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EAN : 9782070360215
181 pages
Gallimard (27/01/1972)
4.17/5   1662 notes
Résumé :
« Nous habitons une planète errante. » Saint-Exupéry, qui vient d'être nommé pilote de ligne, découvre, admire, médite notre planète. Assurant désormais le courrier entre Toulouse et Dakar, il hérite d'une vaste responsabilité à l'égard des hommes, mais surtout de lui-même et de son rapport au monde. Tout en goûtant « la pulpe amère des nuits de vol », il apprend à habiter la planète et la condition d'homme, lit son chemin intérieur à travers les astres. En plus du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (153) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 1662 notes
Je me souviens encore le trouble et l'embarras qui furent les miens lorsqu'un jour mon directeur de thèse, avec un coin de regard malicieux, me demanda, sous ses petits airs naïfs et anodins : " Qu'est-ce qu'une théorie ? "
N'était-ce point ce par quoi j'aurais dû commencer toutes mes réflexions avant que d'essayer de les tester, ces théories, voire d'en créer de nouvelles ? Il me fallut pas mal de temps et d'échauffements cérébraux pour parvenir à définir en moins de dix mots et autrement que par des exemples ce que l'on entend communément par " théorie ".
Avec les années, je la définis de plus en plus simplement. Personnellement, je considère une théorie comme l'expression d'une certaine vision du monde, une représentation du monde. En ce sens, pour moi, un essai est une théorie. D'ailleurs, Darwin n'a pas écrit autre chose pour exprimer, ce que l'on appelle maintenant sa " théorie ".
Pourquoi ce long laïus à propos d'un livre de Saint-Ex ? Tout simplement parce que selon moi, ce livre est probablement la plus belle expression des conceptions de l'auteur, sa vision de la vie, de l'humanité, de la planète. En somme, la " théorie " d'Antoine de Saint-Exupéry.
De l'autobiographie baignée dans un halo d'histoires plus ou moins vraies, plus ou moins féériques, tout acquises au dieu aéropostale. Un lyrisme des espaces doué d'une fibre humaniste très développée, un relent d'optimisme derrière chaque montagne, une allégorie sous chaque fable, la plus belle étant peut-être celle de l'orange dans le désert, le symbole de l'espoir, quand le savoir et la science ont échoué, reste ce menu trésor, naturel, tout simple, brillant comme le soleil, rond comme la petite terre des hommes.
Un petit livre admirable, superbement écrit, tout en caresses, tout en légèreté, sur le dos des nuages. Un sublime morceau de littérature française, du moins c'est ma théorie, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Un homme vole dans l'immensité du ciel, parmi les étoiles, le vent, au-dessus de la mer, du sable, et découvrant ainsi les hommes, jusque dans les déserts, jusque dans leurs secrets.

Certains ont oublié d'être des hommes, ils se sont endormis, au fond de leurs cités ouvrières, ou roulés en boule dans une vie confortable de petit bourgeois, ou encore privés de leur liberté et soumis à l'esclavage. Si on les secouait pour les réveiller, on trouverait en eux le paysan oublié, déraciné, l'astronome, le musicien ou le poète évanoui, l'homme rendu libre de ses gestes, sentant à nouveau le besoin d'être un homme parmi les hommes, créant des liens, oubliant la haine, la différence, car, en vérité, il n'y en a pas. Nous formons tous « l'équipage d'un même navire » voguant sur la même planète.

Terre des hommes est un voyage au coeur de la vérité profonde des hommes, cherchant à découvrir leur trésor, les guidant vers leur mission essentielle, celle de faire un travail d'homme avec des soucis d'homme, de remplir son rôle d'homme, même pour le plus effacé d'entre nous. C'est un vol de jour, un vol de nuit, en contact avec le vent, les étoiles, la mer, le sable. Nous sommes des moissonneurs de la terre, cherchant notre vérité dans les étoiles ou au plus profond du désert, ou en pleine tempête, quand le dénuement et le désespoir nous dévoilent notre face restée dans l'ombre, le vrai visage de l'homme.

C'est un voyage agréable, où l'on retrouve bien l'esprit du Petit prince, de sa poésie et de sa douceur.
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« L'avion n'est pas un but : c'est un outil. Un outil comme la charrue. » On pourrait résumer Terre des hommes à cette seule citation que j'ai trouvée très belle, puisée dans le magnifique texte d'Antoine de Saint-Exupéry. Je pourrais vous en citer plein d'autres comme celle-ci...
Je ne sais pas pourquoi, on fantasme sans arrêt sur le Petit Prince. Mais après avoir lu Terre des hommes, je m'aperçois que ce texte-ci est bien plus beau, bien plus inspirant. Tout est déjà dit ici, c'est sans doute un récit fondateur qui amena l'auteur à proposer plus tard un récit plus accessible, universel, sous la forme d'un conte, pour lequel il puisa tout ce qui fut posé avec merveille ici.
Terre des hommes est un livre exigeant, il n'est peut-être pas d'un premier accès facile, c'est un peu comme un vol de nuit avec une approche difficile du paysage entre ciel et terre.
Terre des hommes, c'est aussi pour moi un livre difficile à qualifier, entre le journal de bord d'un aviateur, un récit romanesque et poétique, un texte philosophique qui tente de situer l'Homme entre égarement et fraternité, perdu, ballotté dans un monde immense, parfois hostile, plus grand que lui.
Oui, plus grand que lui, tout est plus grand que lui ici, le ciel, le désert, l'horizon, la destinée, les yeux d'un Maure insoumis...
Ma lecture fut guidée comme les feux que l'on dresse le long de la piste d'atterrissage et qui permet de guider un avion dans l'approche de sa descente.
C'est un livre traversé de lumières. On y découvre aussi une passion où ces hommes ne faisaient qu'un avec leurs machines.
Tout d'abord il y a la lumière du désert. Désert de sables et de mirages. Et puis la lumière qu'on ne sait pas décrire, du moins avec les mêmes mots, mais Saint Ex sait le faire, avec ses mots, ses images qui nous foudroient. La lumière de l'humanité, petite et grandiose à la fois.
Ici l'auteur nous offre sa vision de la vie, de l'humanité. Sa vocation d'aviateur l'y aide, l'inspire, on y découvre à foison de très belles allégories. Savoir prendre la distance avec le monde, l'observer d'un pas de côté avec l'altitude, les airs, le ciel qui porte les rêves d'un aventurier comme un ami...
L'amour du ciel, des envols, des espaces aériens...
Ici l'esprit d'équipe, la solidarité, la compassion parfois pour les plus faibles, prévalent. C'est la nature humaine qui guide Saint Ex dans son avion, et non l'horizon, et non les étoiles, et non les cartes, et non les fanaux... du moins, c'est cela qui l'aide dans la tourmente du ciel, quand le ciel se réveille, imprévu et est capable de jeter un avion aussi fragile qu'un fétu de paille contre l'immensité du vide. C'est cela qui l'aide aussi lorsqu'il revient à la vie...
Un vol, et plus particulièrement un vol de nuit, perdu parmi cent mille étoiles, c'est la souveraineté de quelques heures, nous dit l'écrivain. Comment ne pas apprécier alors ce que l'aube restitue après l'atterrissage ? Les contours du quotidien se redessine d'une toute autre manière, un arbre dans un square, les fleurs autour, les rires des enfants, la musique des petites choses, le visage d'une femme aimée qui, durant les heures de ce vol, peut-être avait peur, priait, ou espérait simplement, comme abandonnée en bas sur la terre ferme au sort d'une veuve possible... le monde redevient neuf après chaque vol, rendu à l'aube... Et le dire, le penser, l'écrire prolonge le voyage.
Comment ne pas devenir philosophe lorsqu'on conquiert le ciel pour la première fois, avec à chaque fois l'incertitude de ne pas revenir vivant du périple ?
C'est un texte minéral traversé par les nuits.
À cette époque, être aviateur était une forme de dissidence. Certains n'en revenaient pas. Saint Ex perdit ainsi de nombreux amis, comme Jean Mermoz par exemple, ou Henri Guillaumet à qui ce livre est dédié.
Et puis, au milieu du récit, comme un oasis il y a ce formidable chapitre - Au coeur du désert, cinq jours d'angoisse dans le désert de Libye après le crash de son avion, avec la menace de mourir de soif.
Perdu dans le désert, parfois on croit apercevoir au loin la mer ou l'ombre d'un lac, avec le ciel qui s'y penche comme un arbre. C'est un peu comme dans nos vies, non ?
Magique, onirique, porté par les nuages... J'ai adoré découvrir ici Saint-Exupéry en homme de l'air, homme de sable, homme de lettres, homme de l'être.
La fragilité de ce texte nous rappelle qu'un jour Saint Ex ne revint pas d'un dernier vol au-dessus de la Méditerranée...
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Je n'avais jamais encore lu de roman d'Antoine de Saint-Exupery mis à part "Le petit Prince". C'est en commençant ce livre que j'ai beaucoup apprécié son écriture : comme on dit "c'est de la belle ouvrage". L'histoire également, jusqu'à un certain point, elle m'a fait penser à des romans d'aventures de Jules Verne. Puis peu à peu au fil des pages, j'ai moins ressenti le côté "aventures" mais plus "roman philosophique", et mon intérêt s'est un peu effiloché. Je ne conteste pas la qualité du texte et de son écriture, mais je pense que j'ai loupé quelque chose, j'ai eu l'impression d'être passée à côté.
C'est dommage mais c'est vraiment mon ressenti.
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En route pour l'aventure, la vraie, celle que toutes les cascades du cinéma ne sauraient rendre plus réelle que les mots simples et sincères, empreints de profondeur, d'Antoine de Saint-Exupéry.

Le pilote de l'Aéropostale s'exprime sur son métier et ses dangers. Tout en rendant hommage à ses illustres camarades Mermoz et Guillaumet, il décrit avec réalisme les avaries, les pénuries, les crashs, les rencontres, les craintes et les beautés de sa vocation à voler et à voyager, qui est en même temps un terrain fertile pour illustrer ses valeurs humanistes, sa vision de l'Homme, et ses opinions.

Des opinions qu'il ne peut et ne souhaite pas taire et qu'il a le courage d'exprimer en 1939 dans ce roman autobiographique où se retrouvent déjà, vibrants de poésie, de sens et de vie, tous les éléments qui feront quelques années plus tard du "Petit Prince" un chef-d'oeuvre absolu ?

Dans le silence apaisant des cieux traversés, dans le vertige des déserts et des cordillères survolés, dans la solitude recueillie du pilote livré à ses seules compétences, dans la poétique contemplation des étendues sableuses infinies, Antoine de Saint-Exupéry nous emmène en voyage à travers des paysages d'une beauté et d'une aridité à couper le souffle, à la rencontre de peuples ancestraux, loin des peuples asservis d'Occident ; il tient à nous prouver par le spectacle de l'absolu combien l'universalité de l'homme échappe aux luttes de pouvoir éphémères, combien l'homme est viscéralement rattaché à la terre qui passera bien après lui et combien un petit comptable est moins libre et heureux qu'un bédouin.

"Terre des hommes" est à la fois une hymne glorieuse chantée à la Terre, une louange rendue au Rêve et un appel lancé aux hommes à faire meilleur usage de leur liberté.


Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge ATOUT PRIX 2018
Challenge 1914 - 1989 / Edition 2018
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Pour saisir le monde d'aujourd'hui, nous usons d'un langage qui fut établi par le monde d'hier. Et la vie du passé nous semble mieux répondre à notre nature, pour la seule raison qu'elle répond mieux à notre langage
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Chaque progrès nous a chassés un peu plus hors d'habitudes que nous avions à peine acquises, et nous sommes véritablement des émigrants qui n'ont pas fondé encore leur patrie.
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Il est deux cents millions d'hommes, en Europe, qui n'ont point de sens et voudraient naître. L'industrie les a arrachés au langage des lignées paysannes et les a enfermés dans ces ghettos énormes qui ressemblent à des gares de triage encombrées de rames de wagons noirs. Du fond des cités ouvrières, ils voudraient être réveillés.
Il en est d'autres, pris dans l'engrenage de tous les métiers, auxquels sont interdites les joies du pionnier, les joies religieuses, les joies du savant. On a cru que pour les grandir il suffisait de les vêtir, de les nourrir, de répondre à tous leurs besoins. Et l'on a peu à peu fondé en eux le petit bourgeois de Courteline, le politicien de village, le technicien fermé à la vie intérieure. Si on les instruit bien, on ne les cultive plus. Il se forme une piètre opinion sur la culture celui qui croit qu'elle repose sur la mémoire de formules. Un mauvais élève du cours de Spéciales en sait plus long sur la nature et sur les lois que Descartes et Pascal. Est-il capable des mêmes démarches de l'esprit ?
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Aujourd'hui, je rêve. Tout cela est bien lointain. Que sont devenues ces deux fées ? Sans doute se sont-elles mariées. Mais alors ont-elles changé ? Il est si grave de passer de l’état de jeune fille à l'état de femme. Que font-elles dans leur maison neuve ? Que sont devenues leurs relations avec les herbes folles et les serpents ? Elles étaient mêlées à quelque chose d'universel. Mais un jour vient où la femme s’éveille dans la jeune fille. On rêve de décerner enfin un dix-neuf. Un dix-neuf pèse au fond du cœur. Alors un imbécile se présente. Pour la première fois des yeux si aiguisés se trompent et l'éclairent de belles couleurs. L'imbécile, s'il dit des vers, on le croit poète. On croit qu il comprend les parquets troués, on croit qu'il aime les mangoustes. On croit que cette confiance le flatte, d'une vipère qui se dandine, sous la table, entre ses jambes. On lui donne son cœur qui est un jardin sauvage, à lui qui n'aime que les parcs soignés. Et l’imbécile emmène la princesse en esclavage.
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Je m’assis en face d’un couple. Entre l’homme et la femme, l’enfant, tant bien que mal, avait fait son creux, et il dormait. Mais il se retourna dans le sommeil, et son visage m’apparut sous la veilleuse. Ah ! quel adorable visage ! Il était né de ce couple-là une sorte de fruit doré. Il était né de ces lourdes hardes cette réussite de charme et de grâce. Je me penchai sur ce front lisse, sur cette douce moue des lèvres, et je me dis : voici un visage de musicien, voici Mozart enfant, Voici une belle promesse de la vie. Les petits princes des légendes n’étaient point différents de lui : protégé, entouré, cultivé, que ne saurait-il devenir ! Quand il naît par mutation dans les jardins une rose nouvelle, voilà tous les jardiniers qui s’émeuvent. On isole la rose, on cultive la rose, on la favorise. Mais il n’est point de jardinier pour les hommes. Mozart enfant sera marqué comme les autres par la machine à emboutir. Mozart fera ses plus hautes joies de musique pourrie, dans la puanteur des cafés-concerts. Mozart est condamné.

Et je regagnai mon wagon. Je me disais : ces gens ne souffrent guère de leur sort. Et ce n’est point la charité ici qui me tourmente. Il ne s’agit point de s’attendrir sur une plaie éternellement rouverte. Ceux qui la portent ne la sentent pas. C’est quelque chose comme l’espèce humaine et non l’individu qui est blessé ici, qui est lésé. Je ne crois guère à la pitié. Ce qui me tourmente, c’est le point de vue du jardinier. Ce qui me tourmente ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. Des générations d’orientaux vivent dans la crasse et s’y plaisent. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné.
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Rencontre avec Santiago Mendieta, Laurence Turetti, Paul Périé, Pierre Challier, Brice Torrecillas
Les auteurs du 12e et dernier numéro de la revue Gibraltar avec un dossier Cinéma: La Méditerranée comme miroir, Robert Guédiguian, Hayao Miyazaki et Saint-Exupéry, le village palestinien de Tantura, la lutte du Bourdigou et de ses paillotes, la république de Port de la Selva, une histoire du figuier… Dans son nouveau numéro, la revue annuelle Gibraltar s'intéresse au cinéma comme révélateur et miroir des mondes méditerranéens, grâce à son pouvoir d'évocation et émotionnel hors du commun. Pas d'exhaustivité tant le réservoir de cinéastes de grand talent qui documentent le réel et le quotidien des sociétés du Bassin méditerranéen est immense.
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23/03/2024 - Réalisation et mise en ondes Radio Radio, RR+, Radio TER



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