : la plupart des gens sont enfermés dans une existence solitaire, une vie restreinte par le manque et l'absence d'imagination; des limites que ne connaissent pas les lecteurs. Vous ne pouvez pas créer un écrivain sans créer d'abord un lecteur, et c'est ce que ma mère a fait de moi. En outre, même si je n'avais plus l'âge de m'intéresser à ses livres, ceux-ci participèrent à la fabrication de l’écrivain que je deviendrais plus tard, un écrivain qui, contrairement à beaucoup d'autres formés à l'Université, ne considérait pas le mot "intrigue" comme un gros mot, qui faisait attention au public et au rythme, et qui se montrait peu tolérant vis-à-vis des prétentions littéraires.
+ Lire la suite
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littleonelittleone   03 avril 2014
C'est grâce à ma mère que j'ai appris que lire n'était pas un devoir mais une récompense, grâce à elle que j'ai eu l'intuition d'une vérité essentielle : la plupart des gens sont enfermés dans une existence solitaire, une vie restreinte par le manque et l'absence d'imagination ; des limites que ne connaissent pas les lecteurs. Vous ne pouvez pas créer un écrivain sans créer d'abord un lecteur, et c'est ce que ma mère a fait de moi.(p. 169)
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giatigiati   05 août 2015
La mort permet, paraît-il, de tourner la page. Je n'en suis pas encore là. C'est peut-être pour cela dans mon rêve de la nuit précédente, je portais ma mère vers une destination inconnue, et pourquoi, j'aais l'impression que j'allais devoir continuer éternellement. Plusieurs mois se sont écoulés depuis sa mort, et pourtant, quand le téléphone sonne en pleine nuit, je m'attends toujours à entendre sa voix: elle veut savoir où je suis, pourquoi je l'ai abandonnée.
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giatigiati   05 août 2015
tu crois vraiment que je ne fais pas d'efforts ? demanda-t-elle les mains tremblantes et la lèvre inférieure frémissante. Parce que j'en fais ! J'espère que tu ne devras jamais en faire autant". Il n'y avait pas grand-chose à répondre à cela. Elle faisait des efforts. Elle essayait. comme souvent avec ma mère c'était l'absence totale de réussite qui nuisait à sa crédibilité.
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carrecarre   03 novembre 2016
Avec ta grand-mère, tu as toujours le choix. Tu peux faire ce qu'elle veut ou regretter de ne pas l'avoir fait.
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