AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2702162894
Éditeur : Calmann-Lévy (07/03/2018)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 303 notes)
Résumé :
Inattendu, bouleversant et drôle,
le pari un peu fou d'une mère
qui tente de sortir son fils du coma
en réalisant chacun de ses rêves.


Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fo... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (187) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  13 avril 2018
D'abord cette couverture. Quelle beauté !
J'avoue que déjà, j'ai un parti pris. L'envie de lire ce livre.
Après, j'avais peur du roman feel good un peu trop évident.
Au final, ce livre est un bonbon.
Alors oui, l'auteur prend quelques raccourcis un peu faciles pour expliquer certaines situations. Oui, c'est une histoire très jolie mais pas très réaliste. Oui, parfois ça dégouline un peu de bons sentiments …
Un peu trop sucré ...
Une fois qu'on a dit ça, on peut aussi se dire qu'on a passé un chouette moment d'optimisme et vu le résumé, je me disais que c'était pas gagné. Un livre qui commence par un accident de skate et qui plonge un enfant dans le coma, on est pas au nirvana !
J'ai souris aux tribulations de cette maman confrontée au pire. Elle m'a touché dans sa jolie démarche.
Alors, oui, définitivement, ce livre est un bonbon.
C'est sucré, c'est coloré, c'est vivant dans cette fameuse chambre aux merveilles.
Un joli livre qui se lit vite pour une lecture rafraîchissante au soleil un après-midi d'avril.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          9610
Ydamelc
  13 mars 2018
Une lecture sympathique, mais un avis plutôt mitigé...
Agréable, parce que malgré son sombre sujet, c'est drôle, cocasse, léger. On se prend au jeu et on espère toujours que le prochain défi sera encore plus amusant.
Ce sont les rêves d'un jeune adolescent, centrés sur ses passions et intérêts.
Ils sont hilarants à réaliser par une presque quadragénaire, qui est plus habituée à porter tailleurs et talons hauts, que shorts et baskets.
Beaucoup d'amour se dégage de cette histoire également et tellement d'espoir aussi...
Il y a des passages vraiment touchants et tendrement émouvants.
Cet accident fait prendre conscience à Thelma, la mère, qu'elle se trompe sur ses priorités. Qu'elle a consacré sa vie à son travail qui le lui rend médiocrement, au détriment de son fils.
Elle est prête à tout, à se donner corps et âme, pour réaliser chaque "merveille" écrite sur le carnet.
Relever le défi qu'elle s'est donné, afin de fournir toute la force nécessaire à son fils, Louis, pour se battre et se réveiller du profond coma dans lequel il est plongé.
A contrario, je suis sans doute trop terre à terre... mais certaines réactions de la mère, face à la gravité de la situation, m'ont choquée.
Tout ça se déroule quelques jours seulement après le terrible accident ! Ca me paraît impensable...
J'ai vraiment du mal à m'imaginer également qu'une maman, l'unique parent, je précise, puisse s'éloigner autant du chevet de son enfant, afin de vivre les folles aventures de ce dernier, par procuration.
Je retiens donc que ce roman m'a fait passer un bon moment.
Et malgré les invraisemblances qui m'ont hérissé le poil, c'est un bon feel-good, qui pourrait en ravir plus d'un.
Je suis trop thriller, moi, peut-être... L'optimisme, l'euphorie, ça ne me va pas, faut croire.
Allez... Je retourne à mes pervers narcissiques et crimes sanglants.
Je vous laisse maintenant vous faire votre propre opinion.
Je remercie netgalley et les éditions Calmann-Lévy, pour leur confiance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          560
Deslivresalire
  03 avril 2018
Louis, 12 ans, accompagne sa mère au brunch dominical chez sa grand-mère. Il est en skateboard dans les rues de la ville et comme sa mère est encore une fois au téléphone pour son boulot, il décide d'accélérer.
Et c'est l'accident.
Un camion le heurte de plein fouet. Il est gravement blessé et tombe dans le coma.
Alors que les médecins ne sont pas très optimistes sur son avenir, sa mère tombe sur un carnet de son fils dans lequel il a noté ses "merveilles" à vivre absolument.
Ce sont ces voyages et ces expériences qu'elle décide alors de réaliser pour lui, tout en se filmant et en racontant à son fils ses péripéties, afin de lui montrer que la vie vaut d'être vécue et de lui donner l'envie de se battre et de sortir de son coma.
A mon avis :
Convenu, prévisible, niais, ridicule, improbable... sont les mots qui me viennent au moment d'écrire cette publication sur ce livre de Julien Sandrel.
Aucune surprise au long du récit, tout est prévisible au possible et on est terriblement déçu à chaque fois qu'une porte ouverte est enfoncée alors que les auteurs actuels sont normalement attentifs à ce défaut.
Allez, faites l'essai vous-même : imaginez ce roman en partant de cette mère qui va vivre les rêves de son gamin de 12 ans, en essayant de deviner ce que cela va lui apprendre sur la vie, sur sa relation aux autres et avec sa propre mère, sur sa relation au travail, etc. Et forcément, sans vous creuser la tête, vous tomberez juste !
Par ailleurs, moi qui croyait que les médecins faisaient de l'acharnement thérapeutique, ah ben là, que nenni ! "Dans un mois, s'il ne s'est pas réveillé, on le débranche"... emballé, c'est pesé ! le pauvre gamin n'aura pas droit à une deuxième chance !
Inutile de vous dire le temps que prendra sa mère pour réaliser les aventures de son fils, hein ?
Ah oui ! Il y a aussi la rencontre avec le bellâtre... car elle est mère célibataire et lui veuf, artiste et toujours disponible quel que soit le moment bien sûr...
Au secours, le roman à l'eau de rose niais frappe à la porte ! Il l'enfonce même !
Et puis vous qui pensez que Paris est une grande ville... tututut, c'est tout petit ! le frère de l'infirmière qui soigne votre fils et qui est aussi la seule avec laquelle, bien qu'il y en ait treize à la douzaine dans l'hôpital, vous ayez des atomes crochus, c'est aussi son entraîneur de foot... et sa fille c'est bien évidemment la copine de votre fils... ben oui !
Bon allez, il y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre et ses situations improbables, qui, comme vous l'avez deviné (?), ne m'a pas emballé... mais il faut aussi dire qu'il se lit facilement et qu'il vous plaira si vous êtes plus indulgent que moi...
Retrouvez d'autres avis sur d'autres lectures et recevez les directement en vous abonnant à mon blog : https://blogdeslivresalire.blogspot.com

Lien : https://blogdeslivresalire.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          465
hcdahlem
  11 mai 2018
Thelma et Louis
Dans la veine des romans feel good, Julien Sandrel raconte le combat d'une mère pour guérir son fils tombé dans le coma à la suite d'un accident. Sa technique peu conventionnelle –concrétiser les rêves de l'adolescent – va faire merveille.
Si le plus célèbre vers d'Horace est souvent cité mal à propos, il pourrait figurer en exergue de ce roman lumineux. Car c'est bien la philosophie exprimée avec Carpe diem, quam minimum credula postero (Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain) que l'auteur a traduite dans La chambre des merveilles. Un choix judicieux, car l'histoire de Thelma et Louis a déjà trouvé preneur dans plus de vingt pays avant même de paraître en France. Un véritable exploit pour un premier roman.
Tout commence un matin comme les autres, lorsqu'il faut jongler avec les horaires, un fils que ne veut pas se lever, les premiers messages professionnels auxquels il faut répondre et le stress qui s'installe.
Louis, douze ans, file sur son skate, casque vissé sur les oreilles. Il se rend avec sa mère chez sa grand-mère. Thelma est en conversation avec son supérieur quand soudain, elle entend un bruit sourd: « C'est un camion. Je redresse la tête et le temps se fige. Je ne suis qu'à une centaine de mètres mais la rumeur des passants est tellement forte que j'ai l'impression d'être déjà sur place. Mon téléphone se brise sur le sol. Je hurle. Ma jambe se tord, je tombe, me relève, ôte mes stilettos et cours comme je n'ai jamais couru. »
La vie s'arrête. Ambulance, urgences, hospitalisation. Dans un état second, Thelma ne veut croire ce qu'un médecin vient lui annoncer. Son fils est dans le coma et il est impossible de faire un diagnostic quant à ses chances d'en sortir.
Je vous laisse imaginer le choc.
Pour Thelma, il n'y a dès lors plus que la vie de Louis qui importe. La liste de ses priorités change du tout au tout. Elle abandonne une carrière qu'elle a pourtant solidement construite pour rester au chevet de son petit garçon. Car elle se sent coupable, se dit qu'elle aurait dû passer plus de temps avec son fils.
Julien Sandrel a eu la bonne idée, face à un tel drame, de construire son récit à deux voix. Car Louis prend aussi la parole. En nous racontant les informations que sont cerveau lui transmet, il nous donne l'espoir qu'un jour peut-être il pourra s'en sortir et confirme aussi que l'intuition de sa mère est la bonne. Même s'il ne réagit pas, il entend ce qui se passe autour de lui.
Aussi quand Thelma découvre dans la chambre de son fils un carnet rassemblant la liste de tous ses rêves, elle va décider de les réaliser et de les lui faire vivre par procuration. « La carotte, la motivation? Tout ce qui était noté dans le carnet. Ce carnet était un concentré de futur. Ce carnet était rempli d'expériences que Louis rê- vait de vivre, de promesses de joie, de " trucs cool " comme il l'écrivait lui-même. Ce carnet était une promesse de vie.
Le mode opératoire? J'allais partir à la rencontre des rêves de mon fils, les vivre pour lui, les enregistrer, en audio et en vidéo, et les lui faire partager. J'allais en prendre l'engagement solennel. Je ne pourrais ni revenir en arrière ni le décevoir. Je ne savais pas s'il y avait un ordre défini, et je ne voulais pas que tout ait l'air préfabriqué. Il faudrait donc que je découvre le programme au fur et à mesure. le résultat escompté? Que mon fils se dise merde c'est quand même pas possible que ce soit ma darne qui fasse tout ça à ma place. Et qu'il ouvre les yeux. »
La tâche n'est pas aisée, mais une promesse est une promesse. Elle va tout d'abord devoir se rendre au Japon, pratiquer un stage de football ou encore s'élancer pour la course The Color Run à Budapest. Bien entendu, on laisse vite de côté le vraisemblable pour s'attacher aux côtés drôles et émouvants de ces différentes étapes. On va admirer l'infirmière qui la soutient dans son combat – on ne dira jamais assez le rôle essentiel du personnel médical – et Isa, la jeune fille dont son fils est amoureux. Et c'est ainsi que la salle de réanimation va devenir La chambre des merveilles. On se laisse volontiers emporter par ce roman qui, sous couvert de parcours initiatique, pose de vraies questions et qui, comme le dit Bernard Lehut, nous «fera pleureur de bonheur».
Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
AudreyT
  02 avril 2018
*****
Hôpital Robert Debré, chambre 405... c'est la chambre des merveilles, celle de Louis, dans le coma depuis plusieurs semaines... Alors que le corps médical ne laisse pas beaucoup d'espoir à Thelma, sa mère, elle va se battre pour que son petit garçon de 13 ans ouvre à nouveau les yeux... Pour elle, pour que son monde ne s'écroule pas. Mais surtout pour lui, pour qu'il puisse vivre tout ce qu'il rêve et plus encore... Dans cette lutte, Thelma va tout autant se redécouvrir et trouver un sens à sa vie, que faire des rêves de son fils des réalités...
Ce premier roman de Julien Sandrel fait grand bruit. Et je trouve que c'est mérité !!! L'histoire de Thelma et Louis est belle, triste, émouvante, drôle, pleine d'espoir et d'amour. A l'image de l'écriture, elle est simple, rythmée et remplie de lumière.
A l'inverse de certains, j'ai aimé la fin, parce qu'il ne pouvait en être autrement... Et puis j'ai aimé mon fils encore un peu plus fort, même si c'est impossible, après chaque page, chaque mot, et je lui ai dit... dans un souffle au creux de son oreille, pour qu'il en soit intimement convaincu... Toujours...
Un immense merci à NetGalley et aux éditions Calmann Levy pour leur envoi, leur partage, leur confiance...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          364

critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   14 mai 2018
Avant même d’être publié, ce premier roman a attiré l’attention d’une kyrielle d’éditeurs et, depuis peu, on peut découvrir pourquoi.

Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   11 mai 2018
Je m’appelle Louis, je vis à Paris, j’ai douze ans et demi, bientôt treize. J’adore le foot, les dessins animés japonais, Maître Gims, les chaînes YouTube consacrées aux Pokémon, la pâte à tartiner qui contient plus d’huile de palme que l’huile de palme (j’adore cette blague), les films de cinéma des années 90 et 2000 (non, ça n’est pas ringard comme passion), l’odeur des pots d’échappement, les skateboards flashy, les seins de Mme Ernest ma prof de maths, les maths sans les seins de Mme Ernest, ma super grand-mère Odette, ma mère (la plupart des jours).
À part ça, je crois que je suis mort.
D’habitude, je n’aime pas trop raconter ma vie, mais vu les circonstances et vu que vous êtes là, autant vous expliquer un peu à qui vous avez affaire, et ce qu’il s’est passé.
Je vis seul avec ma mère. Elle s’appelle Thelma. C’est avec elle que j’ai vécu ma dernière matinée. J’aimerais vous dire que c’était une matinée exceptionnelle, qu’on a partagé des instants merveilleux, qu’on s’est enlacés tendrement et dit des mots doux. En vrai, c’était une matinée d’une banalité tout à fait affligeante, et après tout c’est bien normal. On ne vit pas chaque heure de chaque jour comme si c’était la dernière, ce serait épuisant. On vit, c’est tout. Et ma vie avec ma mère, ça ressemblait exactement à ça.
Donc quand j’y repense, en elle-même cette matinée était parfaite. Je sais bien que maman doit avoir un tout autre avis sur la question, je sais bien qu’elle doit repasser en boucle dans sa tête chaque image de ces quelques minutes en se demandant ce qu’elle aurait dû faire, ce qu’elle aurait pu changer. Moi, j’ai la réponse, et on n’est sûrement pas d’accord avec ma daronne: rien.
C’est étrange comme réponse quand on sait que cette matinée ensemble s’est résumée à maman qui tente de m’extirper de mon lit, moi qui râle, traîne des pieds et râle encore. Ça, c’est ce qu’on pouvait voir de l’extérieur. C’était aussi ce que j’en voyais. Maintenant que j’ai un peu (beaucoup) de recul, je me rends compte de mes sensations. De ce ressenti diffus, de ces picotements cérébraux qui ne deviennent accessibles que quand il n’y a plus rien d’autre. Le poids de l’habitude. Le bonheur des habitudes. L’immuable délice des rituels familiaux. Ces petits riens du quotidien qui nous construisent et qui changent tout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
brinvilliersbrinvilliers   19 septembre 2018
J'ai frissonné. Je me suis levée et j'ai regardé le ciel. Étais-je en train de devenir folle ? L'espace de quelques instants, j'avais occulté la noirceur des nuages qui pesaient sur mon fils. Mais la nuit était lourde, l'issue insaisissable. Louis ne reviendrait peut-être jamais, je le savais. Je me suis mise à pleurer, silencieuse, immobile. Mon obstination était sans doute absurde, mais je ne pouvais me résoudre à laisser partir mon fils sans lui avoir permis de réaliser tous ses rêves d'enfant.
Combien de temps me restait-il ? Moins d'un mois maintenant. J'avais déjà perdu combien de précieuses journées. Il était plus que temps d'entamer cette course contre la montre et pour la vie.
J'ai tourné la première page et découvert ce qui m'attendait.
J'allais sortir de ma zone de confort, je le savais. J'étais prête. Pour Louis. Et sûrement un peu pour moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
ValerieLacailleValerieLacaille   19 mars 2018
Quand j'y pense désormais, quand j'entends quelqu'un prononcer le mot "urgence", cela a une tout autre connotation. Plus jamais je n'utiliserai un tel terme pour parler d'une présentation qui doit être bouclée, d'un test consommateurs qui doit être lancé, d'un flacon dont le design doit être validé. De quelle urgence parle-t-on au juste? Qui est en danger de mort?
Commenter  J’apprécie          100
hcdahlemhcdahlem   11 mai 2018
– Louis, c’est l’heure ! Allez, je ne le répète plus, s’il te plaît lève-toi et habille-toi, on va être à la bourre, il est déjà 9 h 20. C’est à peu près comme ça qu’a commencé ce qui allait devenir la pire journée de toute mon existence. Je ne le savais pas encore, mais il y aurait un avant et un après ce samedi 7 janvier 2017, 10 h 32.
Pour toujours il y aurait cet avant, cette minute précédente que je désirerais figer pour l’éternité, ces sourires, ces bonheurs fugaces, ces photographies gravées à jamais dans les replis sombres de mon cerveau. Pour toujours il y aurait cet après, ces “pourquoi”, ces “si seulement”, ces larmes, ces cris, ce mascara hors de prix sur mes joues, ces sirènes hurlantes, ces regards remplis d’une compassion dégueulasse, ces soubresauts incontrôlables de mon abdomen refusant d’accepter. Tout ça, bien sûr, m’était alors inaccessible, un secret que seuls les dieux – s’il en existait, ce dont je doutais fort – pouvaient connaître. Que se disaient-elles alors, à 9 h 20, ces divinités ? Un de plus, un de moins, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Tu es sûr de toi ? Pas forcément, mais pourquoi pas ? C’est vrai après tout pourquoi pas, ça ne changera pas la face du monde. J’étais loin de tout ça, loin des dieux, loin de mon cœur. J’étais juste moi, à cet instant précis si proche du point de basculement, de rupture, de non-retour. J’étais moi, et je pestais contre Louis qui décidément ne faisait aucun effort. Je me disais alors que ce gosse me rendait dingue. Cela faisait une demi-heure que je m’échinais à l’extirper de son lit, mais rien n’y faisait. Nous avions rendez-vous à midi avec ma mère pour notre brunch – mon calvaire mensuel, et j’avais prévu de passer entre-temps boulevard Haussmann pour m’acheter ces escarpins rouge sang sur lesquels je fantasmais depuis le début des soldes. Je voulais les arborer lundi, lors de la réunion avec le big boss d’Hégémonie, le groupe de cosmétiques pour lequel je travaillais nuit et jour depuis une quinzaine d’années. Je dirigeais une équipe de vingt personnes dévouées à la noble cause du développement des publicités et des innovations d’une marque de shampooings qui enlevaient jusqu’à 100 % des pellicules – le “ jusqu’à ” signifiait qu’une testeuse sur les deux cents mobilisées avait vu sa crinière entièrement débarrassée de ses desquamations. L’une de mes fiertés de l’époque était d’avoir obtenu, après d’âpres batailles avec le service juridique d’Hégémonie, d’utiliser cette allégation. Cruciale pour les ventes, pour mon augmentation annuelle, mes vacances d’été avec Louis et mes nouveaux escarpins. Après quelques vagues grognements, Louis s’est décidé à obtempérer, a enfilé un jean bien trop serré et à la taille bien trop basse , s’est passé un coup d’eau sur le visage, a pris cinq minutes pour savamment décoiffer ses cheveux, a refusé de mettre un bonnet malgré la température de ce matin glacial, a grommelé quelques bribes de conversation incompréhensibles mais dont je connaissais la teneur (mais pourquoi je dois venir avec toi…), a chaussé ses lunettes de soleil, empoigné son skateboard – une planche sale, taguée sur toute sa surface et pour laquelle je devais acheter des roues de compétition tous les quatre matins –, mis sa doudoune ultra-light Uniqlo rouge, attrapé un paquet de biscuits fourrés au chocolat tout en acceptant d’engloutir une compote en gourde comme lorsqu’il avait cinq ans, et a enfin appelé l’ascenseur. J’ai jeté un coup d’œil à ma montre. 10 h 21. Parfait, nous avions encore le temps de réaliser mon programme millimétré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
PusziPuszi   17 juillet 2018
Je me rends désormais avec une lucidité tragique à quel point j'ai toujours été la reine de l'esquive. Lorsqu'une situation devient délicate, j'ai naturellement tendance à fuir. C'est ma réaction spontanée. Ma manière de me protéger des bourrasques, des typhons, des cyclones. Plus le vent est fort, plus le repli devient nécessaire. J'ai besoin de me construire un abri temporaire, de laisser passer les rafales, les digérer, me préparer à les affronter. Je n'arrive pas à sortir en mer par gros temps. L'amplitude de la houle doit descendre d'un cran. J'ai toujours eu une peur panique de laisser les autres lire mes sentiments, surtout lorsque je ne les maîtrise plus. Alors j'esquive. p.241 et 242
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Julien Sandrel (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julien Sandrel
Nouvelle sensation du roman français avec "La Chambre des merveilles" (Calmann-Lévy), Julien Sandrel s'est prêté au jeu de notre interview "Les lectures de" pour évoquer avec nous le premier livre qui l'a marqué enfant, le dernier livre qu'il a offert, son livre de chevet du moment, le dernier livre qui l'a fait rire ou encore son héros de fiction préféré.
En savoir plus sur "La Chambre des merveilles" : https://www.hachette.fr/livre/la-chambre-des-merveilles-9782702162897
autres livres classés : feel good bookVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1855 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre
.. ..