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EAN : 9791092159165
150 pages
Éditeur : Tusitala (18/01/2019)
4.52/5   32 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:
"Maintenant tout lui semblait à la fois plus beau et plus réel, et il ne lui venait pas un instant à l'esprit que quelqu'un pût lui vouloir du mal."

Un homme court, seul. Deux chasseurs qui campent par là le voient passer. Surpris de cette intrusion, "comme enivrés par l'âcre odeur de la forêt", ils décident de le rattraper. L'homme repart, les deux chasseurs sur ses talons. S'ensuite une battue farouche, où l'incompréh... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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bobfutur
  29 mars 2021
JOYAU YOUGO
(vous le connaissez déjà ? Sinon, l'éditeur le qualifie sobrement de « chef-d'oeuvre de la littérature mondiale », on ne saurait modérer cette assertion, bien que souvent mal utilisée par le profession…)
Oh le beau travail d'éditeur ! Réunir les deux textes les plus emblématiques de l'oeuvre de Šćepanović dans ce très bel objet…
La bouche pleine de Terre, dès son titre, entre dans la catégorie « inoubliable ». Une intrigue de 70 pages parfaite, remuant nombreux thèmes universels à l'aide de cette double narration alternée.
Seul contre tous, seul face à la mort.
Que l'on retrouve dans la deuxième nouvelle, La Mort de M. Golouja, teintée davantage d'ironie, variation de cette histoire qui aura toujours la même fin.
Indispensable (à part la postface…).
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Floyd2408
  18 septembre 2019
Lorsque je suis dans les dédales de ma libraire indépendantes, et je me retrouve face à face à cette première couverture, mise en page par Stéphane de Groef, un cercle jaune, tel un soleil ou des motifs le parsème, oeuvre de Louis Soutter, un peintre suisse excentrique, le titre, La bouche pleine de terre suivi de la mort de M. Golouja de Branimir Scepanovic, traduit du Serbe par Jean Descat des Éditions Tusitala, collection Insomnies, je suis curieux et lis le quatrième de couverture, tout aussi étrange que passionnant, je suis conquis pour me lier à tout jamais à ce roman.
Cette édition offre ce livre broché dans un habillage de curiosité ou l'art graphique distille un visuel moderne et vivant, oeuvrant le lecteur à une caresse des yeux et titillant ses sens, avec ces deux dessins, illustré par Bernharda Xilko comme tableau résumant à merveille les deux histoires de ce roman.
Cet auteur serbe vivant à Belgrade, écrit depuis l'âge de 17 ans, il vu le jour en 1937, au Monténégro, ce récit édité en 1974, traduit en France en 1975, ce texte La bouche pleine de terre, demeure une référence classique de la littérature Serbe, le deuxième texte, La mort de M. Golouja, sera publié en 1977.
La bouche pleine de terre est un texte polyphonique, à deux voix, l'une fait écho à l'autre, celle de cet homme en fuite et de ceux qui lui cours après, une même histoire racontée différemment selon les protagonistes. le second est plus court, La mort de M. Golouja, au style indirect narre cet homme perdu dans un village aux habitants hermétiques à la nouveauté, s'interrogeant sur l'intrusion de cet homme discret dans leur bourg, pourquoi celui-ci pour ces vacances ! La similitude de ces deux textes, c'est la folie des hommes et la mort, une trame s'instaure, la dramaturgie est palpable presque inévitable.
La bouche pleine de terre, ce premier récit à double voix, s'articule autour d'un homme en fuite, une cavale sans aucun but, cet homme s'évade d'un train, comme s'il en était prisonnier, oppression des passagers , dégouts de la nourriture qu'il vomit, sort de ce train lors d'un arrêt, comme un coup de tête, l'absurdité d'une folie latente, puis commence une course, une fuite de sa vie, une folle escapade dans une nature pas hostie à cette aventure, une nature accompagnant la course de cet homme face à son destin. Cette course entraine notre homme dans une fin sans retour, rencontrant deux chasseurs campant et sans savoir pourquoi décident de le suivre, de le poursuivre, un « mouvement irrésistible » et ces deux hommes Jakov et le narrateur. L'autre récit est indirect, l'homme ne se raconte pas, ce qui est encore étrange, un style renforçant la part de mystère de cet homme. Au fil de cette cavalcade irréelle, la meute s'étoffe petit à petit, d'un berger, des gens inconnus, de femmes en noir gémissant et lamentant, comme ensorcelés, cette parodie me rappelle Rhinocéros de Eugène Ionesco, la transformation de ces hommes et femmes en cet animal. Les poursuivants étant les Rhinocéros, ce ne sont plus des hommes mais des animaux de haines et sauvageries, hurlant une haine incompréhensible. Notre inconnu fuit sa vie, celle perdu dans un hôpital, une maladie gangrénant ses espoirs, une course vers une chute folle, incertaine.
Il y a dans cette histoire l'ombre de Kafka flottant dans cette chevauchée fantastique, chaque personnages s'incrustent dans une l'allégorie de Branimir Scepanovic, comme cet homme fuyant, cherchant la métamorphose comme le roman de ce dernier, c'est inéluctable, notre fugitif va vers cette mutation animal qu'il aspire à lui pour finir La bouche pleine de terre.
Le deuxième récit plus court est aussi intrigant que le premier comme la bêtise humaine de ces habitants et de ce M. Golouja perdu dans ce bourg sans savoir pourquoi, oubliant comment il a pu se perdre ici, croyant être arrivé par le train, dans cette gare qui n'existe pas se perdant devant un pont pour fixer l'eau et mentir à ces villageois sur sa venue, qui va l'entrainer à sa perte comme happer par ce mensonge, ce sésame lui ayant donné une vie éphémère qu'il a toujours voulu avoir, un mirage de réalité pour une mort annoncé par ce titre annonciateur.
Ces deux histoires emportent le lecteur dans l'univers débridé de Branimir Scepanovic sur la nature humaine, de l'absurdité de celle-ci, comme Albert Camus, Eugène Ionesco. Les deux contes, intemporels entremêlent avec beaucoup d'ironie une perception acide, pessimiste aussi la condition de l'être humain, s'amusant mots après mots à faire à distiller ce paysage sombre et amusant où la mort peut être belle et libératrice.
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boubili
  11 février 2020
Ce livre est composé de 2 nouvelles.
La première concerne un homme dans un train. Las, il sort du train, et marche. Il a décidé d'en finir avec la vie, dans ses terres natales du Monténégro. Soudain, il tombe face à 2 chasseurs. Ne sachant pas comment réagir, il se met à courir. Les chasseurs se lancent alors à sa poursuite. Folle course poursuite qui va virer à l'absurde. La forme est peu conventionnelle, les paragraphes alternent les points de vue : le chassé et les chasseurs.
Le style est agréable à lire. J'ai aimé cette nouvelle, limite kafkaïenne.
Dans la 2ème nouvelle, tout un village reculé s'interroge sur la présence d'un inconnu à l'hôtel depuis 3 jours. Qui est-il ? Que fait il dans ce trou perdu ? Les habitants le prennent à parti et il explique s'être trompé, qu'il est descendu du train au mauvais endroit. Les habitants sont peu convaincus et sont persuadés que cet homme est venu se suicider dans leur ville. Ils se mettent à l'admirer : un homme qui n'a pas peur de la mort ! Et le village se démène pour que les derniers jours de l'inconnu soient agréables.
Je ne vais rien dévoiler de plus mais cette nouvelle est jouissive, c'est drôle et absurde. J'ai adoré !
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AugustineBarthelemy
  16 décembre 2019
Nous, « Jakov et moi », sont des chasseurs. Chaque année, ils se rendent sur le même lieu, pendant trois jours. Un rituel qui leur permet d'oublier les soucis du quotidien, la routine implacable qui s'abat sur chacun d'entre nous. Dans le silence de la forêt, dans l'épaisseur de la nuit, dans la solitude des bois, « Nous » retrouve un peu de paix et de liberté.
« Il » est mourant. Dans le train qui le ramène à son Monténégro natal, où il espère s'éteindre dans l'oubli de tous et de chacun, il contemple les ténèbres. Disparaître. Mais la promiscuité et les odeurs du wagon lui rappellent la vie, une vie qui le quitte, des odeurs qui l'assaillent dans lesquelles la pourriture et l'aigreur ne sont jamais loin. « Il » s'enfuit et saute du train en marche. Il se retrouve sur le ballast, ne sachant ni où il est, ni où il va. Résolu, il marche dans la nuit noire.
Au petit matin, les pas de « Il » l'ont mené vers le campement de « Nous ». Chacun surpris de ne pas être seuls dans ce lieu censé être désert, ils se jaugent avec curiosité avant que « Il » ne rebrousse chemin pour ne pas être tenté de renoncer à la mort. « Nous » étonné de ce comportement, décide de le poursuivre, prêt à lui proposer de l'aide si « Il » en a besoin.
Commence alors une traque ubuesque dans cette forêt isolée. Entre les deux parties, l'une en italique pour marquer les pensées de « Il », l'autre en caractères romains pour « Nous », l'incompréhension devant l'inconnu succède bientôt à la colère. Une course acharnée s'engage et s'intensifie en même temps que monte la rage, terrible, sans fondement, absurde. Une haine féroce naît chez « Nous », aiguisée par la chaleur du jour, par la soif qui les prend, par les ronces qu'ils traversent et les blessent, par leur incapacité à rattraper l'inconnu ou à le semer, par la peur.
Bientôt, voilà les chasseurs rejoints par un berger. Celui-ci croit reconnaître en « Il » un voleur, et le prend en chasse. Un garde forestier regarde avec perplexité ce manège avant de s'y adjoindre, poussé par un désir de puissance, la volonté d'exercer son pouvoir, inique, sur l'inconnu. D'autres vont surgir de la forêt et s'ajouter à la meute devenue folle. Même des femmes en noir, des pleureuses qui inonderont le chemin de leurs larmes, vont rejoindre la foule rendue furieuse. Personne ne sait pourquoi, mais tout le monde déteste le fuyard dont ils ignorent tout autant l'identité que l'histoire.
Poursuivi par une meute déchaînée, « Il », qui ne fuyait les chasseurs que pour mieux réussir son suicide et ne plus être tenté par la vie, découvre la médiocrité de sa propre existence. Lui qui n'avait pour seul désir que de mourir, de disparaître, se remémore soudain son enfance, ses joies et ses terreurs. La volonté de rattraper le temps perdu surgit en lui. Dans cette forêt qui prend alors des allures merveilleuses, « Il » arrache ses vêtements, se frotte à la terre, redécouvre l'odeur de l'humus, avale au hasard des plantes aux propriétés curatives et magiques, restaure sa santé pour mieux vivre le temps qui lui reste. À l'instar de Drogo, héros de le Désert des Tartares, « Il » découvre, dans un éblouissement métaphysique, dans sa course effrénée à la vie, le but final de toute existence.
Avec La Bouche pleine de terre, Branimir Šćepanović propose un texte puissant et inquiétant, entre le roman allégorique et la fable, sur le rapport entre l'individu et la collectivité. Dans une écriture implacable de simplicité, il décrit l'effrayant mécanisme de haine qui se met en place entre « Il » et « Nous », une foule rendue hystérique sur un simple malentendu et qui, même consciente de l'absurdité de la tâche, n'arrive pas à surmonter sa déraison et poursuit sa traque. Au plus près des personnages grâce à la double narration qui alterne les points de vue, le récit nous dévoile toute la complexité de l'âme humaine. Seul face à lui-même, l'individu s'approche alors dangereusement de la vérité de son être.
Lien : https://enquetelitteraire.wo..
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Etsionbouquinait
  19 mars 2020
La bouche pleine de terre est un livre puissant qui m'a donné de surcroît l'occasion de découvrir un auteur monténégrin majeur, Branimir Šćepanović.
Le livre ici présenté contient en fait deux nouvelles : la première, La bouche pleine de terre, et la seconde intitulée La mort de M. Golouja.
La bouche pleine de terre repose sur l'alternance entre deux fils de narration. D'un côté, celui d'un voyageur revenant au Monténégro, qui quitte le train dans lequel il était installé, et qui songe à se donner la mort ; de l'autre, celui de deux chasseurs dans une forêt. Si, dans les premières lignes, on est quelque peu désorienté par ces deux histoires qui semblent éloignées, elles se rejoignent bientôt. En effet, quand les deux chasseurs observent notre inconnu dans la forêt, ils se mettent curieusement à le suivre et l'on assiste à une sorte de chasse poursuite entre les protagonistes.
Rapidement, l'homme devient un fuyard, une canaille pour les poursuivants.
La tension monte, et cela est très bien restitué par le style de l'auteur. Aux phrases longues, très bien construites du début, avec leur subordonnées et le recours à l'imparfait pour illustrer un temps long, succèdent des phrases courtes, un vocabulaire différent au fur et à mesure de la traque.
Je ne vous en raconte pas l'issue, bien évidemment ! L'un des mérites de la bouche pleine de terre, au-delà de la qualité de l'écriture et de la tension du récit, est de susciter de nombreuses interrogations : dans le cas présent, une perception, une information partielle, mal interprétée, mène à une grande confusion. Quelle parallèle avec notre société moderne ! On se rend également compte de l'instinct animal de l'homme et de l'effet de groupe, ou encore que l'homme se révèle à lui-même dans le plus grand dénuement :
"(…) c'est ainsi qu'enfin purifié, il avait fini par comprendre, par saisir l'essence, la signification de la vie, par découvrir, dans les ténèbres où il était déjà perdu, le véritable chemin de son salut, de cette hauteur insoupçonnée et inaccessible aux regards."
Que de richesses dans quelques dizaines de pages donc !
La mort de M. Golouja, quant à elle, met en scène M. Golouja, qui séjourne dans un hôtel d'un modeste bourg sans attrait touristique particulier. Les autochtones s'interrogent sur qui il est, se demandent pourquoi il ne prend pas contact avec la population.
Sur une veine assez semblable à la précédente nouvelle, à partir d'une incompréhension et d'une histoire inventée (Golouja en vient à dire qu'il est venu dans la bourgade pour y vivre ses derniers jours), un récit plus grotesque et absurde prend forme, qui donne à réfléchir sur les thèmes de la contrainte par la société ou encore sur la vanité de l'homme.
Au final, je vous conseille chaleureusement cette lecture.
Lien : https://evabouquine.wordpres..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ArthoreArthore   30 mai 2019
2nde nouvelle :

-allons, pour la dernière fois dites nous pourquoi vous avez choisi notre ville?
-et si je refuse?
-nous en conclurons que vous préparez un mauvais coup. Vous avez peut être l’intention de tuer quelqu’un!
-vous trouvez que j’ai une tête à tuer quelqu’un d’autre?
-quelqu’un d’autre? Mais on ne tue que les autres mon cher monsieur.
-allons-donc, un homme digne de ce nom doit être capable de se tuer lui-même.
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ArthoreArthore   31 mai 2019
-pardonnez moi de vous déranger, mais la porte était ouverte et j'ai pensé....
-vous croyez qu'il n'y a pas assez de moi pour penser, dans ce misérable petit hôtel?
-vous réfléchissez encore à la chose?
-bien entendu marmonna t-il d'un ton acide. Et dites aux parieurs qu'ils ont tous perdu; personne ne peut décider de ma mort ou la prévoir; elle viendra de ma seule inspiration.
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bobfuturbobfutur   19 janvier 2021
Nous pensions : s’il a le droit de fuir sans raison, nous, nous avons le droit de le poursuivre ; s’il ne se gêne pas pour exciter notre curiosité, nous n’allons pas nous gêner pour la satisfaire.
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EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   19 mars 2020
Maintenant, nous voulions être fixés. Nous pensions : s’il a le droit de fuir sans raison, nous, nous avons le droit de le poursuivre ; s’il ne se gêne pas pour exciter notre curiosité, nous n’allons pas nous gêner pour la satisfaire.
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gorjussgorjuss   04 mai 2019
Jakov et moi, toujours silencieux, fixions une étoile qui filait,
lente et indécise, comme un oiseau égaré.
Elle tombait droit sur nous et il nous semblait vaguement
qu'à l'instant même où sa lumière trompeuse viendrait s'éteindre dans nos yeux,
nous sombrerions dans le sommeil et dans l'oubli.
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