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Michel Bibard (Traducteur)Jean-Marie Saint-Lu (Préfacier, etc.)
ISBN : 2020239280
Éditeur : Seuil (15/03/1995)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 198 notes)
Résumé :
Juan Pablo Castel est artiste peintre et meurtrier. C'est son histoire qu'il va dépeindre depuis sa cellule. Un autoportrait tout en taches sombres, bardé par endroit de couleurs violentes, d'éclairs de lucidité, que ni sa conscience ni les faits ne peuvent contenir. Un autoportrait au fusain, noir et gris, avec du rouge. Ce rouge qui prendra bientôt plusieurs significations, au fil de son témoignage et de sa volonté de se comprendre : le rouge de la passion et le r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  14 décembre 2011
Juan-Pablo Castel est un peintre estimé et misanthrope : il n'aime rien ni personne, jusqu'aux critiques dont les louanges le hérissent... Incompris, il est prisonnier de sa solitude jusqu'au jour où il tombe amoureux fou de Maria qu'il finira pourtant par tuer, ainsi qu'il l'annonce dès les premières pages de son récit écrit en prison.
C'est le récit d'une passion dévorante et exclusive, une passion éprouvée par la jalousie, la vanité, la misanthropie et l'égocentrisme du peintre : Juan-Pablo ne profite jamais de son bonheur mais passe son temps à décortiquer les instants de bonheur qui lui sont accordés afin d'y trouver la preuve de la perfidie, de l'hypocrisie ou de l'infidélité de Maria. Il se sent incompris, persuadé que le reste de l'humanité ne lui arrive pas à la cheville. C'est un homme profondément seul, incapable de voir le bon, le beau sans y soupçonner quelque chose de mesquin ou de sale... et sa solitude le conduira jusqu'à la jalousie dévorante et la folie meurtrière.
Le récit implacable et minutieux d'une névrose pathologique et meurtrière.
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oblo
  18 février 2016
Il suffira de dire que le tunnel est un court roman sur l'immense solitude de l'homme moderne, et de considérer qu'ainsi la critique en est faite. En réalité, si tout ceci peut être dit, il faudrait rendre justice à ce livre en le décrivant un peu plus. Salué par les auteurs européens comme un écho sud-américain de l'existentialisme qui interrogeait les philosophes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le roman analyse précisément cette solitude à l'aune de la relation amoureuse.
Juan Pablo Castel, célèbre peintre, a été condamné pour le meurtre de Maria Iribarne. Il se propose d'écrire ses confessions qu'il espère publier, afin que quelqu'un, dit-il, le comprenne. Car Juan Pablo Castel a tué la seule personne qui l'ait jamais compris. Ainsi commencé, le roman propose un chemin littéraire hasardeux au lecteur. Ce dernier pense lire un roman policier dans lequel il s'agira de découvrir l'auteur du crime ; en vérité, il bascule dans un roman noir aux profondes motivations philosophiques.
Juan Pablo Castel a vu Maria devant l'un de ses tableaux durant un vernissage. A la différence des critiques qu'il exècre, Maria a remarqué un détail a priori insignifiant mais cela démontre, aux yeux de Juan Pablo, que Maria est comme lui. Juan Pablo n'aime pas la compagnie des hommes ; il les méprise, les trouve vils et pense que le monde est une horrible chose. Alors Maria devient rapidement une obsession pour Juan Pablo ; durant des mois, il cherche à la revoir.
Il y parvient et noue avec elle une relation amoureuse. Mais à peine établie, cette relation est ternie par les sombres pensées de Juan Pablo. Sans cesse à se torturer l'esprit, il tente d'obtenir de Maria des réponses claires sur ce qu'elle est, sur ce qu'elle éprouve pour lui. Tout au long du roman, l'ambiguïté est maintenue sur les sentiments de Maria et sur la vie qu'elle mène. En effet, Juan Pablo découvre qu'elle est mariée à Allende, un aveugle, et qu'elle se rend souvent dans l'estancia du cousin de son mari, Hunter, avec lequel Juan Pablo pense que Maria entretient une relation.
Le tunnel est la métaphore de la solitude. Juan Pablo évolue comme dans un tunnel, coupé du monde, isolé à jamais sauf à de rares instants où, par une fenêtre, il peut être vu. Juan Pablo croit que les tunnels peuvent parfois se croiser, ou peut-être ne le peuvent-ils pas. C'est là le paradoxe de nos sociétés – et la théorie de Sabato vaut encore plus à l'heure actuelle – qui idolâtrent la communication, cependant que les hommes et les femmes demeurent désespérément seuls. La jalousie, et notamment la jalousie amoureuse, n'est que la peur panique qui prend les êtres lorsqu'ils sont confrontés à la plus terrible solitude, celle qui succède aux plus tendres passions.
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littlecat
  21 janvier 2015
Un court mais grand roman ! dès la quatrième de couverture, on sait que le narrateur Juan Pablo Castel, artiste peintre a assassiné sa maîtresse Maria Iribarne, mariée à Allende, un aveugle.
Juan Pablo est fou amoureux de Maria mais d'un amour exclusif. Au fil des pages, on assiste à sa passion dévorante, à sa jalousie morbide qui l'enferme dans une solitude intérieure insurmontable (référence au tunnel).
Le thème de ce récit est intéressant car il décrit avec beaucoup d'intensité la montée en puissance de cette jalousie destructrice, la possession maladive, le manque de confiance en soi et en l'autre.
L'artiste se triture l'esprit avec des suppositions tirées de son imagination, il psychote, il ressasse, il exige des preuves d'amour mais ne communique pas vraiment avec Maria.
j'ai aimé ce livre bien que l'atmosphère soit souvent étouffante et oppressante
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djathi
  11 novembre 2016
Il en va de certaines oeuvres comme de certaines rencontres dans une vie : il arrive que l'une d'entre elles constitue un fait majeur de votre existence ....
C'est ainsi que j'ai reçu de plein fouet cette oeuvre magistrale d'un écrivain totalement inconnu pour moi il y a quelques jours ..... Lu d'un trait , happée par cette confession d'un artiste peintre qui raconte cette fulgurante descente aux enfers suite à une rencontre .....

Juan pablo , artiste peintre , focalisera son attention ,lors d'un de ses vernissages ,vers une jeune femme qui s'attardera sur un détail d'un de ses tableaux .....Dès lors il élaborera mentalement multiples scénarii pour retrouver celle à qui appartient ce regard ....
C'est un homme au départ en marge , misanthrope , désabusé et surtout profondément lucide quant à la nature humaine ....
"Je dirai avant tout que je déteste les groupes, les sectes , les confréries , les corporations et , en général tous ces troupeaux qui se réunissent pour raisons de métiers,de goûts ou de manies du genre.Ces conglomérats ont quantité d'attributs grotesques: la répétition du type , du jargon ,la vanité de se croire supérieure."

Ainsi complètement centré sur lui-même pour échapper à cet effet miroir , il ne s'abstrait pas pour autant de cette comédie humaine sur lequel il porte un regard sans aménité :

"Même quand on imagine que toute trace de vanité a disparu , on en découvre , sous la forme la plus subtile , la vanité de la modestie ."

Acharné à vouloir retrouver celle qu'il a "choisi" pour incarner l'objet de sa passion , jamais ne se poser en lui la question de la réciprocité du "sentiment" et dès lors , une fois qu'il aura retrouvé celle qui deviendra son amante , aucune vraie RELATION pourra s'établir entre ces deux êtres : Pablo continue dans son délire obsessionnel , enfermé dans ses raisonnements , sans aucune ouverture sur l'autre ; lorsqu'il découvre que Maria a une vie , un mari (aveugle ) , des amis et tout un monde qui lui échappe , il glisse dangereusement dans un état paranoiaque qui le conduira au meurtre de la jeune femme.
Une histoire en apparence bien banale du drame de la jalousie , maintes fois reprises dans la littérature mais ici , à travers le texte de SABATO , il s'agit aussi d'une mise en lumière de la chute d'un homme pourtant parfaitement lucide dans la folie ....Et c'est ce paradoxe qui effraye : la raison au service de la psychose .....
Cet homme coupé du réel dès le départ , enfermé dans sa propre réalité , n'accorde aucune existence à l'autre : et c'est à travers cette"petite fenêtre " sur laquelle s'est penchée Maria dans l'observation du fameux tableau, censée représenter "une solitude anxieuse et absolue" que Pablo veut attirer l'objet de son amour : s'accaparer Maria pour ne plus être seul dans son univers ...... le seul regard de celle ci , peut être fortuit , sur ce détail , suffira à mettre en place un mécanisme imaginaire chez Pablo le déconnectant complètement du réel .....
Pablo , en proie à une jalousie grandissante , décortique , analyse , déduit ...... sans trêve .....accaparé , obsédé , par l'idée que Maria ne lui appartienne pas : ces raisonnements dont l'unique faille reste l'absence de contact avec ce qu'il entoure le conduiront à l'assassinat de l'objet de sa passion destructrice ......
"Le tunnel" :Mais au bout on peut percevoir la lumière toujours ..... Si tant est qu'on veuille continuer ! L'écriture de SABATO tout en finesse nous laissent entrevoir quelques percées de lumière et à la fin de sa confession , alors confiné au fin de se cellule Pablo écrit :
"Par la lucarne de ma cellule , je vis se lever un nouveau jour , avec un ciel maintenant sans nuages .Je me dis que beaucoup d'hommes et de femmes devaient commencer à se réveiller et qu'ensuite , ils prendraient leur petit déjeuner et liraient leur journal ou iraient au bureau , ou feraient manger les enfants ou le chat , ou commenceraient le film de la veille . "
N'est-ce pas une première ouverture sur l'altérité et de la reconnaissance de l'autre ?
J'ai envie d'y croire ......
Il y aurait tant à dire encore , et je crois qu'une seule lecture ne suffit pas pour appréhender le texte dans la richesse de son contenu ....En outre il me semble que cette oeuvre représente le type de littérature interprétable à l'infini car il touche à la profondeur de l'homme et la notion de subjectivité prend tout son sens dès lors .......
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ElizabethBennet
  17 janvier 2013
Roman magistral salué par Camus et Graham Greene, le Tunnel, avec son titre énigmatique et sa brièveté déconcertante, est tout à la fois la métaphore de la relation amoureuse, mais aussi de la folie qui guette chacun d'entre nous, dans les méandres d'un esprit jaloux et possessif à l'excès. le malaise qui envahit peu à peu le lecteur page après page repose pour beaucoup sur le caractère à la fois détestable et profondément touchant de son héros, ce peintre torturé, animé de délires presque paranoïaques et en même temps d'une soif d'amour extraordinaire. de l'amour à la haine, de la passion à la destruction, il n'y a qu'un pas, que les deux héros franchiront allègrement, jusqu'à la folie meurtrière. L'écriture est délibérément étouffante, plongeant le lecteur dans les abîmes d'un esprit malade et incapable d'aimer sans être aimé, mais cette prose retranscrit à merveille les sentiments du narrateur, au point d'amener le lecteur à ressentir ce mélange de fascination et de répulsion qu'exerce Maria sur Castel. Incroyable de perversion et de noirceur, ce roman nous emmène aux confins de l'âme humaine, dans tout ce qu'elle a de plus sombre et de plus diabolique, et nous conduit à nous interroger sur les comportements des différents personnages : la jalousie maladive de Castel, son besoin de posséder à toute force Maria, sans jamais lui laisser un instant de répit, sans jamais cesser d'analyser ses moindres faits et gestes, mais aussi Maria elle-même, à qui la parole n'est jamais laissée pour se défendre ou tout au moins s'expliquer, de sorte qu'on ne sait si elle est réellement victime de Castel et de son amour délétère ou si elle encourage sa folie en se dérobant perpétuellement à lui ; l'époux de cette dernière, Allende, l'énigmatique aveugle (ce qui n'est pas sans le rapprocher des célèbres devins de la mythologie grecque) pourrait passer pour un personnage secondaire si la conclusion de cet étrange roman ne lui revenait pas, conduisant le lecteur à remettre en question rétrospectivement son apparente naïveté, comme si pour Allende, un amour même univoque valait mieux que pas d'amour du tout : aussi son désespoir est-il d'autant plus touchant et compréhensible, lorsqu'il apprend la mort de son épouse, qui pourtant le trompait au vu et au su de tous ; c'est ainsi qu'Allende finit par condamner sans appel Castel, dans une parole de malédiction empreinte d'un stoïcisme désabusé qui clôt le roman et résonne encore une fois la dernière page tournée.
(la suite en cliquant sur le lien ci-dessous !)
Lien : http://ars-legendi.over-blog..
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
lepklepk   05 novembre 2017
La experiencia me ha demostrado que lo que a mí me parece claro y evidente casi nunca lo es para el resto de mis semejantes.
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mesrivesmesrives   19 janvier 2015
" ... il n'y avait qu'un seul tunnel, obscur et solitaire : le mien, le tunnel où j'avais passé mon enfance, ma jeunesse, toute ma vie. Et dans un de ces passages transparents du mur de pierre j'avais vu cette jeune femme et j'avais cru naïvement qu'elle avançait dans un autre tunnel parallèle au mien, alors qu'en réalité elle appartenait au vaste monde, au monde sans limites de ceux qui ne vivent pas dans des tunnels. Et peut-être s'était-elle approchée par curiosité d'une de mes étranges fenêtres et avait-elle entrevu le spectacle de mon irrémédiable solitude, ou peut-être avait-elle été intriguée par le langage muet, l'énigme de mon tableau. Et alors, tandis que je continuais à avancer dans mon étroit couloir, elle vivait au-dehors sa vie normale, la vie agitée que mènent ces gens qui vivent au-dehors, cette vie curieuse et absurde où il y a des bals, et des fêtes, et de l'allégresse, et de la frivolité. Et parfois il arrivait que, lorsque je passais devant une de mes fenêtres, elle fût là à m'attendre, muette et anxieuse ( pourquoi m'attendait-elle ? et pourquoi muette et anxieuse ? ); mais parfois il lui arrivait de ne pas arriver à temps ou d'oublier ce pauvre être emprisonné et alors, le visage écrasé contre le mur de verre, je la voyais au loin, insouciante, sourire ou danser, ou encore, ce qui était pire, je ne la voyais nulle part et l'imaginais en des endroits interdits ou infâmes. "
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mayaninimayanini   10 juin 2012
Je me suis mis à regarder par la fenêtre tandis que le train filait vers Buenos Aires. Nous passames près d'une petite masure; une femme, sous le auvent, regarda le train. Il me vint une pensée stupide: "Je vois cette femme pour la première et la dernière fois. Je ne la reverrai plus de ma vie" Ma pensée flottait comme un bouchon sur un fleuve inconnu. Elle continua de flotter un moment près de cette femme sous son auvent. Que m'importait cette femme? Mais je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle avait existé un instant pour moi et qu'elle n'existerait jamais plus; de mon point de vue, c'était comme si elle était déjà morte: un léger retard du train, un appel qui l'aurait fait rentrer chez elle, et cette femme n'aurait jamais existé dans ma vie.
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mandarine43mandarine43   18 février 2012
Il m'est arrivé parfois de me retourner brusquement avec la sensation qu'on était en train de m'épier, de ne voir personne et de sentir pourtant que la solitude qui m'entourait était un fait tout récent, que quelque chose de fugace avait disparu, comme si un léger frisson continuait à vibrer dans l'atmosphère.
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mandarine43mandarine43   16 février 2012
Je me sentis grotesque et me dis dans un vertige que tout ce que j'avais pensé et fait durant ces mois (y compris cette scène) était le comble du malentendu et du ridicule, une de ces constructions imaginaires qui me caractérisent, aussi présomptueuses que ces reconstitutions d'un dinosaure à partir d'un morceau de vertèbre.
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Video de Ernesto Sabato (4) Voir plusAjouter une vidéo

Ernesto Sabato : Avant la fin
Depuis le Centre culturel de "La Recoleta" à Buenos Aires, Olivier BARROT présente le livre d'Ernesto SABATO "Avant la fin".
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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