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EAN : 9782264058713
456 pages
Éditeur : 10-18 (14/08/2013)
3.65/5   74 notes
Résumé :
Mohawk ... son diner, sa middle class résignée, ses vies contrariées, ses secrets : une bourgade ouvrière piégée par la crise, ordinaire. Pourtant, Anne avait des rêves, Wild Bill n'a pas toujours été fou et la famille Grouse tolérait les Gaffney... Mais dans l'ombre des 70's, entre la honte des uns et le sacrifice des autres, l'étrange fils Younger pourrait bien contrer le destin.
Une fresque poignante et âpre, tracée à hauteur d'homme, magnifique.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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thedoc
  20 juin 2021
« Mohawk » est la chronique douce amère d'une petite bourgade américaine typique du nord de l'État de New York. Les tanneries ont un temps rythmé le travail quotidien des hommes du coin mais en cette année 1967, l'époque est au changement. Harry, le gérant du principal restaurant-grill, qui voit défiler pas mal des habitants de la petite ville, observe d'un oeil neutre cette agitation qui n'en est pas vraiment une. Les mêmes jours s'enchaînent avec les mêmes têtes, tout le monde se connaît. Mohawk, vous voyez, c'est ce genre de ville que chacun souhaite un jour quitter – trop petite, trop médiocre, trop ennuyante - mais qui pour une raison ou une autre, nous retient. Car à Mohawk, on a aussi des secrets, des espoirs, des regrets. Des destins qui se croisent, des amours malheureux, des non dits et des luttes de pouvoirs. On s'aime et on se hait et juste cela, cela remplit très vite une existence.
J'ai lu il y a déjà très longtemps « Quatre saisons à Mohwak », du même auteur, que j'avais adoré. Avec « Mohawk » , qui est en fait le premier roman de Richard Russo mais publié en France après, on a déjà ce style qui nous dépeint un cadre et un mode de vie ultra typiques de ces bourgades américaines pauvres, délaissées et méprisées. Pas beaucoup d'infrastructures, des lieux emblématiques comme le restaurant, le collège, l'hôpital ou l'usine locale qui fournit le principal travail aux habitants. Et voilà, la visite est terminée.
On découvre également des personnages à la psychologie bien cernée et aux vies décortiquées. Qu'il s'agisse d'Harry, d'Anne ou de Dallas, tous semblent chercher dans le quotidien de leur existence, pas si insignifiante que ça finalement, un semblant de réconfort, révélant les espoirs et regrets de tout un chacun. Car Richard Russo use d'un style d'une sincérité désarmante, à la fois drôle et profond, faisant surgir au sein des personnages les plus désabusés une émouvante humanité.
Il n'y a rien d'extraordinaire dans ce roman, juste l'évocation poignante d'une Amérique profonde et délaissée, loin des clichés, qui entraîne le lecteur à sa suite. le temps de cette lecture, on partage le quotidien des habitants de Mohawk qui ne cessent d'espérer et nous avec.
A découvrir !
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gabb
  10 septembre 2020
C'était courant juillet, je surfais sur Babelio.
Je ne sais plus comment ni pourquoi, mais voilà que de lien en lien, au terme d'une séquence de clics quasi-aléatoire, j'atterris - en douceur - sur la page consacrée à Richard Russo.
Qui c'est celui-là ? Coup d'oeil en bas en droite.
"Auteurs proches de..." : John Irving / Jim Harrison / John Fante / Philip Roth.
Bingo, inutile d'en lire davantage, ça s'annonce bien cette affaire !
Reste à mettre la main sur un roman signé Russo (le tout premier, tant qu'à faire...), et roule ma poule !
Aussitôt dit, aussitôt emprunté : cap sur Mohawk, modeste bourgade nord-américaine, barbottant depuis les années 50 en plein marasme économique. On y retrouve sans surprise le bar un peu décrépit et sa clientèle d'habitués, les interminables parties de poker au premier étage, les petits commerces sur le déclin, les histoires de famille faites d'espoirs et de regrets, les secrets de voisinage et les combines des uns et des autres dans ces quartiers populaire où tout le monde se connait, où les ragots vont bon train et où les amitiés comme les inimitiés sont tenaces...
Bref, l'histoire de Mohawk, je l'avais déjà lue. Ailleurs, dans un autre de ces nombreux romans chorals sur l'Amérique profonde, celle des petites villes ouvrières reculées, paupérisées, oubliées, laissées à la traine de l'éternelle marche en avant industrielle et dont je reste particulièrement friand.
Je l'avais déjà lue certes, sous d'autres plumes et avec d'autres mots, mais pour autant nulle raison de bouder mon plaisir ! Entre les tables poisseuses du dinner, le vieil hôpital désaffecté et les petits pavillons de banlieue, je me suis senti comme un poisson dans l'eau (et tant pis si dans le coin, l'eau en question est un peu trouble, polluée par les rejets toxiques des tanneries locales jadis florissantes mais aujourd'hui elles aussi moribondes...)
Dans ce décor un peu terne, Richard Russo ne cherche certes pas à nous en mettre plein la vue.
C'est même l'inverse en fait. Son truc à lui c'est l'ordinaire, le l'authentique, le quotidien (plutôt morose) d'un petit groupe d'habitants lambda aux destins liés, aux existences imbriquées, et qui pour la plupart ne quitteront jamais la ville qui les a vu naître.
Comme englués là. Comme fixés à Mohawk ad vitam aeternam.
Mornes perspectives, horizons bouchés ... et néanmoins roman vivant, éclaircies passagères et petites joies fugaces, écorchures des âmes et amitiés réparatrices, accrochages et réconciliations.
L'histoire de gens vrais, tout simplement, et la découverte pour moi d'un auteur séduisant !
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OphelieC
  04 mars 2018
"Mohawk", le premier roman de Richard Russo est un ouvrage singulier, vintage, dans l'esprit de Stephen King et de Tupelo Hassman dont le premier roman, "La fille", était une bouleversante réussite.
Mais "Mohawk" est un drôle d'ouvrage, comme si l'auteur avait voulu tout dire, ne rien omettre et laisser s'exprimer sa folle imagination. L'histoire est complexe, il se passe plein de choses en même temps et nous suivons les destins entremêlés de plusieurs personnages. le poids du passé, de l'hérédité, des erreurs des pères est un thème important. Une sorte de démence semble grignoter le cerveau des habitants et dans cette petite ville, tout n'est que faux-semblants, pièges, coups-bas, magouilles. Un roman agréable à lire, mais un peu trop fouillis, que le lecteur peut être fier d'avoir lu, mais dont il aura du mal à parler...
"Mohawk" de Richard Russo est un roman déroutant, typiquement américain. L'auteur, issu de la classe ouvrière sait de quoi il parle et cela se ressent dans son écriture. Il ne plaisante pas avec ça, ce qui rend ses personnages d'autant plus crédibles. le vécu apporte un poids non-négligeable à cette histoire pas comme les autres. le lecteur risque de se souvenir de cette drôle de ville dans laquelle tout semble aller de travers, presque à part. Alors qu'il réalise en même temps, qu'elle n'est qu'un petit échantillon de tant d'autres villes en Amérique.
Richard Russo choisit de nous raconter la vie morose d'une femme qui avait des rêves et qui les a laissé filer, comme nous tous. le handicap qui vient tout changer, le désir d'émancipation d'un fils qui est condamné, la folie meurtrière d'un policier qui se balade impunément avec une arme. Les horreurs des actionnaires, au détriment de la santé. Mais aussi l'adultère, la vieillesse, le sexe, l'amour, le progrès. Autant de thèmes qui se répètent en boucle dans ce roman, peut-être un peu trop long et qui tourne en rond, défilé de scènes et de décors que l'on connait déjà. En revanche, d'autres romans de l'auteur sont remplis de promesses et donnent très envie. À voir...
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majolo
  24 novembre 2012
Quand on a lu "Le déclin de l'empire Whitening", on ne peut ignorer les similitudes entre les deux. Celui-ci a été écrit avant, et je dirais que "Le déclin..." est plus abouti, plus equilibré.
Cependant, on reconnaît le talent de R.Russo et les ingrédients classiques de ses romans:
- une petite communauté de gens vivant dans un endroit en marge du reste du monde: la plupart sont résignés, quelques uns luttent pour en partir, ou croient le faire.
- des familles marquées par des haines et des secrets, mais aussi beaucoup d'amour et de très belles amitiés.
- un témoin de tous ces destins, le gars du drugstore ou du "diner".
- le déclin économique de la région donne au récit une certaine mélancolie: ici, c'est la récession que subit l'industrie de la tannerie, autrefois florissante dans la région.
Voilà pour le décor et les acteurs, les drames peuvent prendre place. le ton est vif, ironique comme celui des dialoguistes des meilleures séries américaines, avec cependant une grande profondeur.
J'aime beaucoup son style et ses personnages sont toujours extrêmement attachants.
Petit bémol: la fin me semble un peu "bâclée", j'ai eu l'impression qu'il n'avait plus de place dans son cahier...
Lisez les suivants, ils sont parfaits.
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VALENTYNE
  04 septembre 2019
Mohawk - une petite ville aux USA - 1965 -1950 -1971 - Son dinner, son collège et son hôpital
Première partie : Les personnages sont nombreux et on apprend doucement à les connaître : Il y a Anne, divorcée et mère de Randall (un petit génie de 13 ans), il y a Dallas le père de RandalL qui m'a bien fait rire. le père d'Anne, Mather, est gravement malade, la mère est obsessionnelle...
Par ailleurs il y a Lorraine, la veuve du frère de Dallas, Diana, la cousine d'Anne et Dan son mari en fauteuil roulant suite à un accident de la route.
Il y a aussi Rory Gaffney (le méchant ) son frère le flic,son neveu Wild Bill, un peu demeuré (mais il n'a pas toujours été comme cela...il y a 15 ans il était « normal") : il défend Randall qui est racketté.
J'ai beaucoup aimé comment l'auteur « balade son lecteur » d'abord dans les années 65 puis dans les années 50...
Des aller-retours qui font entrevoir ce qui s'est passé quinze ans avant : les personnages sont complexes, attachants.
Deuxième partie : Nous retrouvons tous les personnages 6 ans plus tard.
Randall vient d'arrêter l'université au milieu de sa deuxième année : il rentre à Mohawk en stop. Au début des années 70, l'arrêt de l'université est synonyme de « départ au Vietnam », il réfléchit à s'enfuir au Canada. Il rencontre la soeur de Wild Bill.
Au même moment celui revient également à Mohawk ...la tension monte, les secrets se dévoilent...(pas tous), le situation devient explosive...
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critiques presse (2)
Lexpress   13 octobre 2011
Tandis qu'alternent flash-backs et zooms sur un présent cafardeux, chacun fait son tour de piste en nous prenant par la main sans nous lâcher, dans un roman où il ne se passe rien de spectaculaire : c'est pourtant la vie qui frémit entre ces pages, une rhapsodie de coeurs écorchés, sous la plume d'un virtuose de la psychologie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   12 octobre 2011
Paru aux Etats-Unis en 1986, et premier roman de son auteur, Mohawk est à l'oeuvre romanesque ultérieure de Richard Russo (Le Déclin de l'empire Whiting, Les Sortilèges du Cap Cod...) une matrice où déjà se lisent les qualités qu'on lui connaît - qui lui ont conféré ce statut de peintre empathique autant qu'ironique de la vie provinciale américaine, de « la vile monotonie de l'existence ».
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   24 septembre 2019
Au Mohawk Grill, il existe de nombreuses méthodes pour trouver les chevaux gagnants, et chaque habitué qui se faufile à l’intérieur du diner quand Harry ouvre à six heures tapantes possède la sienne, mais ils admettent volontiers qu’aucun système n’est infaillible sans quoi tous les parieurs vivraient en Floride. Alors, ils établissent des formules mathématiques complexes, non pas pour déterminer quel cheval va gagner, mais quel cheval l’emporterait si les courses n’étaient pas truquées. Cette conviction cynique que la science du handicap est gravement compromise par la malhonnêteté et la cupidité ne les contrarie pas. Éplucher les statistiques d’entraînement, les résultats en fonction de l’état de la piste, le niveau de compétition… C’est une occupation agréable en soi, surtout dans la lumière grise du petit jour, qui entre par les vitres du diner et se répand sur leurs journaux hippiques. Plus cyniques encore sont ceux qui pensent que les chevaux ne comptent pas, ou peu, et qu’il vaut mieux miser sur l’entraîneur qui se fournit chez le meilleur pharmacien. Un point de vue guère répandu car il est impossible de savoir, au jour le jour, qui s’est allié le meilleur fournisseur ; cette théorie n’incite donc pas à parier.
Harry joue lui-même rarement, mais il a quand même une théorie. Il n’a jamais éprouvé le besoin de la faire partager aux vieux de la vieille chevronnés qui boivent son café, tous des minables, aux compétences et aux références impeccables, qui se moqueraient de la simplicité naïve de sa méthode. N’empêche, elle a plutôt bien marché jusqu’à présent et les aficionados étaient les premiers à admettre qu’on ne pouvait pas gagner contre les chevaux de toute façon. Ou les chiens. Ou les dés. Ou les cartes. Vous pouviez juste essayer.
Quand Harry parie, il parie sur les jockeys, et même s’il est plus difficile de les handicaper que les chevaux qu’ils montent, ils ne sont pas totalement immunisés contre l’observation scientifique. Harry suit une règle primordiale : ne jamais miser sur un jockey non expérimenté. Il leur arrive de gagner, mais la plupart du temps, ils réussissent à perdre même quand on leur donne une bonne monture. Certains semblent nés pour perdre. Les meilleurs jockeys possèdent plus ou moins le même talent, mais ce qui fait la différence pour Harry, c’est l’esprit humain : la fierté la concentration. Le désir. Des qualités qui ne sont pas constantes, Harry le sait bien, c’est pourquoi il observe leurs fluctuations jusqu’à ce que son diapason interne et subtil se mette à vibrer à l’unisson et lui suggère par exemple que Shoemaker va faire gagner cinq chevaux d’affilée. Par conséquent, Harry misera sur lui chaque fois qu’il sera au départ, quelque soit le canasson, il continuera jusqu’à ce qu’il sente la fierté, le désir et la nécessité l’abandonner pour rejoindre un autre jockey. C’est une théorie idiote, il le sait, mais ça lui apporte du plaisir, et parfois même ça marche.
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tamara29tamara29   19 août 2019
Elle possédait peu d’attraits physiques, mais quand Dan rentra de Corée, elle lui ouvrit simplement les bras et ce faisant, elle devint belle, à ses propres yeux comme à ceux de Dan.
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giatigiati   02 août 2016
La fille a ôté son peignoir en eponge.c'est la plus belle chose qu'il a jamais vue et il pleure sans bruit, il a envie de lui dire. Il la regarde se brosser ses longs cheveux raides devant le miroir posé sur la commode. Il aimerait croire à la réincarnation, il aimerait recommencer sa vie.
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fiomafioma   01 novembre 2013
Le mensonge pouvait être composé de vérité à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, l'unique élément souillé se mélangeait aux éléments purs jusqu'à ce que tout soit corrompu, plus faux encore qu'une totale invention.
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fiomafioma   01 novembre 2013
On se lamente sur les choses insignifiantes qui ne vont pas, mais jamais sur les choses importantes.
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